XVIII. acidetanniqtje (Tannin
Quoique les propriétés de cette substance aient empêché jusqu'à ce jour de l'obtenir à l'état de pureté parfaite, l'abondance avec laquelle elle est répandue et les importantes applications auxquelles elle se prête nous obligent à en traiter ici. Elle se trouve dans l'écorce et dans les feuilles des arbres et des arbrisseaux comme dans l'enveloppe des semences et des fruits. La propriété qu'elle a de former une combinaison insoluble avec la gélatine sert de base à la fabrication du cuir, et le composé noir ou bleu qu'elle produit en précipitant partiellement les sels de fer est le principe de la teinture des étoffes en noir et de la préparation de l'encre. Cependant l'acide tannique de chaque plante ne possède pas cette dernière propriété; en effet quelques plantes l'enferment un tannin qui donne tics combinaisons vertes avec les sels de fer. Le tannin qui colore les sels de fer en bleu se rencontre dans tons les chênes et s'obtient dans l'état de plus grande pureté au moyen des noix de galle. On épuise celles-ci avec de
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l'eau bouillante, on clarifie la liqueur filtrée et trouble • par l'addition de quelques gouttes d'acide sulfurique, qui y produisent un précipité, et on la filtre de nouveau. En y versant du carbonate de potasse dissous, on ; précipite du tannate de potasse sans séparer de la dis- Msolution les autres matières extraites des noix de galle, v comme l'acide gallique , etc. On fait dissoudre le précipité lavé dans de l'acide acétique dilué et bouillant , et i après le refroidissement et une nouvelle filtration, on . précipite la liqueur au moyen du sousacétate d'oxide ode plomb, pour décomposer par le gaz hydrogène sulfuré le tannate d'oxide de plomb qui se précipite et (qu'on lave. On introduit sous la cloche d'une machine ^pneumatique la dissolution de l'acide tannique séparée Mu sulfure de plomb par la filtration : elle s'y dessèche oen une masse solide, transparente et rouge pâle, qui se .dissout facilement dans l'eau sans la colorer. L'acide tannique est soluble dans l'alcool et dans l ether, il est sans odeur; sa saveur est fortement astringente et sans amertume; il rougit vivement le papier de tournesol. Exposée à l'air, la dissolution de l'acide tannique se décompose et finit par devenir brune foncée ; quand, après l'avoir évaporée, on fait dissoudre de nouveau le résidu, îlil reste une substance brune insoluble. La substance brune est également contenue dans la dissolution de l'acide tannique qu'on obtient par la macération des noix lde galle ou de l'écorce de chêne; quand on prépare l'acide tannique pur, elle reste avec le sulfure de plomb , a où on peut l'extraire au moyen de l'ammoniaque. Cette dissolution donne un résidu insipide et soluble dans l'eau, qui ne précipite la colle dissoute qu'autant qu'on y ajoute un acide, ce qui montre que l'acide tan-
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nique était combiné avec une substance des liens de laquelle il a été dégagé par l'acide ajouté; et en effet l'acide tannique saturé de potasse ne précipite pas non plus la dissolution de colle animale. Nul doute qu'à cette décomposition à L'air il ne faille également attribuer la cause de ce que l'acide gallique, quand il se trouve uni à l'acide tannique, se sépare par le contact prolongé de l'air. Soumis à l'action de la chaleur il se boursouffle; parmi les produits de la distillation se trouve un acide qui affecte la forme de cristaux incolores et qu'on appelle acide pyro-gallique. Les tannâtes de potasse, d'ammoniaque, de baryte sont peu solubles dans l'eau, le tannate de soude l'est bien davantage. L'acide tannique forme des sels insolubles avec l'oxide de plomb, le deutoxide de cuivre, l'oxide d'argent et les oxides métalliques de cette classe; toute espèce d'acide tannique libre précipite les sels de ces oxides métalliques. Avec les selsdeprotoxide de fer l'acide tannique ne fournit pas de précipité, avec les sels dedeutoxide de fer il donne une liqueur bleue foncée qui paraît noire, lorsque les dissolutions sont concentrées. L'acide tannique se combine avec l'alumine, la colle animale, et avec beaucoup de matières animales, par exemple, avec le tissu de la peau.
L'acide tannique provenant du quinquina ressemble presque entièrement à celui qu'on retire des chênes, si ce n'est qu'il colore en vert les sels du deutoxide de fer et que ses composés se dissolvent plus facilement. Jy reviendrai à propos du quinquina. De même l'acide tannique du cachou et celui du kino, qui sont deux extraits tanuifères, colorent en vert les dissolutions des sels de deutoxide de fer. On obtient cet acide tannique
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en épuisant les extraits par l'éther, faisant évaporer ce i véhicule, dissolvant le résidu dans l'eau et abandonnant la dissolution au refroidissement : cette opération, réi pétée plusieurs fois, donne l'acide tannique dont il s'ai git en cristaux blancs granulés. Il est soluble dans 3 ou . 4 parties d'eau chaude et dans 16000 parties d'eau 1 froide. 11 ne précipite la dissolution de colle qu'au 1 moyen d'un acide. L'acide tannique des sapins et des I pins produit également une coloration de vert avec les s sels de deutoxide de fer dissous.
Aux acides tannique et gallique se rattachent les . acides ellagique, pyrogallique et métagallique. L'acide ( ellagique reste à l'état de poudre brune quand on diss sout dans l'eau l'acide' gallique obtenu en laissant les i noix de galle se moisir. Après l'avoir fait dissoudre dans 1 une dissolution de potasse, si celle-ci vient à absorber 1 l'acide carbonique de l'air , l'ellagate de potasse se sépare i en paillettes qu'on décompose par l'acide hydrochlorique : celui-ci laisse l'acide ellagique sous forme d'une | poudre jaune brune , insoluble dans l'eau froide comme dans l'eau chaude. L'acide ellagique possède les propriétés des acides à un degré moins élevé encore que l'acide tannique.
On obtient l'acide pyrogallique en distillant l'acide gallique dans un bain à 210 — 2i5° : il se développe de l'acide carbonique, et l'acide en question se sublime sous forme de cristaux. La transformation de l'acide gallique 1 en acides carbonique et pyrogallique se trouve également confirmée par la composition de l'un et l'autre acide. 11 est très soluble dans l'eau, dans l'alcool et dans 1 ether. Il entre en fusion à 11 5° et en ébullition à 2100. l Le pyrogallate de potasse se cristallise très bien.
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L'acide métagallique se forme lorsqu'on expose de l'acide gallique, de l'acide tannique ou de l'acide pyrogallique à une température de 2100. Il est presque insoluble dans l'alcool, et son affinité pour les bases n'est que très faible.
La composition de ces substances est surtout importante parce qu'elle montre comment elles se transforment les unes dans les autres. La voici :
L'ac. tan. des noix de gai. est formé de 18 v. de c., 18 17. hyd., 12 g. ox
l'acide tannique du cachou
JD
l'acide gallique
l'acide -pyro gallique
l'acide métagallique
l'acide ellagique
L'oxigène de l'acide est à cel
ui de
la
base
comme 12 :
dans les tannâtes, et comme 3 : 1 dans les pyrogallates. L'acide gallique cristallisé renferme de l'eau qu'il perd à 1200; l'oxigène de l'eau est à celui de l'acide comme 1 : 5.
XIX. ACIDE PYROTARTRIQTJE. XX. ACIDE PYROCITRIQUE. XXI. ACIDE PYROMALIQUE. XXII. ACIDE PYROMUCIQCE. XXIII. ACIDE PYROQUINIQUE.
Lorsqu'on distille dans une cornue de l'acide citrique, de l'acide malique, de l'acide muciqueou de l'acide quinique, ceux-ci se décomposent : du charbon reste, un liquide oléagineux et un liquide aqueux et acide se condensent dans le récipient, et les gaz, qui résultent ordinairement de la distillation des substances végétales se dégagent. On dissocie le liquide oléagineux d'avec le liquide
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aqueux, qui d'ordinaire tient l'acide en dissolution, en versant 1 un et l'autre sur un filtre humide sur lequel le liquide oléagineux s'arrête. Une portion de l'acide s'estelle condensée dans le col de la cornue, on la fait dissoudre dans le liquide aqueux obtenu par la distillation. En concentrant la liqueur filtrée on en extrait l'acide par voie de cristallisation. Pour l'obtenir parfaitement pur, on le combine avec une base et on distille le sel avec de l'acide sulfurique; l'acide se dégage alors. On peut aussi le purifier par la sublimation. J'ai déjà rapporté qu'à la distillation l'acide gallique donne un acide particulier : la même chose s'observe pour l'acide méconique et , quand on y fait bien attention, pour beaucoup d'autres acides.
Les propriétés que développent ces acides les distinguent si bien des autres et entre eux, qu'on est en droit de les regarder comme des acides particuliers. Les expériences que plusieurs chimistes du premier ordre font dans ce moment sur cette classe d'acides me mettront à même d'y revenir dans une addition à ces Elémens.