Sur-margarate de potasse ( margarate acide , ou
DE l’acide AIAEGARIQüE. . 8 c
ïnàtière nacrée ). Ï1 est solide, nacré, doux au toucher, presque sans saveur; il ne se fond pas lorsqu’on le chauffe au bain-marie; il est insoluble dans l’eau froide; l’eau bouil^lante se combine avec lui et le divise sans le dissoudre ; cependant elle en sépare une très-petite portion de potasse. Il se dissout dans 3x8 parties d alcool d’une pesanteur de 0,834et à la tempéi’ature de 20® ; tandis que loo parties du même iiquideà 67® en dissolvent 81,37 parties; cesolutum alcoolique est précipité par l’eaü , qui s’empare de l’alcool et d’une portion de potasse ; le dépôt contient nécessairement moins d’alcali. Ce sel est formé, d’après M. Chevreuil d environ 100 parties de margarine et de 8,88 de potasse.
661 . En faisant bouillir 20 grammes d’acide margarique^ 80 grammes d’eau, et 12 grammes de soude, on obtient un savon très-dur sous la forme de grumeaux, soluble dans l’alcool bouillant , qui se prend en une belle gelée transparente par le refroidissement de la liqueur, mais qui devient peu à peu opaque; il paraît, formé de 100 parties d’acide margarique et dé 1 1,68 de Soude. Ce savon , ou ce margarate de soude, se décompose par l’eau comme celui de potasse ; mais avec beaucoup plus de difficulté.
662. Lorsqu’on fait bouillir avec précaution, et pendant deux heures , de l’eaü de hatjte et dé l’acide margarique , on obtient un savon (margarate) Composé de 100 d’acide et de 28,93 de baT3Ue ; celui que fournit la stron'tiané placée dans les mêmes' circonstances est formé de 100 d’acide et 2^0,23 de stronliane. Si i’oii versé de Ÿhjdro^cliloraîe de chaux dissous et bouillant dans une dissolution de margarate de potasse saturée d’alcali , On obtient un précipité qui est du niargarate de chaux (savon) , et qui donne à l’analyse 100 d’acide margarique et 11,06 de chaux. En faisant bouillir de l’acide margarique avec du sous -acétate de plomb , en épuisant la masse obtenue par l’eau ^ et eu .la traitant par l’aicool , il se dépose par le refroidissement
Ji. 6
Sa SECOKDE PARTIÉi
une quantité notable de savon de plomb compc de loo parties d’acide et de 83,^8 de protoxide de plomb.
De V Acide oléique.
663. L’aeide oléique , découvert par M. Cbevreul , qui lui donna d’abord le nom de graisse fluide, ne se trouve pas dans la nature; il se produit toutes les fois que Ton traite convenablement parles alcalis la graisse du porc, de l’homme, du bœuf , du mouton, de l’oie, etc. A la température de 6° O , l’acide oléique est sous la forme d’aiguilleshlanches , tandis qu’il est liquide et légèrement jaunâtre au-dessus de cette température ; il a une odeur et une saveur rances ; sa pesanteur spécifique est de 0,898 à 19® th. centigrade. Il rougit Vinfusurn de tournesol ; il est insoluble dans l’eau et très-soluble dans l’alcool. Il forme avec la potasse deux sels , un sur-oléate insoluble dans l’eau , rougissant Vinfusurn de tournesol , et iin oléate qui, mis dans l’eau, se gonfle, devient gélatineux, demi-transparent, et finit par se dissoudre complètement si le liquide est en quantité suffisante; il est déliquescent. L’acide oléique forme avec la soude un oléate solide , dur , n’attirant pas l’humidité de l’air et étant soluble dans l’eau et dans l’alcool. Il peut décomposer le carbonate de baryte et de strontiane, et donner naissance à des oleafes. Uni à la potasse , il décompose les sels solubles de chaux , de magnésie, de zinc , decuivre, de cobalt , de nickel , de chrome , et y fait naître des précipités qui sont des oléates ou des savons de l’une ou de l’autre de ces bases.
De t Acide cétique.
664. Cetacide, découvert encore par M. ChevreuJ , qui le décrivit d’abord sous le nom de spermaceti saponifé, est un produit de l’art ; il se forme lorsqu’on traite convenablement le spermaceti, ou blanc de baleine, par les alcalis.
DE rA GRAISSE. 83
31 est insipide et inodore 5 il entre en fusion, comme le spermaceti ^ à la température de 44 à 4^** centigrade 5 i&ais il ne fournit pas, comme lui, des lames brillantes par le refroidissement. Il est insoluble dans l’eau. Il n exige pas même son poids d’alcool bouillant pour être tenu en dissolution ; le solutum dépose par le refroidissement des cristaux lamelleux , brillans , et se prend ensuite en masse^ il rougit Vinfusum àe tournesol; mais moins fortement que l’acide margarique. L’acide cétique se combine aisément, à la chaleur del’ ébullition, avec lapotasse caustique dissoute dans l’eaiî, et fournit une matière gélatineuse, demi-transparente , insoluble dans l’eau , qid devient opaque et blanche en se refroidissant. Cette matière, qui est un savon, et que l’on peut appeler cétate de potasse , se dissout dans l’alcool bouillant , et se dépose en grande partie par le refroidissement; ainsi déposée, lavée à plusieurs reprises avec l’alcool froid, et pressée, elle est décomposée par l’acide hydro-chlorique, qui forme avec la potasse imsel soluble, et précipite l’acide cétique. Suivant M. Chevreul, 100 parties de cet acide exigent pour être saturées 8,29 de potasse.
§ n. Des Substances grasses composées.
Ces substances sont les diverses espèces de graisse d’homme, de mouton, de bœuf, etc., et les huiles. Nous allons parler d’abord des graisses.
De la Graisse.
Ce que nous allons dire de général sur la graisse s’applique seulement à la graisse d’homme, de mouton , de beuf, de jaguar et d’oie. L’analyse qui en a été faite par M. Chevreul prouve que ces diverses substances sontformées de stéarine et d’élaïne.
SECONDE partie;
665. La graisse se trouve dans tous les tissus des animaux ; elle est très-abondante sous la peau, près des reins, dans l’épiploon, à la base du coeur, à la surface des muscles, des intestins , etc, ; elle est quelquefois incolore et le plus souvent jaunâtre; tantôt elle est inodore, tantôt elle a une odeur, agréable ou désagréable ; sa consistance varie aussi suivant les animaux et les parties qui l’ont fournie ; ainsi , telle espèce de graisse est fluide à i5R thermomètre cen tirade ; telle autre ne l’est pas à 24°; sa saveur est en général douce et fade", elle ne rougit point de tour¬
nesol lorsqu’elle est parfaitement pure ; enfin elle est plus légère que l’eau.
Soumise à l’action du calorique^ la graisse fond très-faci-» lement et se décompose sila températuré est un-peu élevée. A une chaleur rouge et dans des vaisseaux fermés, ellefournit du gaz hydrogène carboné, du gaz oxide de, carbone et du charbon , sans donner un atome d’ât^ote. Si on la chauffe moins foitement dans. un appareil distillatoire , on obtient Un peu d’eàu , du gaz acide carbonique , de l’acide acétique , de l’acide sébacique ( voyez Chimie animale ) ^ beaucoup de gaz hydrogène carboné , une assez grande tpiantité d’une matière grasse ou huileuse , et fort peu de charbon spongieux et facile à incinérer. Les produits liquides , condensés dans le ballon , ont uneodetu' insupportable.’
Exposée à VaiVj à la température ordinaire , la graisse rancit^ acquiert de l’odeur et se colore; on pense quelle absorbe l’oxigène de l’atmosphère , et se transforme en un acide qui a beaucoup de. rapport , avec l’acide sébacique. Si on élève la température, elle fond, se décompose, répand d.es fumées blanches , piquantes , se coloré, et absorbe l’oxigène avec dégagement de calorique et de lumière. L'hydrogène, le bore, le carbone et l’azote ne paraissent pas avoir d’action sur elle. L’iode, le chlore , lé soufre , le phosphore , les métaux et les acides agissent sur la graisse