II
SECOjSIîE partie.
de cJûmie et de phjsique , t. JV.) On administre l’émétine comme vomitif, à la dose de 4 grains en dissolution dans 4 onces d’eau pour les adultes ; on donne le solutum en deux ou trois doses , dont la première est plus forte que les autres ; on fait prendre aux enfans deux ou trois pastilles où l’émétine entre à la dose d’un demi-grain ; dans la coqueluclie, les eatari’hes pulmonaires 5 les diarrhées chroniques , on emploie avec avantage des pastilles qui contiennent un huitième de gi’ain d’émétine. Administrée h des chiens , à la dose de 10 , 12 ou i5 grains, cette substance détermine tous les. symptômes de l’empoisonnement , produit l’inflammation des poumons et du canal digestif , et occasionne la mort.au bout de 12 , i5 ou 18 heures.
De la Pîcrotoxine.
^24. La pîcrotoxine, découvertepar M. Boullay, ne se trouve que dans le fruit du menüpernium cocculus ( coque du Levant). Elle est solide, sous la forme de prismes qua.< drangulaires , blancs , brilîans , demi-transparens et excessivement amers; elle se comporte au feu à-peu-près comme les résines , et se décompose sans donner de produit ammoniacal , ce qui prouve qu’elle ne contient pas d’azote; elle ■est soluble dans 3 parties d’alcool , dans aS parties d’eau bouillante et dans 5o parties d’eau froide. La potasse, la soude , l’ammoniaque , l’acide acétique et l’acide nitriqu® faible la dissolvent aussi très-bien; ce dernier la transforme, à l’aide de la chaleur, en acide oxalique. L’acide sulfurique concentré, la dissout à froid, et la charbonne si on élève un peu la température ; elle est insoluble dans'des huiles ; elle n’a point d’usages. Plusieurs expériences faites sur les animaux nous ont prouvé qu’elle agit sur l’économie animale à-peu-près comme le camphre , mais à un degré beaucoup plus fort, puisqu’il suffit de la donner à la dose d-G 3 ou 4 grains pour déterminer la mort des chiens les
DE LA SAUCOCOLLE.
plus robustes dans l’espace d’une heure : c’est à elle que la coque du Levant doit ses propriétés délétères.
yaS. Enfaisantl’analyse du daphne alpina, M. Vauqueliu a découvert une substance cristallisable , douée aussi d’une grande amertume, et qui paraît devoir être rapprochée, par ses propriétés , de la picrotoxine.
De la Sarcocoîle.
^26. La sarcocoîle na été trouvée jusqu’à présent que dans le penœa sarcocolla , arbrisseau indigène du nord de l’Afrique. Lorsqu’elle est pure , elle est sous la forme de petits gâteaux bruns , demi-transparens , fragiles, incristaUisables, et doués d’une saveim sucrée d’abord, puis amère 5 sa pesanteur spécifique est, d’après Brîsson, de 1,2684. Chauffée, elle se ramollit sans fondre , et répand une odeur de caramel 5 si la température est assez élevée , elle prend la consistance du goudron , noircit , exhale tme fumée blanche , pesante , d’une odeur âcre , et s’enflamme sans laisser presque de résidu. Elle se dissout très-bien dans l’eau et dans l’alcool ; la dissolution aqueuse est comme mucilagineuse. L’acide nitrique la dissout également, et le solutum n’est pas précipité par la gélatine. Elle est sans' usages.
M. Thompson , qui a fait connaître cette substance , pense qu’elle a beaucoup d’analogie avec le suc de réglisse , et qu’elle participe jusqu’à im certain point des propriétés de la gomme et du sucre , mais principalement de ce dernier. Le produit connu dans le commerce sous le nom de sarcocoîle , et qui est sous la forme de petits globules oblongs , demi-transparens , d’une couleur jaune ou d’un brun rougeâtre et d’une odeur analogue à celle de l’anis, est composé, d’après M. Thompson, 1° d’une très-grande quantité sarcocoîle pure; 2“ de petites fibres ligueuses mêlées avec une substance molle, d’un blanc jaunâtre;
SECONDE PARTIE
3® d’une matière brune , rougeâtre , ayant l’aspect terreux ; 4® enfin d’une espèce de gelée molle , tremblante et transparente.
De la Gelée.
727. Le suc de groseilles, demûres et depresque tous les fruits acides parvenus à leur maturité , laisse déposer une matière tremblante , connue sous le nom de gelée , qn’il suffit de laver avec un peu d’eau froide pour obtenir à l’état de pmeté. La gelée est incolore par elle-même, mais elle retient presque toujours un peu de la matière colorante du fruit qui l’a fournie 5 elle a une saveur agréable. Distillée , elle se comporte comme les autres matières végétales , si ce n'esl qu’elle donne un atome d’ammoniaque qui provient sans doute de la décomposition du ferment dont il est difficile de la priver. Elle est à peine soluble* dans l’eau froide j ce liquide bouillant en opère bien la dissolution ; mais la gelée se dépose presqu’en entier par le refroidissement 5 cependant si ou fait bouillir pendant long-temps cette dissolution aqueuse , elle devient analogue au mucilage et perd la propriété de se gélatiniser en se refroidissant; ce phénomène explique la difficulté que l’on éprouve à obtenir des gelées lorsqu’on a été obligé de faire bouillir long-temps les sucs. La gelée se dissout très-bien dans les alcalis; l’acide nitrique la transforme en acide oxalique. Elle fait la base des confitures de gelée.
De VUlmine.
728. Klaproth a donné ce nom à une substance qu’il a examinée ' le premier , et qui exsude spontanément d’une espèce d’orme que l’on croit être Vulmus nigni. Uvlmine est solide , insipide et d’une coulem’ noire brillante; elle se comporte au feu comme les auti'es matières végétales; elle est insoluble dans, ralcool, dans l’éther et
BE l’ extractif:
très-soluble dans l’eau 5 la dissolution aqueuse , d’une couleur brune noirâtre, ne devient pas mucilagineuse par l’évaporation, et précipite, par l’alcool, des flocons d’ulmine d’un brun clair. Traitée par le chlore ou par l’acide nitrique , elle se décompose et se change en une matière comme résineuse. Elle n’a point d’usages.
De VExtractif.
y 29. On a admis dans les extraits un principe particulier que l’on a désigné sous le nom dL extractif ^ et que l’on a ca=ractérisé par les propriétés suivantes : il est solide , d’un brun foncé, brillant, cassant , d’une saveur amère , soluble dans l’eau et dans l’alcool , insoluble dans l’eau lorsqu’il est uni à l’oxigène , susceptible de se combiner avec un trèsgrand nombre d’oxides métalliques , et décomposable au feu en divers produits , parmi lesquels on compte un acide et de l’ammoniaque. La plupart des chimistes pensent aujourd’hui que ce principe immédiat n’existe pas , et que l’on a presque toujours donné ce nom à des cornbinaisons d’acide , de principe colorant et de matière azotée.