‹ Élémens de chimieChapitre 63 sur 77 · DÉTERMINATION DE LA PESANTEUR SPÉCIFIQUE DES VAPEURS · texte numérisé non relu

DÉTERMINATION DE LA PESANTEUR SPÉCIFIQUE DES VAPEURS

On détermine la pesanteur spécifique du gaz d’un corps liquide ou solide à la température ordinaire, en remplissant de ce gaz un vase en verre d’une capacité connue, et observant la température et la pression barométrique. On se sert à cet effet d’un vase gradué, ou bien l'on determine la capacité du vase de verre, en pesant le mercure ou l’eau qu’il peut contenir, et calculant la quantité d'air qui y entre à o°et sous une pression de 0",76 de mercure, à l’aide de cette donnée et de la connaissance que l'on a acquise par la méthode développée ci-dessus (p. 184), qu'un centimètre cube d'air à o° et sous uue pression de 09,76 pèse 0,001299079 gr. J'ai déjà observé precedemment que ce poids change avec l’état du baromètre. Lorsque les substances, que l'on examine, entrent en ébullition au-dessous de 100°, on chauffe le vase, en l’entourant d’eau bouillante, dont on détermine la température par l'état du baromètre

sous lequel l’ebullition a lieu , ainsi que nous le verrons tantôt. Si la chaleur dont on a besoin est comprise entre 200 et 300° on placele vase dans une dissolution aqueuse de chlorure de zinc ou dans un alliage fusible, qu’on échauffe et dont on détermine la temperature avec un thermomètre à mercure; dans cette détermination il faut néanmoins considérer que le mercure ne se dilate pas uniformément pour chaque degré au-dessus de 100", et que le vase se dilate aussi, de sorte qu'il faut tenir compte de la dilatation de l'air comme elle a lieu dans les vases de verre, c'est-à-dire de 0,00372 pour chaque degré. Lorsqu'on doit dépasser 300°, on échauffe le vase avec de l'air chaud, dont on détermine la température à l’aide du thermomètre à air; si l’on en connaît la capacité et qu'on réduise le volume de l'air qu'il contient à ce qu'il serait à 0° et sous une pression de 0,76, de la même manière qu'on s’y prend pour des températures élevées, on trouve directement le rapport des poids de l'air qui y entre à la haute température employée, et de celui qu'il peut contenir à 0°, et sous une pression barometrique de 6,76.

Le nombre des substances gazeuses à la température ordinaire étant insignifiant en comparaison de celui des corps qui prennent cet état à une température élevée, et la détermination de la pesanteur spécifique des corps dans cet état, étant une des recherches les plus importantes pour le chimiste, comme il résulte de plusieurs observations déjà consignées dans cet ouvrage, l’on a imaginé divers appareils pour surmonter les difficultés que ces investigations peuvent présenter. J'exposerai d’abord la méthode qu'on peut employer pour les substavces qui eptrent en ébullition au-dessous de 110 de-

grés, et qui ne sont pas decomposees par le mercure, ensuite celle qu’on suit pour les corps que le mercure decompose, ou dont le point d’ebullition est situe entre 110° et 3000, et enfin celle qui concerne les substances dont le point d’ebullition tombe entre 300° et 600°. Pour ce qui regarde les substances qui entrent en ébullition au-dessous de 100°, on en pèse une certaine quantité et on la convertit par la caléfaction dans un vase isolé en vapeur, dont on détermine le volume; on se sert à cet effet d'une petite boule de verre très mince, qu'on pèse d’abord vide et ensuite remplie entièrement du liquide et scellée (p. 211). On trouve ainsi le poids du liquide. On fait monter la boule dans une cloche a (fig. 148), d'un diamètre de ı 1,2 à 2 pouces, et d’une hauteur de 12 à 16 pouces, remplie de mercure, et renversée sur un vase en fer c contenant également du mercure. La boule s'élève dans la cloche en raison de sa pesanteur spécifique moindre que celle du mercure, Un cylindre de verre creux 2, ouvert par les deux bouts est disposé de manière qu’enveloppant la cloche, ses bords inférieurs plongent dans le mercure du vase en fer e; dans l’espace vide compris entre les parois intérieures du cylindre et les parois extérieures de la cloche on verse de l’eau, si le liquide à examiner bout à une température plus basse que l'eau, ou de l'huile, s’il exige une température plus élevée pour bouillir. On échauffe le vase en fer au-dessus d’un petit fourneau, et l’on determine la température du liquide qui baigne la cloche en y introduisant un thermomètre. La petite boule de verre étant très mince, se brise facilement par la force expansive du liquide dont elle est entièrement remplie. On continue la caléfaction jusqu’à ce qu'on ait atteint une

température d'au moins 15— 20° au-dessus du point d'ébullition du liquide à explorer; alors on détermine le volume du liquide devenu gazeux. À cet effet, la capacité de la cloche est divisée en pouces cubes ou autrement. Il ne faut opérer que sur une quantité de liquide telle, que le gaz développé ne remplisse pas la cloche et qu’à la fin de l'expérience le niveau du mercure dans la cloche soit plus haut qu’à l'extérieur. On determine cette hauteur en plaçant horizontalement sur les bords du vase en fer une règle c (ig. 149), percée au milieu d’un trou par lequel passe une tige a ; on fait descendre celleci jusqu’à ce qu'elle touche exactement le mercure par sa pointe d, et l'on y fait glisser superieurement le disque 5, dont on amène la surface inférieure précisément à la même hauteur que le niveau du mercure dans la cloche. Cela fait, à l'aide d’une mesure exacte on détermine la distance entre la pointe et le disque, et l’on calcule (p. 190) le volume que le gaz occuperait, si le niveau du mercure était égal dans la cloche et à l'extérieur. Les gaz susceptibles de prendre la forme liquide à une basse température, se dilatant par la chaleur de la même manière que les gaz permanens, à partir d'une température supérieure de 15° au point d’ebullition du liquide qui les engendre, il est facile de calculer le volume des vapeurs à 0°, et pour un état barométrique déterminé, dans la supposition qu'ils se comportent absolument comme les gaz ordinaires (p.197). L'expérience que je viens de développer fait donc connaître combien de centimètres cubes ou de pouces cubes de vapeur engendre, par exemple, un gramme d'eau. Des expériences exactes ont prouvé, que

ı gramme d’eau fournit 1700 c. c. de vapeur d’eau à 100° 1 «d'alcool « 661 « vap. d'alcool « 1 « d’éther « hr « vap. d’éther . « 1 « de sulf. decarb. « ko2 « v. de sulf, decarb. «

Un gramme d’eau à 4°,1 occupant l’espace d’un centimetre cube, on peut déterminer l'expansion de l’eau qui se gazeifie, eu égard seulement à la dilatation de-

. . x a x 1700 puis 4°,1 jusqu'à 100°; celle-ci s’elevant à 0,046, et >> étant — 1625, il s'ensuit que le volume de l’eau est 1625 fois moindre que celui de sa vapeur. On obtient le poids d'un centimètre cube des vapeurs que je viens de citer en divisant un gramme par les nombres qui les concernent; ainsi un centimètre cube de vapeur d'eau pèse 1 \ NEO a x Great o m Sr. = 0,00098823 gr. à 100°. En divisant le poids de la vapeur par celui de l’air à la même temperature, on trouve la pesanteur spécifique de la vapeur. Un vase en verre de 1700 centimètses cubes de capacité peut loger 0,001299075 LS 60 6 en oid d’ ES o. | t ï an + 1700 = 1,6096 en poids d'air à 1003; la pesanteur spécifique de la vapeur d’eau est donc de ———0,6212.

Lorsque le point d’ebullition des ee depasse 110°, et qu'elles sont décomposées par le mercure, on introduit dans un tube spacieux de verre mince un exces de la substance, tel que sa vapeur occupe un espace 30 fois plus grand que la capacité du tube. Si l'on chauffe la substance au point de la réduire en vapeur, celle-ci en s’echappant par l'extrémité du tube qu'on a laissée ouverte, entraine avec elle l'air contenu dans le tube, d’une manière assez complete pour qu'il n'y en reste quelquefois pas plus de 1/10 p.c.; on recoit et on laisse se condenser dans un récipient la vapeur qui se dégage. On détermine la capacité du tube en pesant la quantité d'eau qu'il faut pour le remplir. On peut trouver avec une exactitude passable le poids de la vapeur du corps

qui remplissait le vase à la température employée, en déterminant le poids du vase avant l'expérience et le pesant après le refroidissement, c’est-à-dire, après la condensation de la substance et la rentrée de l'air; ce dont son poids s’est accrà représentele poids dela substance qui remplissait le tube à l’état de vapeur. On ne peut cependant ici tenir compte de l'air non expulsé, et cette determination serait surtout inexacte s’il s'agissait de substances très volatiles. Pour obtenir un résultat plus juste il faut sceller le tube de verre aussitôt qu'il a atteint la température requise, le peser avec la substance contenue en observant la temperature et la pression de l'air, le nettoyer ensuite et le peser de nouveau plein d'air sec; l'excès de la première pesée sur la seconde augmenté du poids de l’air qui entre dans le tube égale le poids de la substance. On trouve le résidu d’air en brisant la pointe du tube de verre scellé sous de l'eau épuisée par une longue ébullition; le tube se remplit alors d’eau, et l'air reste sous la forme d’une bulle. On pèse le Hin: avec l'eau, et après avoir également rempli d’eau l'espace occupé par la bulle, on le pèse de nouveau pour déterminer la quantité d’eau ajoutée, ce qui, à l’aide d’un calcul fort simple, fera connaitre celle de l'air.

Pour dessécher complétement le tube, avant et après l'expérience, on met l'extrémité C en communication (fig. 150) avec un tube plein de chlorure de calcium, et l'extrémité o avec la pompe à main, et après l'avoir fait traverser pendant quelque temps par un courant d'air sec on le scelle en e. Pour y faire entrer des liquides, après avoir chauffé un peu le tube on le laisse refroidir, la pointe plongée dans le liquide aintroduire ; lorsque l’on a à craindre des altérations chi-

EAU. | 309 miques de la part de l'air atmosphérique, on remplit le tube avec du gaz hydrogene sec en substituant un courant de ce gaz à celui d’air atmospherique, avant de sceller en e. Les difficultés particulières auxquelles quelques substances peuvent donner lieu seront signalées dans l'histoire même de ces substances. |

Pour échauffer le liquide dans lequel on met le tube de verre, savoir l'eau, la dissolution de sel de cuisine employée dans quelques cas rares, et la dissolution de chlorure de zinc, on se sert d’un vase en cuivre placé dans un fourneau (ig. 151); dont on règle le tirage en ouvrant ou fermant les registres et les portes. Le tube de verre repose sur des crochets dont se trouvent armées des tiges partant du fond du vase en cuivre (fig. 152). La pointe ouverte du tube de verre traverse l’une des parois du vase en cuivre, à l’aide d’un bouchon fermant hermétiquement; les parois antérieure et postérieure sont en outre percées de trous par lesquels on introduit des thermomètres dans le liquide.

L'état du baromètre sert à déterminer la temperature de l’eau bouillante, température qui reste uniforme par le fait même de Febullition. Pour la dissolution de zinc on fait usage du thermomètre à mercure en brassant sans interruption le liquide avec une plaque evidee en cuivre (fig. 153). On élève la temperature aussi lentement que possible et l'on se garde bien de la laisser descendre durant l’opération; à la fin on entoure de charbons la pointe qui fait saillie hors du vase et on la scelle en observant le thermomètre. On peut se servir de bouchons de liege jusqu’à 200°; au-delà de cette temperature il faut avoir recours au même vase pour la disso-

lution du chlorure de zinc que pour les alliages métalliques.

La figure 154 donne une idée assez nette de la forme de ce vase. Il est en fonte de fer echancre aux deux extrémités. Il a 17 pouces de longueur et 6 pouces de largeur et de hauteur. Au fond sont fixées deux tiges courtes qui portent chacune un anneau large s’ouvrant à charnière, afin de recevoir commodement le tube de verre à. Les deux moitiés de chaque anneau peuvent être liées ensemble avec du fil de fer mince moyennant des entailles qui y sont pratiquées, ce qui permet de fixer solidement le tube. L’extremite c du tube qui est repliée et qui sort du vase, est placée audessus d’une toile métallique sur laquelle on peut mettre des charbons. Une disposition particulière permet d’affermir également le thermomètre a. On verse lentement dans le vase échauffé Yalliage métallique formé de huit parties de bismuth, cinq de plomb et trois d’etain, et l'on élève graduellement la température ; pour produire partout dans le bain une température égale, on met sans cesse le liquide en mouvement à l’aide d’une plaque en tôle d’une forme semblable à celle en cuivre de la figure 153.

La paroi postérieure du vase en fonte de fer est percée d'un trou destiné à l'écoulement du métal, lorsqu'on veut terminer l'opération. Tandis que le métal est encore liquide on peut à l’aide d’un pinceau enlever la majeure partie de celui qui adhère au tube de verre, qu'on nettoie ensuite complétement en l'entourant de papier joseph imbibé d'acide nitrique très concentré, et l'essuyant avec de l'eau après avoir laissé réagir l'acide pendant quelque temps.

EAU. 3ll

Lorsqu'il s’agit de substances qui prennent l’état gazeux entre 300. et 600°, on emploie un tube de. verre d'une grandeur et d’une épaisseur égales à celles du tube d’un thermomètre à air. Dans l'impossibilité de mettre la pointe ouverte de ce tube en communication avec un récipient moyennant des bouchons de liége ou des tubes de caoutchouc, qui se détruisent à une température aussi élevée, on soude cette extrémité à un autre tube d’un grand diamètre A (fig. 155); si l'on veut éviter la sortie de la moindre trace de vapeur... on ferme l'ouverture de ce tube avec un bouchon de liége traversé par un tube de verre auquel on a lié une vessie.

Le tube et le thermomètre à air dont je donnerai tout-à-l'heure la description se placent l'un à côté de l'autre dans un appareil, où ils acquièrent tous deux aussi exactement que possible la même température. On atteint ce but en introduisant un cylindre en fer muni d'un fond épais à l’une de ses extrémités dans un fourneau à courant libre ( fig. 151) dont on peut régler la température moyennant des registres et des pierres, de manière à faire acquérir une chaleur rouge d'une égale intensité à toutes les parties du cylindre, dont les parois doivent avoir au moins un pouce d'épaisseur. C’est dans ce cylindre qu'on place l'appareil où se trouvent les tubes et qui consiste en deux autres cylindres fermés aux deux extrémités etemboîtés l’un dans l’autre (fig. 156). La surface du cylindre A est armée en plusieurs endroits de tiges de cuivre qui empêchent tout contact de ce cylindre avec ceux entre lesquels il se trouve, de manière que l'air interpose peut circuler librement autour, par devant et par derrière. Dans le cylindre extérieur il y a quatre tiges portant des crochets g k, sur les-

quels on place l'un à côté de l’autre lethermomètre à air et le tube de verre avec la substance à examiner. On ferme les ouvertures supérieure et antérieure de ce cylindre avec les couvercles e et / percés de trous pour le passage des extrémités A des tubes de verre. Cela fait, on introduit le cylindre intérieur B dans le cylindre extérieur A et l’on ferme également celui-ci avec ses couvercles c et /. L'ouverture % est un peu plus grande, en proportion du diamètre du tube A que l’ouverture z, qui a seulement les dimensions de l’extremite A du thermomètre à air ; des registres permettent de les retrecir pour empecher le courant d’air. Le couvercle Z est en outre pourvu de quelques tiges de cuivre sur Me on peut mettre des charbons.

Dès que le cylindre de fer commence à rougir uniformément, on y introduit l'appareil; au-dessous delatiges on fixe une toile métallique, pour y mettre de la braise comme sur les tiges a, de manière qu’il y en ait autour du tube de verre jusqu’en o. Lorsque la substance commence à se volatiliser, il s'échappe d’abord la plus grande partie de l'air atmosphérique que les vapeurs développées finissent par expulser presque complétement. Les vapeurs viennent se condenser dans le tube A qu’on peut maintenir froid , ils sy condensent intégralement au point qu'en déterminant, par exemple, la pesanteur : spécifique de la vapeur d’arsenic on ne remarque pas d’odeur arsénicale dans le laboratoire. Le developpement des vapeurs venant à cesser, ce dont il est facile de s'apercevoir, on scelle avec promptitude et simultanement, en 0, le tube de verre et le thermomètre à air. On enlève alors les charbons de dessus la toile, et à l’aide d'un crochet engagé dans un trou de la tige s on traîne

l'appareil hors du fourneau sur une plaque de tôle disposée ad hoc, et on l'y laisse refroidir.

Lorsque les substances qu'on traite sont volatiles à une température élevée, on réussit avec beaucoup de facilité à condenser tout le contenu du tube dans la partie antérieure en o après le scellement; en effet, les charbons étant retirés, le gaz se condense aussitôt dans ‘cette partie du tube, de la nouvelle vapeur y afflue du tube échauffé pour se condenser de même, de sorte qu’en refroidissant la pointe £ avec de l’eau l'on y peut condenser tout le gaz renferme à l'intérieur d'un tube, dont la températnre est de 500°. Si donc l'on fait abstraction du résidu d'air, qu'on n'est pas parvenu à expulser du tube, et dont la quantité est tout au plus de 1 à 1 et demi pour cent dans ces expériences, en coupant cette pointe, la pesant et la faisant rougir pour la peser de nouveau, on trouvera deux poids dont la différence égalera celui du gaz contenu préalablement dans le tube. |

Le thermomètre à air et le tube de verre, choisis de même grandeur et de même épaisseur et placés l'un à côté de l’autre, s’echauffent par le contact de l'air chaud, en circulation autour d'eux et porté à une haute temperature par les parois du cylindre intérieur, qui est échauffé à son tour par de l'air circulant autour de lui. La même chose a lieu pour le cylindre extérieur dont l'air ambiant prend sa chaleur du grand cylindre de fer, qui est un réservoir de chaleur. Il résulte de ces

dispositions une température tellement uniforme dans

le cylindre intérieur, tellement égale pour les deux tubes, que deux thermomètres à air employés simultanément s'élèvent exactement au même degré dans ce cy-

lindre. Le crochet g sert à supporter un second: thermomètre pareil, que j'ai cependant ordinairement jugé superflu.

Ainsi que je l'ai déjà dit, le thermomètre à air sert également à trouver le rapport des quantités pondérables de l'air qui y entrent à o° et à la température à laquelle on l’a scellé. Pour pouvoir calculer la pression que l'air a soutenue dans ce moment, il faut consulter le baromètre au même instant.

Je vais rapporter la détermination de iR pesanteur spécifique de la vapeur d’arsenic, comme exemple de la manière dont les expériences que je viens de décrire, permettent de calculer la pesanteur spécifique des vapeurs.

Hauteur barométrique corrigée * lors du scellage,

Poids du tube avec l’arsenic, 554,417, sous la pression barometrique de 0",7545 , avec correction, et à la température de 9°.

Poids du tube entièrement rempli d'eau 164*,7, température de l’eau 12°.

La quantité d’eau qui a pris la place du résidu d’air était de 0°”,4 ( 12°) = 0* 4.

Poids du tube plein d'air sec Sam, 1065.

Pour déterminer la capacité du tube, il faut, après avoir soustrait le poids du tube plein d'air sec hors de celui du tube rempli d’eau, ajouter au nombre trouvé le poids de l'air contenu dans le tube, poids qu'on a soustrait de trop :

* La hauteur barométrique observée réduite à ce qu’elle serait à 0° eu égard par suite à la dilatation de la colonne de mercure ct de l'échelle par la chaleur.

Tube plein d’eau 164,70

» » d'air 5 5, II

L'air 0,14

| 109,73 . De ce nombre il faut encore défalquer l'excès du poids du résidu d’arsenic dont la pesanteur spécifique est de 5,96 sur le poids de l'eau dont il occupe l'espace, savoir 0,39. L’eau qui entre dans le tube à 7°,5 pèse donc 109,38.

Or, l'on sait que le poids de l’eau à 4,1 : poids de l'air à 0° et sous une pression barométrique de 0,76 : : 1 : 769,8.

Il faudrait tenir compte de la dilatation de l’eau pour pouvoir déduire le poids de l’air de la quantité ponderable de ce liquide; mais la dilatation du verre de 41 à 12° devant être également prise en considération, les nombres rapportés ci-dessus ne subissent pas de chansement. Néanmoins l’on doit effectuer cette correction pour des températures de l'eau dépassant 12°.

Ainsi l'air que peut contenir le tube à 0° et sous une

. Go: \ 109,79 1:

pression de 0®,76 pèse gm. = 0,1425 gm. Le tube ayant été scellé sous une pression barométrique de

0®,7545, l'air qui pouvait s'y loger alors pèse donc 0,7545 X 0:1425 0,76

A l’aide du thermomètre à air on a trouvé que le poids d'air susceptible d'être contenu dans le tube du verre lors du scellement : poids de l'air qui y entre à o° et sous la pression du moment du scellage :: 1: 3,909: L'air qui pouvait entrer dans le tube de verre à la haute

— 0,1416 gm.

temperature dont on a fait usage pese donc re

0,0422 gm.

Letubecontenantl’arsenic a été pesé dans l'air à 0° et sous une pression barometrique de 0”, 7545 avec correction. Si l’on veut connaître le poids de la substance contenue, il faut retrancher celui du tube rempli d'air,et ajouter celui de l'air, qui aurait rempli le tube de la température et sous la pression du moment de la pesée avec la substance. Nous avons déjà trouvé, qu'à o° ét sous 0%,7545 de mercure ce poids est de 0%*,1416; à 9° il sera donc de aa senic contenue dans le tube au moment du scellage s'élève donc à

Le poids de l’air capable de se loger dans le tube à la température du moment du scellage étant de o us 2, l'on aura 0,0422: 0,4479: 1: 10,6.

Mais le tube de verre ayant retenu une petite quan-

— 0,1376 gm. La quantité d’ar-

tité d'air, ce nombre n’est que la pesanteur spécifique du mélange de la vapeur d’arsenic avec un peu d'air atmosphérique. L'eau occupant le même volume que le résidu d'air pèse 0,4 gm. , par conséquent cette quantité d'air occupe à 12°,

40 4 Ho — 0,37 pour cent, à 0°, 0,39 pour cent et à la température du moment du scellage 1,17 pour cent (= 35 x 3,355) de la capacité du tube. Lorsqu'on fait entrer cet air en ligne de compte, on trouve pour la pesanteur spécifique de l'acide arsénieux : 10,6 x 100— 1,17 Thermomètre a air. Le thermomètre à air ayant acquis pour la première fois une importance particulière dans la détermination de la pesanteur spécifique des vapeurs, je vais exposer de suite la manière dont il faut

EAU. 317 s'en servir pour en obtenir des résultats aussi exacts que ceux du thermomètre ordinaire.

On emploie pour cet usage un tube de verre CG (fig. 157), d'un pied de longueur et de 7/8 de pouce de diamètre, d'un verre assez épais pour qu'il pèse 75 gm., et d'une capacité d'environ 1500 gm. de mercure. Aux deux extrémités de ce tube on soude deux tubes ther- . mométriques A et B, chacun de six pouces de longueur et d'une capacité de deux grammes de mercure, de sorte que la capacité de l'un de ces tubes: celle du grand tube :: 1:750. On effile les extrémités des tubes thermométriques et l'on peut gonfler un peu le canal pendant cette opération. On partage alors la capacité du tube en deux parties égales, et l’on indique le milieu par un trait gravé à l'acide fluorique et passé tout autour du tube. Cette division en deux moities s'exécute avec du mercure ; à l’aide de la machine pneumatique à main on en pompe assez dans le tube pour le remplir un peu plus d'à moitié; et en renversant le tube on en fait sortir peu à peu assez de mercure, pour qu'à la fin la surface de ce métal ne change plus de position , lorsque tenant le tube verticalement on le retourne de nouveau. Afin de pouvoir introduire commodément le tube dans l’appareil dont on veut déterminer la température, on courbe le bout étroit B. Pour le remplir d’air sec on le met en communication par lextremité B avec un tube plein de chlorure de calcium, et par l'extrémité A avec une pompe pneumatique à main et l'on fait jouer celle-ci lentement ; en dirigeant ensuite le dard du chalumeau sur l'extrémité B, tandis qu'elle communique encore avec le tube rempli de chlorure de calcium, on la scelle près de la pointe, On scelle aussi à

cn

l’aide du chalumeau la pointe de l’extremite A en observant au même instant l’etat du baromètre, aussitôt que le tube a acquis dans l'appareil que je décrirai de suite la température que l’on veut déterminer. On brise la pointe effilée A sous le mercure, dans le vase A (fg. 158). On suspend alors le tube perpendiculairement dans un appareil, dont la partieinférieure consiste en une planche percée latéralement d’une entaille, et on le lie par sa partie supérieure avec un fil; les tiges minces qui

joignent les planches / ? et la tige sont en fil de fer. La

tige f traversant librement la vis 2, peut être promptement élevée ou abaissee; elle passe de même par la gaine a (fig. 159) dans laquelle une vis de pression c, perpendiculaire à l'axe, permet de l’affermir. On établit ensuite la station de l’appareil d'une manière plus précise à l’aide de la vis 2, sur la tete de laquelle repose librement la gaine & et qui sert à hausser et à baisser celle-ci sans la faire tourner. À la faveur de ce mécanisme on peut placer le tube de manière que le trait rase la surface du mercure qui y est entré. On mesure l'élévation de ce métal avec une échelle terminée en pointe e, et suspendue à deux charnières permettant deux mouvemens perpendiculaires entre eux, de sorte qu’en vertu de son poids elle prend une position verticale. La charnière o est armée d'une vis, que l’on desserre lorsqu'on veut demonter l'échelle, et porte en outre une tige qui traverse la gaine i, et qui se termine supérieurement par une vis. Cette tige a une cannelure dans laquelle entre une goupille e fixée à la gaine, de manière qu’à l’aide de la tête de vis à, taillée en écrou et placée librement sur la gaine £, l'on peut élever ou abaisser l'échelle sans lui communiquer aucun mouvement autour de son axe.

Page 1