‹ Élémens de chimie médicale (volume 2)Chapitre 39 sur 80 · L’iode J trituré avec l’albumine , la coagule 5 le · texte numérisé non relu

L’iode J trituré avec l’albumine , la coagule 5 le

^56 laOISIÈME PASTIE.

coag}ilum est brun , se dissout dans les alcalis , et devient blanc lorsqu’on le lave avec del’eau bouillante. (Pescbier. ) Le chlore ne tarde pas à coaguler l’albumine liquide et à en séparer des flocons blancs. Les acides sulfurique , sulfureux , nitrique , bydro-chlorique , et tous ceux qui sont un peu forts , excepté les acides pbôspborique et acétique, se combinent avec elle et la coagulent sur-le-champ ou au bout de quelques heures \ lé coàgulum est formé , d’après M. Thénard , d’albumine et d’acide.

8H9. Aucun des six alcalis dissous dans l’eau ne coa^e l’albumine ^ ils la rendent au contraire plus fluide. Schéele fit une expérience curieuse que nous croyons devoir rapporter : il combina de l’albumine étendue d’eau avec une dissolution de potasse caustique , privée par conséquent d’acide carbonique ; le composé , parfaitement transparent , fut coagulé aussitôt que la potasse fût saturée par de l’acide hydro - chlorique 5 le calorique dégagé pendant la; combinaison de l’acide avec la potasse occasionna , suivant Schéele , la prompte formation du coagulutn. Il répéta l’expérience en substituant à l’alcali caustique du sous-carbonate de potasse , et il n’y eut point de coagulation : dans ce dernier cas , lé calorique mis à nu par l’action de l’acide sur le sel , fut employé à transformer en gaz l’acide carbonique qui se dégagea pendant la décomposition du sous-carbonate.

840. JJ alcool coagule l’albumine sur-le-champ 5 le tannin s’y unit et la précipite également ; le précipité jaune , très-abondant, a la consistance de la poix; il est insoluble dans l’eau, et ressemble à du cuir trop tanné, lorsqu’il a été desséché. (Séguin.)

Les dissolutions salines exercent sur ce fluide une action remarquable; presque toutes celles apparîenant aux quatre dernières classes sont décomposées et précipitées par lui ; la nature des précipités obtenus n’est pas assez connue

1>E l’ ALBÜÜISE- s5t

pour pouvoir être indiquée d’une manière générale 5 il est cependant probable que dans un assez grand nombre de cas , ces précipités sont formés d’albumine , d’oxide métallique et d’une certaine quantité d’acide.

84 r- Les sels de cmVre j dissous da s l’eau, donnent avec l’albumine un précipité abondant, d’un blanc verdâtre , mi n’exerce aucune action délétère sur l’économie animale : aussi avons-nous proposé l’albumine comme le meilleur contre-poison des sels cuivreux.

84‘î» Si l’on verse une très-grande quantité d’bydroclilorate de deutoxide de mercure ( sublimé corrosif diasous) , ou de tout autre sel mercuriel, dans l’albumine , il se forme un précipité blanc tioconneux qui se ramasse surle-champ; ce précipiîé, parfaitement lavé , se dissout lentement, et en petite quantité, dans un excès d’aibumiue. Lorsqu’il a été dessér;hé sur un nltre , il se présente pour’ l’ordinaire sous la forme de petits morceaux durs , cassans, fiiciles à pulvériser , demi-transparens , principalement sur leurs bords , d’une couleur jaunâtre , sans saveur , sans odeur, inaltérables à l’air et insolubles dans l’eau. Chauffés dans un petit tube de verre, ils se boursoufflent, noircissent, et se décomposent à la manière des matières animales , en dégageant ime odeur de corne brûlée et beaucoup de futnée. Si on casse le tube après l’opération , on ti ouve le fond rempli d’un charbon extrêmement léger, et les parois internes tapissées , vers le milieu de leur hauteur, de globules mercuriels. Si , au lieu de faire celte expérience dans un tube ouvert , on la fait dans des vaisseaux fermés , on peut recueillir tous les produits de l’opération : la nature de ces produits démontre jusqu’à l’évidence que le précipité est du proto-chlorure de mercure ( calomélas) , intimement uni à l’albumine. ( Voyez , pour la théorie, § 20 J. ) Ce précipité se dissout parfaitement dans la potasse , la soucie et l’ammoniac^ue, ou dans leurs sous-carbouates.

Si au lieu de verser beaucoup de sublimé corrosif dans l’albumine , on n’en met qu’une très-petite quantité , la 1h queiu' se trouble , devient laiteuse , et ne précipite qu’au bout de quelques heures. Si on filtre , on obtient le précipité blanc dont nous venons de faire l’histoire , et il passe un liquide parfaitement limpide , qui n’est autre chose que de l’albumine retenant en dissolution une portion du précipité.

Lorsqu’on emploie moins d’albumine que dans le cas précédent , les mêmes phénomènes ont lieu , avec cette légère différence que le liquide filtré est composé d’une portion du précipité dissous dans l’albumine , et d’une certaine quantité de sublimé corrosif. En effet , il rougit la teinture de tournesol et verdit le sirop de violette ; il précipite en noir par les hydro-sulfates 5 il agit sur une lame de cuivre absolument comme le sublimé corrosif ; il précipite en blanc par une nouvelle quantité d’albumine , et alors il ne contient plus de sublimé. Ajoutons à ces expériences, qui prouvent l’existence du sublimé corrosif dans ce liquide, celles qui y démontrent la présence del’albumine. L’acide niti’ique le précipite en blanc 5 la dissolution de sublimé coiTosif en sépare sur-le-champ des flocons blancs ; enfin lé calorique le coagulé ou le rend seulement opalin , suivant que la quantité d’albumine est plus ou moins considérable. Il faut conclure de ces expériences que l’albumine , ainsi combinée avec ce précipité , peut former un corps soluble avec le sublimé corrosif.

Ces expériences nous ont conduits à examiner si le précipité obtenu par ce moyen exerçait une action quelconque sur l’économie animale , et nous avons conclu, après une nombreuse suite d’essais faits sur les animaux vivans , qu’il n’agissait point 5 en conséquence nous avons proposé l’albumine comme le meilleur antidote du sublimé corrosif et des sels mercuriels , et nous avons eu la satisfaction depuis

DU PRINCIPE CGL0K.A3ÎT. -l^iÿ

de pouvoir en faire une application heureuse dans tm cas d'empoisonnement par la liqueur mercurielle de Van- Sméten. ( T^ojez ma Toxicologie générale^ t. )

L'albumine est formée , suivant MM. Gay-Lussac et Thénard, de 52,883 parties de carbone , de 28,872 d’oîdgène , de 7,54© d’hydrogène et de ? 5,765 d’azote. Il paraît qu’elle contient en outre un peu de soufre , car lorsqu’on la fait cuire dans des vases d'argent , elle les noircit; elle fournit d’ailleurs du gaz acide hydro-sulfurique cai se putréfiant.

On l’emploie pom clarifier une multitude de sucs troubles ; ainsi , il suffit de la faire chauffer avec des' sirops , des jus d’herbes , etc. , pour les rendi e transparens ; l’albumine se coagule dans ce cas, et s’empare des molécules ténues qui altéraient leur transparence. Quelquefois la coagulation de l’albumine , dans certaines liqueurs, a lieu à froid ; par exemple , lorsque celles-ci contiennent du tannin , qui forme avec elle un composé insoluble : c’est par ce moyen que l’on clarifie les vins , la bière , etc. L’albumine sert comme contre-poison des sels cuivreux et mercuriels ; unie à la chaux , elle forme rm lut très-siccatif; enfin elle fait partie de. plusieurs matières alimentaires.

Du Principe colorant du sang des animaux.

M. Brande a prouvé le premier que le sang était coloré par une matière animale , et que c’était à tort que l’on avait fait résider dans le ferla cause de sa couleur. M. Yauquelin^ en répétant les expériences de M. Brande , a confirmé son travail et y a ajotité quelques faits remarquables : nous allons exposer l’histoire de ce corps , d’après les mémoires de ces deux savans.

843. Le principe colorant du sang est solide, inodore et insipide ; lorsqu’il est récemment séparé du sang , il a une

a6o TROISIÈME PARTIE.

couleur roüg-e pourpre etmèïne violacée, qui paraît verdâtre par réfraction 5 quand il est sec , il est nozr comme du jayet, dont il offre la cassure et le brillant. Distülé , il ne change ni de forme, ni de couleur, ni de volume 5 il fournit du carbonate d’ammoniaque, une huile rouge pourpre ^ fort peu de gaz et beaucoup de charbon. Il ne change pas de couleur par son exposition à Voir. Il est insoluble dans l’eau ; mais si on le délaye dans ce liquide , il acquiert une coüleur rouge vineuse. Il se dissout à merveille dans les acides et dans les alcalis , auxquels il communique une couleur rouge pourpre ; les dissolutions qui en résultent ne sont point précipitées parl’hydro-chlorate de baryte , l’acide gaüique , ni le prussiate de potasse, preuve qu’elles ne renferment ni acide sulfurique ni fer; Vinfusum de noix de galle , versé dans les dissolutions acides , en précipité la matière colorante avec sa propre couleur, ce qui n’ai^ rait pas lieu si la dissolution contenait du fer (i),

La xlissoiution nitiique du principe colorant du sang tf est pas troublée par le nitrate d’argent ; mais l’acétate de plomb y fait naître un précipité brun , et le décolore complètement.

Si l’albumine du sang est mêlée avec une certaine quantité de ce principe colorant , la liqueur est rouge ; en abandonnant cette liqueur à elle-même , la matière colorante se dépose au bout d’un certain temps et l’albumine acquiert une couleur jaune verdâtre; mais si le principe colorant déjà précipité reste en contact avec l’albumine jusqu’à c^

(1) Dans un mémoire récemment imprimé, M. Berzelius prétend , contre l’opinion de MM. Brande et Vauquelin , que le principe colorant du sang contient un demi pour cent do fer à Vétat métallitfue , dont on peut démoulrer l’çxislenee en céduisant ce principe en cendres.

CE LA &ÉLATISI. s6l

qu’elle soit putréfiée , il se redissout et la dissolution est de couleur écarlate : ce phénomène dépend de ce que l’ammoniaque provenant de la décomposition de l’albumine dissout le principe colorant , dont la couleur rouge produit l’écarlate par son mélange avec la couleur jaunb de l’albumine.

Le principe colorant du sang est sans usages. Les essais qui ont été faits pour le fixer sur le coton ont tous été infructueux. M. Vauquelin termine son mémoire par quelques réflexions qui nous semblent devoir être rapportées : i® la matière colorante du sang est exempte de fer*, 2® sa couleur diffère de celle du sang, qui est d’un rouge vif; dlc acependant beaucoup de rapport avec la couleur du sang qui a été privé pendant quelque temps de l’influence de l’air ; 3® la matière colorante du sang ne change pas de couleur à l’air, tandis que le sang veineux acquiert de suite une belle couleur vermeille. Ces anomalies tiennent-elles à une altération éprouvée par le principe colorant pendant sa préparation, ou bien dépendent-elles de ce que dans le sang la matière colorante est mêlée ou combinée avec d’autrei substances ? On l’ignore complètement.

De la Gélatine (^colle-forte')^

La chair musculaire , la peau , les cartilages , les ligamens , les tendons , les aponévroses , les membranes , les os , etc. , contiennent une plus ou moins grande quantité d’une matière particulière qu’il suffit de traiter par l’eau boTiillante pour iransfonner eagélatine^ il paraît donc que ce principe immédiat n’existe pas tout formé dans les divers solides dont nous venons de faire l'énumération ; les fluides animaux, dans l’état sain, ne renferment jamais ni la gélatine ni la matière propre à la former.

844* gélatine pure est demi-transparente, incolore.

inodgre, insipide ^ plus pesante que Feau , sans âeliôn énr Xinfusum de tonmesoi et sur le sirop de violette 5 sa dureté coH&isfarice varient beaucoup. Le calorique a^t sur elle comæe sur toutes les substances de celte classe. A Fétat solide , elle n’éprouve aucune altération de la part de l’air ÿ il n’en est pas de même si elle est à l’état liquide ou sous la foi me; de gelée , car elle ne tarde pas à s’aigrir et à éprouver tous les phénomènes de la putréfaction. L’enu froide n’en dissout qu’une trèis-pelîte quantité ; mais elle se gonfle , devient molle ét élastique en absorbant ce liquide 5 Feau chaude la dissout à merveille. Suivant M. Bostock , il suffit de dissoudre une partie de gélatine pure dans 100 parties d’eau pour que la' liqueur se prenne en gelée par le refroidissement 5 tandis qu’avec une plus grande quantité de liquidé on ne peut obtenir la g-e/ée qu’à l’aide de Févaporation. Cette gelée peut être dissoute dans l’eau sans épr-ouver aucune altération , puisqu’on peut de nouveau luf dopaer l’état gélatineux en la faisant évaporer.

845- Lorsqu’on fait arriver du chlore gazeux dans une di^îiiîion de gélatine , il sc forme de l’àcide hydro-chlorîaue aux dépens de l’hydrogène de la gélatine, et un produit blanc , floconneux , composé de fîlamens nacrés très-flexibles , très-élastiqnes que l’on peut regarder comme de la gél.-Htine altérée, combinée avec du chlore et avec de l’acide bydi o-cbloiique. Ces filamens sont insipides , insolubles dans l’eau et dans l’alcool ; ils nese putréfientpas, et exercent à, peine de l’action sur Vinfusutn de tournesol, à moins qu’ils ne contiennent un grand excès d’acide ; ils dégagent spontanément du cldore, mais ils en donnent beaucoup plus si on les chauffe ; ils forment avec les alcalis des hydrochlorates. (M. Thénard.)

Les alcalis , les acides et la plupart des sels ne troublent point le solatum de gélatine ; les alcalis et les acides aflàiblis dissolvent même la gélatine solide : la dissolution for-

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