‹ Élémens de chimie médicale (volume 2)Chapitre 10 sur 80 · DE LA. GOMME ARABIQUE · texte numérisé non relu

DE LA. GOMME ARABIQUE

l’acide mucique (saccholactiqiie), et n’étant point susceptibles d’éprouver la fermentation alcoolique. On connaît plusieurs espèces de gomme.

Espèce. Gomme arabique,

La gomme arabique se trouve dans plusieurs espèces de mimosa qui croissent sur les bords du Nil et dans l’Arabie; on la rencontre aussi dans deux espèces d’arbres qui bordent le fleuve Sénégal , et que les naturels appellent uerek et nehueh, de là le nom de gomme du Sénégal-) sous lequel elle est également connue.

Elle se présente sous la forme de petites masses jaunâtres , transparentes , concaves d’un côté^ convexes de l’autre, fragiles et par conséquent faciles à réduire en poudre. La gomme du Sénégal est quelquefois orangée; elle est assez soluble dans l’eau, et forme avec ce liquide un mucilage qui n’est pas à beaucoup près aussi épais que celui que donne l’espèce suivante. Elle diffère encore de la gomme adragant, i® en ce qu’elle donne moins de charbon lorsqu’on la décompose par le feu ; 2° en ce qu’elle fournit moins d’acide mucique quand elle est traitée par l’acide nitrique. Suivant M. Vauquelin , la gomme arabique la plus pure contient de l’acétate ou du malate de chaux, et une petite quantité de phosphate de chaux et de fer. On l’emploie pour donner du lustre aux étoffes et du brillant à certaines couleurs ; elle sert à la préparation des pastilles ; enfin on en fait un grand usage en médecine, à raison de ses propriétés adoucissantes , expectorantes, etc. : on l’administre avec succcès dans les catarrhes pulmonaires , les diarrhées , les dysenteries , les maladies des voies urinaires, dans les empoisonnemens par les substances âcres et corrosives , etc. ; on en fait dissoudre un gros ou un gros et demi dans une pinte et demie d’eau que

SECONDE PARTIE

l’on fait bouillir. La gomme arabique est formée , d’après MM. Gay-Lussac et Theuard , de ,

Carbone . . . 4^5^^

Oxigène . 5o,84

Hydrogène . 6,95

2® Espèce. Gojnme adragani.

La gomme adragant se trouve dans Va$tragalus tra-> gacantha, qui croît dans l’île de Crète et dans les îles environnantes. Elle se présente sous la forme de petites masses blanches, opaques, semblables à de petits rubans entortillés; elle ne se réduit bien en poudre qu’autant que l’on a fait chauffer le mortier , phénomène qui dépend de ce qu’elle est légèrement ductile. Elle donne plus de charbon' à la distillation que la précédente , et plus d’acide mucique lorsqu’on la traite par l’acide nitrique.

Suivant M. Buçholz ^ la gomme adragant est composée de 5y parties dune matière analogue à la gomme arabique, très-soluble dans l’eau froide, et de 43 parties d’un prin- ' cipe susceptible de se gonfler et de prendre l’aspect gélatineux lorsqu’on le met dans l’eau froide , qui du reste ne fr dissout point ; l’eau bouillante opère parfaitement la dissolution de ce principe , et paraît fr décomposer, du moins il perd la propriété de se gonfler lorsqu’on le. met de nouveau dans ce liquide froid, et il y devient soluble à la manière des mucilages. Une partie dégommé adragant et 60 parties d’eau froide donnent un mucilage épais ; une partie de la même substance et 100 parties d’eau, forment un liquide aussi consistant que celui que l’on obtient avec une partie de gomme arabique et 4 parties du même liquide. Une partie de gomme adragant et 36o parties d’eau donnent encore un liquide mucilagineux. Cette espèce de gomme partage les propriétés médicinales de la gomme ai’abique; mais son

»E LA BASSOEIWE *]t

mucilage est tellement épais qu’on ne l’emploie guère qu’à la préparation des looclis.

On connaît encore, sous le nom de gorritne du pays ( gummi nostras J , un produit solide fourni par les arbres ft uitiers à noyau , et sous le nom de gomme de graines ét de racines , une matière mucilagineuse qui se trouve dans la graine de lin', dans les racines des mâlvacées , etc.: On emploie la première pour donner du brillant à l’encre et à quelques autres couleurs 5 on fait un fréquent usage de la dernière pour préparer les cataplasmes émolliens et la plupart des tisanes adoucissantes. Ces produits ne difîerent des gommes que nous avons décrites que par une moins grande pureté : aussi ne les avons-faous pas considérés coname des espèces particülirâ-es,

Be la Bassoritte.

648. Suivant M. J. Pelletier, la gomme de BâSsora 3 exa* minée par M. Vauquelin , doit être regardée comme un principe immédiat particulier 5 on la trouve dans Vassafdstida , le bdellium, V euphorbe^ le sagapenum, le nostoç, etc. M. Desvaux pense que la gomme de BaSsora est le produit d’une plante grasse, et peut-être d’un cactus. Elle est solide, demi transparente , îrisîpidé et inodore. Soumise à la distillation, elle fournit dé l’eau, de l’buile^de l’acide acétique, du gaz acide carbonique et du gaz hydrogène carboné , enfin un charbon contenant de la chattx ét de l’éxide de fer. L’eau , quelle quesoit sa température , la gonfle considérablement sans la dissoudre. L’acide nitrique affaibli la dissout presque complètement à l’aide de la dtaleur ; il ne l’este qu’une petite quantité de matière jaunâtre 5 l’alcool précipite de cesolutum tme substance analogue à la gomme arabique. Les acides hydro^chlorique et acétique agissent sur elle comme l’acide nitrique, excepté que le résidu, an lieu d’être jaune, est blanc. Elle est sans usages.

SECONDE PARTIE

DuLigneux.

649. Le ligneux constitue presque à lui seul le bois; il entiedans la composition de la tige , des fleurs , des fruits et des racines ; ces deux dernières parties ne renferment , à la ■vérité , qu’un atome de ligneux , d’après les expériences récentes de M. Clément; néanmoins on peut affirmer qu’il est le plus abondant de tous les produits immédiats des •végétaux. Le papier blanc doit être regardé comme du ligneux pur ; le chanvre et le lin sont aussi formés par ce principe immédiat , uni, à, la vérité, à un très -petit nombre de matières étrangères, dont on n’a pas pu le priver par la fermentation. Le ligneux est solide , incristallisâble et formé de fibres d’un blanc sale; il est insipide, incolore , et plus pesant que l’eau.; Nous avons exposé , page 54 et suivantes , l’action du calorique , de l’air et de l’acide sulfurique sur ce produit. Il ne se dissout dans aucun liquide ; il forme avec l’acide nitrique une gelée qui finit par se convertir en acide oxalique. Les alcalis ne l’attaquent qu’avec la plus grande difficulté. Il est composé , d’après MM. Gay-Lussac et Tbenard, de,

Carbone . . . . Si, 45

Oxigène . 42,75

Hydrogène . 5,82

Lés usages du ligneux pur ( papier.) , du chanvre , du lin, du bois et des produits formés par ce principe immédiat, sont si généralement connus, que nous pouvons nous dispenser de les énumérer.

De la Subérine.

65o. M. Cbevreul regarde la substance qui constitue la tissu du liège , et celui de l’épiderme de plusieurs végétaux , ^ comme un principe immédiat particulier, auquel il a donné

DE L’oi;rvïLE. 'j'^

le nom àe suhérine: il est caractérisé par la propriété de fournir de l’acide subérique (piand on le décompose au moyen de l’acide nitrique. -

Moelle de suTeau.. ,

65 1 . Suivant le même savant , la moelle de sureau consti¬

tuerait aussi une nouvelle espèce de principe immédiat. Elle ressemble à la subérine par sa structure 5 mais éllé en diffère en ce quelle ne donne point d’acide par

l’acide nitrique; chaufiee dans des vaisseaux fermés, elle laisse près de o,îi5 de charbon , tandis que le ligneux n’en fournit que de 0,17 à 0^18.

De VOlivile.

65 2 . Suivant M. Pelletier , il existe dans la gomme d’olivier un principe particulier auquel il a donné le nom à’olwileÿ nous le rangeons ici parce qu’il paraît tenir le milieu entre les substances de cette classe et celles de la classe suivante. L’olivile est sous forme de poudre blanche, brillante, amilacée, ou bien en petites lamelles ou en aiguilles aplaties ; elle est inodore et douée d’une saveur amère , sucrée et aromatique; elle fond et jaunit à la température de 70® thermomètre centigrade. Soumise à la distillation , elle se comporte comme les autres principes de cette classe. U eau froide la dissout à peine ; mais elle est soluble dans 82 parties de ce liquide bouillant; le solutum devient laiteux et opaque à mesure qu’il se refroidit ; il reprend sa transparence si on le fait bouillir de nouveau; et si on continue l’ébullition pendant quelque temps , l’olivile se sépare , paraît à la surface de la liqueur comme une substance oléagineuse, et se solidifie par le refroidissement. U alcool n’agit presque pas sur l’olivile à froid ; mais il la dissout en toutes proportions à l’aide de la chaleur; la disr sclutionj saturée, précipite par l’eau des flocons blancs, so-

^4 SECONDE PARTIE

lubies da^ un excès de ce dernier liquide. L’ei7;eÊest sans action sur l’olivile pure. Les huiles fixes ou 'volatiles n’agissent point sur elle à froid; à pkalid elles en dissolvent une certaine quantité. L’acide concentré la dissout

à toutes les températures , ét la liquetu ne précipite pas par l’eau. L’acide sulfurique concentré la charbonne. L’acide nitrique la dissout à froid , et se colore en rouge foncé; si on élève un peu la température, il la décompose eu se décomposant lui-même, et fournit une très-grande quantité d’acide oxalique. Iæs aZcaZts étendus d’eau, dissolveul l’olivile sans l’altérer. Le sousjracétate de plomb précipite de sa solution aqueuse des flocons très-blancs , solubles dans l’acide acétique ; l’acétate de plomb neutre la précipite également, mais avec moins d’énergie. L’olivile est sans usagés.

CLASSE IIÏ.

Dès Principes immédiats dans lesquels Vkjdrogène est en, excès par rapport à V 'oxigène.

653. Çesprincipes immédiats contiennent tous une très-* grande quantité de carbone; ce corps simple ^ est d’autant plus abondant que l’excès d’hydrogène , par rapport à l’oxigène, est plus considérable. Qn trouve dans cette cksse les substances grasses , la cire , les résines , le camphre , le caoutchouc, l’alcool, les éthers et l’esprit pyro-acétique. La plupart de ces produits sont plus légers due l’eau; ils sont très-fiisibles ; chaufîes avec lecontactdeLair, ils absorbent l’oxigène avec énergie et avec dégagement de calorique et de lumière. Il en est qui se volatilisent facilement lorsqu’ on les soumet à la distillation ; d’autres se décomposent; aucunne résiste à l’action d’une chaleur rouge , et ils fournissent tous, en se décomposant, beaucoup de gaz hydrogène carboné, du charbon et une certaine quantité de gaz oxide de carbone. 'Veau ne dissout guère que l’alcool, et il n’en est aucun qui

ITES SUBSTANCES GRASSES.

éprouve dans ce liquide l’altération putride dont nous avons parlé ( § 63^ ). Les acides suïjurique , nitrique , etc. , agissent sur eux d’une manière plus ou moins analogue à celle qu’ils exercent sur les principes de la classe précédente , cette action ne peut être exposée d’une manière exacte que dans les histoires particulières. La plupart d’entre eux se combinent avec un certain nombre d’oxides métalliques ^ et peuvent même être décomposés par eux.

Des Substances grasses.

654. On avait cru jusque dans ces derniers temps que les huiles fixes, les diverses espèces de graisse fournies par les animaux, et le beurre, étaient des principes immédiats particuliers. M. Chevreul a publié récemment une série de Mémoires remplis de faits précieux , entièrement nouveaux, à l’aide desquels il renverse cette opinion , et il démontre, 1° que ces substances sont constamment composées de deux principes particuliers, nullement acides, qu’il a fait connaître sous lés noms de stéarine et à’ élaïne-, 2° que quelques-unes d’entre elles contiennent en outre un principe odorant; 3® que, par la réaction des huiles et des matières grasses sur les alcalis , il se forme deux hydracides gras, que l’on doit aussi regarder comme des principes immédiats , et auxquels il a donné les noms acide margatique et A’ acide oléique ; 4® que le blanc de baleine est un principe immédiat particulier, qu’il désigne sous le nom de cétine; 5° enfin, qu’il existe un autre principe immédiat acide résultant de l’action des alcalis sur la eétine , auquel il a donné le nom A^ acide eétique.

Les résultats de ce beau travail nous tracent naturellement la marche que nous avons à suivre dans l’histoire compliquée des substances grasses. Nous la diviserons en trois sections : dans la première , nous parlerons des principes immédiats dont elles sont formées , et de ceux qui

76 SEC'OTJDîî PARTIE.

sont le résultat de leur action sur les alcalis ; dans la seconde, nous pai'lerons des graisses et des huiles; dans la troisième, nous ferons connaître tout ce qui concerne les savons, ou l’action des substances grasses sur les oxides métalliques. Nous aurions peut-être dû traiter des huiles, des graisses et des savons àla section où nous devons parler des substances végétales composées; mais nous avons cru préférable pour l’étude de réunir ici tout ce qui est relatif aux corps gras saponilîables ; nous ne renvoyons pas non plus à la chimie animale l’histoire des graisses qui peuvent être saponifiées ; en effet ces substances , formées d’hydrogène , de carbone et d’oxigèiie , comme la plupart des jnatières végétales , ressemblent entièrement aux huiles.

§ Des Principes immédiats gras susceptibles d’être saponifiés.

Ces principes sont au nombre de six , la stéarine, l’élaïne, la cétine , les acides margarique , oléique et cétique ces trois derniers paraissent être de véritables hydracides ; les autres, au contraire, sont plutôt alcalins qu’acides.

De la Stéarine.

655. La stéarine, découverte par M. Cheyreul, a été décrite d’abord sous le nom de substancegrasse de la graisse^ sa dénomination actuelle est dérivée de orrsap, suif; unie à l’élaïne, elle constitue la graisse d’homme, de mouton, de boeuf, de porc , d’oie.

Elle n’est fluide qu’au-dessus de 38° thermomètre centigrade; la stéarine d’homme , de mouton, de bœuf et d’oie se présente sous la forme d’une masse dont la surface est plane et conmie composée d’une multitude de petites ai-^ guüles ou d’étoiles microscopiques ; celle de porc est en masses dont la surface est inégale , et semble aussi formée de petites aiguilles ; elle est incolore , insipide, très-peu

• TSE LÉLAÏîîEi

odorante et sans action sur Vinfusum de tournesol. Cent parliez d’alcool d’une densité de Oj^gSa , bouillant, ont dissous 2;ij5o de stéarine d’homme, 16,07 stéarine de mouton, 1 5, 48 de stéarine de bœuf, i8,25 de stéarine de porc, 36,00 de stéarine d’oie.

Chaufiee avec de la potasse caustique à Talcool et de l’eau, la stéarine est décomposée, et donne une masse' savonneuse, formée de potasse, de beaucoup d’acide margarique et d’un peu d’acide oléique , et une matière soluble dans laquelle on trouve un principe particulier appelé principe doux. Ges diverses substances sont produites en vertu de l’affinité qui existe entre l’alcali' et les acides oléique et margarique , en sorte que le savon obtenu est du surmargarate et de l’oléate de potasse. La stéarine d’homme a fourni, par sa réaction sur la potasse, 94,9 de savon et5,i de matière soluble 5 celle de mouton , 94,6 de savon et 5,4 de matière soluble 5 celle de bœuf, 95,1 et 4,9 ; celle de porc, 94,65 et 5,35 ; enfin celle d’oie, 94,4 et 5,6 de matière soluble. La stéarine pure n’est pas employée; mais elle joue un très-grand rôle dans la saponification des graisses.

De VÉlaine.

656. L’élaïne, découverte par M. Chevreul, fut décrite d’abord sous le nom de substance huileuse delà graisse ; sa dénomination actuelle est dérivée de eiaiov , huüe ; tmie à la stéarine elle constitue la graisse d’homme, de mouton, de bœuf, de porc, de jaguar, d’oie.

L’élaïne est fluide à la température de 7 à 8° lhermom. centigrade; elle est incolore ou d’un jaune citrin, presque inodore, et plus légère que l’eau; sa densité varie suivant la gi-aisse à laquelle elle appartient, depuis 0,929 jusqu’à 0,913. L’élaïne d’oie est la plus pesante; celles de l’homme et du bœuf sont les plus légères. Elle ne rougit point I’ztzfusum de tommesol. L’alcool à 0,7952 dissout au moins

7^ SECONBE PAETIE.

son poids d’élaïne à la température de ’jS à 78° tliermont; centigrade, et Je solutum en dépose une plus ou moins grande quantité par le refroidissement , suivant l’espèce d’animal à laquelle appartient l’élaïne.

Chauffée avec de la potasse caustique à l’alcooî et de l’eau , l’élaïne est décomposée et transfoimée en une espèce de savon , et en une certaine quantité de matière soluble ; le savon est composé de potasse, de beaucoup d’acide oléique et d’un peu d’acide margarique , ou bien d’oléate et de margarate de potasse 5 la matière soluble renferme le principe doux. Les élaïnes de mouton, de porc, de jaguar, d’oie, extraites par l’alcool et traitées de cette manière, ont fourni à M. Chevreul 89 parties de savon et 1 1 parties de matière soluble •, celle de boeuf, extraite de la même manière , a donné 92,6 de savon et 7,4 de matière soluble 5 mais comme ces élaïnes avaient éprouvé un conunencement d’altération, on fit des essais sur ces substances pures, et on trouva que l’élaïne humaine se convertit en giS de savon et en 5 de matière soluble, et l’élaïne de porc, parfaitement incolore, en 94 de la première et en 6 de la seconde. On neiait point usage de l’élaïne pure; mais la transformation des graisses en savon dépend entièrement de la décomposition de l’élaïne et de la stéarine opérée par l’alcali.

De la Céline ( blanc de baleine, spermaceti ).

657. La cétine entre dans la composition de la graisse de plusieurs cétacés ; elle existe en plus grande quantité dans le tissu cellulaire interposé entre les membranes du cerveau de diverses espèces de cachalot, principalement du phy^ seter macrocephalus. Elle est solide , sous la forme de lames brillantes, incolores, douces au toucher, peu odorantes, fi^agiles et sans action sur Viiifiisum de tournesol. Elle fond à 44°?^^ thermomètre centigrade. Distillée , elle fourait

ÏÏE l’ACICÉ M ARGÂHIQtTE. ’^g

une assez grande quantité de cristaux lamelleux, jaunâtres, une matière brunâtre , de l’eau acide , une huile empyreumatique, et très-peu de charbon. Elle est soluble dans l’alcool bouillant, d’où elle se dépose presqu’en totalité par le refroidissement sous la forme de lames. Lorsqu’on la fait digérer pendant quelques jours avec quatre fois son poids d’eau et la moitié de son poids environ de potasse à l’alcool, on obtient un liquide jaune , et une masse visqueuse, demi-transparente, qui devient opaque et plus solide par le refroidissement 5 cette masse est un savon composé d’alcali et de deux acides : l’un d’eux porte le nom

acide cétique , l’autre est fort peu connu. Suivant M. Chevreul, ce savon contient encore une matière jaune et une huile volatile 5 le liquide coloré en jaune renferme un atome d’une matière rousse amère. Ces faits prouvent que la cétine est décomposée par l’alcali , et que le savon qui en résulte est principalement formé de cétate de potasse. La cétine n’est point transformée en acide cétique par l’action de l’acide nitrique, tandis que la cholestérine (adipocire , ou substance cristallisable des calculs biliaires ) passe à l’état d’acide cholestérique lorsqu’on la traite par l’acide nitrique. ( MM. Pelletier et Caventou. )

De V Acide margariqiie ( margarine).

658. L’acide^margarîque, découvert par M. Chevreul , fut d’aboi'd décrit sous le nom de margaiine. Il est le produit de l’art, et se forme toutes les fois que l’on traite par la chaleur un alcali avec de la graisse de porc , de mouton, de bœuf, de jaguar , d’oie et d’homme. Il est solide , d’un blanc nacré, insipide, d’une odetu'faible, analogue à celle de la cire blanche ; il est plus léger que l’eau; il ne rougit pas Yinfusum de tournesol à froid; mais à l’aide de la chaleur l’acide se ramollit, et la couleur bleue passeaujrouge. A 56°, 56' th.

8o s ECO 5 RE V À. Vint.

centigrade, il se fond en un liquide incolore, très^impide ,' qui cristallise par le refroidissement en aiguilies brillantes du plus beau blanc.

Distillé, il se volatilise en grande partie 5 la portion décomposée fournit du charbon et un produit qui paraît être de l’huile empyreumatique volatile unie à de l’acide acétique; il ne se dégage que très-peu de gaz. Il est insoluble dans Teau. Cent parties d’alcool d’tme pesanteur de 0,8 16 en dissolvent, à la température de ^5® th. cenligr., 1 89,79 Parties ; la dissolution se prend parle refroidissement subit en une masse solide; tandis qu’elle fournit des aiguilles qui se réunissent en étoiles si elle n’est pas très-saturée d’acide , et si la température diminue par degrés. L’acide margarique décompose le sous-carbonate de potasse à l’aide de la chaleur, et eu dégage le gaz acide carbonique.

On peut combiner l’acide margarique avec la potasse , la soude, la baryte, la strontîane, la chaux et le protoxide de plomb ; les margarates obtenus sont entièrement analogues aux savons.

659. Lorsqu’on fait chauffer 4o grammes d’acide margarique, 24 grammes de potasse à l’alcool et 160 grammes d’eau, on obtient une massebianche, opaque, qui, après avoir été pressée entre deux papiers .Toseph et traitée par l’alcool, se dissout, et laisse déposer par le refroidissement des aiguilles qui constituent le margarate neutre de potasse. Ce sel est blanc , moins doux au toucher que le sur-margarate ; sa saveur est faible et légèrement alcaline; agité dans une grande quantité d’eau froide il se décompose en potasse et en sur-mc.rgarate insoluble ; l’eau chaude le dissout complètement; mais il se dépose par le refroidissement du sur-^ margarate et un mucilage épais. L’alcool bouillant peut en dissoudre environ 9 parties. Il est formé de 100 parties d’acide margarique et de 18, i4 de potasse.

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