‹ Élémens de chimie médicale (volume 2)Chapitre 12 sur 80 · DE LA GRAISSE · texte numérisé non relu

DE LA GRAISSE

comme sur les huiles fixes. {Voyez pag* 90.) L’eau n’en dissout pas un atome.

666. Lorsqu’on fait bouillir une de ces graisses avec de \ alcool d’une densité de 0,791 à 0,798 , une portion de graisse est dissoute ; si on laisse refroidir la liqueur décantée , il se dépose une matière formée de beaucoup de stéarine et d’im peu d’élaïne , et il reste dans le liquide beaucoup d’élaïne avec un peu de stéarine. Si l’on traite la première de ces matières , celle quiestsolide, avec de l’alcool bouillant, et à plusieurs reprises , on dissout l’élaïne , et on finit par avoir la stéarine pure; quanta la combinaison liquide avec excès d’élaïne , si on l’expose à l’action de l’air froid , le peu de stéarine qu’elle contient ne tarde pas à se solidifier et à se séparer 5 on peut, par ce moyen, obtenir l’e'/azne isolée : c’est en suivant ce procédé que l’on peut se procurer ces deux substances et faire l’analyse de la graisse. ( Chevreul. )

667. Si l’on fait chauffer de la graisse avec de la potasse^ de la soude , de la baryte , de la strontiane, de la chaux , de V oxide de zinc ou du protoxide de plomb , et de l’eau, elle est décomposée , et il se forme de l’acide margarique, de l’acide oléique , et un principe doux semblable à celui que Scbéele a découvert dans l’buile d’olive traitée avec la litbarge (^’oye^:pag. 65 ); il se produit aussi quelquefois deux principes, l’un colorant, l’autre odoi'ant; les acides margarique et oléique formés se combinent avec la base employée , et dorment naissance à dusavon qui est àla-fois du margarate et de l’oléate ; le principe doux reste dans la liqueur. Le gaz oxigène n’est point nécessaire à la production de ces phénomènes , et il ne se forme point d’acide carbonique ni d’acide acétique. 11 faut conclure d« l’actionde ces oxides sur la graisse que leur affinité pour les acides margarique et oléique est plus grande que celle qu’ils ont pour la stéarine et pour l’élaïne , et par conséquent qu’ils déterminent la décomposition de la graisse et sa transfoE'-

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mation en deux matières acides et en un principe doux.

Graisse humaine. Après avoir exposé les propriétés générales de la graisse , nous devons entrer dans quelques détails relatifs à leur histoire particulière. La fluidité de la graisse humaine peut varier suivant les proportions de stéarine et d’élaïne qui entrent dans sa composition 5 si celle-ci prédomine , elle pourra êtrefluide à i5®, tandis qüele contraire aura lieu si la stéarine en fait la majeure partie. Cent parties d’alcool bouillant, d’une densité de 0,821 , én ont dissous 2,48. Lorsqu’on saponifie 1 00 parties de cette graisse par une des bases indiquées ( § 667 ) , on obtient g5 parties de matière savonneuse et 5 parties de matière soluble. La graisse des reins et celle du sein d’une femme ont fourni à M. Chevreul un savon qui , étant décomposé par l’eau , a donné un liquide doué d’une odeur de fromage extrêmement prononcée ; il n’en a pas été de même de la graisse des cuisses.

Graisse de mouton ( suif). Elle est incolore, presqu’inodore dans l’état de fraîcheur ^ mais elle acquiert une trèslégère odeur de chandelle par son exposition à l'air ; sà consistance est assez ferme; 100 parties d’alcool bouillant à 0,821 en dissolvent 2,26 ; les acides et les alcalis la transforment en une substance analogue à la cire et en une huile très-soluble dans l’esprit-de-vin (Braconnot); saponifiées par les bases , 100 parties de cette graisse fournissent g5,i de matière savonneuse , et 4, g de matière soluble ; il se développe pendant cette opération un principe odorant analogue à celui que les moutons exhalent dans certaines circonstances. On emploie cette graisse pour faire du savon et de la chandelle; il paraît que les chandeliers augmentent sa consistance et sa blancheur en y ajoutant un peu d’alun. Suivant quelques praticiens , le suif employé eu iavemeus , à la dose d’une ou de deux onces , est avantageux pour faire cesser les anciens dévoiemens et quelques dysenteries.

DE LÀ GEÀÏSSE. 8^

Graisse de porc ( axonge , saindoux). Elle est molle, incolore , inodore lorsqu’elle est solide 5 mais elle répand une odeur fade et très-désagréable si on la met dans de l’eaubouillante 5 sasaveurest fade^ elle fond à environ 27®. Cent parties d’alcool bouillant , d’une densité de 0,816, en dissolvent 2,80. Traitées par les bases salifiables , looparties de cette graisse ont fourni 94,7 de matière savonneuse , 5,3 de matière soluble , et quelques traces d’une huile volatile et d’un corps orangé. On l’emploie comme aliment ; on en fait usage dans la corroierie, la hongroierie et l’éclairage 5 elle sert à graisser les roues des voitures, etc. Uonguent napolitain est composé de parties égales de graisse de porc et de mercure métallique très-dîvisé par l’agitation 5 \ onguent gris n’est autre chose que ce même onguent étendu dans 7 parties d’axonge. Les expériences de M. Vogel prouvent que , dans ces préparations , le mercure est à l’état métallique et non pas à l’état d’oxide , comme on l’avait cru. La graisse oxigénée est le produit que l’on obtient en faisant chauffer cette graisse avec xm dixième de son poids d’acide nitrique. onguent citrin résulte du mélange du nitrate de mercure provenant de l’action de 90 grammes de mercure et de 120 grammes d’acide nitrique , avec un kilogramme de graisse : on commence par faire fondre celle-ci ; on y verse le nitrate , et on agite. L’axonge feit encore partie des pommades cosmétiques et de quelques autres préparations pharmaceutiques.

Graisse de bœuf. Elle est d’un jaune pâle 5 son odeur est très-légère ; 1 00 parties d’alcool bouillant , d’une densité de 0,821 , en dissolvent 2,52 5 saponifiée par les bases ( § ^7 )•) cllfi fommit 95 parties de matière savonneuse et 5 de matière soluble ; il se développe pendant cette opération un principe odorant analogue à celui que les bœufs exhalent dans certaines circonstances. JJhuile de pied, de heufesl employée comme aliment , principalement pour

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les fritures : la difficulté avec laquelle elle se fige et s’épaissit

fait qu’on la recherche pour le graissage des mécaniques.

Graisse de jaguar. Elle a une couleur jaune orangée , et une odeur particulière et très-désagréable 5 1 00 parties d’alcool bouillant à 0,821 en dissolvent 2,18; traitée par les bases salifîables , elle se saponifie , et acquiert une odeur îbite , semblable à celle qui se répand quelquefois dans les ménageries d’animaux féroces.

Graisse d’oie. EUe est légèrement colorée en jaune ; son odeur est agréable ; elle paraît être aussi fusible que la graisse de porc.

Beurre. Le beurre pur est formé de stéarine , d’élaïne , d’acide butirique (principe odorant) et d’un principe colorant ; sa composition est donc un peu plus compliquée que celle des graisses cependant on voit par les élémens qui le constituent , qu’il doit saponifier les alcalis. Nous reviendrons sur son histoire en parlant des substances animales.

Des Huiles.

On distingue les huiles en celles qui sont grasses on fixes, et en celles qui sont volatiles ou essentielles; les premières paraissent formées, comme les graisses, de deux principes immédiats particuliers. M. Chevreul, en imbibant d’huile d’olive un papier qui fut exposé ensuite à l’action du froid , en retira deux substances différentes : l’une solide , l’autre fluide. Les expériences récentes de M. Braconnot prouvent que la matière solide à laquelle ce chimiste donne le nom de sui/ est d’un blanc éclatant , inodore , peu sapide , d’une fermeté comparable au suif de bœuf , mais beaucoup plus fusible, car elle est liquide à 16® thermomèt; e de ïléamnnr. La matière liquide a l’odeur, la saveur et la couleur de l’huile d’olive; elle ne se fige plus à 10® ■4- O Réaumur , comme le fait l’huile d’olive ordinaire^ ce

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