IV. HUILE DE TÉRÉBENTHINE
Il découle des diverses espèces de pinus, au momept que leur écorce se fend, un suc épais que l’on peut oh-
CAUBüNli.
tenir en plus grande quantité et plus pur, lorsqu’on fait une incision dans l’arbre et qu’on recueille le suc dans un vase; c’est une huile volatile, tenant en dissolution différentes combinaisons chimiques, qu’on nomme des résines. De quelque espèce de pinus qu’on obtienne la térébenthine, l’huile reste toujours la même; mais la résine est différente; aussi ne parlerons-nous des différentes espèces de térébenthine qu’en traitant des résines. On ajoute à la térébenthine de l’eau, qu’on distille; les vapeurs d’eau emportent l’huile de térébenthine , dont le poids est environ le quart de celui de la térébenthine. Etant insoluble et d’une densité de o,8o, elle surnage l’eau. On l’obtient pure, en la dissolvant dans l’alcool absolu, dans lequel elle est soluble, et en ajoutant à la dissolution de l’esprit de vin ordinaire, à peu près autant qu’il en faut pour donner à l’alcool employé une densité de 0,84- — loo parties de cet alcool ne dissolvant que i3 l/l d’huile de térébenthine, et tenant en dissolution toute la résine, l’huile qui se sépare est pure; pour la dégager de l’alcool dans lequel elle est dissoute, il faut l’agiter avec l’eau, la laisser séjourner quelque temps sur du chlorure de calcium concassé, et la distiller sur ce corps. L’huile de térébenthine, dont le potassium ne dégage pas d’hydrogène, est composée de :
88,4 tle carbone,
11,6 d’hydrogène.
Elle entre en ébullition à i56“ 4/5- On a trouvé que la pesanteur spécifique de la vapeur de l'huile de térébenthine, est comprise entre 4>764 et 4j76^ ? en calculant la composition en volumes, on obtient
«n vol. de vup. d’huile de lércbenlh. J5 toI. de v. de car.=5Xo, 8438=4, aig ( = 4,y6g) = 1 8 <( de gai hydr, = 8Xu,o688=o,55o
CARBONE
i Exposée à l’aii’ , l’huile de térébenthine en absorbe I rapidement l’oxigène, avec lequel elle forme un corps rrésineux ; il se sépare en outre un corps cristallin, qui eest soluble dans l’éther, l’alcool et l’huile de térébentthine, fusible à i5o° et volatilisable entre i5o° et i55°. COn ne peut pas séparer par la distillation l’huile de téréhbenthine de ce corps cristallin, qui s’y trouve quelquefois een quantité suffisante pour cristalliser dans le liquide aà une basse température.
Lorsqu’on fait traverser l’huile de térébenthine par tmn courant d’acide hydrochlorique , aussi long-temps i^qu’il y a absorbation , et qu’on entoure de glace le vase ildans lequel se trouve la combinaison, on obtient une ssubstance cristallisée et solide, et une substance liquide; oon n’a pas encore bien étudié celle-ci ; on purifie ITautre, en la pressant entre du papier, la lavant avec uune dissolution de carbonate de soude, et la sublimant aau bain d’eau à 4o° avec du carbonate de chaux. Presijqu’insoluble dans l’eau , elle est soluble dans l’alcool , et Mse fond à une température au-delà de ioo°. Lorsqu’on l.fait passer plusieurs fois les vapeurs de cette substance >6ur de la chaux en ignition, elle se décompose, l’açide Ihydrochlorique s’unit à la chaux, et il se dégage une hhuile volatile, qui se solidifie à io° — i2°, qui diffère eencore de l’huile de térébenthine par d’autres propriéittés, et qui est composée de 3 mesures d’hydrogène et de 22 mesures de carbone. Si l’on fait passer un courant lild’acide hydrochlorique à travers cette substance, elle s’y K combine de nouveau. Dans la combinaison avec l’acide 'ihydrochlorique l’hydrogène de l’açide. est à l’hydrogène 'de l’huile dans le rapport de i à i8. L’analyse a confirmé cette comj)osition.
CARBONE
On a essaye de rattacher l’huile de térébenthine au camphre ordinaire, à la substance cristallisée que fournit l’huile de la menthe poivrée et à celle qu’on obtient de l’huile d’anis; car l’analyse donne :
5 mes.de v.decarb.= 5XOj8438=4,iig 8 « de g, hydro.= 8X0,6688=0, 55o
l/a (I deg. oxigène= lllLL=o,55i
d’où l’on pouvait conclure qu’une mesure de vapeur de camphre est composée de i mesure d’huile de térébenthine (=4,769) et 1/2 mesure d’oxigène. La substance cristallisée de l’huile de la menthe poivrée, est composée de
5 mes. de carbone, 10 mes. d’hydrogène et 1/2 m. d’oxig. j et celle de l’huile d’anis, de
5 mes. de carbone, 6 mes. d’hydrogène et 1/2 mes. d’oxig.
Ces substances pourraient donc dériver de l’huile de térébenthine. Cependant, quelque importante que soit pour le chimiste la recherche de pareils rapprochemens, on ne doit regarder ces rapports entre diverses substances, comme véritablement établis, que lorsqu’on aura réussi à les transformer les unes dans les autres.
Lorsqu’on considère d’ailleurs une autre analyse du camphre, qui fixe la composition de ce corps à 12 mesures de carbone, 18 mesures d’hydrogène et une mesure d’oxigène, composition qu’on ne peut pas concilier avec la pesanteur spécifique de la vapeur du camphre, mais (jui s’accorde, au contraire, parfaitement avec la composition de l’acide camphorique, comme nous le verrons plus lard , et de laquelle il résulterait que le camphre .serait un oxide de l'huile contenue dans la combinaison ave<- l’acide hydrochlorique j lorsqu’on considère, dis-je, celle aune analyse, on verra qu’il faut de nouvelles re-
I mes. de Tapeur de camphre ( = .55.4) =
CARBONE
|c clierches pour décider en dernier ressort cette question.
ILa substance réputée capable de former le camphre en i ss’oxidant, a reçu le nom de camphogènê (générateur (du camphre).