‹ Élémens de chimie médicale (volume 2)Chapitre 26 sur 80 · DES BAUMES · texte numérisé non relu

DES BAUMES

dissolvent facilement. Traités par les alcalis , ils sont décomposés à; l’aide de la chaleur , et l’on obtient up benzoate soluble dans l’eau et de la résine insoluble. Les acides forts les décomposent également.

762. Baume du Pérou. Celui que l’on appelle baume en coque n’est autre chose que le suc obtenu par les incisions faites au myroxilum peruiferum , arbre qui croît au Mexique , au Brésil et au Pérou. Il est d’un jaune pâle et presque liquide -, il brunit ensuite et prend la consistance d’une pâte ; son odeur est suave 5 sa saveur est âcre et amère. Celui que l’on désigne sous le nom de baume du Pérou noir est le produit de la décoction des branches du même arbre. Sa couleur et sa consistance sont analogues à celles d’un sirop épais un peu brûlé ; son odeur est très-agréable , et il a la même saveur que le précédent. Il est souvent employé en médecine : on s’en sert dans les catarrhes chroniques du poumon et de la vessie , et dans les affections nerveuses atoniques. On l’administre dans un jaune d’oeuf ou en pilules , à la dose de 4 à 10 grains par jour 5 il fait pariie de beaucoup de médicamens composés; on en fait tisage aussi pour exciter la surface de vieux ulcères, et favoriser leur cicatrisation.

753. Baume de Toîu, ou suc provenantdes incisions faites à l’écorce du toluifera balsamum , arbre qui croît près de Carthagène, dans la province de Tolu. Il est d’abord liquide , transparent , rougeâtre ou jaunâtre: mais il ne tarde pas à se sécher et à devenir cassant; il est doué d’une odeur très-suavé ; sa saveur est moins âcre et moins amère^ que c^iedu^écédent; c’est, parmi les baumes, celui que l’on emploie le plus souvent en médecine. On l’administre avec succès dans les affections catarrhales , dans la phthisie pulmonaire; tantôt on fait inspirer sa vapeur , tantôt on le dorme à la dose de 6 , 1 2 , 20 grains dissous dans l’alcool , lether on un sirop.

ECOSDE PARTIE.

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754. Benjoin. Il est obtenu par incisi on. de plusieurs arbres, notamment àa. styrax benzoin de Dryander 5 il nous vient de Sumatra , de Siam , de Java ; il existe aussi à Santa-Féj à Popajan dans l’Amérique méridionale. U est solide , d’un rouge brun , parsemé çà et là de larmes d’un blanc jaunâtre, qui lui font donner le nom de haume amjgdalin j il est fragile et présente une cassure vitreuse 5 son odeur est agréable , sa saveur peu marquée. Il est formé , suivant Bucbolz, de 20 gros 5o grains de résine de benjoin', de 3 gros 7 grains d’acide ben'zoïque, de 25 grains d’une substance semblable au baume du Pérou , de 8 grains d’un principe aromatique particulier, soluble dans l’eau et dans l’alcool, et de 3o grains de débris ligneux et d’impuretés. On a conseillé de l’employer dans les faiblesses du canal digestif, dans les fièvres ataxiques, adynamiques , éruptives , et même dans les fièvres intermittentes, les catarrhes rebelles , l’astbme humide , les toux chroniques lorsque l’irritation n’est pas très-vive , les affections rhumatismales , paralytiques , etc. On l’administre aux mêmes doses et sous les mêmes formes que les précédens. On -s’en sert comme cosmétique et pour préparer l’acide benzoïque.

75 5. Storax calamite. On l’obtient par incision du styran: officinale , ai’bre qui croît dans le Levant , et, suivant quelques auteurs , en Italie. Il est quelquefois sous la forme -de larmes rouges; mais il se présente le plus souvent sous la forme de gros gâteaux mêlés de sciure de bois ^ fi’agiles , doux au toucher et d’un brun rougeâtre ; il est plus aromatique qu’aucun autre baume ; son odeur a quelque rapport avec celle du benjoin ; sa saveur est âcre. Il jouit des propriétés médicinales des autres baumes , mais il n’est guère employé qu’à l’extérieur.

756. Styrax liquide. Il est obtenu par la décoction des jeunes branches du liquidamhar styraciflua , c^\ cvoil en Vii'gioîe, au Mexique ^ etc. Il est d’un gris verdâtre foncé.>

DE LA GOMME DE G A ï A C. iSg

opaque; il a la consistance du miel 5 sa saveur est âcre , son odeur moins agréable que celle du précédent. On ne l’emploie qu’à l’extérieur comme excitant des parties gangrenées, des vieux ulcères , etc.

ha gomme d^olivier, ou le suc concret des oliviers sauvages ou cultivés , est improprement normné gomme ; car elleest composée, suivant M. J. Pelletier, de résine, d’oZivile et (l’un peu d’acide benzoïcpre. M. Paoli , qui l’avait examinée d’abord, l’avait crue formée de beaucoup de résine et d’une petite quantité d’extractif oxigéné. La gomme d’olivierestsous la forme de larmes oude masses translucides sm- les bords , pres(jue diaphanes dans les en(b’oits où elle est plus pure , d’un brun rougeâtre , présentant çà et là des parties plus claires et moins transparentes 5 elle est fragile, et sa cassure offre un aspect gras , résineux , conchoïde ; sa pesanteur spécifique est de 1,298. Mise sur un fer chaud, elle entre en fusion , bout et exhale une odeur agréable de vanille. Les anciens l’employaient dans les maladies des yeux , de la peau , contre les douleurs des dents , etc. ; elle faisait partie des médicamens dont ils se servaient pour panser les plaies et les blessm-es.

De la Gomme de gdiac.

^58. La gomme de gaïac a été regardée pendant longtemps comme ime résine ; nous devons à M. Brande une série d’-expériencès qui prouvent (pi’on doit la considérer comme formée d’une matière particulière et d’extractif; elle est fournie par le g'ua/acum officinale , arbre de l’Amérique méridionale ; tantôt elle exsude spontanément , tantôt il faut , pour l’obtenir , inciser l’écorce ou faire chauffer la tige. Elle est solide , d’un rouge brun ou vert , friable , un peu transparente et peu sapide; sa cassure est vitreuse; sa pesanteur spécifique estde 1,2289. Elle répand ime odeur balsamique assez agréable lorsqu’on la triture. Soumise à

igO SECOKl>E EAUTIE.

l’action du feu, elle se fond , se décompose à la manière des substancesnon azotées, et laisse presque le tiers de son poids de charbon. Elle communique à l’eau une couleur brune verdâtre et une saveur douceâtre 5 ce liquide paraît dissoudre de matière extractive. L’alcool dissout facilement le gaïac ; le solutum est précipité en blanc par l’eau, et en un beau bleu pâle par le chlore 5 l’acide nitrique le, verdit au bout de quelques heures , puis le fait passer au bleu et au brun. Le gaïac est soluble dans les alcalis 5 l’acide nitrique le décompose à l’aide de la chaleur , et il se forme de l’acide oxalique.

La dissolution alcoolique de gaïac est employée comme stimulant et sudorifique dans le rhumatisme et la goutte , dont elle éloigne les accès 5 étendue d’eau , on s’en sert pour raffermir les gencives ; on l’a vue quelquefois guérir des douleurs sciatiques. On en donne une cuillerée dans une infusion amère , telle que la petite centaurée, la gentiane, etc.

Des Sucs inucilagineux.

Nous avons déjà parlé, en faisant l’bistoîre delà gomme, des sucs mucilagineux fournis pai' une multitude de plantes : aussi nous dispenserons-nous d’entrer à cet égard dans de plus grands détails.

Des Sucs sucrés.

’jSç). Suc de lacanne {àrundo sacchariferà). Ce suc renferme de l’eau , du sucre cristallisable , du sucre incristallîsable et une très-petite quantité de fécule verte (albumine ) , de gomme , de ferment , de matières salines et de parties fibreuses qui y sont tenues en suspension. On l’emploie pour extraire le sucre. ( N Préparations.')

760. Manne, ou suc concret dnjraxinus oinus, qui croît en Calabre. On distingue trois variétés de manne : la manne en larmes, la plus pure^ est obtenue au moyen de petites

»ES sues SUCRÉS. igt

branchettes que l’on introduit dans l’arbre ; elle est solide , incolore , légère, douée d’une saveur sucrée 5 elle est sous la forme de stalactites , dont la surface est brillante et comme cristalline ; 2® la manne en sorte , qui coule naturellement de l’arbre , peut être regardée comme l’intermédiaire entre la manne en larmes et la suivante ; 3® la manne grasse , la moins estimée , se recueille en faisant des incisions très-profondes à l’arbre; elle est en fragmens bruns , moins pesans , d’une odeur et d’une saveru nauséabondes , liés entre eux par un suc glutineux. Plusieurs autres arbres, surtout les mélèzes, fournissent aussi les trois variétés de manne dont nous parlons.

La manne en larmes est formée , suivant M. Bouillon- Lagrange , de deux substances: l’une, soluUe dans l’alcool froid , donne fort peu d’acide saccholactique lorsqu’on la traite par l’acide nitrique , et a quelque analogie avec le sucre; l’autre, insoluble dans ce menstrue, donne une plus grande quantité d’acide saccholactique , et est appelée par ce médecin maime pure ( mannite ). La plupart des chimistes admettent au contraire, d’après M. Thénard , que la manne en larmes est composée de beaucoup de mannite , d’une certaine quantité d’un principe muqueux dont on peut démontrer l’exisfènce en versant du sons-acétate de plomb dans sa dissolution aqueuse, d’une matière analogue au sucre , et probablement d’un autre principe auquel elle doit sou odeur et sa saveur. En attendant que de nouvelles expériences aient éclairé se sujet , nous embrasserons l’opinion de M. Thénard. La manne en larmes est légèrement acide et se dissout dans l’eau ; le solutum , abandonné à lui-même à la température de 1 5® , donne une certaine quantité d’acide acétique ; si on ajoute à ce solutum un peu de levure de bière , on (d>tient une assez gi'ande quantité d’esprit-de-vin. L’alcool bouillant dissout très -bien la manne en larmes ; mais , par le refroidissement , toute

192 SECONDE partie.

la mannite se précipite. A la température ordinaire , l’alcool dissout la matière sucrée et de la mannite. La manne en larmes abonde en mannite ; le contraire a lieu dans la manne grasse 5 la manne en sorte tient le milieu, sous ce rapport , entre ces deux variétés.

La manne doit être regardée comme un purgatif doux que l’on donne à la dose d’une , de a ou de 3 onces , principalement à la fin des maladies inflammatoires, dans les suppurations internes , etc. ; on l’associe souvent à d’autres purgatifs , tels que le séné , le sulfate de soude, etc. ; elle est moins nauséabonde quand on la délaye dans l’eau froide que lorsqu’on la fait , dissoudre dans l’eau chaude. La marmelade de Troncbin se fait avec parties égales de manne , de casse cuite et d’huile d’amandes douces. La manne est encore employée avec succès pour faciliter l’expectoration.

Du Tannin.

y6i. Le tannin a été regardé pendant long-temps comme un principe immédiat particulier , caractérisé par sa saveur astringente, sa solubilité dans l’eau et la propriété de précipiter la colle forte (gélatine). Les expériences de Hatchett et de M. Chevreul prouvent que ces propriétés appartiennent à un trop grand nombre de corps très-différens pour qu’on puisse établir d’après elles l’existence d’un genre nouveau.. Ce dernier chimiste pense que la plupart des matières auxquelles on a donné le nom de tannin sont composées d’acide gallique , de principes colorans, etc. Cette opinion nous paraît très-fondée, et nous engage à placer l’histoire de ce corps parmi celle des matières végétales composées.

Le tannin fait partie de la noix de galle , du cachou , de la gomme kino , du sumac , du thé ,- de la plupart des écorces, des fruits, etc- Il peut aussi être obtenu par l’art, comme nous l’avons dit en parlant des résines, du cam-

fiîj TA^yrs. Ig3

{)hre, de l’indigo, etc. JN^ous allons jeter tm coup d’œil sur les diverses variétés de tannin, et sur les matières qui les fournissent.

Noix de galle. La noix de galle est une excroissance arrondie, de la grosseur d’une forte balle de plomb, tuberculeuse, ligneuse, d’un gris noirâtre, creuse, et souvent percée d’un petit trou : elle est produite par la piqûre que fait un insecte aux feuilles du chêne , sur lesquelles il dépose ses œufs. La plus estimée est celle d’Alep , qui vient du Levant 5 celle de nos contrées est lisse , spongieuse , et ne mûrit point. Suivant M. Davy, 5oo parties de noix de galle d’Alep sontformées de i3o parties de tannin., de 3r d’acide gallique uni à un peu d’extractif, de 12 de mucilage et d’une matière qui devient insoluble par l’évaporalicn, de 12 de carbonate de chaux et de matière saline, et de beaucoup de ligneux, fournissant par l’incinération une très-grande quantité de carbonate de chaux. Propiiétés du tannin de la noix de galle. Il est solide, incristaliisable, d’unecouleurbrune, fragile , et doué d’une saveur astringente. Distillé , il se boursoulHe, sé décompose, laisse un charbon très-volumineux , et fournit une liqueur acide susceptible de noircir les sels de fer, propriété que l’on doit attribuer à une portion de tannin qui a été entraînée dans le récipient par l’action du feu. Il se dissout dans l’eau, qu’il colore en brun , et dont il se sépare sous la forme de pellicules lorsqu’on fait évaporer la dissolution 5 il est insoluble dans l’alcool. Le solutum aqueux précipite par les acides sulfurique , hydro-chlorique et arsénique ; l’acide nitrique et le chlore le décomposent facilement ; les eaux de chaux , de baryte et de sti outiane le précipitent à la température ordinaire ; la magnésie, l’alumine, l’oxide d’étain, l’oxide de plomb, bouillis avec cette dissolution , la décolorent complètement et se combinent avec le tannin , avec lequel ils forment des produits insolubles. Aucun des sels des deux prend ères classes

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