‹ Élémens de chimie médicale (volume 2)Chapitre 13 sur 80 · DES EDILES · texte numérisé non relu

DES EDILES

qui peut la rendre très-utile dans l’horlogerie. M. Braconnot a retiré de loo parties d’huile d’olive, à la température de 5® thermomètre deRéaumur, 72 d’huile liquide, et 28 de suif ; cependant la proportion de ces principes varie suivant que l’huile est de i''®, de 2® ou de 3® qualité. Cent parties d’huile d’amandes douces , traitées par le même procédé , ont fourni ^6 parties d’huile jaune et 24 d’un suif très-blanc , fusible à 5® thermomètre de Réamnur. Cent parties d’huile de colza ont donné 54 d’une huile fluide d’un beau jaune , et 46 de suif très-blanc , inodore , peu sapide , fusible à 6®-fo , que les acides transformaient en une masse filante comme la tér’ébenthine. L’huile de pavot et les autres huiles siccatives ont fourni des résultats analogues. M. Braconnot est porté à croire que les huiles volatiles sont également formées de deux substances différentes, l’une fluide, l’autre solide: cette dernière , dans, certaines espèces d’huile , n’est autre chose que du camphre.

668. Comparons maintenant l’histoire des huiles grasses à celle des huiles volatiles. Les huiles grasses ne se trouvent que dans les semences ou dans le péricarpe des plantes dicotylédones , tandis que les huiles volatiles se rencontrent dans tous les végétaux aromatiques et dans toutes leurs parties.

Les huiles grasses sont pour la plupart fluides à la température ordinaire , visqueuses, légèrement odorantes , douées d’une saveur faible et d’une couleur jaunâtre ou jaune verdâtre; leur pesanteur spécifique est moindre que celle de l’eau. Les huiles volatiles sont solides ou liquides à la température de 10® o , nullement visqueuses et trèsodorantes; leur saveur est chaude, âcreet même caustique, et leur couleur très-variée ; elles sont en général plus légères que l’eau; il y en a cependant quelques-unes plus pesantes que ce liqrude.

Les huiles grasses , chauffées dans une cornue , sont décomposées , et il se produit du gaz hydrogène carboné , un

SECONDE PARTIE

peu de charbon et uue nouvelle huile d’un jaune hrun dont l’odeur est piquante. Les huiles essentielles , placées dans les mêmes circonstances, se volatilisent sans éprouver aucune altération ; mais elles n’entrent pas aussi facilement en ébullition que l’eau. Pour que les huiles grasses prennent feu par l’approche d’un corps enflammé , il faut qu’on en ait imprégné une mèche de coton ou de toute autre matière avide d’oxigène, tandis que les huiles 'uoZat/Ze.y s’enflamment, en répandant une fumée noire et épaisse , aussitôt qu’elles sont en contact avec un corps en ignition. Si on expose les huiles grasses à l’air , à la température ordinaire , elles se décomposent et s’épaississent -, quelques-unes d’entre elles finissent même par se durcir et sont appelées siccatives. Les huiles essentielles ^ placées dans les mêmes circonstances, se décomposent toutes et se transforment en une matière solide, plus ou moins analogue aux résines j il y a aussi une petite portion de ces huiles qui se volatillise. On explique la décomposition qu’éprouvent les huiles à l’air par l’action de l’oxigène de l’atmosphère sur l’hydrogène et sur le carbone qu’elles renferment.

66g. Les huiles grasses sont insolubles dans l’eau, tandis que les autres peuvent s’y dissoudre en petite quantité ét donner naissance aux diverses eaux aromatiques ou spiritueuses , comme celles de lavande , de menthe , etc. L’alcool dissout la plupart des huiles grasses et toutes celles qui sont 'volatiles. Ces dissolutions alcooliques sont précipitées par l’eau en blanc. Les \im[es grasses elvolatiles ont la faculté de dissoudre, à l’aide de la chaleur, le soufre et le phosphore , qui se déposent enpartie à mesure que le liquide se refroidit, et qui peuvent même être obtenus cristallisés. Les huiles phosphorées , surtout celle de gérofle , luisent beaucoup dans l’obscurité -, si on les expose à l’air , le phosphore passe à l’état d’acide. Les huiles grasses et 'volatiles sont décomposées par le chlore , qui s’empare

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