‹ Élémens de chimie médicale (volume 2)Chapitre 25 sur 80 · ARTICLE III · texte numérisé non relu

ARTICLE III

Des Parties des 'végétaux que Von ne peut pas regarder comme des principes immédiats simples.

Cette branche de la chimie végétale est loin d’avoir été aussi bien étudiée que celle qui précède; nous allons cependant indiquer plusieurs faits importans relatifs à l’histoire de la sève , des sucs particuliers , des bois , des racines , des écorces , des feuilles , des fleurs , du pollen , des se^ mences , difts fruits J àes bulbes , àes lichens etdescÂa/rapignons.

De la S 'eve.

Seve de Vomie (ulmus campestris). Cette sève, recueillie à la fin d’avril, était d’un rouge fauve; sa saveur était sucrée et mucilagineuse ; elle n’exerçait point d’action sur Vinfusum de tournesol. M. \'auquelin la trouva formée, sur loBq parties, de 1027,904 d’eau et de principes 'volatils ^ de 9,240 à’ acétate de potaîse ^ de 1,060 d’une matière végétale composée de mucilage et dlexîractif^ et de 0,796 de carbonate de chaux. Aiia\jsée plus tard , cette sève fournit au même savant un peu plus de matière végétale et un peu moins de carbonate de chaux et d’acétate de potasse. Exposée à l’air, elle se décomposa , et l’acétate se transforma en carbonate de potasse.

Sève du hêtre (fagus ^Ivatica). A la fin d’avril, cette sève était d’un rouge fauve et sans action sur le tourne-

SECONDE PARTIE

sol 5 sa saveur était analogue à celle de l’infusion de tan. M. Vauquelin y trouva beaucoup d’eau , de l’acide acétique , de l’acide gallique , du tannin , des acétates de potasse de chaux et ÿ alumine ^ une matière colorante , du mucus et de ï extractif.

Sève du charme ( carpinus sylvcstns ). A la fin du mois d’avril et pendant le mois de mai , elle était incolore , limpide, d’une savetu’ douce, d’une odeur semblable à celle du petit-lait , et rougissait assez fortement Vinfusum de tournesol. Elle était composée dé beaucoup d’eau , de sucre , d’acide acétique , S acétate de potasse et de chaux, et de matière extractive ( Vauquelin). Exposée à l’air , elle éprouvait successivement la fermentation spiritueuse et acide.

Sève du bouleau ( betida alba ) , analysée par M. Vauquelin. Cette sève fournit les mêmes substances que la précédente , et un peu d’acétate d’alumine 5 elle était limpide , incolore, d’une saveur sucrée, et rougissait fortement le tournesol 5 évaporée et mêlée avec le ferment , elle donna de l’alcool (Vauquelin).

Sève du marronnier. Sa saveur est légèrement amère ; on y trouve du mucus , du nitrate de potasse , une matière extractive, et probablement de l’acétate de potasse et de chaux (MM. Déyeux et Vauquelin).

Sève de Iwvigne ( 'vitis vinifera). Suivant M. Déyeux, elle contient de l’acétate de chaux et de l’acide acétique tenant en dissolution une matière végéto-animalè : elle se pourrit à l’air. { Journal de Pharmacie , an 6.),

La sève joue dans les végétaux un rôle analogue à celui du sang dans les animaux: elle monte depuis les racines jusqu’aux feuilles, s’altère, change de nature en vertu d’une force qui nous est inconnue , et donne naissance à une multitude de sucs variables dans leur composition , qui paraissent descendre des feuilles vers les: racines , et que

DES SUCS LAITEES.

]’on peut diviser en sucs laiteux , résineux et huileux^ mucilagineux ou gommeux et sucrés.

Des Sucs laiteux.

Nous devons examiner dans cet article le suc du pavot blanc (opium) , du papayer, et des plantes qui fournissent les gommes-résines.

ydp. Opium. Ce médicament précieux n’est autre chose que le suc laiteux que l’on obtient après la floraison , en faisant des incisions longitudinales aux capsules et aux tiges du pavot blanc {^papaver album') et que l’on fait épaissir. On cultive cette plante dansTInde et dans l’Orient. L’opium a été considéré jusqu’à ce jour comme formé de sel d’opium ( vojez § 782 ) , d’une matière extractive , de résine , d’huile, d’acide, d’une petite quantité de fécule, de mucilage , de gluten , de sulfate de chaux et de sulfate de potasse , enfin de débris de fibres végétales , mêlés quelquefois de sable et de petits egjlloux. (Derosne. ) Suivant M. Sertuerner, il est composé de méconate peu acide de morphine, d’extractif neutre, d’extractif acide, d’une matière analogue au caoutchouc, etc. Tout en admettant que la morphine , l’acide méconique et le caoutchouc font partie de l’opium, nous croyons que l’analyse donnée par M. Sertuerner est loin d’être satisfaisante , et demande de nouvelles recherches.

L’opium est ordinairement sous la forme de masses assez dures , d’un brun rougeâtre , d’une odeur vireuse particulière , et d’une saveur amère , chaude et nauséabonde ; la chaleur de la main suffit pour le ramollir. Soumis à la distillation, il se comporte comme les substances animales. Si on le chauffe avec le contact de l’air , il s’enflamme en absorbant l’oxigène de l’atmosphère. Si on le met pendant quelque temps avec de l’eau froide , il s’y dissout en partie ^le liquide , convenablement évaporé, constitue l’exir.

^7^ «ECOKDE PÀETIE.

trait aqueux , muqueux ou gommeux d’opium qui , suivant M. Derosne , contient une petite quantité de principe cristallisable, la majeure partie du mucus, l’acide, delà résine et de la matière extractive. La partie insoluble dans l’eau, traitée à plusieurs reprises pendant quelques minutes avec de l’alcool à 35®^ ou 4o® thermomètre de Réaumur , donne un liquide coloré en rouge, dans lequel se trouvent la résine et le sel d’opium ( sous^méconate de morphine de M. Sertuerner) *, par le refroidissement de ce liquide , le sel d’opium se précipite avec un peu de résine , tandis que l’alcool tient en dissolution la majeure partie de ce dernier principe. Il suffit alors , pour avoir le principe crislallisable pur , de traiter de nouveau le dépôt par l’esprit-de-vin à la même température , jusqu’^à ce qu’il soit obtenu incoîore et parfaitement cristallisé. Le marc d’opium épuisé par l’eau et par l’alcool contient les matières qui n’ont pas été dissoutes par ces liquides. Le vinaigre agit aussi siîr l’opium à la température «sfdinaire ; il en dissout la majeure partie , se colore en rouge ou en rouge brun , et acquiert des propriétés vénéneuses excessivement énergiques. L’opium est une des substances que l’on emploie le plus souvent en médecine. On s’accorde généralement à le regarder comme un des plus puissans narcotiques et caïmans du système nerveux -, nous sommes loin de partager cette opinion, du moins nous sommes convaincus qu’administré à forte dose, l’opium exerce une action particulière, caractérisée-à-la fois par des symptômes qui annoncent le narcolisme et une vive excitation ; les animaux soumis à sou influence poussent des cris plaintifs 5 ils sont en proie à des mouvemens convulsifs assez forts 5 ils sont inquiets,^ et si on les secoue pour les tirer de l’état d’assoupissement dans lequel ils paraissent plongés , ils sont réveilles surle-champ , s’agitent violemment et font des efforts pour échapper au danger dont ils se croient menacés- Les nom-^

DES SDCS LAITEUX- I79

breuses expériences faites dans le dessein de combattre l’empoisonnement par l’opium nous ont conduits à admettre les conclusions suivantes : on doit favoriser l’expulsion

du poison par les émétiques , les purgatife dissous dans uue petite quantité d’eau , ou par deslavemens d’une décoction de tabac; 2° on doit pratiquer une saignée au bras oumieux à la veine jugulaire ; 3® on doit faire prendre souveut et alternativement de petites doses d’eau vinaigrée et d’une forte infusion de café. Si le vinaigre était administré avant l’expulsion de l’opium, il serait plus nuisible qu’utile; en effet, il dissoudrait la partie active du poison , en favoriserait l’absorption , et déterminerait les accidens les plus graves. ( ma Toxicologie générale^ t. Il, part, i*'®.}

L’opium est administré, i® dans la dernière période de la pleurésie., de l’entérite, de l’inflammation de la vessie, etc. ; 2“ dans les pblegmasies de la peau avec sécheresse de cet organe , dans la petite-v.érôle confluente , surtout lorsqu’elle est prête à suppurer , qu’il y a de la douleur , fièvre , etc. ; dans la rougeole; 3“ dans la fièvre lente nerveuse , accompagnée de symptômes d’excitation ; 4® dans les fièvres intermittentes entretenues par un- état spasmodique, surtout lorsque le frisson est long et fort; 5° dans plusieurs maladies cbroniques , avec douleur, irritation, etc. ; dans une multitude d’affections nerveuses , spasmodiques , telles que l’épilepsie , l’bystérie ,. le tétanos, etc. On le donne en pilules , -en substance , en extrait, dissous dans du vin , dans du vinaigre , en sirop , etc. ; on commence par en donner un grain , et on augmente progressivement la dose,

74i* de papayer (canca.papcya). Le suc de .ce végétal , qui croît à l’Isle de France et au Pérou, a été analysé parM. Vauquebn et par M. Cadet de Gassicourt : il contient de l’eau, une petite quantité de graisse et delalbumine, en du moins une matière animale qui, comme. ceUerci.

SECONDE PARTIE

est soluUe dans l’eaa après avoir été desséchée au soleil , et fournit une dissolution coagulable par la chaleur, par les acides, etc. Le suc de papayer est employé dans Tlsle de France contre les lombrics 5 on le donne aux enfans , à la dose d’un gros et demi , sous forme d’émulsion , préparée •avec une cuillerée de miel et quatre ou cinq d’eau bouillante. Il est caustique et très-énergique.

Des Gommes-résines.

On doit considérer ces produits comme des sucs laiteux , renfermés dans les vaisseaux propres des végétaux , obtenus par l’incision faite aux tiges , aux branches et aux racines j desséchés par l’action de l’air, et composés d’un plus ou moins grand nombre de principes immédiats qui varient dans plusieurs d’entre eux , et que nous ferons connaître dans les histoires particulières.

Toutes les gommes-résines sont plus pesantes que l’eau 5 la plupai't sont opaques , très-fragiles , douées d’une saveur âcre :et d’une odeur forte ; leur couleur est très-vapiable 5 elles sont en partie solubles dans l’alcool et dans i?eau j le solutum alcoolique est décomposé par le dernier de ces liquides , qui s’empare de l’alcool et précipite la résine sous la forme d’une matière blanche , laiteuse , trèsdivisée. Les gommes-résines se dissolvent aussi, à l’aide de la chaleur , dans les eaux de potasse et de soude. ( Hatchelt. ) L’acide sulfurique les dissout , les transforme d’abord eu charbon , puis en tannin artificiel.

^42. Assafætida^ ou suc -épaissi de la racine du ferula <tssafœtida ( plante de laPerse ). H est formé, suivant M. Pelletier , -de 65 parties d’ime résine particulière, de 3,6o d’huile volatile , de de ^omaxe ^ de 11,66 de basso-

•rinê, de o,3o de malate acide de potasse. L’assa foetida est sous la forme de masses roussâtres , mêlées de larmes blan- •ohâtres-, friables , douées d’une saveur âcre, piquante, amère.

DES ftOMMES-RÉSIITES. rS'ï

et d’une odeur alliacée très-forte, qui a valu à cette substance le nom de stercus diaholi-, elle se ramollit facilement par la chaleur; sa pesanteur spécifique est de 1,327. On l’administre en médecine, 1° comme un excellent anti-spasmodique , dans l’hystérie , l’épilepsie , les convulsions y l’hypochondrie , les coliques nerveuses , l’asthme , les hoquets et les vomissemens spasmodiques ; 2® comme emménagogue , dans les cas où la suppression des règles tient à un relâchement général , surtout s’i I y a chlorose, cachexie , etc. , 3® comme excitant du système lymphatique , dans les empâtemens abdominaux ; 4*^ comn>e anthelminlîque,à l’intérieur ; 5® comme antiseptique dans la gangrène , les ulcères anciens et rebelles , etc. On la donne en teinture , à la dose de 1 2, 20 ou 3o gouttes , ou en substance , à la dose de 24 à 3o grains ; on peut aussi la faire prendre dans de l’ammoniaque liquide, sous le nom à! esprit ammoniacal fétide ÿ on l’associe assez souvent à des tisanes émli-spasmodiques , anthelmintiques , emménagogues , etc. , suivant l’indication que l’on veut remplir; on l’applique aussi quelquefois à l’extérieur sous la forme d’emplâtre, après l’avoir dissoute dans du vinaigre.

743. Gomme ammoniaque, onsuc épaissi àeVheracleum gummiferum de Willdenovv. Elle est composée , suivant M. Braconnot, de i8,4 parties de gomme , de 70 de résine, de 4r4 matière glutineuse et de 6 parties d*eau. Elle, est solide , en masses ou en larmes , d’un jaune pâle , roussâtre en dehors , offrant dans son intérieur des morceaux de la grosseur d’une amande, plus blancs et plus purs ; sa saveur est un peu amère et nauséabonde, son odeur faible et désagréable. On doit la regarder comme un médicament stimulant ; on l’a administrée avec succès dans les catarrhes chroniques, les toux humides , les péripneumonfes fausses, la suppression des règles occasionnée par une faibl^se générale ^ dans l’empâtement de certains viscères , etc. : on

SECOHDE PARTIE.

l’applique aussi quelquefois avec avaatage sur des tumeurs indolentes. On en fait prendre à l’intérieur 4 à 6 grains , dose que l’on réitère deux ou trois fois dans la journée ; quelquefois aussi on en donne un scrupule.

^44- Euphorbe^ ou suc de Veuphorhia officinarum et de Yeuphorhia antiquorum. Il est composé, d’après M. Pelletier,

. de6o,8o parties de résine, de i2:,20 de malatedeckaux, de 1 ,8ode malate de potasse , de i 4,4o de cire , de 2 debassorine et de ligneux, de 8 d^uile volatile et d’eau (perte 0,80). .11 est sous la forme de larmes irrégulières, roussâtres en dehors et blanches en dedans, inodores , friables , dune saveiirâcre , caustique; «a poudre irrite fortement l’organe .de l’odorat. U doit être regardé^omme un des poisons les plus irritans ; il détermine une vive inSammation des tissus sur lesquels on l’applique , et ne tarde pas à occasionner la mort. Il paraît cependant que son administration comme piugatif hydragpgue a été suivie de succès dans quelques hydi’opisies ; on s’en est servi aussi dans la paralysie ., dans l’amaurose,, dans la léthargie, etc. On le donne en lavement , à la dose de 6 à 8 grains , délayé dans un jaune d’œuf et mis dans de l’huile ; ou bien on le fait prendre à l-intérieur , enpiiules .ouembois, à la dose de ,2 ou de 4 grains , mêlé avec des substances inertes ; on l’a aussi employé comme ste™utatoire ; cependant la plupart des m^eçins ont renoncé à faire mage d’un médicament aussi dmgereux et qui peut être si facilement remplacé.

M. John a trouvé àsjis \e sac àe Yeuphorhia c^arissias 72 parties d’.eau , i3,8o de résine, 2,^5 de gomme, aurtant d’extractif , 1,37 d’albumine, 2,75 de caoutchouc et une certaine quantité d’huile grasse, d’acide tartarique , de carbonate de sulfate et, de phosphate de chaux.

745. Galhanum, ou suc de la racinedu hubongalhanumy arbrisseau qui croît en Afrique et en Asie. Il est formé , d’après M. Pelletier, de 66,86 de résine, de 19,28 de

BES eOMyiES-RÉ-SIlîE^^ î83:

gomme, de 7,52 de bois çt de corps étrangers, d’un peu de maiate acide de ckaux, et d’une huile volatile (perte 6,34)- D est tenace , blanchâtre quand il est récent , jaune fauve lorsqu’il est vieux , et marbré de taches blanches briUanles ; il est sous la forme de grains ou -de masses demi-transparentes ou opaques, dune odeur désagréable et d’une saveur acre , chaude et amère. Il a été employé pour dissiper les flatuosités , calmer les douleurs des intestins et certaines névroses; on s’en est servi dans l’asthme et dans la toux opiniâtre. On l’applique ordinairement à l’extérieur sous la forme de liniment , d’emplâtre , de fumigations , etc. ; on en donne quelqudois 6, 1 2 ou 20 grains à rîntérieur, suspendus dans un jaune d’œuf.

746. Gomme-gutte, ou suc épaissi du Garcîrdacnmhogia (Decandolle). Elle est formée ^ suivant M. Braconnot , de 20 parties de gomme et de 80 parties de résine. Elle est en masses opaques , fragiles , d’une cassure vitreuse , d’un jaune brun à l’extérieur et d’un jaime rougeâtre à l’intérietm; sa poudre est d’un très-Iseau jaune ; sa saveur, d’abord presque nulle , est âcre et amère ; elle n’a point d’odeur ; elle agit comme un caustique, détermine l’inflammation des tissus sur lesquels on l’applique, et ne tarde pas à occasionner la mort. On l’emploie en médecine comme pmgatif , i® dans l’hydropisie ; elle est un des ingrédiens principaux des pilules hydragogues de Bontius et des pilules purgatives d’Helvétius ; a® dans les fièvres intermittentes; 3® dans l’asthme ; 4° pour expulser le ténia. On l’administre à la dose de 2 ,^4 ? ^ grains , et même quelquefois au-delà ; on la donne dans un acide végétal , mêlée avec quelque poudre inerte , ou avec quelqu’autre substance purgative. On en fait usage en peinture^

747. Myrrfie. On ignore quelle est la plante qui la fournit ; elle est formée , suivant M. Pelletier, de 34 parties de résine et de 64 parties de gomme. Elle est sous la forme de

SECONDE PART lE.

larmes ou de grains fragiles , d’un jaune rougeâtre , légè-* rement transparens lorsqu’ils sont purs , mais souvent opaques ; leur cassure est vitreuse , leur odeur agréable et leur saveur amère, aromatique et légèrement âcre ; leur pesanteur spécifique est de i,36o. La myrrhe nous vient de l’Arabie et de l’Ethiopie; on la regarde comme tonique , stomachique et carminative ; on l’administre, en poudre , à la dose de 12 , i5 ou 20 grains , pour faire cesser les flueurs blanches. , les pâles couleurs , etc. ; quelquefois on fait prendre , comme cordiale , 20 ou 3o gouttes ''de sa teinture.

74^' Olihan ( encens des anciens jsuc du/nnipems lycia^ arbre de l’Arabie et de quelques contrées d’Afrique). Suivant M. Braeonnot , il est formé de résine et de gomme. Il est en masses plus ou moins volumineuses^ demi-transparêntes, sèches , fragiles , d’un blanc jaunâtre , couvertes extérieurement d’une poussière blanche farineuse, douées d’ime saveur âcre, aromatique; elles répan dent une odeur agréable lorsqu’on les met sur les charbons ardens. On l’emploie comme parfum.

y49' Opopanax , ou suc épaissi de la racine du pastinaca opopanax ^ plante du Levant. Suivant M. Pelletier, il est composé de 4 2 parties de résine, de 33,4o de gomme, de 9,80 de ligneux , de ^<,‘3.0 d’amidon , de 2,80 d’acide malique, de r,6o de matière extractive, de o,3o de cire, de quelques traces de caoutchouc, et d’une petite quantité d’huile volatile ( perte, 6,90 ) ; il est en morceaux d’un jaune rougeâtre à l’extérieur, blanchâtres à Fintérieur, d’une odeur forte et désagréable , d’une saveur âcre et amère ; sa pesanteur spécifique est de 1,622. Plusieurs médecins le regardent comme étant plus emménagogue et plus anti-spasmodique que la gomme ammoniaque , mais moins tonique.

^5o. Scammonée d^^lep , ou suc épaissi de la racinedu convolvulus scammonîa , qui croît en Syrie. Elle est formée, d’après MM. Bouillon-Lagrange et Vogel , de 60 parties de résine, de ^ de gomme, 2 d’extractif, 35 de débris de vé-

DES G03IÎ1ES -RÉSISES. lS5

gétaux , de matière terreuse, etc. Elle est cendrée , fragile , transparente dans sa cassure , d’une odeur particulière , nauséabonde , et d’une saveur âcre et amère ; sa pesanteur spécifique est de i,235. S cammonée de Smy me ; ovl suc épaissi du periploca scammonîum. Elle contient 29 parties de résine et dégommé, 5 d’extractif , 58 de débris de végétaux et de matière terreuse ; elle est noire, plus pesante que la précédente , moins cassante et beaucoup moins recberchée. La scammonée d’Alep est employée, comme un purgatif fort, dans les apoplexies séreuses, dans les maladies de la peau rebelles , etc. : on la donne depuis 8 graiqs jusqu’à un demi-gros, en poudre , en bols ou en pilules^ ou bien on la mêle avec du sucre , un sel neutre , etc. , et on l’étend dans une émulsion. On peut aussi faire prendre, pour remplir les mêmes indications, 2, 4 ? 6 ou 8 grains de résine de scammonée ; on ne se sert jamais de la scammonée de Smyrne, qui est beaucoup trop forte.

Aloes succotrin, ou suc des feuilles de Valoe perfoliata , plante qui croît aux Indes orientales , à Soccotora , aux Barbades , etc. Il est formé , suivant M. TromsdorlF, de y 5 parties de principe savonneux , de 25 parties de résine et d’un atomed’acide gallique. Il est d’unrouge brun, jaunâtre 5 il est demi- transparent et fragile ; sa sa vem- est très-amère , son odeur nauséabonde 5 sa poudre est d’un très - beau jaune; il se dissout presqu’entièrement dans l’eau et dans l’alcool faible. Aloes hépatique , ou suc épaissi retiré par l’incision des feuilles du même végétal. Il est composé , suivant M. TromsdorfF, de 81, 25 de principe savonneux , de 6,25 de résine , de i2,5 d’albumine et d’un atome d’acide gallique. Il a ime couleur semblable à celle du foie ; il est plus rouge et plus fragile que le précédent ; il n est pas transparent ; il a une odeur plus désagréable et une saveur plus amère quel’aloès succotrin. Aloes cahallin , ou suc retiré par expression des feuilles du même végétal. Il est

SEC0 3SDE PARTIE.

très-impur , et renferme les débris de la plante que l’on st broyée pour en obtenir le suc ; il ne sert que dans la médecine vétérinaire. L’aloès succotrin est au contraire employé souvent par les médecins, i® comme purgatif hydragogue : on donne son extrait aqueux à la dose de 4 » 6, 8 ou lo grains*, 2° comme tonique; il fait partie des pilules gourmandes , de la plupart des élixirs toniques. et stomachiques ; 3® comme amer et anthelminlique 4® comme emménagogue et anti-hémorrhoïdal , dans les cas où la suppression de ces évacuations tient à des maladies de langueur, à une faiblesse , etc. : il faut alors l'administrer en teinture. On s’en sert aussi dans la jaunisse avec faiblesse générale ; il fait partie des pilules savonneuses.. On en fait quelquefois usage à l’extérieur sous la forme d’emplâtre , de teinture, etc. ; on introduit aussi dans l’anus •du coton qui en est imbibé , pour tuer des vers.

Des Sucs résineux et . huileux.

En parlant des résines ( § 68o ) , nous avons fait connaître quelques-uns de ces sucs ; nous devons maintenant parler des hcaimes, que l’on doit considérer comme essentiellement composés de résine, d’acide benzoïque, et quelquefois d’une huile essentielle. M. Hatchett pense cependant qu’ils sont simplement formés de résine, et que l’acide laeazoïque se produit pendant qu’on les traite par-* quelqui^ agens chimiques.

Des Baumes.

Les baumes sont des substances concrètes ou liquides ,, très-odorantes , amères et piquantes. Soumis à l’action d’une douce chaleur , ils se décomposent et laissent dégager l’acide benzoïque , qui se sublime sous la forme de belles aiguilles ; l’eau bouillante leur enlève une portion du même acide: l’alcool, l’éther et les huiles volatiles les

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