‹ Élémens de chimie médicale (volume 2)Chapitre 53 sur 80 · DES OS · texte numérisé non relu

DES OS

kilogr. de viandefont, dans nos ménages , 4oo bouillons d’un demi-litre chacun 5 les os qui sont jetés ou brûlés donneraient 3o centièmes de gélatine sèche ; conséquemment les 20 kilogrammes ci-dessus en fourniraient 6 kilogrammes avec lesquels on ferait 600 bouillons. Le nombre de bouillons produits par les os est donc à celui de la viande comme 3 est à 2. Cent livres de viande ne donnent que 5o livres de bouilli, et 100 livres de la même viande fournissent Q’j livres de rôûj il y a donc près d’un cinquième à gagner en faisant usage du rôti. Cent livres de viande fournissent 5o livres de bouilli et 200 bouillons. Cent livres de viande, dont 25 sont employées pour faire le bouillon avec 3 livres de gélatine des os , donneraient 200 bouillons et 1 2 livres et demie de bouilli ; et les 7 5 livres restant fourniraient 5o livres de rôti. On voit donc que, par ce moyen, l’on a une quantité ég^le de bouillon de qualité supérieure et 5 O livres de rôti 5 de plus, 1 2 livres et demie de bouilli. »

» On a préparé le bouillon avec le quart de la viande qu’on emploie ordinairement 5 on a remplacé par de la géia-, line d’os et des légumes, les trois autres quarts qui ont été donnés en rôti 5 les malades , les convalescens , et même les gens de service, n’ont pas aperçu de dilFérence entre ce bouillon et celui qu’on leur donnait précédemment 5 ils ont été aussi abondamment-nourris et très-satisfaits d’avoir du rôti au lieu de bouilli. Mise à l’état de tablettes avec une certaine quantité de jus de viande et de racines, la gélatine d’os fournit un excellent aliment. M. Darcet nous a fait, voir des échantillons de celte dernière préparation qui surpassent en beauté et qualité tout ce que nous avons connu jusqu’ici en ce genre.» (^Amiales de Chimie y tom. xciï , pag. 3oo. )

947. Os des animaux herbivores. Suivant Fourcroy et M. Vauquelin , il sont composés des mêmes principes que les os humains. D’après M. Berzelius y les os de

3go TROISIÈME EARTIE.

bœuf contiennent aussi du fluate de chaux , et , suivanf M. John , du sulfate de éhaux. Lés os dé cheval et à' âne ont également fourni à M. Proust du fluate de chaux. Os fossiles d’éléphant. M. Proust y a trouvé de o,i4 à o,i5 do éarbonaie, dophosphatêet de fluate de chaux. M. Ghevrénl, en analysant des os fossiles qui paraissaient provénir d’aniinaux maidns, a trouvé: sulfate de chaux avèc matière anifttâlê, I 10 phosphaté de chaux y phosphatés dé

fer étde manganèse, 6,7; albumine, 1 ^carbonate dechaux,4>: fluate dé chaux, une petite quantité :iis ne contenaient point de magnésie. Corne de cerf. La corne dé cerf parait renfermer les mêmes principes que lès os. Distillée , elle sé comporté Comme les matières azotées, et fôümit une huile qui, étant distilléé plusieurs fois, eonsiiiue l’huile animale dé Dippéï. Si on traité la corne de cerf par l’eau bouillante ,on én disSont la gélatine, et on peut obtenir la gelée àé Corné dé cërf. Os fossile ( turquoise) , phosphaté dé chaux j 8o;- carbonate de chaux, 8 5 phosphate de fér, 25 phosphate dé magnésiè ,25 albuminé , r j ; eau ét perlé, 6 ^.. ( Bouillon* Lagrange.)

Os des oiseaux^ Ils sont cerriposés commé les ôs hû* mains; mais ils renferment -^de phosphate dé magnésiêï (^Y3Lnqu.elinetFonrcTOj, Expériencés sur lesosdespoulés.')

Os de poissons. Cés os , différons dé ceux des autres animaux, paraissent entièrement formés dé mucus analogue à celui que l’on trouvé dans les chevéux, les cornes, les ongles, etc.

Os de sèche. Ces os , placés sur le dos dé la sèche com-i mune {sœpiaojfflcinalîs)^ sont formés de gélatine, 8; càfbonate de chaux , 68 ; eau et perte, 24- ( Mérat Guiilot.) Suivant Karsten, ils contiennent 0,28 de phosphate de chaux. Ds sont épais , solides , friables , ovales ét remplis de cellules;; ils entrent dans la composition des poudres dentrîfices»

DES DIFFÈEENTES PARTIES MOIXES , eîC. 36 1'

Des différentes parties molles susceptibles de s’ossifier.

Les artères y les valvules du cœur, les bronches , les vaisseaux artériels , anévrysmatiques, la glande pinéale, et une foule d’autres parties sont susceptibles de s’ossifier. Si ôa analyse ces matières ossifiées , on y découvre beaucoup de phosphate de chaux , et quelquefois tous les autres élémens des os ; du moins tels sont les résultats que nous a fourüis la matière ossifiée d’une loupe qui s’était développée sur la partie externe de la cuisse , et qui n’avait aucune communication avec le fémur. Quelquefois aussi on découvre dans les glandes salivaires et pancréatiques ^ dans les poumons y dans la glande prostate, dans la fosse naviculaire , dans le bulbe de t urètre ^ àa.rvs\es canaux urinaires, etc., des concrétions composées de phosphate de chaux et d’un peu de matièio animale ; cependant , dans quelques circonstances, ces concrétions, surtout celles du poumon , sont entièrement formées de carbonate de chaux et de matière animale. ( Crumpton.)Nous devons à M. Thénard une sérié d’expériences intéressantes sur ces ossifications: nous allons en indiquer les résultats tels qu’il lés a consignés dans son ouvrage de Chimie, tom. ni, en rapportant seulement le poids du résidu provenant de leur calcination jusqu’au rouge.'

Poidi da résidu.

Kyste osseux de la glande thyroïde . . . . 0,04.

Ideiii . . . . • • . . . . 0,65.

Idem . . . 0,34.

Plèvre ossi&e'e. . 0,14.

Ossification de l’aorte . o,5a.

Ovaire de femme ossifié . 0,55.

Glande mésentérique ossifiée. . 0,^3.

Glande thyroïde ossifiée. . o,6S.

Concrétion trouvée à la surface convexe du foie , dans un kyste

recouvert par le péritoine . : 0,53..

Concrétion osseuse trouvée au-dessus du vemficule latéral droit,

dans la substance cérébrale d’une femme de trente ans- • • * 0,66.

Des Dents.

La composition des dents ne diffère pas beaucoup de celle des os. Suivant M. Berzelius , la racine des dents des enfans est formée de 28 parties de cartilage , de vaisseaux sanguins et d’eau -, de 61 ,95 de phosphate de chaux , de 5,3o de carbonate de magnésie , de 2,10 de fluate de chaux, de i,o5 de phosphate de magnésie, de 1,40 de soude et d’hydro-chlorate de soude. M. Moréchini admet aussi l’existence de l’acide £luori(pie(hydro*phtorique) dans les dents, principalement dans l’émail; tandis queFourcrojj MJNÎ.Wollaston, Pepys , Vauquelin et Brande n’ont jamais pu le découvrir. Voici les analyses comparatives des dents faites par M. Pepys , et insérées dans l’ouvrage de M. Thompson.

Phosphate de chaux.

Dents des adultes.

Premières dents . des enfans. ■

Racines des

Émaü des dents.

Carbonate de chaux.

Tissu cellulaire . . . .

Perte et eau . .

Le phosphate de magnésie parait aussi faire partie dès dents. Fourcroy etM. Vauquelin, ont également trouvé un peu de phosphate de fer dans l’émail; ils se sont assurés que lorsqu’on le calcine, il perd 1 1 ^ p. | en eau et en matières animales, en sorte qu’il contient évidemment là substance à laquelle M. Pepys a donné le nom de tissu celîu~ laire', et si ce chimiste ne l’a pas trouvée, cela doit être, attribué à ce qu’il a cherché à l’isoler au moyen de l’acide nitrique , qui jouit de la propriété de la dissoudre.

Racines des dents de hœuf. Cent parties contiennent, suivant M. Berzelius, 3 1,00 de cartilage, de vaisseaux sanguins et d’eau; 57,46 de phosphate de chaux, 5,69 de fluate de chaux, i,36 de carbonate de chaux, 2,07 de phos-»

DD TARTRE DES DEHTS, CtC. 363

phate de magnésie , 2,4o de soude et d’hydro-chlorate de soude. Émail des mêmes dents ^ 8i,oo de phosphate de chaux, 4:00 de flua te de chaux, 7, iode carbonate de chaux, 3,00 de phosphate de magnésie , i, 34 de soude, 3,56 de membranes, vaisseaux sanguins et eau de cristallisation.

Dents ffeZepAont ( ivoire , défense d’éléphant ). L’ivoire frais renferme du fluate de chaux, suivantMM. Gay-Lussae et Moréchini. Fourcroy et M. Vauquelin n’en ont point trouvé 5 ils ont observé qu’il contenait du phosphate de chaux, et qu’il perdait 45 pour loo par la calcination j du reste , il leur a semblé de même nature que les os. Calciné jusqu’à un certain point, il se charbonne, et fournit un noir très-beau et très-recherché.

Ivoire fossile. Moréchini est le premier qui ait annoncé dans cet ivoire l’existence du fluate de chaux , découverte qui a été confirmée par les analyses de Klaproth , John , Proust, Fourcroy et M. Vauquelin. Ces deux derniers chimistes ne l’ont cependant pas trouvé dans l’ivoire fossile de Eoyo , de Sibérie et du Pérou. Ils en ont retiré des défenses de sanglier.

Du Tartre des dents.

949- Fourcroy, Wollaston,*Chaptal, etc. , avaient annoncé .que le tartre des dents était composé de phosphate de chaux. Voici l’analyse qui en a été donnée par M. Berzelius : phosphate de chaux , 79,0 5 mucus , 1 2,5 5 matière salivaire particulière, 1,0; substance animale soluble dans l’acide hydroçhlorique, 7,5.

Du Tissu cartilagineux.

gSo. Suivant M. Hatchett, les cartilages de l’homme seraient composés d’albumine coagidée, et de quelques traces de phosphate de chaux. Haller les regardait comme de la gélatine concrète unie à une terre osseuse. M. Chevreul a

donné , en 1812 , l’analyse des os cartilagineux d’un sqiudax maximus ( requin ) de 24 pieds 4 pouces de long 5 il les a trouvés formés d’une matière kuileuse, d’une substance analogue au mucus , d’un principe odorant , d’acide acétique et d’acétate d’ammoniaque. Ses cendres contenaient du sulfate , de l’bydro-chlorate et du carbonate de soude, du sulfate de chaux, des phosphates de chaux., de magnésie et de fer , et quelques atomes de silice , d’alumine et de potasse. Il est extrêmement probable que ces divers principes entrent également dans la eomposition des cartilages des autres animaux. Les cartilages sont placés aux extrémités articulaires des os j ils sont solides , incolores, demi-transparens, etc.

Dts' Chei^eux , des Poils ^ des Ongles.

Chevéuæ «oirs'.. D’après la belle analyse de M. Vau- ■quelin, les cheveux noirs contiennent, ï® une très-^ande quantité de matière animale analogue au mucus desséché^ 2® un peu d’huile blanche concrètey 3® ime très -petite quantité d’huile d’nn gris verdâtre, épaisse commele bitumé 4® des atomes d’oxide de manganèse et de fer oxidéousulfuré^ 5® une quantité sensible de silice 5 6®une quantité plus considérable de soufre ^ ^® un peu de pbospbate et de ear- -boüâte de chaux. Cheveux rouges. On y trouve les mêmes priacipès , excepté que l’huile d’un gris verdâtre est remplacée par une huile rouge. Cheveux hlancs. Ils renferment, outre les substances contenues dans les cheveux noirs , im peu de phosphate de magnésie 5 mais l’huile d’un gris verdâtre est remplacée par une autre qui est presque incolore j ils ne contiennent pas non plus de fer sulfuré. Ces expériences conduisent naturellement à admettre que la couleur des cheveux noirs est due à i’huile gris verdâtre et probablement au fer suKuré j celle des cheveux rouges et blonds^

UES CHEVEUX, DES POILS ET UES OXîGLES. 365 à des huiles rouges et jaunes qui, par leur mélange avec une huile noire , donnent la couleur aux cheveux brans ; les cheveux blancs devront la leur à l’absence de l’huile noire et du fer sulfuré. M. Vauquelin suppose , pour expliquer la blancheur subite des cheveux chez des personnes frappées d’un profond chagrin ou d’une grande peur, qu’il s’est développé un acide qui a détruit la couleur de l’huile. Suivant lui , le blanchiment naturel des cheveux déterminé par l’âge tiendrait à ce que l’huile colorée n’est plus sécrétée.

Propriétés des cheveux. Distillés, ils fournissent du sous-carbonate d’ammoniaque , de l’huile , du charbon , etc.

Voyez § 828. ) Chauffés avec le contact de l’air, ils s’enflamment facilement, phénomène que M. Vauquelin attribue à l’huile. Exposés à l’air, ils en attirent l’humidité, se gonflent, mais ne se pourrissent pas.

Le chlore les blanchit d’abord , puis les transforme en une masse qui ressemble à de la térébenthine- Ils sont insolubles dans l’eau 5 lorsqu’on les fait chauffer dans la marmite de Papin , ils fournissent du gaz acide hydro-sulfurique et se décomposent , en sorte que le liquide obtenu ne contient pas le mucus tel qu’il existait dans les cheveux. Ils sont en partie solubles dans une faible dissolution de potasse caustique ; cependant ils paraissent aussi se décomposer , puisqu’il se dégage de l’hydro - sulfate d’ammoniaque. Les acides sulfurique et hydro-chlorique faibles se colorent en rose et les dissolvent. L’acide nitrique , après les avoir jaunis et dissous, les décompose, et il se fojme de l’acide oxalique , de l’acide sulfurique et de la matière amère. 'L'alcool bouillant dissout les substances huileuses qu’ils contiennent 5 l’huile blanche se dépose par le refroidissement sous la forme de lamelles brillantes -, les huiles noire et rouge restent dissoutes , et ne peuvent être obtenues que par l’évaporation de l’esprit-de-

vin : on observe , pendant le traitement , que les cbevetix

rouges deviennent bruns ou châtains foncés.

Les sels ou les oxides .de mercure , de plomb et de his~ rrmth noircissent les cheveux rouges, blancs et châtains, ou du moins les font passer au violet. M. Thénard indique la préparation suivante comme étant propre à les noircir. On réduit en poudre fine et on mêle intimement une partie de litharge (protoxide de plomb) , une partie dé craie et une demi-partie de chaux vive éteinte 5 on aj oute assez d’eau pour donner au mélange la consistance d’une bouillie épaisse 5 on en applique une légère couche sur du papier , dont on se sert pour mettre des papillottes ; on les enlève au bout de quatre heures , et on nettoie les cheveux avec un peigne et de l’eau. La coloration en noir obtenue par ce moyen paraît dépendre de ce que le soufre des cheveux passe à l’état de sulfure noir en se combinant avec le plomb du protoxide. Si on voulait se servir des dissolutions' salines dont nous avons parlé plus haut , il faudrait les étendre de beaucoup d’eau.

Plique polonaise. ^niysLOl M. Vauquelin, la plique est formée de mucus analogue à celui des cheveux , seulement im peu modifié et un peu moins durci 5 il pourrait se faire aussi qu’il fiit un peu différent dans sa nature.

Poils et ongles. D’après ce savant chimiste , les poils et les ongles contiennent beaucoup de mucus analogue à celui des cheveux , et une petite quantité d’huile à laquelle ils doivent leur souplesse et leur élasticité.

Du Cérumen des oreilles.

962. M. V auquelin regarde le cérumen des oreilles comme uu composé de mucus albumineux, d’une matière grasse analogue à celle qui se trouve dans la bile , d’un principe colorant J qui se rapproche aussi de la bile par sa saveuf

DES CALCULS BILIAIRES DE l’hOHAIE. 867

amère et par son adhérence à la matière grasse , de soude et de phosphate de chaux. Le cérumen se dissout dans l’alcool, et donne beaucoup de sous - carbonate d’ammoniaque à la distillation.

Des Calculs biliaires de V homme.

953. Nous devons à M. Thénard un très-beau travail sur ces concrétions. Après en avoir analysé plus deSoo, ce savant conclut que la plupart sont formées de 88 à 94 pour cent de cholestérine (adipocire), et de 6 à 12 de principe colorant ou matière jaune de la bile. Déjà Fourcroy , en i ^85, avait annoncé l’existence de la cholestérine dans ces concrétions. Leurs propriétés physiques varient : quelques-unes sont formées de lames blanches , brillantes et cristallines; d’autres paraissent entièrement composées de lames jaunes ; il y en a qui sont jaunes intériemement , et dont la sm*face externe est verte ou d’un brun noirâtre. Toutes , excepté celles qui sont blanches , renferment des atomes de bile que l’on peut séparer par l’eau.

Nous fîmes, en 1812, l’analyse d’un calcul biliaire trouvé chez une jeune fille de quatorze ans, ictérique de naissance, et qui conserva l’ictère pendant toute sa vie ; nous le trouvâmes formé de beaucoup de matière jaune, de très-pen de matière verte , et d’une petite quantité de picromel: il ne contenait point de cholestérine. Nous avons vu depuis que M. John avait analysé , en 181 1 , un calcul biliaire dans lequel il avait également trouvé le picromel. L’existence de cette matière dans ces sortes de concrétions est d’autant plus extraordinaire , que la bile humaine n’en contient pas.

M. Thénard pense que ces calculs se forment dans les canaux biliaires , d’où ils passent dans la vésicule du fiel, et plus rarement dans les intestins. Quant à l’origine

3&8 'TKOISIÈSTE PARTIE.

de la cholestérine , qui ne se trouve pas dans la bile de l’homme , il croit qu’elle se produit dans le foie , ou bien qu’elle est le résultat de la décomposition de la matière résineuse de la bile, qui, du reste, n’existe pas , ou ne se trouve qu’en petite quantité dans la plupart de ces calculs. L’expérience prouve que le remède de Rurande , composé d’éther et d’huile essentielle de térébenthine , a été souvent efficace pour faire disparaître les concrétions dont nous parlons. M. Thénard pense , avec raison , que ce médicament agit plutôt en déterminant leur expulsion par les intestins , qu’en les dissolvant.

Calculs de V intestin de l’homme. M. Tlienard en a analysé deux qui étaient entièrement semblablesaux précédens. M. ’i^uqueîin en a trouvé qui étaient de nature purement résineuse.

Calculs de bœuf. Ils sont formés par la matière jaune de la bile, qui se dépose aussitôt qu’elle est abandonnée par son dissolvant, la soude; ils ne contiennent point de résine, parce que celle-ci est retenue dans la bile de bœuf par le picromel avec lequel elle a beaucoup d’affinité. M. 'Lhenard, à qui nous devons ces observations, pense qu’il n’est rien moins que prouvé que ces calculs disparaissent au printemps, lorsque les animaux se nourrissent d’herbes fraîches.

Les calculs biliaires de chien , de chat , de mouton et de la plupart des quadrupèdes n’ont pas été analysés ; ils sont également regardés-, par M. Thénard , comme composés de matière jaune , puisque la bile de ces animaux est formée des mêmes principes que celle de bœuf. U faut cependant en excepter la bile de cochon.

Calculs rénaux de Vhomme. Bergman est le premier qui ait annoncé l’existence de l’acide oxalique dans un de ces calculs, et celle de l’acide urique uni à une matière animale, et à un de chaux dans un autre. Fourcroy ea

DBS CALCULS VÉSÎCAtJX. 869

9 trouvé qui étaient formés d’acide urique , et qui offraient quelquefois à leur surface des cristaux irréguliers , composés probablement de phosphate d’ammoniaque et de phosphate de soude. Suivant M. Brande , ils sont presqu’entièrement formés d’acide urique et de matière animale; quelquefois aussi ils renferment de l’oxalate de chaux. M. Gaultier de Claubry a analysé quatre calculs trouvés dans le rein gauche d’un homme , et dont chacun offrait un noyau d’oxalate de chaux , et une couche extérieure d’acide urique. '

Des Calculs vésicaux.

954. Les calculs vésicaux , regardés par Schéele comme de l’acide lithi que (urique) , présentent , dans leur composition et dansleurspropriétés physiques, des différencesasseü: marquées pour que l’on en admette treize espèces. Le beau travail de M, Vauquelin et de Fourcroy, dans lequel on trouve six cents analyses de ces sortes de calculs > et les recherches plus récentes deM. Wollastonsur l’oxide cystique, mettent cette assertion hors de doute. Voici les substances qui entrent dans la composition de ces espèces.

I®. Acide urique. Ils sont jaunes ou d’un jaune rou^ geâtre ; leur poudre ressemble à la sciure de bois ; chauffés , ils s’enflamment sans laisser de résidu ; ils sont insolubles dans l’eau, et solubles dans un excès de potasse et de soude , sans dégager à! ammoniaque ,• l’urate alcalin produit précipite des flocons blancs d’acide urique lorsqu’on le traite par l’acide hydro-chlorique.

2°. Urate âü ammoniaque. Ils sont d’un gris cendre ; Ils agissent comme les précédons sur les alcalis, excepté qu’il se dégage de Y ammoniaque pendant leur dissolution.

3®. Oxide cystique. Il estsous laforme de cristaux confiis, jaunâtres J demi-transparens , insipides , très-durs , ne rou-'

SÿO mOISlÉjME PARTIE.

gissant pas Yinfuswn de tournesol. Distillé , il se comporte comme les matières azotées (^ojoyez t. pag. 489), et il fournit une huile extrêmement fétide: il paraît contenir moins^d’oxigène que l’acide urique; il estinsoluble dans l’eau, dans l’alcool , dans les acides tartarique, citrique, acétique, et dans le carbonate neutre d’ammoniaque^ Il se dissout à merveille dans les acides nitrique, sulfurique, phospho* rique, oxalique , et surtout dans l’acide liydro-chlorique ; ces dissolutions cristallisent en aiguilles divergentes , solubles dans l’eau , si toutefois elles n’ont pas été altérées par une trop forte chaleur ; on peut le précipiter de ces dissolutions par le carbonate d’ammoniaque. La potasse , la soude , l’ammoniaque et la chaux peuvent aussi le dissoudre, et donner des produits cristailisables ; \e solutum est précipité par les acides citrique et acétique ; ce dernier, versé dans une de ces dissolutions chaudes , donne par le refroidissement, des hexagones aplatis. (M. Wollaston. )

4®. Oxalate de chaux (calculs muraux). Ils ont une couleur grise ou brune foncée ; ils sont formés de couches ondulées, et offrent à leur surface des tubercules ordinairement arrondis et semblables à ceux des mûres. Comme tous les oxalates, ils sont décomposés à une température rouge , et laissent pour résidu de la chaux ou du carbonate de chaux , suivant que la chaleur est plus ou moins élevée. (^J^oyezlts caractères de ces deux substances, tom. i®*", pag. aSo et a35.)

, 5®. Silice. Ils ressemblent assez aux précédens , mais ils sont moins colorés. Leur poids ne diminue pas sensiblement par la calcination , et le résidu est insipide , insoluble dans les acides et vitrifîable par les alcalis. ( Vauquelin et Fourcroy. )

6°. Phosphate ammoniaco-magnésien. Il est blanc ^ cristallin et demi-transparent ; lorsqu’on le traite par la po-

DES GA-LCCLS VÉSICA-tlX. Z'jï

tasse, la soude, etc, , il est décomposé; l’ammoniaque se dégage , la magnésie se précipite , et il se forme du phosphate de potasse : ils sont solubles dans l’acide sulfurique.

7°. Phosphate de chaux. Il est opaque et en masses incolores ; il est insoluble dans les alcalis, et ne dégage point d’ammoniaque ; il ne se dissout point dans l’acide sulfurique, qui le décompose avec dégagement de chaleur, et forme du sulfate de chaux épais comme un magma-, il se dissout à merveille dans les acides nitrique et hydro-chlorique,

8°. Matière animale. Presque tous les calculs renferment une matière animale dont on ne connaît pas la nature , et qui , suivant M. Thénard , pourrait être du mucus de la vessie altéré.

Après avoir parlé des substances qui entrent dans la composition des 6bo calculs examinés par Fourcroy et M. Vauquelin , et de celui qu’a découvert M. Wollaston , nous allons faire connaître les treize espèces que nous avons déjà annoncées , et dont douze ont été indiquées par les deux célèbres chimistes français. Tantôt on ne trouvera dans ces espèces qu’une seule des substances énumérées; tantôt il y en aura plusieurs : dans ce dernier cas, il faudra les scier et en examiner les différentes couches : en général, celle qui sera le plus près du centre sera la plus insoluble,

Espèce. Acide urique-, elle formait environ le quart delà collection de Fourcroy et de M. Vauquelin ; 2®, urate d’ammoniaque ; rare ; B® , oxalatede chaux; environ un cinquième; 4®, oxide cystique; très-rare; 5^, acide uriqueet phosphates terreux, en couches distinctes ; environ un douzième ; ' 6®, dans un état de mélange parfait; à-peu-près un quinzième; 7®, mate d’ammoniaque et phosphates en couches distinctes ; environ un trentième ; 8®, idem , dans un état de mélange parfait; à-peu-près un quarantième;

9^, phosphates terreux en couches fines oti mêles îndme» ment 5 environ un quinzième; lo®^ oxalate de chaux et acide mâque en couches très-distinctes ; environ un trentième ; 1 oxalate de chaux et phosphates terreux en couches distinctes ; à-peu-près lia quinzième; 12®, oxalate de ehaux , acide urique ou urate d’ammoniaque et phosphates terreux; environ un soixantième ; 1 3®, silice, acide urique, urate d’ammoniaque et phosphates terreux ; à-peu-près un trois centième.

955. Formation des calculs 'vésicaux. Les matériaux qui entrent dans la composition de ces calculs existent constamment dans l’urine , ou bien s’y trouvent dans certaines circonstances , soit qu’ils aient été produits par une altération du liquide , soit qu’ils aient été introduits avec les alimens ou avec les boissons. Ils sont tous insolubles dans l’eau ; il peut donc arriver que quelques-uns d’entre eux^ par des causes particulières , se trouvent en beaucoup trop grande quantité pour pouvoir être dissous par le liquide ; alors ils se déposent en partie et forment un noyau autour duquel de nouvelles portions viennent se joindre pour le grossir. Il peut aussi se faire que des corps étrangers tels que des épingles , du sang , de l’étain , etc. , soient introduits dans la vessie et déterminent la précipitation d’un ou de plusieurs des matériaux qui abondent dans l’urine. On ignore encore si tous les calculs prennent leur origine dans les reins ou dans la vessie ; ceux qui sont composés d’acide urique et d’ oxalate de chaux se forment souvent dans le rein , surtout les premiers ; il est probable qu’il en est de même des autres , du moins dans certaines circonstances. Dans le cas où le calcul renferme diâerens matériaux , celui qui est le plus insoluble se dépose le premier et forme le noyau ; la dernière couche est composée de la substance la moins insoluble.

Traitement des calculs 'vésicaux. On a beaucoup prôné

SES CALCULS TÉSICAUX. 3^3

autrefois les lithontriptiques ou dissolvans des calculs vésicaux , et on a conseillé d’injecter tour-à-tour dans la vessie des acides ou des alcalis faibles. Ces moyens sont généralement abandonnés aujourd’hui, parce qu’ils sont irritans et le plus souvent inutiles : en effet, supposons même que leur emploi ne soit suivi d’aucun inconvénient , comment savoir le litbonlriptique que l’on doit employer lorsqu’ ou ne connaît pas la nature du calcul que l’on cherche à détruire ? On pourrait , à la vérité , par l’analyse de l’urine , connaître les principes qui y dominent , et présumer par , là quelle peut être la nature delà pierre 5 mais ces analyses, difficiles pour des personnes peu exercées dans les opérations chimiques , ne fourniraient jamais que des données approximatives. L’expérience a prouvé que les boissons abondantes , surtout l’eau acido-carbonique et la magnésie pure, étaient les remèdes les plus efficaces pour faire cesser la disposition calculeuse 5 et rendre soluble le gravier qui aurait déjà pu se former, dans le cas où il serait composé d’acide urique (ce qui arrive le plus ordinairement). Nous croyons que ces médicamens agissent à-la-fois en facilitant la dissolution des petites concrétions et en modifiant les propriétés vitales des reins. On conçoit aisément que ces moyens ne doivent être d’aucune valeur lorsque le calcul a déjà acquis un certain volume et beaucoup de dureté.

qSô. Calculs urinaires de cheval. Ces calculs sont en général formés de carbonate de chaux et de matière animale | quelquefois on en a trouvé qui contenaient aussiduphosphate de chaux, du phosphate d’ammoniaque, de l’oxide de fer, du carbonate de magnésie , etc. ( Fourcroy , Vauquelin , Pearson , Brande , Wur?ier , etc. ) On peut en dire autant des calculs vésicaux de bœuf.

Les calculs vésicaux des animaux carnivores renferment en général du phosphate ou de l’oxalate de chaux , et peu ou point de carbonates-.

Des Concrétions arthritiques.

gSj. Ces concréiions J désignées encore sous le nom de tuf arthritique, n’ont été connues qu’en 1^97 , époque à laquelle M. Wollaston en a fait l’analyse; il les a trouvées formées d’ui’ate de soude et d’un peu de matière animale. Fourcroy et M. Vauquelin ont confirmé cette découverte en iSo3. M. Vogel , en i8i3 , a analysé une de ces concrétions qui contenait de rurate de soude , de l’iuate de chaux et un peu d’hydro-chlorate de soude.

Des Concrétions de diffèrens animaux.

g58. Bézoards (ùn concrétions formées dans l’estomac ou dans les intestins de plusieurs animaux). Suivant Fourcroy et M. Vauquelin , on doit admettre sept espèces de bézoards. i*"® Espèce. Bézoards en couches concentriques , très-fragiles , faciles à séparer et rougissant Vinfusumàe touiTiesol : ils sont formés de gluten animal et de phosphate acide de chaux, mêlé quelquefois d’un peu de phosphate de magnésie, a® Espèce. Bézoards demi-ti'ansparens , jaunâtres , en couches concentriques : ils sont composés de phosphate de magnésie et de gluten animal ; quelquefois aussi ils renferment un excès d’acide. 3® Espèce. Bézoards en rayons divergens , bruns ou verdâtres , très-volumineux et très-communs chez les animaux herbivores ou granivores ; ils contiennent du phosphate ammoniaco-magnésien et du gluten. 4® Espèce. Bézoards intestinaux biliaires , d’un rouge brun , composés de grumeaux agglutinés et formés parla matière grasse, huileuse, de la bile : d’après M. Thénard , ces concrétions ne seraient que de la matière jaune delà bile. 5® Espèce. Bézoards intestinaux résineux , en couches lisses , polies , fragiles , douces au toucher : ils paraissent formés d’une matière ana-

DES MATIÈRES PARTICTLIÈEES A CERTAIÎÎS AîfIMADX. 3^5

logae à la substance biliaire , et d’une autre résineuse , sèche et incolore ; ils sont fusibles : les hézoards orientaux appartiennent à celte espèce. 6® Espèce. Bézoards intestinaux fongueux : on y trouve les débris du holetus igniarius (amadouvier) et un peu de gluten animal y ils sont quelquefois recouverts d’une croûte de phosphate ammoniaco-magnésien. 7® Espèce. Bézoards mtestinaux pileux (égagropiles ) : ils sont bruns, jaunes , fauves , etc. 5 ils sont formés de poils que les animaux avalent, et qui sont souvent mêlés de foin , de paille , de racines , d’écorces , etc. M. John a remarqué que le poil qui constituait l’égagropile différait dans chaque espèce d’animal ; ainsi chez le cerf , il est formé de poil de cerf 5 chez le chamois , de poil de chamois , etc. Suivant Fourcroy , on doit ranger parmi ces bézoards les concrétions composées de matière fécale durcie.

Concrétion du cloaque d^un -vautour . Suivant M. John , elle était formée d’acide urique pur ^ d’urate de chaux , d’urate alcalin ,, de gluten animal et d’un atome d’uralé ammoniaque.

Concrétion de la vessie d’une tortue. Elle paraissait contenir de l’acide urique , d’après M. Vauquelin.

Concrétion trouvée dans les reins de T esturgeon. Albumine ^ 2; eau, 24 ; phosphate de chaux, 71,60 : sulfate de chaux , o,5o. ( Klaproth. ) Fourcroy et M. Vauquelin , en examinant la concrétion d’un poisson , y trouvèrent du carbonate de chaux , un peu de phosphate de chaux et de substances muqueuses et membraneuses

De quelques autres matières particulières à certaines classes <ï animaux.

969. 1®. Mammifères.— Musc. On trouve dans leThibet et dans la grande Tartarie des animaux analogues au chevreuil, que l’on appelle chevrotins , et qui offrent vers le nombril

une bourse renfermant le musc , sous forme de grameaux amers et très-odorans : celui que l’on débile dans le commerce contient ordinairement de la graisse ou des résines. D’après M. Thiémann , le musc du Thibet se* rait formé de o,io de carbonate d’ammoniaque, 0,09 de cire pure, 0,01 de résine, 0,60 de gélatine, o,3o d’albu* mine et de membrane animale, 0,01 de potasse., o,o3 d’by^ dro-cblorate de soude, et o,o4 de cai-bonatede chaux : il ne contiendrait point d’huile éthérée. Le musc de Sibérie, analysé pai lemême pharmacien, a fourni à-peu-près les mêmes produits , mais dan s d’autres proportions. Le muse est très-^ inflammable j il est en partie soluble dans l’eau et dans l’aL cool,etiI jouit des propriétés antispasmodiques les plus énergiques. Civette. Cette substance se trouve dans une vésicule située près de l’anus, du 'mverra zièetAa, -petit quadrupède d’Afrique , de l’Arabie et des Indes. Suivant Barneveld , elle a beaucoup d’analogie avec le musc sous le. rapport de sa composition chimique 5 sa consistance est à-peurprès corome celle du miel; son odeur est très -forte, sa saveur un peu âcre , et sa couleur d’un jaune pâle ; on ne s’en sert que dans la parfumerie. Castoreurrii Ce pro-« duit se trouve dans deux poches membraneuses situées dans les aines du castor ; il a la consistance du miel très^épais , une saveiu’ âcre , amère , nauséabonde , et une odeur très-r forte qu’il perd par la dessiccation. Bonn a fait l’analyse du castoreum provenant d’un castor pris â Geldern , sur la rive d’est de TYssel , et il y a trouvé d’huile éthérée , | de cholestérine et un peu de résine, j de chaux, | de tissu cellulaire , de la soude , du phosphate de soude et de l’oxide de fer. M. Laugier a découvert , dans celui du Canada , de l’acide benzoïque libre et combiné. On emploie le castoreum en médecine comme anti-spasmodique,

960. Oiseaux. — Œufs. Cb. coquille d’œuf est composée , d’après M. Vauquelîn , de carbonate de chaux , d’un peu

DES matières PARTICDLIÈE-ES a CEETAIIîS animadx. 877 de carbonate de inagaesie , de phosphate de chaux , d’oxide de fer, de soufie et de matière animale servant de gluten : elle ne contient point d’acide urique. La membrane interne de la coquille est formée , suivant le même chimiste , d’une substance albumineuse soluble dans les alcalis et d’un atome de soufre. Le blanc d'œuf contient, suivant M. John , beaucoup d’eau et d’albumine , un peu de gélatine , dé la soude, du sulfate de soude , du phosphate de chaux, et peutêtre de l’oxide de fer. Jaune d’œuf. Il renferme , d’après le même chimiste , de l’eau , une huile douée jaime, de la gélatine , une très-grande quantité d’une substance albtimineuse modifiée, du soufre , un atome d’acide libre qui est peut-être de l’acide phosphorique , et fort peu d’une matière brune rougeâtre, soluble dans l’éther , dans l’alcool, et qui n’est pas de la graisse. Enf.>eIoppe du jaune. M. John croit qu’elle est de nature albumineuse. On Va pas encore analysé les ligamens ni la cicatricule des œufs.

Poissons.- Laite des poissons et en particulier de la CÆTpe. M. Vauquelin et Fourcroy ont prouvé en 1807 que la laite de carpe contient les | de son poids d’une matière volatile , de la gélatine, de l’albumine, une matière grasse , savonneuse , de rhydro-chlorate d’ammoniaque > des phosphates -de chaux, de magnésie, dé soudé et de potasse et àu. phosphore : cette dernière substance existe dans la carpe comme dans le cerveau; elle est combinée avec l’hydrogène , l’oxigène , le carbone et l’azpîe , et fait partie de la molécule animale ; on peut s’en convaincre en traitant la laite de carpe comme nous l’avons dit en parlant de la matière grasse blanche du cerveau , § 934* M. John Vadmet pas le phosphore comme principe constituant de cé produit ; cependant les expériences des chimistes français nous semblent prouver jusqu’à l’évidence qu’il y existe.

961. Mollusques. — Encre de sèche , ou liqueur noire secrétée par un Appareil glanduleux des sèches. Elle pnraît for-

SjS TROISIÈME PARTIE.

mée d’une matière charbonneuse divisée dans du mucus et sans action sur la plupart des réactifs. (Foui-croy. ) C’est à tort que l’on a cru que l’encre de la Chine était préparée avec cette liqueur ^ on sait , au contraire , que la base de cette encre est le noir de fumée très-divisé. Coquilles. M. Vauquelin a trouyé dans les coquilles d’huîtres du carbonate de chaux, un peu de phosphate de chaux, du carbonate de magnésie , de l’oxide de fer et delà matière animale. M. Hatchett , qui avait déjà fait l’analyse des coquilles d’une moule fluviale , de l’oreille de mer , du voluta cyprœay des patelles de Madera . etc. , n’avait point trouvé de phosphate de chaux. Perles nacre. Ces matières paraissent foimées des mêmes principes que les coquilles dont nous venons de parler 5 l’art peut les imiter parfaitement. férentes espèces. Suivant Kastner, les limaçons donnent, lorsqu’on les traite par l’eau bouillante , une gélatine qui jouit de toutes les propriétés de l’ichtyocolle, et qui peut la Remplacer. '

962. Insectes. — éJa/tt/iah’Jes. L’analyse la plus récente des cantharides, celle quia été faite par M. Robiquet, prouve qu’elles sont formées d’une huile grasse , fluide , verte , ne produisant point d'ampoules ,* d’une matière noire , inso?* lubie dans l’eau , non vésicante-, d’une substance.jaunè, vésicante , dans laquelle se trouve la matière active des cantharides ; d’acide urique, d’acide acétique , de matière animale et de squelette de la cantharide , de phosphate de chaux et de phosj)hate de magnésie. Déjà Thouvenel , Beaupoil et quelques autres chimistes avaient analysé ces insectes 5 mais les résultats qu’ils avaient obtenus étaient loin d’être aussi complets que ceux du savant pharmacien que nous avons cité. Propriétés de la matière 'vésicante. Elle est sous la forme de lames micacées , incolores ; desséchée , elle est insoluble dans l’eau, soluble dans l’alcool bouillant et dans l’huile , d’où elle se dépose , par le refroidisseiment.

DE- LA pdtréfactios. 3^9

en paillettes , à la manière de la céiine , en affectant toujours une forme cristalline. M. Robiquet appliqua sur sa lèvre la centième partie d’un grain de cette substance fixée à l’extrémité d’une petite lanière de papier 5 au bout d’un quart-d’heure , il éprouva une légère douleur , et bientôt après il se forma de petites cloches. Fourmis. Elles renferment, suivant Gehlen , de 1 acide formique et de l’huile éthérée.

963. Polypiers. M. Hatchett a fait un très-grand nombre d’analyses de polypiers qu’il divise en quatre classes sous le rapport de leur composition chimique. 1°. Les madrepora muficata et labyrinthica , les millepora cærulea et alcicomis , contiennent beaucoup de carbonate de chaux , et fort peu de matière animale. 2®. Le madrepora fascicularis^ les millepora cellulosa, fascicularis et truncata.^ renfeiment beaucoup de matière animale et du carbonate de chaux. 3®. Le madrepora polymorpha , Viris ochraeea > le coralina opuntia , le gorgonia nohilis ( corail rouge ) , sont formés d’une assez grande quantité de matière animale, de beaucoup de carbonate de chaux et d’un peu de phosphate de chaux. 4®- L’éponge officinale est presqü’entièrement composée de matière animale gélatineuse , et d’une substance mince , membraneuse , analogue â l’albumine coagulée.

De la Putréfaction.

Les animaux ou leurs parties, soustraits à l’influence de la vie , et placés dans des circonstances favorables , ne tardent pas à se putréfier : examinons quelle est l’influence de l’eau, de l’air et du calorique sur cette décomposition spontanée, quels en sont les phénomènes et les produits, et par quels moyens on peut l’empêcher de se manifester.

964. La présence de Veau est indispensable pour que la putréfaction se développe : en effet,M.Gay-Lussac a conservé

pendant plusieurs mois , sans aucune altération , de la viande suspendue dans rintérieur d’une cloche au bas de laquelle se trouvait du chlorure de’ calcium , substance très-avide d’humidité , qui agissait en absorbant l’eau contenue dans la viande 5 d’ailleurs , il est généralement connu que le sel commun , l’alcool, et plusieurs autres matières ayant de l’affinité pour l’eau, empêchent la putréfaction de la chair, dont elles absorbent l’humidité. Ne sait-on pas encore que des cadavres ont été conseivés pendant long-temps dans des terrains arides et secs ?

. L’nzr atmosphérique n’est pas indispensaible pour que la putréfaction se manifeste , puisqu’elle a lieu dans l’eau qui a bouilli , ou dans l’intérieur de la terre 5 cependant il exerce une action qu’il importe' de connaître. Lorsqu’il est très-sec et souvent renouvelé, il retarde la putréfaction , probablement parce qu’il s’empare 4e l’humidité, de la matière énimaîe j si , au contraire, il esthurnide et stagnant, il la favorise en cédant del’eau^, et une.certffine quantité 4e son oxigène. . <

, La température de i 5® à aS® est la plus favorable pour que |a putréfaction se développe; si la chaleur était beaucoup plusforte , L; matière animale se dessécherait ; si la température ét^t à 0° ou au-dessous , elle se conserverait pendant long -temps ; combien de cadavres intacts n’a-t-on pas retirés de la neige , où, ils avaient été ensevelis pendant plusieurs mois !

965. Phénomènes généraux qui accompagnent laputré-’ fiiction. La matière animale se ramollit si elle est solide ; elle devient plus ténue si elle est liquide ; sa couleur passe au rouge brun ou au vert; elle exhale une odeur fétide , insupportable ; on observe un boursoufflement léger qui soulève la masse *, quelque temps après la matière s’affaisse , son odeur change et devient moins désagréable. Il se forme , pendant celte déconiposition, de l’eau , du gaz acide carbo-^^

DE LA PDTRÉFACTÎO>'.

Diqiie , de l’acide acétique, de l’ammoniaque et de l’hydrogène carboné ; ces gaz, en se dégageant, entraînent une portion de matière à demi pourrie , qui les rend si infects et qui constitue sans doute les miasmes ; il ne reste qu’un produit terreux si la substance qui se pourrit est dans l’air. Si la matière qui subit la décomposition spontanée est musculeuse , et qu’elle soit plongée dans l’eau ou enfouie dans un terrain humide , elle se transforme en un corps gras mêlé de tissu cellulaire. Ce corps , appelé gras des cadavres , a été analysé dans ces derniers temps par M. Chevreul , qui l’a trouvé formé d’un peu d’ammoniaque , de potasse et de chaux , combinées avec une très-grande quantité d’acide margarique et d’un autre acide peu différent ; d’où il résulte qu’il doit être regardé comme une sorte de savon. Suivant ce chimiste, il serait le résultat de l’action de la graisse du muscle sur l’ammoniaque provenant de la décomposition de la fibrine , de l’albumine, etc.

966. Mo^^ens propres à prévenir la putréfaction. On a proposé plusieurs moyens pour empêcher la putréfaction ; nous en avons faitconnaître quelques-uns en parlant de l’influence de l’eau sur cette décomposition spontanée. (Fôj. § 964. ) Le savant professeur Chaussier a prouvé le premier que les cadavres ou leurs parties pouvaient se conserver parfaitement en les plongeant dans une dissolution saturée de sublimé corrosif , et en remplaçant celui-ci à mesure qu’il était décomposé : en effet, nous avons fait voir que , par la réaction de ce sel sur les substances animales, il se forme un composé de proto-chlorure de mercure et de substance animale, qui est dur, imputrescible, inaltérable à l’air, et inattaquable parles vers et parles insectes. ( Voyez pag. 253 de ce vol. ) Ce procédé nous paraît mériter la préférence sur tous les autres.

Des Fumigations.

967. L’air atmosphérique est quelquefois imprégné dé miasmes qui le rendent délétère. Ou ignore au juste quelle est la compositicm. intime de ces miasmes , mais tout porte à croire qu’ils sont formés des mêmes principes que les substances végétales ou animales 5 assez souvent même ne sont-ils produits que par des matières azotées à demi pourries. Le meilleur moyen connu pour les détruire est de les mettre en contact avec le chlore , comme l’a prouvé le premier l’illustre Guy ton de Morveau : en effet, ce corps s’empare de l’hydrogène qui entre dans leur composition, passe à l’état d’acide hydro-chlorique, et les transforme en une substance qui n’exerce plus d’action nuisible sur l’économie animale. On dégage le chlore comme nous l’avons indiqué tome i®’’, pag. 4^8, en mettant du peroxide de manganèse , de l’acide sulfurique faible et du sel commun dans une terrine , si l’on veut désinfecter un amphithéâtre , ou dans une fiole si l’on veut purifier l’air d’une salle d’hôpital remplie de malades 5 car , dans ce dernier cas , on doit év iter de dégager une trop grande quantité de chlore à-la-fois.

DE LA PRÉPARATION DES SUBSTANCES VÉGÉTALES . De t Acide acétique.

968. On obtient l’acide acétique par divers procédés ; 1° en décomposant le bois par la chaleur dans des vaisseaux fermés ; 2° en décomposant quelques acétates par le feu ou par l’acide sulfurique 5 3® en distillant le vinaigre. Premier procédé. On décompose le bois dans des fours en brique ou dans de grands cylindres de tôle (-noy. pag. ^16 de ce vol. ) ; on recueille dans un réservoir de bois le produit

DE LA PRÉPARATI05 DES SUBSTANCES VÉGÉTALES. 383 liquide , qui est formé d’eau, d’aciJe acétique et d’une huile épaisse, semblable, jusqu’à un certain point , au goudron 5 on l’abandonne à lui-même jusqu’à ce que la majeure partie de l’huile soit déposée ; on le décante et on le sature avec du carbonate de chaux (craie) ; il se produit de l’acétate de chaux qui reste en dissolution, tandis que l’excès de matière huileuse vient à la surface , d’où on peut la séparer à l’aide d’une écumoire. La liqueur contenant l’acétate de chaux est mêlée avec du sulfate de soude ; les deux sels se décomposent , et donnent naissance à du sulfate de chaux presque insoluble, qui se précipite , et à de l’acétate de soude soluble; on fait évaporer celui-ci, et on obtient des cristaux jaunes et même brunâtres, colorés par de l’huile, dont on peut les débarrasser en les desséchant , leur faisant éprouver la fusion ignée pour détruire la matière huileuse , les redissolvant dans l’eau, et les faisant cristalliser de nou-, veau. Ces cristaux, desséchés et chauffés légèrement dans un appareil distillatoire , avec de l’acide sulfurique concentré, se décomposent et donnent l’acide acétique pur et concentré; il reste dans la cornue du sulfate de soude. U paraît cependant que le procédé le plus généralement employé pour obtenir cet acide consiste à dissoudre l’acétate de soude dans une quantité d’eau déterminée , et à le décomposer par l’acide sulfurique du commerce ; le sulfate de soude cristallise, et, par la simple distillation , on peut se procurer l’acide acétique. Deuxième procédé. — Vinfligre radical. On introduit dans une cornue de grès lutée et disposée sur im fourneau à réverbère , assez d’acétate de deutoxide de cuivre pour en remplir la moitié ; on adapte à cette cornue une allonge , un récipient et un tube de sûreté ( voyez pl. , fig. ^ et on chauffe graduellement la cornue; l’acétate décrépite, blanchit , se dessèche, et ne tarde pas à se décomposer: on obtient dans le ballon un liquide verdâtre , composé d’acide acétique ,

384 TnoxsîÈiiE i*.ir.Tî?c.

d’une petite quantité d’acétate de cuivre entraînée sans a voir éprouvé de décomposition , d’un peu d’eau et d’un peu d’esprit pyro-acéti que ( 'ooy. pag. i6 de ce vol.) 5 les gaz que l’on recueille sous les cloches sont formés de | environ d’acide carbonique et de j de gaz hydrogène carboné 5 il paraît aussi qu’ils tiennent en suspension* un atome de cuivre métallique , qui domie à ce dernier la faculté de brûler avec une damme verte. Le produit solide qui reste dans la cornue estcomposé de cuivre métallique , d’un peu de charbon, et , suivant M. Vogel, d’un peu de protoside de cuivre. On purifie le produit liquide en le distillant dans une cornue de verrè munie d’un récipient tuhulé , et l’on obtient l’acide acétique pur. On peut également se procurer le 'uinoigre radiczs/ en distillant 1 6 parties d’acétate de plomb cristallisé , une partie de peroxide de manganèse , et 9 parties d’acide sulfurique concentré. (Baups.) On peut encore l’obtenir très-beau en suivant le procédé de MM. Lartigue et Rudrauff {Bulletin de Pharmacie^ tom. iii.) 7’roisième procédé. On introduit du vinaigre dans la cucurbite d’un alambic , et on distille jusqu’à ce que le résidu ait la consistance de la lie de vin 5 les dernières portions obtenues sont beaucoup plus acides que les premières , parce que l’eau est plus volatile que l’acide acétique. (M. Proust. ) Le vinaigre distillé qui e^t le résultat de cette opération a ime odeur et une saveur faibles.

Du 'vinaigre. On peut obtenir le vinaigre avec le vin , la bière, etc. 5 il suffit pour cela d’exposer cés liquides à l’air. Voici comment on procède à Orléans : on commence par verser 100 litres de vinaigre bouillant dans un tonneau ouvert , de 4oo litres de capacité , disposé dans un atelier dont la température doit être constamment de 18° à 20^5 au bout de huit jours , on y verse 10 litres de vin dont on a laissé déposer la lie; huit jours après on ajoute encore 10 litres de vin : on recommence cette opération tous les huit

BÈ LÀ ÏB.ÉÎ’AEÀtiOÎî DES St’BSTÀÎîCËS VÊgÉTALKS. 385 jours , jusqu’à ce que le tonneau soit pleine Quinze jours «près avoir ainsi rempli ce vase , le vin se trouve converti en vinaigre; on en retire la moitié, et on recommence •à verser tous les huit jours lo litres de nouveau vin. Si la fermentation est très^énergique , ce que l’on recoiinaît à la grande quantité d’écume dont se charge une douve que l’on plonge dans le tonneau, on ajoute plus de via, et à des intervalles plus rapprochés.

Le vinaigre blanc s’obtient avec le vin blanc où avec le vin rouge que l’on a laissé aigrir sur le marc des raisins blancs. Le vinaigre rouge provient du vin rouge; on peut le rendre incolore , comme l’aprouvéFiguier , en le filtrant à plusieurs reprises à travers du charbon ; lorsqu’il est trouble on le clarifie à l’aide du lait bouillant ; il suffit d’éii verser un verre dans 25 ou 3o litres d’acide , et de passer le liquide pour le séparer du coagulum.

Acétates de zitcone et d’jttna. On dissout les bases récemment précipitées , dans l’acide ac-étique ( Klaprotb ).

Acétate d’alumine. On l’obtient en faisant agir, pendant ^ix à douze heures, de l’acide acétique concentré sur de l’alumine en gelée (hydrate) , et à une température qui n’excède pas 25®. On le prépare encore en décomposant le sulfate d’alumine pur par de l’acétate de plomb dissous ; on sépare, par la décantation et par le filtre, le sulfate de plomb précipité.

Acétate Ae glucine. On sature à chaud de l’acide acétique étendu de son poids d’eau , avec du carbonate de glucine.

Acétate de chaux. On l’obtient comme nous l’avons dit en parlant de la préparation de l’acide acétique.

Acétates de baryte et de strontiane. On décompose les hydro-sulfates sulfurés de baryte ou de strontiane par l’acide acétique; on porte le mélange à l’ébullition pour volatiliser l’acide hydro-sulfurique et précipiter le soufre ; on filtre l’acétate , et on le fait cristalliser, ir.

Acétate de potasse {T erre foliée détartré). On verse de pacide acétique concentré et pur sur du sous-carbonate de potasse dissous dans de l’eau distillée , et on obtient un sel très- blanc et parfaitement saturé ( Baup ) 5 cependant il n’est pas aussi friable que celui que l’oni prépare par le procédé suivant , qui est le plus généralement employé. On sature le sous-carbonate de potasse dissous avec du vinaigre distillé ; on évapore la liqueur jusqu’à siccité dans une bassine d’argent , et l’on obtient un sel coloré par la matière glutineuse du vinaigre 5 on le fait fondre dans le même vase, et aussitôt qu’il est fondu, on y jette de poudre de charbon ; on agite pendant quelques instans ; on laisse refroidir la masse , et on la traite par l’eau j on filtre la dissolution , et on obtient V acétate incolore : le charbon paraît agir en s’emparant de la matière glutineuse décomposée par le feu. On a conseillé , dans ces derniers temps , de préparer l’acétate de potasse par la voie des doubles décompositions, en versant du sulfate de potasse sur de l’acétate de plomb -, mais M. Boullay a fait sentir les dangers qu’il pouvait y avoir à suivre ce procédé, si par malheur tout l’acétate de plomb n’était pas décomposé.

Acétate de soude. On l’obtient en saturant avec du vinaigre distillé le sous-carbonate de soude.

Acétate d’ammoniaque. Qn saturé avec du sous-carbonate d’ammoniaque solide de l’acide acétique concentré; on évapore la dissolution à une douce chaleur, et on obtient l’acétate cristallisé. On peut aussi le préparer en chauffant, dans un appareil distillatoire , une partie d’acide acétique avec 2 parties d’un mélange propre à fournir l’ammoniaque (savoir , une partie de carbonate de chaux et une partie d’hydro-chlorate d’ammoniaque). 11 se dégage d’abord de l’eau , puis de l’acétate d’ammoniaque.

Acétates de zinc et de protoxide de fer. Onmetduzine ou du fer à l’état métallique dans de l’acide acétique ; l’eaci

Ï)E LA PEÉPAEAÎIOÎî des SESSTAÎfCES VÉGÉTALES. 887

ésl décomposée ; il se dégage de rhydrogène, et les métaux oxidés se dissolvent dans l’acide.

Acétate deperoxide de fer. Onpeutlefaire directement en exposant à l’air de latom?nurede fer et de l’acide acétique . Dans les manufactures de teinture , on le prépare en substituant à l’acide acétique pur l’acide provenant de k distillation dû bois et contenant encore de l’huile ; on le désigne alors sous le nom de pyro-lignite de fer , parce que l’acide était connu autrefois sous le nom à' acide pjro-ligneux. Ce sel est préféré à l’acétate ordinaire pour tous les usages de la teinture et de l’impression sur toile; il imprime des cour leurs plus vives, plus nourries et plus fines.

Acétate de manganèse. On décompose le carbonate de, manganèse par l’acide acétique.

Acétate de cuivre. On dissout le vert-de-gris (acétate d.e cuivre -f- hydrate de deutoxide de cuivre ) dans le vinaigre chaud; on évapore la liqueur, et on en favorise k cristallisation au moyen de bâtons verticaux que l’on y plonge , et sur lesquels les cristaux se déposent.

Vert-de-gris. On met une lame de cuivre sur une couche, peu épaisse de marc de raisin ; on recouvTe la lame d’une nouvelle couche de marc , sur laquelle pn applique une autre lame de cuivre, et ainsi successivement; au bout de six semaines on sépare le vert-de-gris attaché aux surfaces du cuivre, et on fait servir de nouveau les lames à la même fabrication. Théorie. Le marc contient du moût de raisin ; celui-ci fermente et donne successivement naissance à de l’alcool et à de l’acide acétique; cet acide s’unit au cuivre qui se trouve oxidé par l’oxigène de l’air. On prépare ce produit principalement à Montpellier et dans ses environs.

Acétate de plomb neutre. On fait chauffer dans des chaudières de plomb ou de cuivre étamé, de la litharge (protoxide de plomb) et un excès de vinaigre distillé^ on concentre la dissolution , et on la fait cristalliser.

388 TROISIÈME partie.

Soiis-acétâte de plomb soluble ( extrait de satùriie On fait bouillir , pendant demi-héüre j une partie de li-i tharge finement pulvérisée, avec 3 parties d’acétate' de ploinb neutre , dissous dans üné grande quantité d’eau distillée 5 ori évapore jusqü’à ce que le sèl marque 28 degrés à l’aréomètre de Baume ; on le laisse reff-oidir et on lé filtre.

Sous-acétate de plomb au maximum d’oxide. On verse dans le sel précédent un gfând excès d’amnionia:qtie, qui s’empare d’une portion d’acidê acétique ^ ét précipite le sous-acétate très-chargé d’oxide 5 on lave le précipité avec de l’eau et dé l’ammoniaque.

Céruse ( carbonate de plomb , blanc dé ploml) ). On fait arriver un courant de gaz acide carbonique dans une dissolution de sous - acétate de plomb soluble / il se précipite du carbonate de plomb , et le sel se trouve ramené à l’état d’acétate neutre ; on le décante , et à l’aide de la litharge , on le transforme de nouveau en sous-acétate de plomb soluble , que l’on décompose encore par l’acide carbonique 5 on lave bien le carbonate précipité , et on le livre dans le commerce après l’avoir fait sécher. Avant de connaître ce procédé , on préparait le blanc de plomb en soumettant les lames de ce métal à l’action de la vapeur du vinaigre, de l’air et de l’acide carbonique 5 le plomb s’oxidaît, passait à l’état de sous-acétate, qui était ensuite décomposé par l’acide carbonique ; ce procédé , moins avantageux que le premier , n’est pas encore généi’alement abandonné.

Acétate de pTotorside de mercure. On l’obtient en décomposant le niü’ale de protoxide de mercure par l’acétate de potasse : il se précipite sous la forme d’écailles , tandis que le solutum renferme du nitrate de potasse.

Acétate de peroxide de mercure. On fait digérer dans l’acte acétique, et à l’aide d’une douce chaleur, le dentoxide de mercme très-divisé 5 si on faisait évaporer la

BE l’acide MALIQTJS. 889

dissolution , le deutoxide serait ramené à l’état de protoxide par l’hydrogène etlecarboned’une portion d’acide acétique*

Acétate d'argent. On peut l’obtenir directement eu faisant dissoudre l’oxide d’argent dans l’acide acétique, ou bien par voie des doubles décompositions en versant de l’acétate de potasse sur du nitrate d’argent : dans ce cas , l’acétate que l’on veut se procurer se dépose sous la forme de lames brillantes.

De V Acide malique.

969. M. Donovan, après avoir comparé les diverses méthodes proposées pour obtenir l’acide maliqpie pur , donne la préférence à celle de M. Vauquelin, On commence par évaporer jusqu’aux deux tiers le suc de sempervivum tecto~ Tarn (joubarbe) , qui contient du malate acide de chaux ; on le laisse reposer pendant quelques heures , et après l’avoir filtré , on le mêle avec un poids égal au sien d’alcool , pour précipiter le malate acide ^e chaux 5 on laisse ce précipité à l’air, afin de le dessécher et de le priver de l’alcool qu’il pourrait retenir ; on le fait dissoudre dans l’eau, et on décompose le solutum par l’acétate de plomb i il se forme sur-le-champ un précipité de malate de plomb 5 on le lave, et on le traite par aussi peu d’acide sulfurique étendu qu’il en faut pour saturer le protoxide de plomb : on prend , par exemple , une partie de malate et ^ partie d’acide sulfurique du commerce , étendu de cinq à six fois son poids d’eau ; on soumet le mélange à l’ébullition : l’acide sulfurique décompose le malate de plomb , forme du sulfate insoluble , et l’acide malique est mis à nu : cet acide se trouve alors dans la liqueur ; mais il renferme un peu de sulfate de plomb 5 on l’^andonne à lui-même pendant quelques jours , jusqu’à ce qu’il ne se dépose plus, de ce sel ; alors on filtre la dissolution 5 on l’agite avec un peu de lilhaige finement pulvérisée,, qui s’empare de l’excc^

3gO TROISIEME PARTIE,

d’acide sulfurique 5 on filtre et on y fait arriver un courant de gaz acide hydro-sulfurique pour précipiter à l’état de sulfure noir le plomb quelle pourrait contenir; on filtre de nouveau , et on fait bouillir l’acide malique pour le débarrasser de l’acide hydro-sulfurique ; on cesse l’ébullition lorsque la vapeur qui se dégage ne noircit plus un papier humecté avec de l’acétate de plomb.

On prépare encore l’acide malique avec le suc des pommes, ou en traitant le sucre par l’acide nitrique faible ( voyez § 641 ) ; mais le premier de ces procédés a l’inconvénient d’être trop compliqué , et le second ne donne pas un produit constant.

De ï Acide oxalique.

970, On ver^e de l’acétate de plomb sur de l’oxalate acide de potasse (sel d’oseille ) dissous dans vingt-cinq à trente fois son poids d'eau, et l’on obtient par la voie des doubles décompositions de l’acétate de potasse soluble et àeVoxalate de -plomb insoluble ; on agit sur celui-ci comme sur le malate de plomb. On peut également préparer l’acide oxaliqî'e en itraitant le sucre par cinq à six fois son poids d’acide nitrique à 22° {voy. § 64i ) : il huit , dans ce cas , diviser l’acide en trois portions , et les mettre successivement sur le sucre, à une heure d’intervalle environ.

Oxalate de -potasse (sel d’oseille). On met dans de l’eau le riimex acetosella onVoxaJis acetoseïla pilés ; quelques jours après, on les presse fortement, on chauffe le suc qui en provient, on le mêle avec de l’argile , on le laissependant un jour ou deux dans une cuve en bois; on le décante lorsqu’il est clair , et on l’évapore dans une chaudière de cuivre pour le faire cristalliser ; les cristaux obtenus sont redissous, et fournissent, par de nouvelles évaporations , de l’oxalate acide de potasse pur. 5oo parties de rumex donnent 4 parties de ce sel. Les autres oxalales solubles s’ob-

BE l’acide S ORBIQCE. Sgi

tiennent directement avec l’acide et la base simple ou carbonafée. Ceux qui sont insolubles se préparent par la voie des doubles décompositions.

De ï Acide sorbique.

97 1 . A l’aide de la pression , on se procure le suc des baies mûres du sorbus aucuparia j on le décante , on le passe , et on y verse de l’acétate de plomb 5 il se forme un précipité coloré de sorbate et de malate de plomb , que l’on met sur un fdtre et qu’on lave avec de l’eau froide pour lui enlever la matière colorante 5 alors on verse sur le filtre une très-grande quantité d’eau bouillante et on recueille à part le liqùide filtré , qui contient du siiT-sorbate de plomb : en effet, le sorbate neutre est décomposé par l’eau bouillante en sur-sorbate soluble et en sous-sorbate insoluble 5 ce d'ernipr reste sur le filtre avec le malate de plomb. A mesure que la liqueur contenant le sur- sorbate se refroidit , il se dépose des cristaux argentins de sorbate neutre de plomb ( pag. 33 de ce vol.) 5 pn fait bouillir ces cristaux avec une quantité d’acide sulfurique moindre que celle qui est nécessaire pour les décomposer en entier , et l’on obtient du sulfate de plomb insoluble et de l’acide sorbique contenant du protoxide de plomb ; on a soin d’agiter continuellemèn t îa liqueiu qui est en ébullition , pour éviter la formation d’une masse dure qui résiste à toute espèce de décomposition. On fait arriver dans cette liqueur encore bouillante . un courant de gaz acide hydro-sidfurique 5 le protoxide de plomb est décomposé et précipité à l’état de sulfure noir; on décante l’acide, et on l’expose à l’air pendant quelques jours pour le priver de l’excès d’acide hydro-sulfiirique. Suivant M. Donovan , à qui nous devons tous ces détails 7 il est impossible de dissiper ce gaz par l’ébullition.

Lorsque le sous - sorbate de plomb qui était resté sur le

aiOISIÊME PARTIE.

filtre avec le malate ne communique plus rien à l’eau bouiU lante, on le traite par l’acide sulfurique , qui forme avec le protoxide de plomb un sulfate insoluble, et laisse dans la liqueur les acides malique et sorbique. Celte liqueur , qui peut être considérée , jusqu a un certain point , comme du. nouveau suc de baies , doit être traitée par l’acétate deplomb pour eu obtenir une nouvelle quantité d’acide sorbique.

Le cidre , traité comme le suc des baies dont nous par^ Ions , fournît une assez grande quantité d’acide sorbique, (M. Barrnel, }

Acide tariarîque..

9^2, On commence par se procurer du tartrate de chaux î pour cela on fait dissoudre 5. parties de crème de tartre dans 5o parties d’eau bouillante 5 on y met assez de car-> bonate de chaux pulvérisé ( craie ) pour saturer l’excès d’acide tartarique , et on agite la liqueur qui est en pleine ébullition; il se dégage du gaz acide carbonique, et il se forme du tartraU de chaux insoluble et du tartrate de pb-^ tasse neutre soluble 5 celui-ci retient un peu de tartrate de chaux ; on vctsc dans la liqueur un excès d’hydro^ chlorate de chaux, qui décompose tout le tartrate de potasse neutre , en sorte que l’on obtient une nouvelle quantité de tartrate de chaux insoluble ,■ on lave le précipité à grande eau , et op le décompose à l’aide de la chaleur et de l’agitation par les I de son poids d’acide sulfurique du commerce , étendu de 4 à 5 parties d’eau 5 il se produit du sulfate de chaux peu soluble , et l’acide tartarique reste en dissolution avec un peu de sulfate de chaux. Après avoir laissé reposer la liqueur , on la décante et on la concentre par l’évaporation ; on sépare le sulfate de chaux qui se précipite, et on fait cristalliser l’ncide tnrtanque ; mais comme il retient de l’acide sulfurique, on le traite successivement

par la litharge et par l’acide hydro-sulfurique, comme nous l’avons dit en parlant de l’acide malique.

Crème de tartre. On fait dissoudre dans de l’eau bouillante le tartre brut qui se déposé sur les parois des tonneaux pendant la fermentation du moût de raisin 5 il se forme par le refroidissement de la liqueur des cristaux près que incolores ; on les fait redissoudre dans de l’eau bouillante , dans laquelle on délaie 4 ou 5 centièmes d’une terre argileuse et sablonneuse qui s’empare de la matière colorante 5 on évapore la liqueur jusqu’à pellicule , et l’on obtient des cristaux de crème de tartre incolore ; on se sert des eaux mères pour faire de nouvelles dissolutions. Crème de tartre soluble. ( Voyez § 612. )

Flux blanc etjlux noir. On obtient le premier en, projetant dans un creuset rouge 2 parties de nitrate de potasse et une partie de tartre ; tandis qu’on emploie pour la préparation du flux noir parties égales de ces deux corps : le flux noir est composé de sous-carbonate de potasse et de charbon 5 l’autre est du sous-carbonate de potasse ; d’où il suit que les acides nitrique et tartarique sont décomposés , et que l’oxigène du premier se combine avet l’hydrogène et le carbone du second.

Tarirate de potasse neutre. On projette peu à peu de la crème de tartre finement pulvérisée dans une bassine d’argent contenant une dissolution chaude de sous -carbonate de potasse; l’excès d’acide tartarique décompose le sous - carbonate et s’unit à la potasse , tandis que Tacide carbonique se dégage ; le tartrate de chaux qui fait partie de la crème de tartre se dépose sous la forme de flocons blancs ; on filtre la liqueur , on la concentre par l’évaporation , et on l’abandonne à elle-même pour la faire cristalliser.

Tartrate de potasse et de soude (sel de Seignette). On agit de la môme manière , excepté que l’on substitue au spus-carbonate de potasse celui de soude»

3^4 * TROISIÈME partie.'

Tartrate de potasse et de protoxide d’antimoine (émétique ). On fait bouillir pendant une demi - heure , dans dés vases de verre , de terre ou de porcelaine , parties égales deerême de tartre et de verre d’antimoine (i), et 12 parties d’eau 5 on agite presque continuellement le mélange j on le filtre et on l’évapore jusqu’à siccité ; on traite la masse par l’eau bouillante, qpi dissout tout l’émétique formé , et laisse une portion plus ou moins considérable de la silice contenue dans le verre d’antimoine j on filtre la dissolution, on la concentre par l’évaporation , èt on l’abandonne à ellemême 5 à mesure que le refroidissement a lieu l’émétique cristallise ; au bout de vingt-quàtrè heures , lorsque la majeure partie du sel est déposée sous la forme de cristaux, on décante les eaux mères , et on les évapore à plusieurs reprises, pour avoir de nouveaux cristaux qu’on purifie par de nouvelles dissolutions et cristallisations s’ils sont colorés. Phénomènes de l’opération. lise dégage un peu de gaz acide hydro-sulfurique *, il se produit des flocons de kermès d’un rouge brun ; la liqueur se colore en jaune ou en jaune verdâtre ; il se dépose du tartrate de chaux sous la forme d’aiguilles ; et si l’ébullition a été continuée assez long-temps, la liqueur se prend en gelée par le refroidissement. Théorie. L’eau est décomposée ; son oxigène . transforme en protoxide l’antimoine du sulfiire d’antimoine qui fait partie du verre ^ son hydrogène s’unit au soufre de ce sulfure, et donne naissance à de l’acide hydrosulfurique, qui s’unit à une portion de protoxide d’antimoine avec lequel il forme du sous-hydro-sulfate ( kermès ) 5 la majeure partie du protoxide d’antimoine se combine

(i) On se rappelle que ie verre d’antimoine est composé de protoxide et de sulfuré d’antimoine , de silice , d’alunàine et de fer oxidé. La crème de tartre contient , outre le tartrate acidulé de potasse , du tartrate de chaux.

DE l’acide CIXE.IQDE. BgS

avec l’excès d’acide tartarique de la crème de îarlre, et donne naissance à du tartrate de potasse et de proloxide d’antimoine ( émétique ) ; le tartrate de chaux , auparavant dissous par l’acide tartarique libre, se sépare à mesture que celui-ci salure le protoxide d’antimoine , et se d^Hïse par le refroidissement de la liqueur; il se forme aussi du tartrate de fer qui colore la liqueur ; enfin l’état gélatineux de , la dissolution dépend de la silice qui a été mise à nul

Tartrate de potasse et de fer (tartre martial soluble , tartre chalybé ). U suffit de faire bouillir dans de l’eau parties égales de limaille de fer et de crème de tartre, et de concentrer la dissolution par l’évaporation pour obtenir ce sel cristallisé. Teinture de mars tartarisée. Elle se prépare en versant , sur une dissolution concentrée du sel précédent , une certaine quantité d’alcool , qui l’empéche de se décomposer. Boules de Nancy. On fait une pâte liquide avec deux parties de crème détartré, une partie de limaille de fer porpbyrisée et de l’eau-de-vie ; on l’agite de temps en temps , et on ajoute de nouveau liquide à mesure qu’il s’évapore ; le fer s’oxide aux dépens de l’air, et se combine avec l’excès d’acide tartarique de la crème de tartre ;%ie mélange devienîd’un roüge brun et plus consistant ; lorsqu’il est encore mou , on en forme des boules du poids d’une once, que l’on imprègne d’eau-de-vie , et que l’on fait sécher.

De V Acide citrique.

9^3. On abandonnelesuc de citron à lui-même pendant un jour ou deux, pour le débarrasser d’une matière mucilagineuse qui se précipite; on le décante ; on le fait chauffer, et on sature l’acide qu’il contient avec de la craie finement pulvérisée (carbonate de chaux); il se forme du citrate de chaux insoluble; on le lave plusieurs fois avec de l’eau chaude jusqu’à ce que celle-ci sorte incolore; on le chauffe légèrement avec de l’acide sulfurique affaibli , qui

396 TROISIÈME ÏARTIE.

fonne avec la chaux un sel peu soluble; l’acide citrique reste dans la liqueur et. doit être purifié, comme nous l’avons dit en parlant de l’acide tartarique. Les meilleures proporlions pour opérer la décomposition du sel paraissent être une partie de citrate supposé sec , et 3 parties d’acide sulfurique à I,i5 de pesanteur spécifique. Les citrates solubles se préparent directement ; ceux qui sont insolubles s’obtiennent par la voie des doubles décompositions.

De ï Acide benzoïque.

974* L’acide benzoïque peut être préparé , i ® en versantde l’acide hydro-chlorique sur l’urine des animauxherbivores , concentrée par l’évaporation ; l’acide décompose le benzoate de potasse , et précipite l’acide benzoïque sous la forme de petites aiguilles. (FourcroyetVauquelin.) 2°. En faisant bouillir, pendantune demi-heure, ime pai tie de chaux vive éteinte , 10 à 12 parties d’eau, et 4 ou 5 parties de benjoin pulvérisé ( composé principalement d’acide benzoïque et de résine) ; la chaux s’empare de l’acide , et forme un benzoate soluble qu’il suffit de filtrer et de traiter par l’acide hydro-chlorique pour décomposer ; en effet , l’acide benzoïque se précipite sur-le-champ si la dissolution du benzoate est concentrée. 3°. En chauffant modérément ào. benjoin dans un vase de terre dont on a usé les bords , et que l’on a recouvert d’un long cône en carton, percé d’un petit trou à son sommet ; on lait adhérer le cône au vase au moyen de bandes de papier collé ; le benjoin se fond et se décompose ; l’acide benzoïque se volatilise , et va se condenser sur les parois du cône sous la forme d’aiguilles satinées ; au bout de quelques heures l’opération est terminée , ce que l’on reconnaît à ce qu’il ne se dégage plus de vapeurs piquantes du benjoin.

L’acide benzoïque préparé par l’un ou l’autre de ces prqcédés , surtout par le dernier, peut être coloré par un»

t>î5 t*ACIDS GALtlQÜE.

Matière huileme ou résineuse 5 M. Thénard conseille j poulie pm-ifîerj de le faire chauffer avec son poids d’acide nitri*que à 25°^ de réduire la liqueur presqu’à siccité, afin de détruire la matière colorante , de dissoudre la masse dans l’eau , et de faire cristalliser lë solutum pour priver l’acide benzoïque de l’acide nitrique. Les benzoates solubles se préparent directement»

De T Acide gaZlique*

975. I®. On verse 8 à 10 parties d’eaü Sür one partie de noix de galle pulvérisée ; quatre oü cinq jours après on décante le liquide , qui contient dü tannin et de l’acide gâUique , et on le laisse à l’air pendant un ou deüx mois ; l’eau s’évapore prèsqu’en entier; la majeure partie du tannin et un peu d’acide gallique se décomposent ^ et donnent lieu à de la moisissure qui vient à la surface de la liqueur , tandis que l’acide non décomposé cristallise; mais il retient la portion de tannin qui n’a pas été altérée. On lave la moisissure et le dépôt cristallin avec un peu d’eau froide, puis on les traite par l’eau bouillante , qui dissout tout l’acide gallique cristallisé; on évapore la dissolution , et l’on en obtient des cristaux grisâtres, grenus et étoilés. (Schéele. ) Cet acide gallique peut être facilement purifié en le somnettant à une douce chaleur dans ime cornue de verre ; il se sublime alors sous la forme de belles lames incolores et brillantes. MM. Berthollet ont proposé de le ptn-ifier en le faisant dissoudre dans de l’eau chaude , et en le traitant par un peu d’oxide d’étain, qui forme, avec le tannin et un peu d’acide gallique , un composé triple insoluble , tandis que la majeure partie de l’acide reste pure dans la dissolution. 2°. On fait bouillir la noix de galle dans de l’eau ; on évapore le decoctum jusqu’à siccité ; on réduit la masse en poudre , et on la traite à plusieurs reprises par de l’alcool très-concentré qui dissout l’acide gallique; on filtre les

SgS TROISIÈME iPARTÎÈ.

dissolutions alcooliques , et ou les évapore jüsqu a siccité \ on traite par l’eau le produit solide , qui contient beaucoup d’acide galiique 5 on évapore la liqueur après l’avoir filtrée, et l’on obtient des cristaux que l’on, peut puri- ' fier , soit par la sublimation , soit d’après le procédé de MM. Bertbollet.

Acide quinique.

976. On commence par séparer le quinate de cbaus dû quinquina : pour cela on fait des infusions concentrées de cette écorce 5 et on les réduit eu consistance d’extrait par l’évaporation*, cet extrait contient de la résine , du quinate de cbaux, du mucus ^ etc. ; on le traite par l’alcool, qui dissout la résine -, on décante , et on fait dissoudre le résidu dans l’eau*, on filtre la dissolution , et on l’abandonne à elle-même dans un lieu chaud ; le quinate de cbaux se dépose sous la forme de lames d’un brun rougeâtre 5 on le purifie en le redissolvant dans l’eau et en le faisant cristalliser de nouveau. Pour séparer l’acide quinique dé ce sel , on le fait dissoudre dans dix ou douze fois sou poids d’eau ,

. et qn verse dans le solutum de l’acide oxalique faible , qui précipite toute la cbaux 5 l’acide quinique reste alors dans 1 a liqueur *, on la laisse évaporer spontanément jusqu’à ce que l’acide cristallise. (Vauquelin ).

Acide morique.

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