VIII. ACIDE HYDROSBXFOCYANIQUE
Qu'on prenne parties égales de fleurs de soufre et de "cyanure double de potassium et de fer, qu'on élève la température du mélange au-dessus d'une lampe à esprit ide vin jusqu'au point d'ébullition du soufre, et qu'on r.raite ensuite la masse avec de l'eau , on obtiendra une IBissolution de sulfocyanure de potassium et de sulfocyanure de fer. Par une addition de potasse, on décompose cette dernière combinaison : il se précipite de l'hy- Idrate de protoxide de fer; on évapore ensuite jusqu'à •liiccité la dissolution , qui ne contient plus que du sulfocyanure de potassium. Le résidu , dissous dans une pelite quantité d'eau et soumis à la distillation avec de l'acide phosphorique concentré, laisse dégager une dissolution d'acide hydrosulfocyanique dans l'eau. Cette dissolution concentrée de l'acide dans l'eau est incolore, m une pesanteur spécifique de 1,022, entre enébullition là io3° et se congèle à — io°. En précipitant une dissolution de nitrate d'oxide d'argent ou de protoxide de mercure au moyen de celle du sulfocyanure de potassium, on obtient un dépôt de sulfocyanure d'argent ou de sulfocyanure de mercure; celui-ci, lavé et décomposé par le gaz hydrogène sulfuré , fournit un acide dilué. La plupart des oxides métalliques décomposent l'acide hydrosulfocyanique. Les sulfocyanures métalliques ne se combinent pas entre eux comme les cyanures métalliques; la plupart sont solubles dans l'eau et dans
^0 HYDRACIDES.
l'alcool. Les sels de dentoxide de fer dissous donnent, avec cet acide, une coloration de rouge tellement intense, qu'on peut découvrir de cette manière les moindres traces, soit de deutoxide de fer, soit de l'acide.
On a trouvé la composition de l'acide par une analyse du sulfocyanure de potassium, en oxidant celui-ci au moyen de l'acide nitrique, unissant l'acide suïfurique produit à delà baryte et déterminant la potasse sous la forme de sulfate; d'après cette analyse, 100 parties d'acide contiennent
20, 3o p. carbone, va, 85 p. azote , 54, 17 p. soufre , 1,68 p. hydrogène ,
ou bien ,
1 vol. yap. de carbone, 1 vol. gaz azote, i/3 t. yap. de soufre, 1 v. gaz hydrog.
Lorsqu'on essaie de préparer l'acide hydrosulfoeyanique anhydre en décomposant par l'hydrogène sulfuré le sulfocyanure de mercure qui correspond au protoxide de ce métal, on obtient des gouttes oléagineuses, qui sont d'abord limpides , mais deviennent opaques et se transforment en une masse cristalline, laquelle, étant exposée à l'air, se décompose et laisse un résidu jaune. Le corps jaune se forme également en faisant bouillir du sulfocyanure de potassium avec de l'acide nitrique, ou en faisant passer un courant de chlore par une dissolution concentrée et chaude de sulfocyanure de potassium. On a trouvé, en l'analysant, qu'il contient du cyanogène et du soufre dans les mêmes proportions que le sulfure de cyanogène ; il renferme vraisemblablement encore de l'eau. Une dissolution de potasse le décompose.
Lorsqu'on recueille en même temps du gaz cyano-
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pgène et du gaz hydrogène sulfuré dans un flacon sur de l'eau, il se forme, par l'agitation du mélange, des flocons jaunâtres, qui consistent en un amas de cristaux I peu solubles dans l'eau froide , un peu davantage dans 1 l'eau chaude. Ce corps se combine avec les alcalis ; les jacides le séparent sans altération de cette combinaison. lEn faisant évaporer l'eau d'où les flocons jaunes se sont j précipités, on obtient encore une autre combinaison I jaune et cristallisée, qui est très soluble dans l'eau et qu'on peut aussi préparer par la réaction de i volume de gaz cyanogène sur i 1/2 volume de gaz hydrogène s sulfuré. Lorsqu'on échauffe du soufre dans du gaz acide i hydrocyanique, celui-ci est absorbé, et si l'on a opéré ■sur des quantités suffisantes, on obtient également une r masse jaunâtre et cristalline, qui est soluble dans l'eau tet qui se combine avec des bases. Ces combinaisons, I faisant espérer des résultats intéressans , méritent d'être f examinés d'une manière plus spéciale encore
En faisant fondre ensemble du sélénium et du cya- 1 nure double de potassium et de fer , on obtient une 1 combinaison qui est tout-à-fait semblable au sulfocya- 1 nure de potassium, et dans laquelle le sélénium a pris I la place du soufre 5 mais si l'on essaie de se procurer I l'acide de cette combinaison , il s'opère une décomposition et il se sépare du sélénium. Le même effet, se pro- 1 duit lorsqu'on cherche à combiner l'acide hydroséléniocyanique avec des bases faibles, de sorte que l'acide luimême paraît ne pas exister; on n'a également encore i pu mettre en évidence le radical de l'acide.
ACIDES RENFERMANT DU SOUFRE OU D'AUTRES SUESTANCES EN PLACE D'OXIGENE OU D'HY- DROGENE.
En traitant de l'arsenic, je rapporterai deux combinaisons de ce corps avec l'oxigène, qu'on nomme acide I; arsénieux et acide arsénique et dans lesquelles, pour Y la même proportion d'arsenic, les quantités d'oxigène Y sont entr'elles comme 3 : 5. L'acide arsénique est un acide puissant qui forme, avec les bases, des sels neu- I,; très, acides et basiques. Ceux-ci sont composés de ma- t nière que l'oxigène de la base soit à celui de l'acide comme 3 : 5. A ces deux acides correspondent deux degrés de sulfuration, qu'on obtient en décomposant les acides au moyen de l'hydrogène sulfuré et dans lesquels le rapport du soufre est par conséquent le même que celui de l'oxigène dans les acides. Lorsqu'on verse une dissolution de sulfure de sodium sur le degré supérieur de sulfuration, qui s'obtient le plus facilement parla fusion de la quantité de soufre nécessaire avec le sulfure correspondant à l'acide arsénieux et portant le nom de réalgar dans le commerce, le degré supérieur de sulfuration se redissout, et en faisant évaporer la dissolution on obtient de grands et beaux cristaux, qui sont formés de sulfure d'arsenic et de sulfure de sodium et qu'on I peut regarder comme un sel , où ni l'acide, ni la base ne i contiennent de l'oxigène, mais où le soufre remplit les