III. OXIDE DE CARBONE
L'acide carbonique qu'on fait passer sur des charbons ardens, se combine avec une quantité de carbone égale à celle qu'il contient déjà. On obtient un gaz incolore, qu'on ne peut liquéfier sous aucune pression et à aucune température, et dont l'eau n'absorbe que V16 de son volume. On a donné le nom d'oxide de carbone à ce gaz qui ne se combine ni avec les bases ni avec les acides. La meilleure méthode de le préparer consiste à placer dans un fourneau 3 canons de fusil (fig. i5) sortans par leurs extrémités hors du fourneau, à les remplir de charbons récemment et bien calcinés , et à les échauffer au rouge. L'une des extrémités du premier canon de fusil b est adaptée à un flacon d'où se dégage l'acide cai'bonique 5 l'autre extrémité communique avec l'une des extrémités du troisième a dont l'autre bout se rend dans un gazomètre au moyen de tubes de verre réunis par des tubes de caoutchouc, de sorte que l'acide carbonique doit traverser trois fois le fourneau avant d'arriver dans le gazomètre. Pour obtenir le gaz oxidede carbone entièrement exempt d'acide carbo- 1 nique, il faut l'agiter avec une dissolution d'hydrate de potasse. Il se forme également du gaz oxide de carbone quand on chauffe au rouge un mélange de charbon avec différens carbonates, par exemple, avec le carbonate de chaux ou de baryte , ou avec des oxides métalliques difficiles à réduire, par exemple, avec l'oxide de
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inc ou le deutoxide de fer. L'acide carbonique , qu'on ni t passer sur du fer, du zinc ou de l'ëtain à une tempéature élevée, cède à ces corps la moitié de son oxigène tt se transforme en gaz oxide de carbone. On peut ob- •nir ce gaz à l'état de pureté en faisant dissoudre une artie d'oxalate acide de potasse dans 5 parties d'acide ulfurique , l'y échauffant avec précaution , et conduiant le mélange gazeux, qui se produit à travers un long rbe plein d'hydrate de potasse fondu, lequel se combine vec l'acide carbonique. Le meilleur moyen de préparer \ gaz oxide de carbone pour des expériences en grand st de remplir entièrement de charbon un grand foureau, pareil à peu près à celui qui sert à la fabrication e l'acide nitrique, et de l'y faire entrer en vive incanrescence par un soufflet ; l'air atmosphérique qui traverse alors le fourneau au moyen du tirage ordinaire, :encontre un excès de braise, de sorte que les gaz qui se égagentparla partie supérieure du fourneau consistent a un mélange des gaz oxide de carbone, hydrogène et 1 zote. En ajustant à la partie supérieure du fourneau un abe recourbé à angle droit, ou bien en mettant des tubes jiians différentes ouvertures latérales pratiquées à cette artie du fourneau et fermant l'ouverture supérieure, n peut examiner la manière dont les gaz oxide de car- :one et hydrogène se comportent à l'égard d'un grand .ombre de substances introduites dans ces tubes. Les gaz, ui dans plusieurs opérations techniques se dégagent des : mrneaux, particulièrement des hauts fourneaux dans la 1 réparation du fer, consistant en un mélange pareil à • îlui qui vient d'être cité, ces expériences sont d'une nportance tellement grande que j'y reviendrai d'une lanière spéciale au chapitre du fer.
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Le gaz oxide de carbone brûle dans l'air atmosphérique avec une flamme bleue en développant de l'acide carbonique; une mesure de gaz oxide de carbone en se combinant avec une demi-mesure de gaz oxigène produit une mesure d'acide carbonique. Si l'on fait cette expérience dans un tube de verre fermé et qu'on enflamme le mélange au moyen de l'étincelle électrique, il faut renouveler celle-ci à différentes reprises , la combustion ne se faisant pas complètement la première fois; on conduit l'acide carbonique à travers de l'hydrate de potasse qui l'absorbe sans toucher aux gaz oxide de cai'bone et oxigène.
Pris à la respiration, le gaz oxide de carbone agit comme un poison : de petits animaux y meurent à l'instant ; mêlé avec l'air , il fait naître des vertiges et la pâmoison. Il se forme chaque fois qu'une petite quantité d'air arrivé sur des charbons fortement incandescens, par exemple, en plaçant dans des chambres des pots remplis de charbons ardens , ce qu'on fait dans plusieurs contrées soit pour la caléfaction, soit pour des affaires domestiques; le mal de tête et le malaise qu'on éprouve bientôt dans ces chambres provient de la respiration du gaz oxide de carbone. Le gaz oxide de carbone diffère de celui qui cause si souvent des accidens et qui se développe du bois, de la tourbe ou d'autres chauffages incomplètement carbonisés, si l'on ferme trop tôt la clef du fourneau; déjà l'intensité de l'odeur distingue ce gaz de l'oxide de carbone qui n'est que faiblement odorant.