‹ Élémens de chimie médicale (volume 2)Chapitre 50 sur 80 · Abandonnée à elle-même, Furiite se refroidit , et · texte numérisé non relu

Abandonnée à elle-même, Furiite se refroidit , et

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dépose le plus souvent , au bout de Quelques heures , une plus ou moins grande quantité d’acide urique jaunâtre ou rougeâtre, qui était tenu en dissolution dans lé liquide chaud. Si on la laisse assez de temps à l’air , l’urée se décompose , donne lieu à de l’ammoniaque qui agit sur les élémens de l’urine comme la chaleur, quoique beaucoup plus lentement ; en sorte qu’il se forme d’abord un dépôt d’urate d’ammoniaque, de phosphate de chaux et de phosphate ammoniaco-magnésien; et quelque temps après, quand le liquide est presque entièrement évaporé, l’on obtient des cristaux formés par les sels solubles de l’urine.

L’eau ne trouble point l’urine 5 il n’en est pas de même de l’alcool , qui en précipite toutes les substances qu’il ne peut pas dissoudre. La potasse , la soude et V ammoniaque en saturent les acides libres , et précipitent le mucus et les divers sels qui étaient dissous à la faveur de ces acides. Les eaux de baryte, àe strontiane et de chaux agissent de la même manière , et précipitent en outre l’acide phosphorique libre , et celui que renferment les phosphates de soude et d’ammoniaque. U est évident encore que si l’urine contient des sulfates , ils doivent être décomposés par la baryte et par la strontiane. L’acide oxalique décompose peu à peu le phosphate de chaux de l’urine, et donne lieu à un léger précipité d’oxalate de chaux. Versé dans l’urine évaporée jusqu’à consistance de sirop , l’acide nitrique y fait naître une multitude de cristaux de nitrate acide durée. ( Voy. pag. 268. ) L’urine , à raison des sels qu’elle renferme , précipite par le nitrate d’argent , parl’hydro-chlorate de baryte , par les sels calcaires solubles , etc. Le tannin la précipite également en se combinant probablement avec le mucus.

022. Urine des ictériques. Il résulte des analyses que nous avons faites en i8i i , que l’imine des ictériques contient de la bile : quelquefois nous eh avons séparé tous les

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élémens 5 d’autres fois nous n’avons pu y découvrir que la matière résineuse verte. Dans tous les cas , on peut recomposer i’urine ictérique en réunissant les élémens de la bile séparée avec l’urine privée de ces élémens. Cruiskanck avait déjà annoncé, en 1800, que cette urine contenait la matière bilieuse, et que l’on pouvait la faire passer au vert par l’acide hydro-chlorique.

9^3. Urine dans Vhydrofisie générale. Thompson et Fourcroy ont démontré l’existence de l’albumine dans cette urine. Suivant M. Nysten , elle est ammoniacale 5 elle renferme de l’acide acétique , de l’albumine , une matière huileuse colorante, différens sels , et ne contient ^ presque pas d’urée. Brug.natelli dit avoir analysé de l’urine des hydropiques dans laquelle il y avait.de l’acide hydro-cyanique (prussique).

924* Urine dans le rachitis. Les analyses de Chaptal , de Jacquin , de Fourcroy , etc. , prouvent que cette urine contient beaucoup de phosphate de chaux , fait d’autant plus remarquable , que les os des rachitiques sur Turine desquels on opérait étaient très-ramollis , et contenaient ■par conséquent peu de ce phosphate.

925. Urine des goutteux. Suivant M. Berthollet, elle renferme moins d’acide phosphorique que l’urine des individus bien portans , excepté dans le cas de paroxysme. Il

J paraît à-peu-près certain qu’à la suite des grands accès de goutte , elle contient une plus ou moins grande quantité d’acide rosacique uni à l’acide urique. Tous les observateui's s’accordent à regarder le phosphate de chaux comme un des principes les plus abondans de l’urine des goutteux.

926. Ûrine des hystériques. Cette urine , claire et incolore , renferme à peine de l’urée, et contient beaucoup d’h'vdro-chiorates de soude et d’anunoniaque ( Cruiskanck et RoUo ), Il en est ^-peu-près de même de celle des indi-

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vidus sujets à des convulsions. M. Nyslen a analyse rurinë d’une demoiselle affectée d’une maladie neryéüse anomale • il T a trouvé une assez grande quantité d urée , peu de matière huileuse colorante , de l’acide urique et des sels, en sorte qu’elle se rapprochait beaucoup de Türine de la boisson.

Urine des diabétiques. résulte des travaux de Willîs Pool , Dobson , Rouelle le cadet , Cawiey , Frank le fils ^ Nicolas et Guedeville , Rollo , MM. Dupuytrén et Thénard, que cette urine ne contient pas sensiblement d’urée ni d’acide urique 5 qu’aucun réactif n’indique un acide libres qu’elle renferme à peine des phosphates et des sulfates ; qu’au contraire, ëlle n’est composée que de sucre et d’une certaine quantité d’hydro-chlôrate de soude. IVM. Nicolas et Guedeville , qui , les premiers , nous ont donné une bonne analyse de cette urine, ont proposéd’appeler le diabète sucré, phthisurie sucfée. M.Chevreül a obtenu des résultats ün peu différons de ceux dont nous venons de parler. Il a analysé l’urine d’un diabétique au commencement de la maladie , et il en a séparé du sucre et tous les matériaux de l’ Urine ordinaire. En examinant de nouveau l’urine de ce malade, rendue plusieurs mois après , il y a trouvé un acide organique en partie libre , en partie saturé par la potasse , beaucoup de phosphate de magnésie , un peu de phosphate de chaux , de l’hydro-chlorate de soude , du sulfate dé potasse, du sucre et de l’acide urique coloré par l’acide rosacique. M. Chevreul croit que cette urine contenaitde l’nréé 5 il se fonde sur la facilité avec laquelle ce liquide fournissait de l’ammoniaque. Il en a séparé la totalité du sucre soüs là’ forme de cristaux. MM. Dupuytrén et Thénard pensent , avec Aræteus , RoUo , etc. , que cette maladie peut être guérie à toutes ses périodes à l’aide d’im régime animal , qui change la nature de rurxne à mesure que chaque organe reprend' les' fonctions dont il est naturellement chargé ; mais l’observatiôn démontre tous les joms que ce traitement, avantageux dans

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<|ueîïjues circonstances, n’a été d’aucun secours dans plusieurs autres 5 et il est même ariivé quelquefois , én l’employant, que l’on a fait disparaître la saveur sucrée de l’urine sans guérir la maladie. L’iiydro-sulfate sulfuré d’ammoniaque paraît avoir été utile dans cette affection.

Urine dans le diabète non sucré. Suivant Rollo, cette urine ne contient que des sels et fort peu de sucre et d’m’ée. Pearson en a vue qui n’était pas sucrée et qui avait l’odeur de vieille bière.

Urine des fièvres nerveuses. Cette urine est souvent ardente, et donne lieu à un dépôt rouge-rose-, formé d’acide rosacique et d’acide urique.

Urine des fièvres putrides^ Elle contient de l’ammoniaque, et ressemble à de Turine pourrie ; nous avons quelquefois examiné l’urine des malades atteints de ces fièvres, et nous nous sommes convaincus qu’elle verdissait fortement le sirop de violette au moment où elle était rendue ; on y trouvait une assez grande quantité d’ammoniaque, qui provenait de la décomposition éprouvée par une portion d’m’ée dans la vessie même : en eÔ’et , cette urine contenait moins d’urée que celle du même individu dans l’état de santé.

Urine dans la dyspepsie. Suivant M. Thompson , cette urine précipite abondamment le tannin et se pouirit avec facilité.

Urine laiteuse. Wurzer dit avoir analysé l’ürîne d’un homme de trente ans, sujet à des affections catarrhales , avec gonflement des seins, et y avoir trouvé une matière caséeuse, fort peu d’urée, et environ ^ du poids de l’urine d’acide benzoïque. Déjà nous avons parlé , pag. 270 de ce vol. , de l’urine analysée par M. Cabal, dans laquelle ce chimiste trouva aussi la matière caséeuse.

Urine düun enfant tourmenté de vers. Elle contenait beaucoup d’oxalate de chaux qui se déposait. ( Fourcroy. )

338 TROISIÈME l’AllTIE.

Urine de certains individus dans V estomac desquels on a introduit des substances partîcidières. L’urine est, sans contredit , de tous les fluides, celui qui change le plus facilement de nature par l’ingestion dé quelques substances. Mange-t-on des asperges , elle devient fétide ; la térébenthine, les résines , les baumes , lui donnent une odeur de violette 5 elle acquiert une odeur camphrée lorsque le camphre a été introduit dans l’estomac 5 si -au lieu de camphre , on prend du nitrate ou de l’hydro-cyanate de potasse (prussiate), on retrouve cés sels dans l’urine. La promptitude avec laquelle ces substances passent de l’estomac dans la vessie a fait penser qu’il y avait une voie directe de commtmicatioh entré ces deux organes 5 cette opinion paraissait fortement appuyée par les analyses chimiques , qui ne démontraient pas l’existence du prussiate de potasse dans le sang , tandis qu’il se trouvait dans l’urine. M. Magendie réfute cette opinion; il établit , i® que les réactifs décèlent ce prussiate dans le sang si on l’a administré en assez grande quantité; 2® que ces différentes substances sont absorbées dans l’estomac par les veines, qui les transportent aussitôt au foie et au coem*, de manière que la route suivie par ces matières pour arriver aux reins est beaucoup plus courte que celle qui est admise généralement , savoir : les vaisseaux lymphatiques, les glandes mésentériques et le canal thoracique.

Des UarièLès de T urine dans les /cmimaux.

Urine de c^et^aZ. Cette urine paraît formée de carbonates de chaux , de magnésie et de soude, de benzoate de soude , de sulfate et d’hydro-chlorate de potasse , d’urée, de mucus et d’huile rousse. ( Fourcroy , Vauquelin , Chevreul. ) Plusieurs chimistes avaient annoncé le phosphate de chaux dans cette urine. Fourcroy et M. Vauquelin réfutèrent celte

i)È x’tJSINK; 33^

assertion j et leur opinion se trouve confirmée par lés expériences récentes de M. Chevreul. L’^huile rousse paraît entrer dans la composition de rurine dé tous les animaux herbivores, et leur communiquer l’odeur ét là saveur.

Urine de vache. Suivant M. Brande , elle est formée de 65 parties d’eau , de 3,4 d’urée , d’une certaine quantité de matière animale, de 3 de phosphate de chàüX , de i5 d'fajdrochlorates de potasse et d’ammoniaque , de 6 de sulfaté dé potasse , de 4 de carbonates dè potasse et d’ammoniaqué ^ et peut’^tre d’albumine et d’ucide benzoïque. Rouelle le cadet annonça, dès l’année 1271 , l’existence de l’acide benzoïque dans cette urine.

Urine de chameaui M. Chevreüi l’a trouvée formée d’eau, de matière animale coagulable par la chaleur , de carbonates de chaux et de magnésie 5 de silice, d’un peu de sulfate de chaux , d’un atome d’oxide de fer , de carhonate d’ammoniaque , d’un peu d’hydro-chlorate de potasse et de sulfate de soude , de beaucoup de sulfate de potasse, d’un atome de carbonate de potasse , d’acide benzoïque , d’urée , et d’huile d’un brun rougeâtre , odorante , communiquant son odeur à l’urine. Il n’y avait ni acide Urique ni phosphate de chaux , comme M. Brande l’avait annoncé.

Urine de lapin. Suivant M. Vâuqüelin , elle contient de l’eau , de l’urée très-altérable , du mucus gélatineux , des carbonates de potasse, de chaux fet de magnésie, de l’hydro-chlorate et du sulfate de potasse , dü sulfate de chaux et du soufre^ son odeur est souvent analogue à celle des herbes qui ont servi à nomrir le lapin.

Urine d’âne. D’après M. Brande, c^te urine confient beaucoup d’nrée, du mucus, beaucoup de phosphate de chaux , du carbonate , du sulfate et de l’hydro-chlorate de soude , et des traces dliydro-chlorate de potasse. Elle ne renferme ni acide urique ni acide benzoïque.

Urine de cochon d! Inde Elle ne contient ni phosphatei ni acide urique; mais on y trouve des carbonates de potasse et de chaux , de l’hydro-chlorate de potasse , etc. ; elle est par conséquent analogue aux précédentes. (Vauquelin. )

Urine de castor. Elle contient de l’eau , de l’urée , du mucus animal, dubenzoate de potasse, des carbonates de chaux et de magnésie , du sulfate et de l’hydro-chlorate de potasse , de l’acétate de magnésie , de l’hydro-chlorate de soude, une matière végétale colorante , et de l’oxide de fer. (Vauquelin.)

Urine de chiens nourris avec des substances ne contenant point d'azote. Cette urine , analysée par M. Chevreul , était alcaline au lieu d’être acide ; elle n’offrait aucune trace d’acide urique ni de phosphate de chaux , caractères qui appartiennent en général à l’ui ine des animaux herbivores.

Urine de chat. Elle contient de l’acide benzoïque , suivant Giese. D’après^ Bayen ^ elle laisse déposer des cristaux qui paraissent composés d’urée et de sel ammoniac.

Urine du lion et du tigre royal. Cette urine renferme de l’eau , de l’urée , du mucus animal , des phosphates de soude et d’ammoniaque , un atome de phosphate de chaux , de l’hydro -chlorate d’ammoniaque , beaucoup 'de sulfate de potasse , et très-peu d’hydro-chlorate de soude. ( Vauquelin. )

Urine des oiseaux. Urine dautruche. Elle contient beaucoup d’acide urique, du mucus, une matière huileuse , des sulfates de potasse et de chaux , de l’hydro-chlorate d’ammoniaque , du phosphate de chaux , et peut-être de l’acide phosphorique; elle ne renferme point d’urée.

L’im'ne du 'vautour et de ï aigle contient aussi de l’acide urique. (Vauquelin et Fourcroy.)

BTJ LAIT. 34!ï

M. WoUastCHi a fait, sur l’urine des. oiseaux, des remarques fort intéressantes» Il résulte de son travail que la quantité d’acide urique qu’elle renferme est presque nulle lorsque les oiseaux se nourrissent d’herbes ou de substances non azotées j elle est au contraire très-grande si les alimens qui servent à leur nourriture contiennent beaucoup d’azote»

Du Lait.

Le lait est sécrété par les glandes mammaires des femelles des mammifères.

927. Lait de vache. Il est formée d’après Fourcrey et M. Vauquelin , d’eau et d’acidè acétique libre, de 0,02 de sucre de lait, d’une matière animale analogue au gluten fermenté, d’hydro-cblorate et d’hydro-phtorate de potasse (fluate), et d’hydro-chlorate de soude : ces principes sont dissous dans le lait. Il renferme en outre 0,08 de matière butireuse et de 0,006 à 0,007 phosphatede magnésie, de chaux et de fer, substances qui se trouvent seulement en suspension ; il contient encore 0,1 de caséum; on ne sait pas si ce principe est en dissolution ou en suspension. Enfin , d’après ces savans , les phosphates de soude et de potasse y sont en trop petite quantité pour pouvoir être découverts. M. Déyeux et Parmentier avaient donné en 1786 l’analyse suivante : «Matière volatile odorante, beun’e, sucre de lait, substance animale que l’on obtient sous forme depeUieule à la surface du lait lorsqu’on fait évaporer celui-ci , caséum , hydro-chlorates de chaux et de potasse , et peut-être du soufre et de l’ammoniaque. » Suivant ces auteurs , le beiure et le fromage du lait de vache diffèrent dans les portions de lait successives de la même traite 5 ceux des dernières portions de lait sont meilleurs que ceux des premières. Ils ont observé en outre que le lait d’une vache qui avait été nourrie avec du blé de Turquie était plus sucré , et conte-

34^ TEOISIÈME PARTIE.

naît moks de crème, de petit-lait et d’extrait. M. Berzelius a fait , dans ces derniers temps , l’analyse da lait écrémé et de la crème. Le. kit écrémé, d’une pesanteur spécifique de r,p3d ^ renferme 928,75 d’eau, 28 de matière caséeuse , avéq quelques traces de Leurre 5 85,00 de sucre de lait , 1,70 d’hydro-chlorate dé potasse , o,25. de phosphate de potasse , 6,00 d’acide lactique, d’acétate de potasse , et d’un atome de lactate de fer ; o,5 de phosphate terreux. Cent parties de crème d’une pesanteur spécifique de 1,02445 contiejaneut , suivant k même chimiste, 4î5 de beurre, .3,5 de caséum, 92,0 de petit-lait , dans lesquels il y a 4,4 de. kit et des sels. L’analyse du lait , faite

p^r^M,. Jéhu eu 1808 , offre à-peu-près les mêmes résultats que, celle de M,, Beçzelius ; cependant cet auteur n’eu U paS; déterminé ks proportions 5 il pense , en outre, que le kit renferme une suhstauce aromatique qui ne se condensé point, une matière, muqueuse,- et des traces d’un phosphate akalin,

928, Le lait de vaehe est uu liquide opaque, blanc, plus pesant que l’eau, et doué d’uue saYeur plus ou moins douce. Lorsqu’on k fait évaporer, il se forme une peili-. Guk qui ne tarde pas à êti’e remplacée par une autre si on l’enlève , et qui est presque entièrement composée de matière caséeuse. Distillé, il fournit un liquide aqueux, qui contient une certaine quantité de lait. Evaporé jusqu’à siccité; et mêk avec des amandes et du sucre , il constitue k frangipane. -

Si on rahmdenne à lui-même, à la température ordinaire ,, avec QU sans k contact de l’air , il se sépare en trois parties, la crème, la matière caséeuse etk petit-lait, La crème , foimée de beaucoup de beurre, d’une eértaîne quantité de caséum et de petit-lait , se trouve à la partie supérieure; elle est incolore ou d’un blanc jaunâtre, opàque% molk, onctueuse et douée d’ime saveur a^éabJe î

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