DE LA MITIÈEE FÉCALE
Klaproth, l’adde urique n’y serait pas aussi abondant. On trouve près d’Auxerre , et dans plusieurs autres grottes , des dépôts de fiente formés par des chauves-souris et entièrement semblables au guano.
Excrémens de poules. Nous devons à SI, Vauquelin un travail remarqûable sur ces excrémens. lî fit manger à une poule 483,838 grammes d'avoine qui contenaient ,
Phosphate de chaux . . ^ . 5,944*
Siiice. . . ^ . . . g, 1:82. .
La poule pondit quatre œufs dont les coquille.s contenaient du carbonate de chaux , du phosphate de chaux et du gluten; elle rendit des excrémens qui fournirent une cendre compo'jée de carbonate et de phosphate de chaux et de silice. En comparant les matières avalées à celles qui furent rendues, on trouva que la poule rendit r,ii5 grammes de silice de moins qu’elle n’en avait prisj tandis qu’elle fournit 7,189 de phosphate de chaux et 20,457 de carbonate de chaux de plus qu’il n’y en avait dans l’avoine : se serait-il formé, pendant l’acte de la digestion, une certaine quantité de chaux, d’acide phbsphoriqüe et de carbonate de chaux?,.. Ces expériences méritent d’être répétées, en ayant là précaution, comme l’indique le professetir- Thénard, de nourrir la poule pendant long-temps d’avoine et de l’empêcher d’àvaler autre chose.-
M. Wollaston a retiré ~ d’acide urique des excréinensd’une oie qui ne mangeait que de l’herbe. Ceux d’un feisan nourri avec du millet' lui en ont fourni Il a trouvé beaucoup d’urate de chaux dans les excrémens d’une poule qui se- nourrissait de'loute sorte de matières- Ceux de faucon , d’oiseaux aquatiques , de tourterelles , d’aigles , de vautours, de corbeaux, de grues , de rossignols, etc, contiennent aussi de l’acide mique. M. John a retiré des excrémens de pigeons beaucoup d’acide urique , de la
3lO TROISlÊîîE PAE.TIE.
résine verte ^ de la bile, de IV^çumine, et une grande
quantité de matière farineuse.
Du Sang.
8q4* Le sang humain a été analysé par xintrès-grand nombre de chimistes. On s’accorde généralement à le regarder comme formé d’eau , d’albumine , de fibrine , d’un principe colorant et de diflférens sels 5 il ne contient pas de gélatine. M. Berzelius a donné , dans ces derniers temps , la composition du Suivant lui, looo parties de
€erum de sang humain contiennent 90 5 parties d’eau, 80 d’albumine, 10 parties de substances ^solubles dans l’ai-: cool ( savoir: 6 d’hydro-chlorate de potasse et de soude, et 4 de lactatede soude uni à une matière animale), 4 parties de substances solubles seulement dans l’eau, savoir:, soude carbonatée , phosphate de soude, et un peu de ma?, tière a.nimale. Ces. résultats sont un peu difierens de ceux queM. Marcet avait obtenus quelque temps avant M. Berr zelius: en effet, suivant M. Marcet, lopo partiesdeiserMnî de sang humain sont formées de goo parties d’eau , de 86,08 d’albumine, de 6,06 d’hydro-cblorate de. potasse ou de soude, de 4 de matière mucoso-extractive,, qui est le, lactate de soude impur de M, Berzelius , de æ,65 ■ de sous-.; carbonate de soude, de o,35 de sulfate dé potasse et dé 0,60 dephophate teireux. Lecaillot du sang, est entièrement formé de fibrine , d’albumine et de principe colorant (i).
M. Proust annonça,. en 1800, que- le sang contient de l’ammoniaque , du soufre à l’état d’hydro-sulfate , des
(i) MM. Déyeux et Parmentier avaient annoncé danslecailloC du sang l’exiatence d’une matière que plusieurs chimistes regardent comme du mucus , et à laquelle ils avaient donné le nom de
BTT SANG. 3ïiî
tracp^ de vinaigre ua peu modifié , et de l’acide benzoïque combiné avec la soude 5 il y trouva aussi de la bile. Ce& résultats remarquables ont peu fixé rattention des cbimistes: et méritent d’être constatés avec soin.
; 895. Nous devrions maintenant rapporter les analyses/ comparatives du sang humain ^ veineux et artériel 5 mais nous manquons de données à cet égard : nous savons seulement que le sang veineux est d’un rouge brun, q^e son odeur est faible, sa température de 3i® Réaumur, sa capacité pour le calorique 8.52 (celle de l’eau étant 1000 ) , sa pesanteur spécifique io5i ; qu’il contient plus de se- Xum , et qu’il tarde plus à se coaguler que le sang artériel. Celui-ci est an contraire d’un rouge vermeil ; son odeur est forte, sa température de près, de 32® Réaumur, sa capacité pour le cadorique BSg, et sa pesanteur spécifique L’analyse comparative du sang de cbeval faite par Abjldgaard nous apprend seulement que le sang veineux contient moins de carbone que le sang artériel : résultat peu.insiructif, et qui ne saurait être admis sans avoir été confirmé par d.e nouvelles expérieucea.
Suivant Fourcroy, le sang dç foetus humaîii ranférrne de la soude, beaucoup de sérum ^ un peu de fibrine ruoU lasse, analogue à la gélatine, de la bile et de la gélatine,
. 896. Propriétés du sang. Nous venons de faire cour. paître les propriétés physiques ’ du sang 5 nous allons, îpaintenant parler dé ses propriétés ehhniques. Lorsqu’on le chaufie, il se coagule ; le coaguàan , d*tm brun violet, deunepar la calcination un charbon yoiûtnineux„ difficile à. incinérer, Abandonné à lui -même, le sang se sépare en deux parties^ Tune, liquide, constitue le sérum j- Pau-^
tre, solide, porte le nom d® caj/Zoi, de cruor,d’z/2Su?«t;, etc. Cette coagulation a lieu sans que la température s’élève,^ comme le prouvent les expériences de Hunier et de J. Davy. Quelle peut en être la cau§e.?- Cffi ravait attribuée au re-^.
3ia
froidissement du sang au contact de l’air et au défaut de mouvement; mais l’expérience prouve qu’elle ne dépend d’aucune de ces causes ; elle parait tenir à ce que le sang qui est hors de la veine n’est plus doué de vie. Cependant le contact de l’air et le repos favorisent sa coagulation: aussi peut-on le conserver à l’état liquide si on l’agite beaucoup à mesure qu’on l’extrait; dans ce cas, il ne se sépare qu’une portion de fibrine colorée,, sous la forme de longs filamens.
Si on agite , avec du gaz oxigene ou avec de Y air atmosphérique, du sang battu et dépouillé d’une certaine quantité de fibrine , il devient d’un rouge rose ; Y ammoniaque le fait passer au rouge cerise ; le gaz oxide de carbone, le déutoxide d’azote et. l’hydrogène carboné, au rouge violacé ; le gaz azote ^ le gaz acide carbonique , le gaz hydrogène et le proioxide d^ azote ,a.viTOViS^e hrom^Y hydrogène arsénié et Y s.ciàe hydro-sulfurique , au violet foncé , passant peu à peu au brun verdâtre 5 le gaz &c\àe hydro-chlorique^ au bran marron ; le gaz acide sulfureux, au brun noir; le chlore, au brun noiiâtre , qui passe peu à peu au blanc jaunâtre. Ces trois derniers gaz le coagulent en même temps.
Presque tous les acides un peu forts précipitent le sang en s’xmissant à l’albumirie qu’il renferme ; il en est de même de la plupart des sels des quatre deinières classes. La potasse et la soude exercent une action conü’aire , le rendent plus fluide , et empêchent sa coagulation en dissolvant la fibrine qui tend à se précipiter. L’alcool s’empare de l’eau qu’il contient, et en précipite l’albumine , la fibrine, la matière colorante et plusieurs sels. Le sang humain n’a point d’usages.
Sang humain dans T état de maladie. Sang des scoT-butiques. Suivant IVfiVI. Déyeux et Parmentier, ce sang contient fort peu de fibrine , et il n’a point l’odeur particulière du sang d’un individu sain ; du reste , il renferme les mêmes
Btr SAKS. 3i3
élémens. Fourcroy remarqua aussi que le sang tiré des gencives d’un scorbutique n’oflrait point de fibrine ; il devenait noir par le refroidissement et restait fluide ; au lieu d’un coa^ulum^ il fournissait quelques flocons mous et comme gélatineux. Sang des diabétiques. Suivant MM- Nicolas et Guedeville, le sang des diabétiques renferme beaucoup plus de que dans l’état sain 5 il contient
très-peu de fibrine et paraît peu animalisé. M. Wollaston a prouvé , contre Rollo , que le sérum du sang dont nous parlons n’offre point de sucre , ou du moins que le liquide qui se sépare du coagulum n’en renferme pas le trentième de ce qu’il en a retiré de l’urine du même individu.
Sang des ictériques. Le sang d’un ictérique de quarantecinq ans , examiné par M. Déyeux, ne formait point de couenne 5 il était d’un rouge très-foncé ; le sérum contenait de la gélatine et de l’albumine 5 il avait une couileur jaune , sans pour cela contenir de la bile. Nous avons fait trois fois l’analyse du sang des ictériques , et constamment nous y avons trouvé la bile ou la matière résineuse verte qui caractérise cette liqueur : du reste , sa composition clîimique ne différait pas de celle du sang humait» à l’état de santé. Sang retiré des malades atteints de phlegtnasies , de fièvres continues , etc., dans lequef on observe trèssouvent une cérucbe plus ou moins épaisse , connue sous le nom de couenne. Sa composition est la même que celle' du sang d’un homme sain. La natm-e des principes qui constituent la couenne nous paraît varier singulièrement. MM. Déyeux et Parmentier en ont trouvé qui offrait tous les caractères de la fibrine. Fourcroy et MM. Vauquelin et Thénard en ont anal^é qui était formée de fibrine et surtout d’albumine concrète ; nous l’avons vue quelquefois . renfermer une assez grande quantité dé gélatine : enfin M, Berzelius' pense qu’elle peut contenir
tous les principes qui constituent le caillot. San^ dans la Jièvre putride. Suivant MM. Déyeux et Parmentier, ce sang ne forme pas toujours de couenne ; il est semblable au précédent , èt il ne renferme point ammoniaque.
Sang de bœuf. M. Berzelius a trouvé le sang de bœuf composé des mêmes principes qun le sang humain , et àpeu-près dans les mêmes proportions. Les expériences ré^ centes de M. Vauquelin tendent cependant à établir qu il renferme, outre la fibrine , ralbumine et la matière colo-r; rante , une huile grasse d’une couleur jaune , d’une saveurdouce et d’une consistance molle; il suffit pour obtenir cette huile de coagxiler le sérum par l’alcool froid , de traiter à trois ou quatre reprises le par sept ou huit fois son’
poids d’alcool bouillant, et de faire évaporer les liqueurs alcooliques; l’huile se sépare à mesure que l’alcool sç volatilise, MM. Déyeux et Parmentier pensent que le sang dé bœuf renferpie en outre un principe volatil odorant qui n’agit point sur les réactifs, M, Vogel a prouvé, dans ces: derniers temps, qu’il contient aussi du soufre et de l’acide carbonique. '
On emploie le sang de bœuf pour faire le boudin , pour clarifier les sirops et obtenir le sucre, pour préparer le cya^ nure de potasse , î’âcide hydrorcyanique, etc. On peut' faire avec le sérum, du sang de bœuf et de la chaux vive parfaitement divisée , un mélange très-utile pour peindre les grands emplacemens , les vaisseaux, les ustensiles en bois et que l’on peut appliquer aussi avec grapd succès , comme badigeon , sur les pierres , les murs , les conduits d’eau , etc. de mélange a l’avantage d’être économique , d’adhérer fortement, desécher facilement, et de ne pas répandre d’odeur déi «agréable; il est d’ailleurs inaltérable, ou du moins il ne s’altère que très-difficilement. C’est à M, Càrbonell , savant professeur de chimie à Barçeîonne , que nous mnimes redevables de cette découverte, dont il a fait déjà un très-grand
DES PHÉISOMÈSTES CHIlvriQDBS, CtC.
DonibrB d’applications intéressantes pour les arts. {Voyez le Mémoire intitulé : Pintura al suera. An. 1802.)
Sang de cheval. Suivant Abildgaard , 100 parties de sang artériel ont fourni 25 parties de matière solide. Une once de cette matière a donné 64 grains de charbon. Cent parties de sang veineux contenaient 26 parties de sub^ stance solide ; i once de cette substance a fourni 1 16 grains et 5 de charbon. Ce sang reijferme de la potasse.
Sang de mammijeres donneurs. Il contient 6,2628 d’eauj 1,6454 d’albumine, 0,0177 de fibrine , Ojo354 de géla-= tine. (Saissy. ) . , / ^
Sang des oiseaux. . Le sang .des oiseaux est plus rouge et plus chaud que éelui dés mammifères ; il donne faciler; ment un coagulum gélatineux; mais le sérum ne se sépare qu’avec difficulté. (Fourcroy. ) Suivant Menghini , il contient du fer,
Sang de poissons. Il est blanchâtre , difficileihent coas gulable, et a la plus grande tendance à devenir huileux, {Fourcroy.) , .
Des Phénomènes chimiques de la respiration.
Nous avons déjà dit que le chyle produit par la digestion des alimèns était versé dans la veine sous-clavière gauche et mêlé avec le sang veineux; celui-ci traverse les. poumons , et se trouve converti en sang artériel par l’action de l’air atmosphérique. Quel rôle jouent l’air et le sang veb neux dans cette transformation ? .Air. L’air atnaosphérique est le seul fluide aériforme qui puisse servir à la respiration ; les animaux périssent promptement dans tous les autres gaz, sans en excepter Voxigène pur, et l’expérience prouve que quelques-uns de ces gaz n’exercent aucune action délétère par eux-mêmes , et qu’ils tuent les animaux , parce que leur action nepeüt pas remplacer celle de l’oxigène : tels sont
3l6 TROISIÈME PARTIE,
l’azote , rhydrogène^ etc. 5 tandis qu’il existe des gaz fortement délétères , agissant à la manière des poisons les plus énergiques ; tels sont l’àcide hydro-sulfurique, l’hydrogène arsénié, l’ammoniaque, etc. Voyons maintenant quelle est l’action de Voir atmosphérique dans la respiration, i®. La quantité d’air expirée est sensiblement égale à celle qui a été inspirée ; 2° i’âir inspiré contient autant d’azote que l’air expiré: 3® celui-ci est m^élé avec une assez grande quantité de vapeur, qui constitue la transpiration pulmonaire , dans laquelle, suivant M- John , on trouve en outre une matière animale qui lui donne une odeur particulière; 4° lieu de 0,21 d’oxigèneet d’uné trace d’acide, carbonique qui entrent dans la composition de l’air atmosphérique , l’air expiré contient o,ï8 ou 0,19 d’oxigèue et 3 ou 4 centièmes d’acide carbonique ; en sorte que la quan tité d’acide produit est un peu plus forte que la quantité d’oxigène absorbé. iSfliîg- 'veineux: Kpvès avoir exposé les phénomènes chiiniques que présente l’air par son contact avec le sang veineux dans les poumons, nous devrions faire connaître les changemens que celui-ci éprouve dans ses propriétés physiqiies et dans sa composition ; mais, nous devons l’avouer nos connaissances à cet égard sont extrêmement bornées ; nous manquons d’analyses exactes et comparatives du sang artériel et du sang veineux : nous savons seulement què.cè dernier devient d’un rouge vermeil , acquiert une odeur et une saveur plus fortes , que sa température s’élève , etc. (^oyez ^ 8g5.) .
Lavoisier pensait que l’pxîgène absorbé dans Pacte delà respiration se combinait avec le carbone du sang veineux pour former de l’acide. carbonique , tandis qu’il s’unissait à l’hydrogène pour donner naissance à de l’eau qui faisait partie de la transpiration pulmonaire : le .changement de couleur du sang était attribué, dans cette hypothèse à l’action d’une autre portion d’oxigène sur le fer contenu
DES PHÉÎtOMÈWES CHIMIQUES, CtC. Zl’]
dans le sang. Cette explication , vicieuse sous tous les rapports , tombe d’elle-même par cela seul que l’oxigène absorbé pendant l’inspiration suffit à peine pour donner naissance à l’acide carbonique que l’on obtient, en supposant même que cet acide se forme aux dépens de l’oxigène de l’air et du carbone du sang.
Voici quelle est l’opinion actuelle des cbimistes et des physiologistes sur cette fonction : i® il est évident que le changement de couleur du sang dépend de son contact médiat avec l’oxigène, puisque l’oxigène ou l’air atmosphérique sont les seuls gaz susceptibles de l’opérer. Mais sur quelle partie du sang agit l’oxigène , est -ce sur le principe colorant , sur le carbone , ou bien cette action est -elle simultanée.? On l’ignore. 2®. Il paraît que la transpiration pulmonaire dépend d’une portion de sérum qui s’échappe des dernières divisions^ de l’artère pulmonaire^ et d’une portion de vapeur produite par le sang artériel qui se distribue à la membrane muqueuse des voies aériennes. Les expériences de M. JVIagendie sur les liquides et de M. Nysten sur le gaz , prouvent effectivement que ces substances , injectées dans le système veineux , sont constamment expulsées par la transpiration pulmonaire. 3®. Ou ne sait pas comment se forme l’acide carbonique : suivant quelques physiologistes , il est produit par l’oxigène de l’air et par le carbone du sang veineux ; suivant quel c[ues autres , il existe tout formé dans le sang veineux j et il est exhalé au moment de l’expiration. Les expériences de M. Vogel , qui , comme nous l’avons dit, démontrent l’existence de l’acide carbonique dans le sang de bœuf, pourraient peut - être servir à appuyer cette opinion. 4^* On ignore quelle est la cause de l’élévation de température qui a lieu pendant la respiration. 5°. Il suit de tout ce qui précède qu’il est impossible d’établir d’une manière précise comment l’oxigène agit dans cette fonction importante.
laOISiÈME ïAEIÎEi
Des Liqiæurs des sécrétionsi
Le sang artériel porté dans toutes les parties du coi^ éprouve dans certains organes une altération particulière j dont le résultat est la production d’un liquide qu’il ne contenait point : cette opération est connue sous le nom. de sécrétion : ainsi Turine est sécrétée dans les reins,- la bile dans le foie , la salive dans les glandes salivaires ^ etc. 5 aucun de ces fluides sécrétés n’ existait dans le sang. Nous ignorons complètement la manière dont cette transformation a lieu. On a divisé lés liquides sécrétés en alcalins et en acides.
De la Lympiie,
897. On donne le nom de lymphe au liquide contenu dans les vaisseaux lymphatiques , et dans le canal thoraci^è des animaux que l’on a fait jeûner pendant vingt-quatre ou trente fleures. Suivant M. Cflevreul, 1000 parties de lym-' plie de cflien sont formées de 926,4 d’eau , de 004,2 de fibrine j de 061,0 d’albumine, de 006,1 d’hydro-cflloraté de soude, de 001,8 de carbonate de soude, et de ooo,5 de pflospflate de cflaux , de magnésie et de carbonate de cflauX. M. Brande , dans un travail moins complet sur la lympfle , a obtenu des résultats à l’appui de cette analyse ; suivant lui , la lympfle contient de l’albumine , un alcali libre et de riiydro-chlorate de soude. Elle ne renferme point d’acide libre ni de fer. D’après MjVI. Emmert et Reüss , 92 grains de lympfle des vaisseaux absorbans des cflevaux ont fourni un grain défibriné , 86 ^ d’eàu , 3 | d’albumine^ de sel marin , de pflospflates , et de soude libre.
La lympfle est sous la forme d’un liquide rosé, légèrement opalin , quelquefois d’im rouge de garance , d’autres fois jaunâtre \ son odetu est spermatique , sa saveur salée , sa
DE LA SYîrOYIE- Big
pèsanieur spécifique est de 1022^28, celle de l’eau étant 10005 elle ne rougit point Vinfusum de tournesol. Eva-^ porée jusqu’à siccité , elle laisse une très-petite quantité de résidu verdissant légèrement le sirop de violette. Soumise à l’action électrique d’une batterie de 3o paires de plaques de zinc et de cuivre ^ elle fournit de l’albumine coagulée et de l’alcali , qui se portent au pôle résineux (Brande). Elle se mêle en toutes proportions avec l’eau ; l’alcool la rend trouble. Abandonnée à eUe-mêmCj elle se prend en masses sa couleur rose devient plus foncée, et l’on voit paraître des Slamens rougeâtres , imitant par leur disposition des arborisations irrégulières 5 eUe est alors formée de 2 parties distinctes, l’une solide, l’autre liquide; si on sépare cette dernière , elle ne tarde pas aussi à se jprendie en masse. La portion solide, analogue jusqu’à un certain point au caillot du sang , passe au rouge écarlate par son contact avec le gaz oxigène, et au rouge pourpre lors-^ qu’on la met dans du gaz acide carbonique. (M. Magendie.)
Da la Synoviêi
898. La synovie est un liquide exhalé pai* une membrane -mince qui entoure les articulations mobiles. Suivant Hildebrandt , la synovie.de l’hammé est formée d’eau , d’un peu d’albumine, de soude et d’hydro-chlorate de soude. Cette analyse ne peut être considérée que comme un aperçu et demande à être répétée. Margueron a trouvé dans 100 parties de synovie de bœuf, recueillie en incisant les articulations du pied, 80,46 parties d’eau, 4^52 d’albumine, 11,86 de matière filandreuse ou d’albumine modifiée, i,y5 d’hydro-chlorate de soude , 0,71 de soude, 0,70 de phosphate de chaux. Suivant Fourcroy , il y a en outre une matière animale particulière qui paraît être de l’acide Urique.
320 TROISIÈME partie.
La syno^dede hœuf, récemment extraite de rarticnlation, est fluide, visqueuse , demi-transparente et d un blanc verdâtre 5 son odeur est analogue à celle du frai de grenouille, sa saveur est salée. Abandonnée à elle-même , elle ne tarde pas à devenir gélatineuse , puis reprend son premier état, perd de sa viscosité , et laisse déposer une substance visqueuse. Les acides faibles , versés dans la synovie , la rendent plus fluide et en séparent la matière filandreuse.
De l’Eau de l’amnios de la femme.
89g. Ce liquide est sécrété par 1^ membrane interne du sac ovoïde dans lequel nage le foetus. Suivant MM. Vauquelin et Buniva , il est formé d’un peu d’albumine semblable à celle du sang , d’une matière caséiforme , d’bydro-chlorate de soude , de phosphate de chaux , de carbonate de chaux, de carbonate de soude et de beaucoup d’eau , puisque l’albumine et les sels ne forment que les 0,012 de l’eau de l’amnios. U aune couleur blanche, un peu laiteuse , une odeur douce et fade , et une saveur légèrement salée ; sa pesanteur spécifique est de i,oo5; il verdit le sirop de violette d’une manière marquée , et cependant rougit Vinfusum de tournesol ; l’agitation y produit une écume considérable 5 il est précipité par la potasse , l’alcool , Vinfusum de noix de galle et le nitrate d’argent ; les acides , au contraire , l’éclaircissent. Propriétés de la matière caséiforme. Suivant les auteurs déjà cités , cette matière doit être regardée comme une substance particulière, à laquelle l’eau de l’amnios doit son aspect laiteux , et qui paraît être le résultat d’une altération de l’albumine , qui prend im caractère gras. Elle est blanche , brillante , douce au toucher, et a l’aspect d’un savon nouv^ellement préparé ^ elle est insoluble dans l’eau et sans action sur l’alcool et les huiles. Les alcalis caustiques en dissolvent
i)È LÀ sÀLïvt; Saî:
une partie avec laquelle ils fonnent un savon , si Von en juge par l’odeur, la saveur et la propriété de précipiter par les acides- Elle décrépite sur le feu, se dessèche, noircit, répand des vapeurs huileuses , empyreumatiques j et laisse un charhbn abondant et difficile à incinérer ; la cendre qiù en résulte est grise et presqu’ entièrement formée de carbonate de chauXi L’eau de l’amnios se dépose sur le corps du fœtus , et paraît servir à modérer les fonctions dé la peau , à raison de sa douceur et de son onctuosité.
M. Berzelius a annoncé^ dans l’eau de l’amnios de la femme, l’existence de l’acide hjdro^phiôriqw; ( fluorique
Eau de Vamnios de 'vache. Elle est formée, d’après MM. Vauquelin et Buniva , d’eau , d’une matière animale particulière, jaunâtre, visqueuse, extracîiforme , très-séluble dans l’eau , incristailisable et insoluble dans ralcoul ^ d’acide âmrdotique de sulfate de soude , de -phosphate dé chaux et de magnésie^
Elle a une couleur rouge fauve , une. saveur acide mêlée d’amertume , ime odeur analogue, à celle de certains extraits végétaux , et une viscosité semblable à celle de la gomme dissoute dans l’eau ; sa pesanteur spécifique est de 1,028; elle rougit fortement ïinfiisum de tournesol , et précipite abondamment par l’hydro-chlorate de baryte; l’alcool en sépare une matière rougeâtre très-abondante.
Dè la Salive.
900. La salive de l’homme est formée , d’après M. Berzeîius , deqpà.qd’eau, dé 2, gde matière animale particulière, de 1,4 de mucus , de 1,7 d’hydro-tffilorates de potassé et de soude ^ de o,g de lactàte de soude èt de matière anitmde, et de 0,2 de soude. Le-mucüs delà salivé iocinéré fournit beaucoup de phosphate calcaire et un peu de phosphate dè magnésie.
TB.OISIÈMB PARÏIE.
La salive est un fluide inodore , insipide , transparent , visq^ueux, un peu plus pesant que l’eau , et susceptible de devenir écumeux par l’agitation ; il verdit légèrement le sirop de violette ; lorsqu’il est étendu d’eau, il laisse déposer peu à peu tout le mucus. (Voyez Propriétés de ce nmcus , pag. . 267 de ce vol. ) -
901. ' Si, après l’avoir desséché , onia traité successivement par de l’alcool pur et par de l’alcool aiguisé d’àcide acétique , on dissout tous ses principes ^ excepté la matière animale particulière et le mucus 5 ces deux substances peuvent être aisément séparées l’une de l’autre par l’èau , qui ^ssout la première et qui n’agit pas sur le mucus. Propriétés de la matière uaimale partieuZière.-Elle est soluble dans l’eau, et insoluble dans l’alcool 5 le so/atnm'aqueux, évaporé jusqu’à siccité , laisse une masse transparente, soluble de nouveau dans l’eau froide ; cette dissolution n’est précipitée ni par les alcalis ; ni par les acides , ni par lé soüsacétate de plomb, ni par le sublimé corrosif, ni par le tannin ; elle ne se trouble point par l’ébullition.
Du Suc pancréatine.
902. On n’a jamais pu se procurer une assez grande quantité de suc pancréatique pour en faire l’analyse ; on sait seulement qu’il n’est pas acide , comme on l’avait prétendu ; qu’il est plutôt alcalin , inodore , jaunâtre , doué d’une saveur salée, et en partie coagulable par ia chaleur. On croit qu’il a beaucoup de rapport avec la salive.
Des Humeurs de l’œil.
.903. Humeur aqueuse.- Cette hürhém', placée dans les chambi'es antérieure et postérieme de l’œil, est formée, suivant M. Berzelius , de 98, loi d’eau, d’un peu d’albumine, de i,i 5 d’hydro-chlorates et de lactatès, et de o,y5 de soude, avec une matière animale soluble seulement dans l’eau ;
BfeS HUMEt'nS Ï3È l’oEIL. 323
sa pesanteur spécifique 5 suivant M. Ckenevix,eslde i,oo53. Ce chimiste la considère comme composée de beaucoup d’eau, d’un peu d’albumine , de gélatine et d’hydro-chiorate de soude, M. Nicolas y admet en oUtre du phosphate de chaux.
904. Huméur 'vitrée. Cette humeur est derrière le cristallin. On y trouve, suivant M. Berzelius , les mêmes principes que dans Phumeur aqueuse , mais dans des proportions un peu difierentes^. ainsi il y a 98,40 d’eau, 0,16 d’albumine, 1,4*^ de lactate et d’hydro-chlorates , et 0,02 de soüde et de matière animale. M. Chenevix pensc-qu’ellqcontient moins d’eau , et plus d’albumine et de gélatine que l’humeur aqueuse^ il y admet en outre de l’hydro - chlorate de soude.
goS. CrtVtaZ/m. D’après M. Berzelius, il renferme 58 parties d’eau, 25,9de malièreparticulièrc 2,4 de lactates, d’hydro-chlorates et de matière animale soluble dans l’alcool, î,3 de matière animale soluble dans l’eau avec quelques phosphates , 2,4 de membrane cellulaire insoluble. Propriétés deln matière particulière. Elle est soluble dans l’eau, coagulable par la chaleur ; ainsi coagulée, elle possède, à la couleur près , tous les caractères de la matière colorante du sang : on peut en obtenir des cendres contenant, un peu de fer. (Berzelius.) M. Chenevix regarde le cristallin comme formé d’un peu d’eau , d’albumine et de gélatine. M. Nicolas a obtenu des résultats analogues. Ces chimistes ont cru que la gélatine faisait partie des humeurs de l’œil, parce qu’elles précipitent par la noix dp galle; mais ce réactif, pouvant précipiter l’albumine et plusieurs autres matières animales , ne suffit pas pour en faire admettre l’existence. . ' ■
906. Cataracte. M.. Chenevix fait entrevoir que la formation et le développement de la çataractepourraient peut-être tenir à ce que l’^brunine aurait été coagulée par de l’acide
^24 TROIsifeîtÈ i*ARÎiB.
pliosphorîque qui se serait produit dans l’œil malade. Suij vant M. Grapengiesser , dans la cataracte laiteuse , Talbu-; mine de l’humeur vitrée subirait une espèce de coagulation ^ deviendrait ccmime graisseuse j dissoudrait une portion d’albumine dembcoagulée , et aurait un aspect lai^ teux. ...
Des Larmes.
go y. Les larmes j sécrétées par la glande lacrymale, sont composées , suivant Fourcroy et M. Vauquelin , de 0,96 d’humidité etde 0, 4 des matières solides suivantes': des traces de soude caustique , de phosphates de chaux et de soude , d’hydro-chlorate de soude, et de miicus qui devient insoluble dans l’eau par l’action de l’âir atmosphérique ou de l’oxigène , et qui est précipité par l’alcool. Jacqtdn lés croit formées d’eau, de soude, d’hydro-chlorate de soude, de gluten , de phosphates de chaux et dè soude. Suivant Pearson, elles ne renferment point de soude, mais dé la potasse. On ignore quelle est la composition des larmes des animaux.;
De la Liqueur spermatique.
Ea semence, sécrétée dans les testicules, se mêle, lors de son émission, àl’humeur liquide et laiteuse de laprostale^ Elle est alors formée , suivant M. Vauquelin, de 900 parties d’eau, de 60 parties de mucus animal d’une nature particulière , de 10 de soude , de 3o de phosphate de chaux et de quelques traces d’hydro-chloraie , et peut-^étre de nitrate de chaux. Jordan la considère comme composée d’eau , d’albumine, de gélatine, de phosphate de chaux et de matière odorante. M. John y .admet de l’eau , une matière muqueuse particulière , des p’aces d’albumine modifiée et analogue aii fnucus , une très-petite' quantité d’une matière soluble dans l’éther (?), dë la soude, du phosphate de chaux, îm hydiu- chlorate, du soufre et une matière odorante.
ntr suc &ASTE.IQÛE.
M. BerzeJîus a annoncé , dans les Annales de Chimie , que la semence était composée d’une matière animale particu* lière et de tous les sels du sang. Nous avons cru devoir rapporter les difierens travaux faits sur ce liquide important j la différence des résultats obtenus par des cbimistes aussi distingués prouve combien l’analyse animale est peu avancée , et combien il est difficile de juger quels sont les résultats qui doivent être préférés,
La semence est incolore et épaisse : si on l’abandonne à elle-même , elle devient liquide au bout de vingt ou de vingtcinq minutes^ et même plus tôt, si on la soumet à une doüco cbaleur. Distillée , elle fournit une très-grande quantité de sous-carbonate d’ammoniaque. Exposéeà l’air sec et chaud, elle s’épaissit, se prend en écailles solides, fragiles, demitransparentes , semblables à la corne , .et fournit du phosphate de chaux cristallisé ; si l’air est chaud et humide , elle s’altère, jaunit, exhale l’odeur du poisson pourri, devient acide, et se recouvre d’une grande quantité de bissus septica» L’eau ne la dissout que lorsqu’elle a été liquéfiée \ le lutum fournit un précipité floconneux par le chlore ou par l’alcool. Elle est très-soluble dans les acides et moins soluble dans les alcalis,
goq. Matière qui enduit le vagin pendant le coït. Elle renferme de l’alcali libre. (Vauquelin. ) Suivant Fourcroy, celle qui lubrifie le vagin contient de l’eau , une matière animale visqueuse , déliquescente , semblable à la gélatine et à l’albumine.
Du Suc gastriauey
910, La membrane muqueuse de l’estorriac est constamment humectée par une couche de mucus qui paraît avoir beaucoup de rapport aveele mucus des narines ; indépendamment de cette matière , l’eslomac renfermé très-fréquemment un liquide appelé sm gastrique, et dont la nature
3a6 TROISIÈME PARTIE.
varie suivant les circonstances : tantôt il est putrescible et entièrement semblable à la. salive; tantôt, au contraire , il est acide et ne se putréfie qu'avec diflScnlté : suivant M. de Montègre , il doit être considéré, dans le premier cas, comme de la salive, et, dans le second, comme de la salive digérée 5 en effet , toutes les matières passent à l'état acide lorsqu’elles sont digérées. Il suit de là qu’il est impossible d’indiquer d’une manière précise la composition du suc gastrique, ou du suc contenu dans l’estomac , parce qu’elle varie autant que ses propriétés 5 aussi le petit nombre d’analyses qu’on en a faites prouve qu’il présente des variétés considérables par rapport aux principes qui le constituent. Gosse et Guyton de Morveau le regardaient comme étant acide. Spallanzani ne l’a jamais trouvé ni acide ni alcalin ; d’ailleurs , comment isoler ce suc du mucus et de quelques produits des alimens digérés ? M. de Montègre pense qu’ü n’agit point sur les alimens à la manière d’un dissolvant chimique.
De 'ta Bile, .
91 1 . La bile est une liqueur secrétée par le foie. ‘JBîle de hœuj. Suivant M. 'Thénard , elle renferme , sur 800 parties , yoo parties d’eau , 1 5 de matière résineuse verte , fi^de picromel , une quantité variable de matière jaune ( Voj. pag. de ce vol. ) , 4 de soude , 2 de phosphate de soude , 3,5 d’hydro-chlorates de potasse et de soude, 0,8 de sulfate de soude^ 1 ,2 de phosphate de chaux et peut-être de magnésie , et quelques traces d’oxide de fer. D’aprèsM. Berzelius, elle contient 907,4 parties d’eau, 80,0 d’une matière analogue au picromel , 3 de mucus de la vessie du fiel , 9,6 d’alcali et de sels communs à tous les fluides animaux. M. Vogel y admet en outre l’existence de l’acide carbonique et du soufre. Fourcroy avait présumé depuis long-temps qu’elle contenait de l’acide hydro-sulfurique. Nous nous dispenserons de rap-
DE rA BILE.
porter les analyses de cette bmneur faîtes par Robert, Rœderer , Cadet , Van-Baucbaute , Homberg , Morozzo , Fontaaa , etc. , parce qu’elles sont inexactes ou incomplètes; nous ferons seulement remarquer que M. Berzeliua ne regarde pas la matière résineuse comme un principe constituant de la bile, mais comme la combinaison d’un acide avec la substance à laquelle il a donné le nom de matière particulière de la bile.
g 1 2 . La bile de boeuf est un liquide plus ou moins consistant, limpide, ou troublé la. matière jaune, d’une couleur verdâtre , d’une saveur excessivement amère et légèrement sucrée , et d’une odeur nauséabonde faible , analogue à celle de ce! taines matières grasses , chaudes ; sa pesanteur spécifique est de 1,026 à 6® thermomètre centigr. Elle fait passer au jaune rougeâtre de tournesol et le sirop
de violette ; nuance qui provient du mélange de la couleur de la bile avec celle de ces réactifs.
Chauffée dans des vaisseaux fermés, la bile se trouble, produit de l’écume, et fournitun liquide odorant, volatil comme la bile , incolore , susceptiblede précipiter l’acétate de plomb en blanc , et qui paraît contenir dé la résine ; bientôt après elle se trouve desséchée et porte le nom à! extrait de fiel. Cet extrait est solide , d’un vert jaunâtre , et doué d’une saveur amère et sucrée ; il attire légèrement l’humidité de l’air, se dissout presqu’en entier dans l’eau et dans l’alcool, et se fonda une légère chaleur. Si on le chauffe fortement, il se décompose à la manière des substances azotées; mais il fournit peu de carbonate d’ammoniaque, et laisse u.i barbon très-volumineux , contenant de la soude et les différens sels de la bile. Exposée à l’air, labile s’altère peu à peu , et finit par se pourrir sans répandre une odeur trèsdésagréable.
L’eau et l’alcool s’unissent parfiiitement avec elle. La potasse , la soude et l’ammoniaque , loin de la troubler , U
3a8 . TROISIÈME PARTIE,
rendent pliis iransparesate et moins visqueuse. Les acides m. précipitent une portion de la matière jaune , unie à une cer^ taine quantité de résine verte 5 ils agissent évidemment en saturant la soude libre qui tenait ces matières en dissolution. iJ acétate de jjlomh y fait naître un précipité de phosphate , de sulfate et d’oxide de plomb , unis à la matière verte et à la matière jaune. Le soiisr acétate de plornh précipite en outre le picrpmel elles hydro-rchlorates.
La Lile jouit de la propriété de dissoudre plusieurs matières grasses , a raison de la soude et du composé ternaire de soude , de résine et de picromel qu’elle renferme : aussi les dégraisseurs s’en servent -ils pour enlever la graisse qui salit les étoffes de laine.
La Mie de chien , de mouton , de chat et de veau , paraît être la même que nelle de bœuf.
913. Bile humaine. SuivantM. Thénard , elle est formée, sur iioQ parties, de 1000 parties d’eau, de 4^ d’albumine, de 4 1 de résine, de 2 à 10 parties^de matière jaune, de 5,6 de soude , de 455 de phosphate , de sulfate et d’hydro-chloraté de soude, de phosphate de chaux et d’oxide de fer , enfin , d’un atome de matière jaune. D’après M. Berzelius, elle ne renferme ni huile ni résine , mais une matière analogue gux résines, soluble dans l’eau et dans l’alcool , très-peu de soude et de mucus de la vésicule. Suivant Cadet, la bile humaine . contient de l’acide hydro-sulfurique. Nous pourrions faire connaître d’autres analyses différentes , sous plusieurs rapports , de celles dont nous venons de parler; mais nous sommes persuadés que , dans un trèsrgrand nombre de cas , la différence dans les résultats tient à ce que le liquide analysé n’était pas le inême ; du moins nous pouvons affirmer , après avoir analysé la bile d’individus morts à la suite d’apoplexie, de fièvres putrides, d’enté-r rite, etc. , ne l’avoir jamais trouvée identique; nous avons îpême observé entre çes liquides des différences assez frap;;
DE EA BIEE. 3ag
pantes. Il serait très-important pour la chimie pathologique d’avoir pour point de départ des analyses bien faites de la hile d’individus guillotinés oufusillés dans l’état de santé 5 oa pourrait alors leur comparer les résultats obtenus jusqu’à présent par les différens chimistes sur la bile provenant de personnes malades , et , certes , le domaine de la science s’agrandirait. Hanneman parle, à la vérité , de la bile d’un indi-s vidu fiisillé dans l’étàt de santé, qui donna , par l’alcool et parles acides ^ un coug-if/um semblable aux calculs biliaireS;, qu’il appela gluten-^ mais'il suffit de ce simple énoncé pour juger combien cç travail est loin d’être satisfaisant. Nous ne doutons pas , à l’exemple deBoerhaave,deMorgagni,etc.5 que la bile ne contracte quelquefois des qualités acres , irritantes, qui doivent nécessairement influer sur le déve-f îoppement et l’intensité des symptômes que l’on observe dans certaines maladies.
La bile humaine est verte , d’un brun jaunâtre, rougeâtre pu incolore; sa saveur n’est pas très-amère; elleestrarement limpide, et tient souvent en suspension de la matière jaune. Chauffée , elle se trouble et répand l’odeur de blanc d’œuf, L’extrait de cette bile se décompose comme le précédent lorsqu’on élève fortement sa température. Les acides en précipitent de l’albumine et de la résine. Le sousracétate d& plomb la fait passer au jaune , et n y découvre point la moindre trace de picromel.
Bile des foies gras. M. Thénard n’a trouvé que de l’albumine dans la bile provenant de foies dont les | étaient formés par de la graisse ; quelquefois aussi , lorsque la maladie était moins avancée , la bile était fonnée de beaucoup d’albumine et d’un peu de résine. Bile d’un in-; diyidu atteint d’tme fièvre bilieuse grave ^ avec ulcération. de la membrane muqueuse intestinale. Nqus avons trouvé dans cette bile environ 96 de matière résineuse, 3 de soude, et un atome de sels : la madère résineuse é{mt évidemment
33o TROISIÈME partie.
altérée , car elle avait une saveur excessivement amère et âcre : il suffisait d’en mettre un atome sur la lèvre pour faire naître des ampoules excessivement douloureuses. Morgagni fait mention , dans ses ouvertures cadavériques , de la bile d’un individu mort subitement , dont l’âcrelé était telle, qu’il suffît de piquer deux pigeons avec la pointe d’un scalpel qui en contenait un peu pour les faire périr subitement .
Bile de porc. Elle est formée , d’après M. Thénard, de résine, de soude et de quelques sels 5 elle est entièrement décomposée par les acides.
r 5. Bile des oiseaux. Suivant le même chimiste , elle est composée d’eau, de beaucoup d’albumine, de picromel trèsamer, très-âcre et peu sucré 5 d’un atome de soude , de résine et de différens sels : du moins telle est la bile de canard , de poule , de chapon et de dindon.
916. Bile de raie et de saumon. Elle est d’un blanc jaunâtre^; elle renfermebeaucoupdepicromellégèrementâcre, et ne donne point de résine.
917. Bile de carpe et d'^anguille. Elle est très-verte, trèsamère , et contient du picromel , un peu de soude' et de résine; elle ne renferme point d’albumine. (M. Thénard.)
Des Liqueurs acides.
Ces liqueurs sont l’humeur de la transpiration , Turin» et le lait.
De VHumeur de ta transpiration.
91 8. La sueur séparée du sangpar les vaisseaux exhalans de la peau, est formée, suivant M. Thénard, d’acide acétique, d’un peu de matière animale , d’hydro-chlorate de soude et peut-être d’hydro-chloraie de potasse , d’un atome de phosphate terreux et d’oxide de fer. M. Berzelius n’admet, dans cette humeur, que de Teau, de Tacide lactique , du laclate
DE l’hukeur de la TRASSPITIATIOS. 33 r de soude uni à une matière animale, et des hydro-chlorates de potasse et de soude. Il nie l’existence des acides acétique et phosphorique admis par plusieurâ^ chimistes. Haller et Sorg, pour expliquer l’odeur de la sueur, ont avancé qu’elle contenait lesalimens à l’état de vapeur. M. John croit que la sueur des parties génitales de la femme contient la même substance volatile et odorante que le chenopodium vulvaria.
La sueur est un liquide incolore , d’une odeur plus otî moins forte et variable , et d’une saveur salée *, elle rougit Vinfusum de tournesol , et tache les étoffes sur lesquelles elle tombe.
On connaît les belles observations de Sanclorius , de Lavoisier et de M. Seguin sur l’humeur de la transpiration ; ces observations sont entièrement du ressort de la physiologie. Sueur des ictériques. Nous avons réussi deux fois à démontrer l’existence de la bile dans cette humeur. M. John dit dans son ouvrage ; « La sueur des ictériques paraît contenir la matière de la hile qui jaunit fortement le linge ». Sueur dans lajievre putride. Suivant MM. Déyeux et Parmentier, elle renferme de l’ammoniaque et porte le caractère de la putréfaction. Sueur critique dans lajievre de lait et la rougeole. Gœrtner n’y admet point d’acide libre. M. Berthollet affirme cependant qu’elle rougit quelquefois Vinfusum de tournesol. Sueur des arthritiques en bonne santé. Elle renferme , suivant Jordan , de l’acide phosphorique. Sueur dans la colique des peintres. Nous n’avons jamais pu y découvrir la moindre trace de plomb ni d’aucune préparation saturnine.
De r Urine.
919 L’urine est sécrétée par les reins ; sa composition varie suivant les animaux; celle que l’on rend le matin est
33a TBOISIÊME PARTIE.'
beaucoup plus chargée que celle qui est rendue immédi^ tement après îe repas.
Unne de Vliamm&adulte. Suivant M. Berzelius, i ooo par-. ties de ce liquide renferment qSd parties d’eau, 3o,io d’ur^ rée, 3,71 de sulfate de potasse, 3, 16 de sulfate de soude, 2,94 de phosphate de soude, 454^ d’hydro-rchlorate de soude, i,6â de phosphate d’ammoniaque, t,5o d’hydroTchlorate d’atn-. meniaque, 17514 d’acide lactique libre, de lactate dàmTmoniaque uni à une matière animale soluble dans l’al-cool , d’une matière animale insoluble dans cet agent » et qui est combinée avec une certaine quantité d’urée^ T, 00 de phosphates terreux avec un atome de chaux; 1,00 d’acide urique , o,32 de mucus de la vessie , o,o3 de silice. Suivant ce chimiste, l’urine doit son acidité à l’acide Jaçtique. MiV|, Yauqueliu, John, etc., l’attribuent à l’acide phosphorique, M, Thénard pense qu’elle est due à l’acide acétique. L’acide lactique et le lactate d’anamoniaque n’ont été admis jusqu’à présent dans l’urine que par M. Berzelius j quant à la silice, Fourcroy et M, Vauquelin l’ont an-^ noncée dans rurine dès l’an 7. IN'fiVI. Proust, John , et der-? nièrement M- Fogel, ont trouvé dans ce liquide de l’aci do. carbonique. Plusieurs de ces chimistes pensent que l’urine renfernae en outre de la gélatine , de l’albumine , du sou-^ fre.etc. Plus on examine attentivement les résultats des analyses de l’urjne faîtes par les savans les plus distingués ^ plus ou est convaincu que leur différence doit être attribuée à ce que ce liquide n’est pas toujours le niême : en effet tout eu supposant que l’urée et les sels qu’il renferme soient à-peu-rprès constans, combien la matière animale muqueuse , gélatineuse , albumineuse , etc. , ne doit-relle pas varier suivant l’état de santé ou d’indisposition légère dans lequel se trouvent les individus , et suivant une foule d’autres circonstances que les physiologistes saisiront faci-^lement ! Il suffira de savoir ftue rurine est un des fluides-
îjE i-’t'îiîîïT:. 333
i(?e réconomie animale Jes plus susceptibles d’être altérés dans une multitude d’afifections , comme nous le ferons voir en l’examinant dans les diverses maladies.
p20- L’urine de l’homme sain estsous la forme d’un liquide transparent, dont la couleur varie depuis le jaune clair jusqu’à l’orangé foncé, doué d’ime saveur salée et im peu âcre, et d’une odeim particulière, qui devient ammoniacale lorsqu’il se putréfie 5 il rougit Vinfusum de tournesol 5 sa pesanteur spécifique est im peu plus considérable que celle de l’eau. Ces diverses propriétés sont d’autant plus sensibles que l’urine est plus chargée.
Lorsqu’on là fait chauffer dans des vaisseaux fermés j on observe les phénomènes suivans : 1° une portion d’urée et de mucus est décomposée , et donne principalement naissance à du. carbonate d’ammoniaque et à un peu d’huile 5 2° les acides libres de lurinesont transformés en sels ammoniacaux par une partie de ce carbonate , qui étant assez abondant , change ce liquide acide en un liquide alcalin; 3® le phosphatç d’ammoniaque formé ne tarde pas à passer à l’état de phosphate ammoniaco de soude ; 4" le phosphate dé chaux, le phosphate ammonîàco-magnésiea , et le mucus non décomposé , qui étaient dissous à la faveur des acides libres^ sé précipitent; il en est de même de l’urate d’ammoniaque ; 5® la présence de l’huile change la couleur de l’urine au point de la rendre d’un rouge brun foncé; la majeure partie de l’eau qu’elle contient se volatilise , et vient se condenser dans le récipient avec Une portion de carbonate d’ammoniaque ; le phosphate ammoniaco de soude, les hydro-chlorates de soude et d’ammoniaque et les autres sdis solubles de l’urine ayant perdu l’eau qui les tenait en dissolution- , mstallisent ; 8“ enfînTurée non décomposée a éprouvé tm grand degré de concentration.