‹ Élémens de chimie médicale (volume 2)Chapitre 16 sur 80 · DES SAVONS · texte numérisé non relu

DES SAVONS

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préparés avec la graisse de mouton ou de bœuf ne fondent qu’au-dessus de 48° ; celui que fournit la graisse de jaguar est solide à 36®. L’alcool bouillant, d’une densité de 0,821 , les dissout en toutes proportions 5 il en est de même des éthers. (Pelletier. ) Lorsqu’on délaye dans leau ces savons , que l’on peut considérer comme composés d’un savon de margarate de potasse et d’un autre d’oléate de potasse, une partie du margarate se décompose en surmargarate de potasse ( matière nacrée ) qui se précipite , et en potasse qui reste en dissolution. Cette décomposition a lieu en vertu de l’insolubilité de la matière nacrée, et de l’affinité de la potasse pour l’eau: aussi se produit-elle mieux lorsqu’on opère àtme températime basse qui facilite la précipitation de la matière nacrée. Si on filtre la dissolution et qu’on sature l’excès d’alcali par de l’acide tartarique, il se précipite un corps gras floconneux, composé de beaucoup d’acide oléique et d’un peu d’acide margarique 5 on peut transformer ce précipité en oléate et en margarate au moyen de la potasse et de l’eau. C’est en ayant égard à la décomposition du margarate de potasse opérée par l’eau, que l’on explique pourquoi les savons préparés avec ces sortes de graisses enlèvent la matière grasse qui salit les étoffes : en effet, l’alcali mis à nu par suite de cette décomposition se combine avec la matière grasse.

Les savons de potasse et de graisse dont nous parlons se dissolvent à merveille dans les eaux à.e potasse et de soude. On les emploie pour les usages de la toilette. Ceux que l’on appelle sa^ns de toilette sont préparés avec de la potasse , du saindoux et une huile aromatique. Les savons verts faits avec de la potasse et de l’buile de graines peuvent être rendus plus verts au moyen de l’indigo ; on les emploie quelquefois pour faire des savons durs ou à base de soude 5 il suffit pour cela de les mêler avec de l’hydro-chlorate de soude dissous ( sel conunun ) j l’acide bydro-cblorique se

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porte sîiT la potasse du savon , et les acides de celui-ci s’unissent avec la soude pour former du savon de soude que l’on séparé de la lessive. On suit ce procédé dans tous les pays où la soude est à un prix plus élevé que la potasse.

6j5. Savons à base desoude ( savons durs). La soude se comporte avec les corps gras comme la potasse : donc les savons formés par ces deux substances sont analogues. Les savons de soude sont solides, durs, incolores ou colorés , plus pesans que l’eau, d’une saveur légèrement alcaline, moins caustique que celle des savons à base de potasse. Soumis à l’action du calorique, ils fondent, se boursoufflent et se décomposent comme les autres substances végétales. Exposés à Yair, ils sè dessèchent, surtout si l’air est souvent renouvelé. Ils se dissolvent très-bien dans l’eau bouillante; mais si on laisse refroidir la liqueur, surtout lorsqu’on a employé une très-grande quantité d’eau , il se dépose du sur- margarate de soude sous la forme d’unô gelée demi -transparente qui, par la dessiccation , se réduit en pellicules d’un blanc jaunâtre ; du reste, l’eau se comporte avec ces savons comme avec ceux de potasse , excepté qu’elle les décompose moins facilement.

L’eau froide dissout aussi les savons de soude , mais moins bien que celle qui est bouillante. Le soîutum est décomposé sur-le-champ, reparles acides, qui s’emparent de la soude et précipitent les acides margarique et oléique, sous la forme d’une émulsion; 2® par tous les sels solubles autres que ceux à base de potasse, de sonde et d’ammoniaque : dans ce cas l’acide du sel se porte sur la soude du savon avec laquelle il forme un sel soluble , tandis que les acides margarique et oléique se combinent avec l’oxide du sel, et donnent naissance à un margarâte et à un oléate insolubles ; ce fait explique pourquoi les eaux de puits chargées de sulfate de chaux ne peuvent pas dissoudre le savon : en. effet, le sulfate est décomposé et il se précis

DES SAYOSS, loS

pile dtt margarale et de l’oléaie de chaux. V<ücooî^ surtout à l’aide de la chaleur , dissout parfaitement les savons à basé de soude 5 si on laisse refroidir le liquide , il se dépose un masse jaune transparente, qui ne devient point opaque par le refroidissement. Ces savons sont solubles dans tous les éthers. ( Pelletier. ) Ils jouissent, comme ceux de potasse , de la propriété de dissoudre la graisse qui salit les étoffes.

On emploie en médecine, sous le nom de savon médi^ cinal J im savon blanc préparé avec de l’huile d’olive ou d’amandes doueœ et de la soude , dans des vases non métalliques : il doit éme fait depuisun certain temps pour quil aitla dureté convenable. On doit le regarder comme un puissant excitant du système lynq)batique ; les anciens le considéraient comme un excellent fondant et dissolvant de la lymphe et de la bile. On l’a employé avec succès contre les calculs biliaires, les engorgemens essentiels ou consécutifs de la rate et des autres viscères du bas - ventre, contre lé carreau , lœ tumeurs scrophulcases , graisseuses et laiteuses : on s’en est servi avec avantage dans certains ictères sans fièvre, dans quelques catarrhes chroniques delà vessie, dans l’asthme pituiteux, goutteux, dans les gouttes anciennes avec tophus , dans les dysenteries muqueuses, dans certaines faiblesses de l’estomac et des intestins , etc. On Ta vanté à tort comme ua excellent liihontrijÆique. Il est administré à la dose de 4 6 grains

par jour, et l’on alimente progressivement jusqu’à en faire prendre 2 ou 3 scrupules ; on le donne ordinairement sous forme soKde. Uni à la réglisse, à la farine de graine de lin et à quelques gommes - résines, telles que Tassa fioetida^ î’opopanax, le sagapéman, Taloès, etc., il constitue îespilules de savon emnposées. L’eau de savon est employée avec le plus grand succès comme neutralisant dans le cas d’empoisonnement par les acides 5, en effet, nous avons vîs

SECONDE PARTIE

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que ceux-ci la décomposent. On emploie aussi le savon à l’extérieur sous forme de lotion, de cataplasme, d’emplâtre, ou dissous dans leau-de- vie, pour favoriser la résolution de certaines tumeurs œdémateuses , contre les contusions , etc. Le savon de Starkey ou savon tartareux , préparé avec le sous-carbonate de potasse et l’huile de térébenthine , est aujourd’hui généralement abandonné.

6j6. Savons à base d’ammoniaque. Çes savons sont fort peu connus. Le Uniment 'volatil àonl nous avons parlé p. g5 est formé par cette base et par l’huile d’amandes douces. L’eau de Luce est le résultat de l’action de l’ammoniaque pure et caustique sur l’huile empyreumatique de succin rectifiée ; on en favorise la dissolution au moyen du savon blanc et de l’alcool rectifié ; on l’emploie avec succès comme stimulant dans l’apoplexie, les léthargies , la syncope , etc. ; elle sert en frictions contre les piqûres ou morsures d’animaux venimeux , ou sur les brûlures récentes. M. Boullay, en faisant passer du gaz ammoniac à travers de l’huile et de la graisse, est parvenu à former , au bout d’un certain tenips , un savon ammoniacal solide ; suivant lui , la graisse paraît plus propre que l’huile à opérer cette combinaison.

677. Savons insolubles. Lorsqu’on fait bouillir la baryte , la strontiane ou la chaux hydratées, l’oxide de zinc ou le. protoxide de plomb, avec un corps gras formé de stéarine et d’élaïne, on obtient des savons insolubles, composés de l’une de ces bases et d’acide margarique etoléique5 il n’en est pas de même de la magnésie, de l’alumine et du peroxide de cuivre ; soumis à la même opération ces oxides ne saponifient point la graisse; cependant on peut obtenir des savons de ces oxides en versant dans une dissolution sahne de magnésie, d’alumine et de cuivre, un savon soluble de potasse ou de soude. Les savons insolubles ont été fort peu étudiés et ne sont d’aucune utilité.

DE El CIEE.

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De la Cire.

Les rapports de la cire avec les huiles grasses concrètes sont tellement nombreux , que plusieurs chimîsfes regardent ces substances comme identiques. La cire se trouve, I® dans la fécule verte de plusieurs plantes, notamment du chou ; 2® dans le pollen de toutes les fleurs 5 3® dans l’enveloppe des prunes, et d’un très -grand nombre d’autres fruits ( Proust ) ; dans le vernis qui recouvre la surface supérieure des feuilles de beaucoup d’arbres ^ et dont elle fait la majeiue partie ; 5° à la surface des baies du myrica cerifera^ arbrisseau de la Louisiane et de quelques autres contrées de l’Amérique septentrionale ; on en trouve aussi dans les myrica angustijolia , latifolia et cordifolia. Suivant M. Hatchett J la laque renferme une substance analogue à la cire de myrica ( myrte ). Le pela des Chinois paraît n’être autre chose que de la cire retirée d’un insecte. Le gale^ le ceroxylon andicola^ le chaton mâle du bouleau, de l’aulne, du peuplier, du frêne, en donnent aussi plus ou moins. Enfin les abeilles fournissent également une trèsgrande quantité de cire. Suivant M. Hubert , ces animaux préparent eux-mêmes la cire , en sorte que celle-ci est le résultat d’une élaboration vitale 5 après avoir nourri pendant long-tenips des abeilles avec du sucre ou du miel , ce naturaliste observa qu’elles donnèrent beaucoup de cire.

678. Cire des aheilles. Nous allons décrire spécialement cette vai'iété parce qu’elle est mieux connue que les autres , et parce qu’il senable que les propriétés des diverses espèces de cire que nous venons de nommer difierent assez entre elles pour qu’on ne puisse pas les décrire d’une manière générale. La cire des abeilles est solide, incolore, insipide et presque inodore 5 sa pesanteur spécifique varie depuis 0, 8203 jusqu’à 0,9662 ( Bostock). L’odeur de la cire des abeilles , récemment préparée , est due à des substances

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étrangères qui s’y trouvent mêlées, car elle la perd lorsqu’on l’expose à l’air pendant quelque temps pour la blan-i chir, surtout si elle a été coupée en rubans minces pour augmenter sa surface.

A 68° thermomètre cenligi’ade la cire se fond en un fluide transparent , qui reprend sa forme concrète par le refroidissement. Si la température est assez élevée , elle s’évapore, bout et se décompose à la manière des huiles j si la chaleur est encore plus forte et qu’elle ait le contact de lair, elle absorbe l’oxigène et produit une belle flamme* Le chlore et Voir humide n’exercent point d’action sur la cire blanche; mais si elle est colorée ils la décolorent en détruisant la matière colorante ( Voyez Action du Chlore surles matières colorantes Elle est insoluble

dans l’eau j l’alcool et l’éther ne la dissolvent pas à froid 5 ils en opèi’ent la dissolution à l’aide de la chaleur, quoique difficilement* Les huiles fixes la dissolvent à chaud et donnent une matière plus ou moins consistante, connue sous le nom de cérat. Elle se dissout également , à l’aide de la chaleur , dans les huiles volatiles , notamment dans l’huile essentielle de térébenthine. La potasse et la soude la transforment en savon. Elle est formée , d’après MM. Gay-»^ Lussac et Thénard, de

Carbone . . . . . . . 81 ,>784.

Hydrogène. . . 12,672.

Oxigène . . . . 5,544 •

On s’ensert pour faire la bougie, les pièces anatomiques artificielles et le cérat; on l’emploie pour injecter des vaisseaux.

679. M. Chevreul , en faisant l’analyse du liège , a trouvé un principe particulier auquel il a donné le nom de cérine^ parce qu’il se rapproche beaucoup de la cire; cependant il en diffère par moins de fusibilité, plus de densité et plus de solubilité dans l’alcool.

Des Résines.

680. Les résines sont des substances solides, sèches, plus ou moins fragiles , sans odeur , douées d’un certain degré de transparence, d’une couleur jaune ou tirant sur le jaune, insipides ou ayant une saveur âcre et chaude, et plus pesantes que Feau.

681. Lorsqu’on les chauffe , elles se fondent et ne tardent pas à se décomposer. Sinn faitl’expériencedans des vaisseaux fermés , on obtient beaucoup de gaz hydrogène carboné , de Fhuiie et un peu de charbon 5 si on agit au contraire avec le contact de l’air, il se produit une grande quantité de fumée noire et une belle flamme jaune. Elles n’éprouvent aucune altération de la part de Fair ni de Veauÿ ce liquide n’en dissout pas un atôme. alcool et V éther les dissolvent presque toutes , principalement à l’aide de la chaleur 5 la dissolution alcoolique filtrée est transparente ; par l'addition de Feau elle devient laiteuse et laisse précipiter la résine sous la forme d’une poudre blanche 5 si on y verse un sel appartenant aux quatre dernières classes, on obtient un précipité composé de résine et d’oxide métallique , insoluble dans Feau , très-peu soluble dans l’alcool bouillant, et décomposable par la plupart des acides , qui agissent en s’emparant de Foxide.

682. Les huiles fixes, et surtout celles qui sont siccatives , dissolvent également un très-grand nombre de résines ; il en est de même de l’huile essentielle de térébenthine. La ■potasse et la mzaie liquides opèrent aussi cette dissolution avec facilité, comme Fa prouvé M. Hatchett; le solutum, d’un jaune clair, partage les propriétés du savon , et laisse précipiter la résine en flocons jaunes par l’addition d’na acide. Ces faits expliquent pourquoi les fabricans de savon sont dans l’usage d’ajouter de la poix-résine à leurs cuites.

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