III. HUILE DE VIN ET ÉTHÉRINE
Pendant la décomposition de l’alcool en eau et en 1 hydrogène carboné, par l’acide sulfurique, un corps oléajgineux se condense avec les vapeurs d’eau, c’est l’huile (de vin, qu’on obtient le mieux, en mettant 2 1/2 volu- I mes d’acide sulfurique sur un volume d’alcool anhydre. ( On la produit également en distillant des sulfovinates ( cristallisés et séchés autant que possible, par exemple, le sulfovinate de baryte ou de chaux. Pendant cette
CAUBONE.
opération il ne devrait se dégager que de l'alcool, cepen- i dant la moitié seulement de l’acide sulfurique qui de- vient libre se combine avec la base , l’autre moitié agit sur l’alcool de la même manière, que dans un mé- i lange d’acide sulfurique anhydre et d’alcool. On lui en- i lève l’acide sulfureux, l’acide sulfurique, l’alcool et l’éther, en la lavant avec de l’eau: placée sous le récipient * de la machine pneumatique à côté d’une tasse remplie j J d’acide sulfurique, elle se dépouille de l’eau et des der- ! nièresimpuretés auxquelles elle adhère. Peu soluble dans l’eau , elle l’est davantage dans l’alcool et l’éther, elle a jj une odeur particulière, sa saveur est analogue à celle de la J menthe poivrée. Sa pesanteur spécifique s’élève à i,i33; 1 elle est composée de : 1
Carbone 33,07 = 8 mesures, {
Hydrogène 5,68 = i8 « i
rique renfermant 6 mesures d’oxigène.
Comme, à la température ordinaire, on j
plus d’eau à l’état de mélange. En ajoutant encore un ^ volume d’oxigène et 2 volumes d’hydrogène à la substance qui se trouve combinée avec l’acide sulfurique, on obtient la composition de l’éther. Gomme on ne peut pas isoler cette combinaison , ni l’obtenir unie à d’autres acides, il est encore difficile de se faire une idée juste de la composition de l’huile devin; on l’a considérée comme tin composé double de sulfate d’éther et de sulfate d’hydrogène carboné; les combinaisons d’éther avec d’autres acides, par exemple, l’éther acétique, et celles de
' potassium en contact avec l’huile de vin ép celle-ci se décompose, il est certain qu’elle ne contient "
Oxigène 5,5o= i Acidesulfuriq. 55,i5= 4
vapeur
CARBONE
I l’hydrogène cai’boné avec les hydracides, par exemple,
I lether hydrocldorique, viennent en effet à l’appui de ji cette opinion.
Soumise à la distillation elle se décompose, de ma- || nière qu’elle n’a été obtenue qu’à l’aide du gaz oléfiant j{ et de la vapeur d’eau. Elle ne doit se trouver qu’en très jj petite quantité dans le liquide duquel on la gagne, puisj| qu’on ne peut l’en séparer à l’état d’huile de vin ; cepenïl dant on obtient toujours un peu de sulfovinate de baryte, iii lors de la préparation de l’éther, soit dans le résidu qui
II reste quand on laisse évaporer l’éther distillé, soit dans il l’acide sulfurique, qui a servi à transformer l’alcool en l| éther, si l’on a eu soin de saturer les liquides par la ba- I rytej et ce sulfovinate de baryte provient de la décompo-
il sition de l’huile de vin, dont je parlerai tout-à-l’lieure.
Arrosée d’eau, l’huile de vin se décompose, voire très I rapidement, lorsqu'on élève la température , en acide suljil fovinique et en un liquide oléagineux, qui se réunit sur 1 la surface de l’eau ; une base produit le même effet, avec m < cette différence qu’on obtient un sulfovinate. Le liquid(‘
In oléagineux étant placé pendant quelques jours dans un 1 1 endroit très froid, laisse déposer des cristaux. On verse j i alors la masse sur un filtre humide et on la lavej on met 'lie filtre avec l’entonnoir dans un verre à bouchon. Dès 1 1 que le filtre est sec, l’éthérine liquide passera à travers, tet les cristaux de Féthérine solide resteront ; aprèsavoir i distillé ceux-ci on les presse entre plusieurs doubles de I papier jusqu’à ce qu’ils soient parfaitement secs. L’éthéirine solide est sans saveur, mais lorsqu’on l’échauffe, elle prend une odeur semblable à celle de l’huile devin; elle fond à un" et distille à 260 sans se décomposer.
■ Insoluble dans l’eau , elle est assez soluble dans l’alcool,
CARBONE
l.iO
mais elle l’est davantage dans l’éther, dont on l’obtient en beaux cristaux par l’évaporation; sa pesanteur spécifique est 0,980.
L’éthérine liquide a une odeur aromatique particulière, et sa pesanteur spécifique est 0,921 ; elle est transparente et incolore , se distille à 280" et se solidifie à — 35°.
Ces deux substances contiennent sur 100 parties : Carbone 85,71 = i volume.
Hydrogène 14,29 = 2 «
leur composition est donc exactement la même que celle du gaz oléfiant, et d’autres substances, dont nous parlerons tout-à-l’heure.
On a cherché à découvrir un rapport simple entre l’alcool, l’éther, l’esprit acétique et d’autres combinaisons, comme celui qui existe entre les combinaisons du cyanogène et de la benzoïle, et en effet, en comparant ensemble l’hydrogène carboné, l’alcool et l’éther, on trouve que
{ jim
1 m. dev.de carb.^ , m.deg. hydr.carb.4 ^ ^
1 in, d’alc.r= ^ 3 m.deg.hydr. ' r j i, j
® *' i , ,5 I 1 m. de gai hydrog.
i/i m. de g. oxig. f 1 m.de vap.d eau.
de vap. de carb.
de gaz hydrog.
m. d’éther
a m. de v. de carb. l ^arb
5 ni. dcg. bydr. J
l/a m. de gaz oxig. f 1 m. de vap, d’eau.
gaz oxig.
a m.dev. de carb.
4 m.deg. hydrog.
1 m. deg. hydrog.
m. de gaz oxig-
On pourrait donc regarder ces substances comme des combinaisons de l’eau avec l’hydrogène carboné. Cependant lorsqu’on compare avec elles d’autres composés de l’eau, et il en existe des milliers, on trouve qu’ils ont tous entre eux un rapport analogue; mais aucun de ces composés ne montre quelque similitude avec les nou-
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1 velles combinaisons dont on voudrait admettre l’exis- I tence. Lorsqu’on ajoute, par exemple, de l’eau à une ; substance, à une température favorable à la cornbinai- :son, celle-ci aura lieu à l’instant, si elle est possible. Mais 'VOUS aurez beau mettre l’éther en contact avec l’eau, 'VOUS n’obtiendrez jamais de l’alcool. Tout ce quej’aidit ( de l’alcool , de l’éther et de l’éthérine , s’oppose à cette I hypothèse. Il serait d’ailleurs incertain , de quel hydro- . gène carboné l’alcool et l’éther sont des hydrates, si c’est I du gaz oléfiant ou de l’éthérine. En traitant de l’urée,
] je tâcherai de prouver combien peu on est fondé à regar- » der le sucre comme un carbonate d’hydrogène carboné.
Les hydracides, au contraire, par exemple, l’acide hydrochlorique, forment des espèces d’éther en se combinant avec l’hydrogène carboné , comme nous le verrons immédiatement après l’histoire des métaux.
On n’est pas encore parvenu jusqu’à présent à convertir l’éthérine en gaz oléfiant , en éther ou en alcool, tandis qu’on peut facilement transformer ces substances l’une dans l’autre.
Lorsqu’on chauffe l’éther avec l’acide sulfurique, il se forme de l’acide sulfoviniquej si on y ajoute de l’eau et qu’on fasse bouillir la dissolution, elle se décompose et laisse dégager de l’alcool. Lorqu’on fait absorber l’hydrogène carboné par l’acide sulfurique, il se forme également de l’acide sulfovinique, dont on peut extraire l’alcool et l’éther.