Cyanure d’argent. Soumis à l’action d’une' douce
chaleur , il laisse dégager du cyanogène ; il se fond en un liquide rouge brun , qui devient -solide, et acquiert un» couleur grisâtre en se refroidissant; dans cet état, il est regardé par M. Gay-Lussac comme un sous-cyanure , indécomposable par la chaleur dans des vaisseaux fermés ; mais qui donne de l’argent si bn le chauffe nvec Je contact de l’ail’. . ...
M. Gay-Lussac pensé que l’on peut obtenir des cyanures avec tous les métaux peu oxidahles; mais il élève des doutes sur la pô'ssibilité d’en obtenir avec les métaux qui s’oxidenf facilement.
' Le cuivre j, l’or , le platine n'exercent aucune action sur le cyanogène; le fer , à la température d’un rouge presqueblanc , ledécompose en partie; il se récouvre d’un charbon très-légëf et devient cassant ; la portion de cyanogène échappée à la décomposition est nâélée d’azote.
Cyanures alcalins. -
872. Le cyanogène est rapidement absorbé par une dis- "solution de potasse; de soude, de bai’yte, ou de strontiane caustique etpure.Ces produits ont une couleur faune citrin si les alcalis ne sont pas saturés de gaz; ils acquièrent au contraire une couleur brune et comme charbonnée si les bases sont saturées. Us doivent être regardés comme composés de cyanogène et d’alcali ; si on les met en contact avec un acide il y a effervescence, l’eâu et le cyanogène sont décomposés , et l’on obtient du gaz acide 'carbonique, de l’acide hydro-cyaniquê et de“ rammoniaqué.
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niéorie.On se rappelle sans doute que Teau est composée de deux volumes de gaz hydrogène et d’un volume de gaz oxigène; le cyanogène, d’après les belles expériences de M. Gay-Lussac, est formé de deux volumes de vapeur de carbone el d’un volume de gaz azote : ces deux corps peuvent donc être représentés , savoir ^ le cyanogène par
I vol. de vnp.' de carboné -4- i vol de vap. de carb.
-4- ■; vol. d’azote. -4- 7 vol. d’azote.
€t l’eau
par- ♦ i-vol. d’oxigène -f. 7 vol. d’hydrogène -f- i vol. 7 d’hydrog. ■
, Acide carbonique , Acide hydro-cyani- Atnmfiniaque , l vo*
I volume. que , i volume. - Inme.
On voit , à l’aide de ce tableau , i® qu’un volume de vapem’ de carbone du cyanogène s’imit au volume d’oxigène qui fait partie de l’eau et forme tm volume de gaz acide carlîonique (i); 2® que l’autre volume de vapeur de carbone du cyanogène se combine avec un demi-volume de l’azote contenu dans le cyanogène , plus avec un demi-volume de l’hydrogène de l’eau , et donne naissance à un volume de vapeur hydro-cyani que (2); 3° que l’autre demi -volume de gaz azote appartenant au cyanogène décomposé, produit avec l’autre volume et demi d’hydrogène provenant de la décomposition de l’eau , un volume de gaz ammoniac (3).
Le gaz ammoniac et le cyanogène agissent l’un sur
(i } Nous avons dit ( pag. ^4 du t. i®*^) , que lorsque le gaz oxigène transforme le carbone en acide carbonique , son volume reste le même.
(2) En effet , un volume de vapeur hydro-cyanique est formé par un .volume de vapeur de carbone, -j- i volume d’azote , volume d’hydrogène.
(5) Un volume de gaz ammoniac est effectivement composé d’on volume et i de gaz hydrogène , el de 5 volume d’azotes
DE L ACIOE HTDnO-CYASlQtiË.
l’autre au moment où on les mêle ; mais leur réaction n’est complète qu’au bout de plusieurs heures 5 il se forme d’abord une vapeur blanche épaisse qui disparaît promptement ; le volume diminue considérablement j ptil sé produit une matière brune solide ^ composée d’un volume de cyanogène et d’un volume et demi de gaz ammoniac 5 cette matière est à peine seluble dans l’eaü, quelle colore pourtant en orangé brun foncé. Le cyanogène est sans usages.
De T Acide hydro-cyanique (pfussiquéy.
L’acide hydro-cyânique a été ainsi nommé par M. Gaÿ- Lussac , qui l’a trouvé formé en poids dé 3, 90 d’hydrogène et de 96,10 de cyanogène (dans lequel il y a 445^9 bone et 5i,yi d’azote ; cés proportions sont représentées par un volume de vapeur de carbone , demhvolume d’hydrogène et demi-volume d’azote). Cet acide a été trouvé dans l’écorce du merisier à grappes ( prunus padus) , dans le laurier-cerise , les fleurs de pêcher y etc.
8y3. Il est liquide , incolore, doué d’une odeu/ forte et d’une saveur d’abord fraîche puis brûlante ; sa pesanteur spéci6que^ à y® thermomètrecentigradé, est de o,yo58 ; elle est de 0,6969 à 18® du même thermomètre ; il rougit faiblement l’i/z/u^urâ de tournesol; il entre en ébullition à 26°, 5 thermomètre centigrade ; la densité de sa vapeur est de 0,9476 ; il se congèle à environ i5° — 0° ; il est alors cristallisé sous la forme de fibres, à-peu-près comme le nitrate d’ammoniaque. On peut opérer cette solidification , à la lempératme de 20°'4-o th. centigrade , en mettant sur une carte un peu de cet acide liquide : -en efiet , une portion d’acide se réduit en vapeur^ absorbe du calorique à l’auti-e portion , dont la température finit par s’abaisser assez pour que la congélation ait lieu. ( Voyet les expériences de M. Leslie sur la Solidification de T eau , t. i®’’, pag. 28.)