‹ Élémens de chimie médicale (volume 2)Chapitre 54 sur 80 · On se procure du inoraîe de chaux en traitant l’é · texte numérisé non relu

On se procure du inoraîe de chaux en traitant l’é

. cprce dumûrier par de l’eau distillée bouillante, et en faisant évaporer la dissolution. On fait bouillir ce sel avec de l’acétate de plomb , et l’on obtient de l’acétate de cbaux soluble et du morate de plomb insoluble 5 celui-ci est lavé , mis sur un filtre , et décomposé par l’acide sulfurique , comme nous l’avons dit en parlant de l’acide malique. ( pag. 389 de ce vol. )

DES ACIDES 3IELLITIQCE ET StlCClSIQDE. 3qQ

Acide meïlitique.

On traite à plusieurs reprises, par l’eau bouillante, la mellite pulvérisée, et l’on obtient une dissolution de mellitate très-acide d’alumine; on la filtre, on la concentre au bain-marie, et on la mêle avec de l’alcool, qui en précipite l’alumine. Après avoir filtré de nouveau la liqueur , on l’évapore jusqu’à siccité pour en dégager l’alcool ; on dissout dans l’eau froide la masse solide , friable et d’un blanc jaunâtre; on concentre la dissolution à une douce chaleur, et l’on obtient des cristaux d’acide meïlitique , que l’on purifie par une nouvelle dissolution et cristallisation.

Acide succinique.

9^9. On introduit du succin (ambre) dans une cornue dont le col se rend dans une allonge à laquelle on adapte un ballon tubulé; on chauffe modérément la cornue; le succin se ramollit et entre en fusion ; il se dégage une très-petite quantité d’huile fluide et peu colorée , et au bout de plusieurs heures , on voit paraître des aiguilles d’acide succinique ; on élève davantage la température; alors la masse se boursouffle considérablement et il se vaporise plus d’acide; quelque temps après elle s’affaisse d’elle-même , et il ne se forme plus d’acide ; on suspend l’opération et on purifie le produit. Si à cette époque on continuait encore la distillation, on obtiendrait une huile très-brune, visqueuse, et comme onguentacée; enfin, si on faisait rougir le fond de la cornue, il se sublimerait dans le col , et même dans le ballon , une substance jaune de la consistance de la cire. ( MM. Robiquet et Colin. )

On purifie l’acide succinique huileux en le dissolvant dans del’eau chaude, ensaturant la dissolution parla potasse, et en la faisant bouillir avec du charbon qui s’empare de la matière huileuse; on filme, et on traite le succinate de

4oC» TROISlÈîiË RA&TIE.

potasse par le nitrate de plomb ; il se précipite du stlccinate de plomb , que l’on décompose par l’acide sulfurique , comme nous l’avons dit à l’article acide malique, ( Richter. )

Le sel de succin du commerce n’est que du sulfate acide de potasse imprégné d’huile de succin. Les succinatés solubles se préparent directement,

^cide fimgiquei,

980. On fait bouillir le suc dû bolet dunoyer, dans lequel il y a du fungate de potasse , de l’albumine , etc. ; celle-ci se coagule 5 on filtre la liqueur , et on l’évapore jusqu’en consistance d’extrait; on traite celui-ci à plusieurs reprises par l’alcool , qui dissout plusieurs substances , et qui n’agit pas sur le fiingate de potasse , que l’on fait dissoudre dans l’eau ; on décompose le solutum par l’acétate de plomb , et il se produit du fungate de plomb insoluble ; après l’avoir lavé , on le chaujffe avec de l’acide sulfurique faible, qui forme avec le protoxide de plomb du sulfate insoluble ; tandis que l’acide fungique , uni à une matière animale , reste dans la liqueur; on filtre et on sature l’acide par l’ammoniaque; on fait cristalliser à plusieurs reprises le fungate d’ammoniaque pour le débarrasser de la matière animale ; on le redissout dans l’eau , et on le précipite de nouveau par l’acétate de plomb : le fungate de plomb obtenu est décomposé par l’acide sulfurique faible , qui laisse l’acide fungique en dissolution. (Braconnot. )

Acide de la laque en bâton,

g8i. On réduit la laque en poudre fine, et on l’épuise par l’eau; le îoZu^^^/ra est évaporé jusqu’à siccité; on traite la massé par l’alcool ; on filtre ; on évapore cette dissolution alcoolique jusqu’à siccité ; le nouveau résidu est traité par l’éther.

DES ACIDES MÉC05IQCE ET CAMEHOKïQrE. ^oi «jui laisse eniin une masse sirupeuse d’un jaune de vin clair que l’on fait dissoudre dans l’alcool 5 on traite le solutuni par l’eau qui en précipite de la résine ; Y acide de la laque reste en dissolution avec tm peu de potasse et de chaux 5 on décompose la liqueur par l’acétate de plomb, et l’on obtient un précipité composé de protoxide de plomb et de l’acide que l’on cherche à séparer; on décompose ce précipité par l’acide sulfurique faible , qui forme avec Foxide de plomb uq sel insoluble, tandis que V acide reste en dissolution.

Acide méconique.

982. On prépare cet acide en faisant bouillir pendant quatre^ ou cinq minutes l’extrait aqueux d’opium avec de la magnésie calcinée ; on obtient sur-le-champ un précipité de morphine et de méconate de magnésie ; on le lave, et on le fait bouillir à plusieurs reprises avec de l’alcool, qui dissout toute la morphine et laisse le méconate de magnésie ; on décompose celui-ci par l’acide sulfurique faible , et l’on obtient du sulfate de magnésie et de l’acide méconique solubles; on verse dans le solutum dej^ydro-chlorate de baryte , qui y fait naître tm précipité de méconate et de sulfate de baryte ; on lave ce précipité , et on le traite par l’acide sulfurique faible : le méconate de baryte est décomposé , et l’acide méconique iriis à nu. ( M. Robiquet. )

Acide camphorique.

983. On introduit dans une cornue (^voyez pl. , fig.i'’®) une partie de camphre , et 12 parties d’acide nitrique à 25^ de l’aréomètre de Baumé; on chauffe graduellement, jusqu’à ce que la moitié du liquide soit passée dans le récipient; on cohobe , c’est-à-dire , on remet le liquide distillé dans la cornue ; on distille de nouveau ; on recohobe , et on continue à distiller jusqu’à ce qu’il ne reste plus dans la cornue

4^2 ÎROtSÎÈStE ï’AnïlE.

que lé quart de l’acide nitrique employé 5 alors on laisse refroidir le liquide , etl’acide camphorique cristallise; on le lave pour le débarrasser de l’acide nitrique qu’il retient. Pendant celte opération^ il se dégage du gaz nitreux, qui provient de l’acide nitrique décomposé: en effet, une partie de l’oxigène de cet acide s’empare d’une portion d’hydrogène et de carbone du.camphre, avec lesquels il forme de l’eau et de l’acide carbonique.

Acide mucique {saccholactique).

984. On chauffe modérément^ dans un appareil semblable âu.précédent, 3 parties d’acide nitHque et une partiedesucre de lait , de gomme ou de manne grasse ; il se dégage beaucoup de gaz nitreux , et il resté dans la cornue de l’acide muciqüe sous la .forme d’une poudre blanche , qu’il suffit de laver pour l’avoir pur. L’opération est terminée lorsqu’il ne se dégage plus de gaz : la théorie est la même que celle que nous avons donnée en parlant de l’aeide camphorique.

Acide pyrro^-tariarique.

985. On distille l’aeide tartarique dans un appareil «nalégue au précédent, et l’on obtient, entr’autres produits ( 'Voyez § 5^1 ) , un liquide d’un brun rougeâtre, contenant de l’eau , de l’huile , de l’acide acétique et de Facide pjro’-tartarique ; on le filtre à travers du papier imbibé d’eau; une partie de l’huile reste sur le filtre ; on sature la liqueur filtrée avec du sous^arbonate de potasse ; on la réduità siccitépar l’évaporation ; on dissout dans l’eau la masse obtenue, et on filtre la dissolution avec du papier inouilléf on répète cette opération plusierus fois , jusqu’à ce qua l’on ait séparé la majeme partie de l’huile; alors le pyrotartrate et l’acétate de potasse sont d’une couleur brunâtre ; on les évapore jusqu’à siccité et on les introduit dans

DE l’acide SÜïÉRÎQDË. 4o3

Une cornus , pour les décomposer par de l’acide sulfurique faible et aidé d’une douce chaleur; l’acide acétique vient se condenser dans le récipient , tandis que l’acide pyro-tartarlque se sublime dans la voûte de la cornue, sous la forme de lames incolores.

La crème de tartre fournit moins d’acide pyrô-tartarique que l’acide tartarique.

Acide subérique.

986. On chauffe dans un appareil semblable au précédent (i) 6 parties d’acide nitrique à 3o® et une partie de râ« pure de liège ; on cohobe et on recohobe le liquide distillé jusqu’à ce qu’il ne se dégage plus de gaz nitreux; alors oa verse la masse contenue dans la cornue dans Une capsule de porcelaine , et on la fait évaporer en l’agitant continuellement. Quand elle est sous la forme d’extrait , on y ajoute six ou sept fois son poids d’eau ; on la fait chauffer pendant quelque temps et on la retire du feu. Lorsque le refroidissement est opéré , on y remarque 3 parties distinctes : I® on voit à la surface tme matière grasse figée, que l’on enlève avec une carte ; 2® au fond se trouve une matière ligneuse et floconneuse; 3® enfin l’acide subérique fait partie du liquide que l’on concentre par la chaleur et qu’on laisse refroidir; par ce moyen l’acide se dépose sous la foime de petits flocons d’un blanc jaunâtre , que l’on traite par l’eau froide afin de dissoudre la matière qui les colore; on les dissout ensuite dans l’eau bouillante '^plusieurs reprises , et on finit par obtenir V acide incqlorè.

(i) Dans toutes ces expériences , il est important que le volume de la cornue soit au moins double de celui du mélange Bar lequel on agit.

TPcOISIÈME PARTIE.

De T Acide nancéique.

987- On fait évaporer à une douce chaleur le jus de hetteraveaigri 5 lorsqu’il est presque solide, on le traite par l’alcool ; onfiltre la dissolution et on Ja fait évaporer jusqu’en consistance sirupeuse ; on l’étend d’eau , et on la sature avec du carbonate de zinc 5 on filtre 5 la liqueur filtrée contient un sel composé d’oxide de zinc et d’acide nancéique ; ce sel cristallise par l’évaporation ; on dissout ces cristaux dans l’eau pour les faire cristalliser de nouveau; alors on les redissout et on verse un excès d’eau de baryte dans la dissolution ; l’oxide de zinc est précipité , et la liqueur renfermé un sel composé d’acide nancéique et de baryte : on précipite celle-ci par l’acide sulfurique, on filtre , et par l’évaporation on obtient l’acide nancéique pur.

Du Sucre de canne,

988. L’extraction de cesucre se fait dans les Indes occidenîales et orientales. On coupé la canne à sucre quatre ou cinq -mois après la floraison ; alors sa hauteur varie depuis quatre jusqu’à six mètres ; sa couleur est jaunâtre et son suc est trèsdoux ; il contient depuis six jusqu’à quinze pour cent de sucre ; on en détache les feuilles et on retire le suc en la comprimant entre trois cylindres , que l’on met en mouvement à l’aide de chevaux ou de boeufs. Les cannes exprimées portent le nom de bagasss. On trouve dans le suc beaucoup d’eau , du sucre cristalUsahle , du sucre liquide , un peu de ^^mme , de ferment ’, et d’albumine ou de fécule verte , du ligi^iç et quelques sels ; il est important de procéder de suite à la p'asson de ce liquide pour éviter qu’il ne fermente.

Préparation de la cassona^ie. On fait bouillir le suc dans une chaudière de cuivre, avec un peu de chaux; l’albumine se coagule , et vient à la surface sous forme d’écume que l’on enlève ; on continue l’ébullition jusqu’à ce que la li-

Dü SUCRE DE CAÎTIÎE. 4*^5

qtteuT marque 24° à 26” à raréomètre ; dans cet état , ou l’appelle vesou ; on prétend qu’il suffit de jeter un peu d’écorce du theobroma guazuma dans cette liqueur bouillante pourla clarifîersur-le-cbamp. Quoi qu’il en soit , on la filtre à travers de la laine placée sur des claies d’osier 5 on la laisse reposer pendant six ou huit heures, puis on la décante pour en séparer quelques matières terreuses ; on la remet dans la chaudière, et on l’évapore jusqu’en consistance d’un sirop très-épais : à cette époque, sa température est de iio®, Ort met le sirop dans des bassines appelées rafraîckissoirs , et de là dans des caisses offrant plusieurs trous que l’on a bouchés avec des chevilles de bois entourées de paille de maïs 5 au bout de vingt-quatre heures, lorsqu’il commence à cristalliser, on l’agite pour favoriser sa solidification; cinq à six heures après , on débouche les trous pour laisser écouler le sirop non cristallisé , que l’on recueille et que l’on soumet à une nouvelle évaporation : le sucre solide obtenu dans les caisses est exposé à l’air pendant quelques jours , et, lorsqu’il est sec, on le livre dans le commerce sous le nom de cassonade, moscouade, sucre brut, etc.

Raffinage. On dissout la cassonade dans l’eau , on y ajoute du sang de bœuf, et on chauffe graduellement jusqu’à l’ébullition ; l’albumine du sang se coagule , s’empare des matières étrangères insolubles , et forme une écume que l’on enlève. On laisse refroidir le liquide , et on le traite trois fois par le sang ; lorsqpi’il est bien clarifié , on le passe à travers la laine , on l’évapore jusqu’en consistance d’un sirop irès'-épais que l’on met dans des rafraîckissoirs où il est agité ; quand sa température est à 4o® , on le verse dans des cônes en bois dont la base est en haut et dont le- sommet offre un petit trou que l’on bouche avec une cheville .; le sucre ne tarde pas à cristalliser; alors on débouche les trous , et toute la partie liquide (mélasse) s’écoule dans des pots disposés; exprès pour la recevoir..

4o6 TROISIÈME PARTIE.

M. Derosne a proposé un procédé de raffinage qui paraît préférable ; il consiste à verser peu à peu sur la surface du pain de sucre , immédiatement après l'écoulement dusirop non cristallisé, un litre d’alcool du commerce à 36° , et à recouvrir la base du cônepour empêcher la volatilisation de l’esprit-dcrTin; au bout de deux heures , lorsque l’alcool a dissous le sucre liquide et coloré , on le laisse écouler par le sommet du cône, et on répète l’opération avec moitié de nouvel alcool; on dissout dans l’eau le sucre renfermé dans le cône, pour le traiter par le sang.de bœuf, comme nous l’avons dit, et le soumettre à l’opération du têrrage. .L’alcool employé et qui contient la mélasse peut être distillé et servir de nouveau.

,Tejrage^ Le sucre raffiné et disposé dans le cône est reeouveit d’une couche d’environ ay millimètres d’épaisseur d’ime terre argileuse blanche, délayée dans de l’eau. Si le cône était entièrement plein de sucre , on commencerait par en enlever une couche de 2 y millimètres. L’argile cède peu à peu l’eau qu’elle contient; ce liquide traverse tout le sucre, dissout la partie sirupeuse colorée , et s’écoule par le trou pratiqué au sommet du cône. Huit jours après on enlève l’argile, qui a acquis la consistance d’unè pâte ferme; on met du sucre pulvérisé sur la base du pain , et on le recouvre de nouveau d’argile humectée : le terrage n’est terminé qu’au bout de trente-deux jours, c’est-à-dire, lorsqu’on a renouvelé quatre fois l’argile , renouvellement qui a lieu Sous les huit jours. Alors on relire les pains des cônes , et on les laisse à l’étuve pendant un ou deux mois ; là , ils sa dessèchent , achèvent de cristalliser et se raffeimissenU

M. Howard est parvenu à raffiner le sucre par un procédé qui mérite d’être exposé. On prend le sucre brut , ou le chauSh au bain de vapeur avec ime petite quantité d’eau ; on verse le mélange dans des pots de terre cuite , et on y ajoute du sirop concentré : par ce moyen , la mélasse s’é^

UTî SUCKE DE CASSE. 4®7

coule; chaque quintal de sucre en fournit environ dîxlivres, tandis que , par la méthode de raffinage ordinaire y on en ob» tient trente livres. On mêle un quintal du sucre résultant avec deux livres d’alim, dont l’excès d’acide a été saturé par une quantité convenable de chaux vive ; on dissout le mélange dans un peu d’eau au moyen du bain de vapeur; on filtre rapidement, et on obtient une dissolution 3iru~ peuse, transparente, de couleur d’ambre ; on la concentre par l’évaporation , dans des chaudières qui sont des sphéroïdes en cuivre communiquant avec une pompe pneumatique que l’on fait agir pendant tout le temps de l’opération ; par ce moyen , on peut faire une sorte de vide dans la chaudière, et la liqueur peut bouillir à une température très-basse , avantage très-grand suivant M. Howard, puisque, par l’ébullition sous la pression atmosphérique, une partie du sucre cristalliskble se transforme en mélasse. Aussitôt que la cuite est assez avancée , on procède à la granulation ( i ) : pour cela on metle liquide dans un vaisseau de cuivre découvert, dont la température a été élevée à 82° thermomètre centigrade au moyen de la vapeur d’eau ; on le laisse refroidir jusqu’à 65® , puis on le verse dans des moules de terre cuite pour le mettre en pains. Lorsqu’ après le refroidissement la mélasse s’est écoulée , on verse sur la base du pain une nouvelle quantité de sirop saturé : par ce moyen , on sépare tout le sirop coloré en Jaune ; il n’en res te qu’mon peu au sommet du pain , que l’on enlève à l’aide d’un instrument inventé pour cet objet : à cette époque , le sucre peut être livré dans le conunerce.

(i) Les chaudières offrent un mécanisme particulier à l’aide duquel on peut facntement en extraire du sirop et juger s’il est assez cuit ; elles renferment en outre, dans leur intérieur , un thermomètre et une éprouvette à mercure.

TEOISIÈ5ÎE PARTIE,

Sucre de betterave.

Culture de la betterave. On sème les betteraves à la fin de mars ou en avril , lorsque la gelée n’est plus à craindre. Il paraît à-peu-près indifierent de prendre la graine des betteraves rouges , jaunes , blanches , etc. Le terrain le plus convenable à leur culture est celui qui a de la profondeur et qui est à-la-fois meuble et gras 5 celui qui provient du défrichement des prairies , le terrain d alluvion fumé et travaillé depuis long-temps, sont très-propres à cet objet.. Ces terrains doivent être préparés par deux ou trois labours très-profonds et un engrais convenable. On sème les betteraves à la volée comme le blé , puis on a recours à la herse ; cette méthode offre plus d’avantages que celle qui consiste à semer à la main, au semoir, en couche on pépinière. On arrache à la main ou par le sarclage toutes les herbes qui poussent à côté de la betterave et dont le voisinage est extrêmement nuisible à son développement. L’époque à laquelle celte plante doit être cueillie varie extraordinairement suivant le climat : dans les environs de Paris , et même à une distance de quarante à cincfuanle lieues de la capitale, on doit procéder à l’arrachement dans les premiers jours d’octobre, tandis que, dans les pays méridionaux , cette opération doit être faite bien avant; sans cela, il arrive que le sucre formé se décompose par l’acte de la végétation , et se trouve remplacé par du nitrate de potasse. Après avoir enlevé les feuilles aux betteraves , on les met en plein air sur un sol bien sec, qui soit à l’abri des inondations, , et que l’on recouvre de quelques cailloux et de paille; on dispose les betteraves en couches, au centre desquelles on laisse un trou pour donnerissue aux vapeurs ,, et on recouvré ces couches avec de la paille de seigle ou d’avoine ; ces précautions sont indispensables, puisque, d’ua côté, les betteraves gèlent à 1° — o®, et que, d’une autre part^

SV srCUE BÊ BF-TTERAVE. 4o9

elles germent à 8° ou surtout si l’aîr est liumîde. Il

serait plus convenable de les conserver dans des granges ou dans des greniers 5 mais il est presque impossible de trouver un emplacement de ce genre capable de contenir toutes les betteraves dont on a besoin. Si cependant on veut les emmagasiner, il faut, les laisser dans les champs pendant quelques jours pour les sécher 5 2° les mettre à découvert tant que la température n’est qu’à quelques degrés au-dessus de zéro , à moins qu’il ne pleuve ; 3° démonter les tas , enlever les betteraves qui pourraient être gelées ou pourries , et rétablir la couche.

Extraction du sucre. On coupe les collets et les radicules des betteraves , et on ratisse là surface avec des couteaux 5 ou les réduit en pulpe à l’aide de râpes cylindriques , mues avec rapidité à la main ou par le moyen d’un manège 5 la pulpe est soumise à la pression , d’abord dans de petites presses à levier , puis à l’aide de presses beau-^ coup plus fortes : on obtient par ce procédé de 65 à ;-5 pour cent de suc qui marque depuis 5 jusqu’à 1 1 degrés à l’aréomètre de Baume. Ce suc contient , outre les substances que l’on trouve dans celui de canne , de l’acide malique et de l’acide acétique, et ne peut guère fournir que trois à quatre pour cent de sucre ; il est reçu dans une chaudière appelée dépuratoire , que l’on fait chauffer dès qu’elle est remplie au tiers ou à moitié ; lorsque la température est à 65 ou 66® , on étouffe le feu en le recouvrant de braise mouillée; on jette alors dans la chaudière environ 48 grains de chaux (fusée dans l’eau tiède) par litre de suc ; on porte la liqueur presqu’au degré de l’ébullition; on retire le feu , et l’on ne tarde pas à remarquer à la surface du bain une couche que l’on enlève avec l’écumoire ; on fait écouler le liquide au moyen d’un robinet disposé à un pied du fond de la chaudière.

On porte rapidement le liquide à l’ébullition , et en y

4lO ÎE.OI5IÈME PARTIE.

verse de l’acide sulfurique étendu de 20 parties d’eau , dans la proportion d’-;^ de la chaux enqiloyée ; on agite : ii vaut Dtieux que le mélange soit avec un léger excès de chaux qu’avec excès d’acide. On mêle à la liqueur de charbon animal parfaitement broyé , par exemple, de celui qui provient de la préparation du bleu dè Prusse 5 immé^ dia^ement après on y ajoute la moitié du charbon qui a servi la veille; on continue l’ébullition jusqu’à ce que la liqueur marque 1 8 ou 20° à l’aréomètre , et on laisse reposer jusqu’au lendemain ; alors on la passe à travers de la laine; on l’introduit dans une chaudière ronde, de deux pieds de large sur dix-huit pouces de hauteur; on la remplit au tiers,, et on fait chauffer de nouveau jusqu’à ébullition. Si la cuite brûle, on ralentit le feu et on agite la liqueur; si le bain écume beaucoup, on y jette un peu de beurre et on modère le feu. La cuite est terminée lorsqu’on prenant un peu de sirop entre le pouce et l’index et en écartant rapidement ces deux doigts , il se forme un filet qui casse see: à cette époque , on couvre le feu, et, quelques minutes après , on verse le sirop dans des raffaichissoirs , et de là dans des cônes ; on fait subir à ce sucre les opérations que nous avons décrites sous les noms de raffinage et de terrage , en parlant sucre de canne.

Margraff a découvert le sucre de betterave. M. Achard de Berlin l’a obtenu le premier en grand ; M. Déyeux est le premier en France qui ait répété avec succès les expériences d’ Achard ; enfin M. Chaptal a donné, en i8i5 , un très-beau Mémoire sur cet objet, dans lequel nous avons puisé tout ce qui vient d’être exposé.

Sucre de châtcdgpjes.

989. Les châtaignes contiennent , outre le sucre , de la fécule 5 une matière gommeuse et de l’albumine. On laisse en contact, pendant vingt-quatre heures, 3 parties d’eau eî

Dü STICRE DE RAîSIS.

une partie de châtaignes pulvérisées et privées de leur écorce ; on agite le mélange de temps en temps , et on décante la liqueur -, on remet une nouvelle quantité d’eau sur la poudre, et on recommence la même opération après avoir décanté le liquide ; le résidu est presqu’ entièrement formé de fécule 5 les trois dissolutions contiennent le suer# et le mucilage ; on les faitchautier séparément jusqu’à ce quelles marquent 38® à l’aréomètre de Baumé , et on les met dans une étuve 5 au bout de quelques jours, elles cristallisent ; la première dissolution , plus sucrée et moins mucilagineuseque les deux autres , cristallise plus facilement. On met les cristaux qui sont plus ou moins pâteux dans des toiles serrées ; on les presse ; la majeure partie du mucilage s’écoule par les trous , tandis que la cassonade reste dans la toile -, cette cassonade , assez belle, très-sucrée, conserve une légère saveur de châtaigne.

Sucre de raisin.

990. Le suc de raisin est formé d’eau , de sucre , d’une matière analogue au ferment , de tarti ate acide de potasse , de tartrate de chaux, de cjuèlques sels , etc. On commence par saturer l’excès d’acid.e îartarique avec du marbre ou de la craie en poudre (carbonate de chaux) 5 ou agite 5 lorsqu’il n’y a plus d’effervescence , on laisse reposer la liqueur, on la décante , et on la traite par du sang ou des blancs d’œuf, comme nous l’avons dit pag. 4o5 de ce vol. ; on lak évaporer le liquide jusqu’à ce qu’il marque 35° bouillant à l’aréomètre , puis on le laisse refroidir et cristalliser.

Sirop de raisin. On le prépare comme le sucre , excepté qu’il faut faire subir au suc l’opération du mutisme , et qu’il ne faut l’évaporer que jusqu’à Sa® bouillant. Le mutisme consiste à agiter le suc dans des tonneaux dans lesquels on a préalablement enflammé des mèches soufrées ♦ OU bien à mêler ce suc avec du suîûie acide de chaux , oa

4i2 troisième partie.

avec de l’acide sulfureux ; parce moyen , l’oxîgène de l’air se porte sur l’acide sulfureux , et n’agit point sur le ferment contenu dans le suc, en sorte que celui-ci n’éprouve pas la fermentation spiritueuse , comme cela arriverait si on ne prenait pas cette précaution.

Sucre de Diahete.

991. On fait concentrer l’urine des diabétiques jusqu’en consistance d’un sirop clair , qu’on abandonne à lui-même j le sucre cristallise ; on égoutte les cristaux , on les presse et y on les feit dissoudre dans de l’alcool bouillant; le solutuni, soumis à une évaporation lente et spontanée , fournît des cristaux très-blancs^. ( Chevreul. )

Sucre d’amidon. (^Foyez § 645. )

Sucre des Champignons^

992. On fait évaporer le suc de V agaricusvolvaceus ; lorsqu’il est suffisamment réduit et refroidi , il fournit une sorte de gelée ; on traite celle-ci par l’alcool bouillant ; on fait évaporer la dissolution , et on obtient le sucre cristallisé. Les agaricus acris et caniharellus , les hydnum repandum et hyhridum, le holetus jugîandis'et le lycoperdon truncatum, fournissent également du sucre.

Sucre liquide de mélasse.

998. On l’obtient dans la préparation du sucre de canne ou de betterave : c’est le liquide sirupeux et coloré qui s’écoule par le sommet des cônes pendant le raiSnage. (JF oyez pag. 4o5 de ce vol. )

Du Miel.

994. On enlève avec un couteau les lames de cire qui ferment les alvéoles desgdteauscÿ on place ceux-ci sur des claies d’osier et on les soumet à une douce chaleur j le mfel 'uierge^

DE LA FÈCDLE. 4*^

s’écolJe bientôt goutte à goutte ; lorsqu’ils n’en fournissent plus , on les brise , on les laisse égoutter de nouveau et on élève un peu plus la température 5 on sépare le rouget et le couvain qu’ils renferment , et on les soumet à une pression graduée ; par ce moyen , tout le miel finit par s’écouler. S’il est limpide , on ne lui fait subir aucune espèce de purification ; mais s’il est trouble , on le laisse reposer pendant quelque temps , on l’écume et on le décante.

De la Mannite.

gg5. On fait dissoudre la manne en larmes dans l’alcool bouillant 5 par le refroidissement , la mannite se précipite ; on la fait dissoudre de nouveau dans l’alcool très-chaud , et on l’obtient cristallisée à mestme que le liquide se refroidit. ( M. Tlienard. ) ,

' De la Fécule.

gg6. Lorsque la fécule né se trouve pas mêlée au gluten , il suffit de prendre les parties des plantes cpii^a contiennent, de les diviser , de les placer sur un tamis et de les laver avec une grande quantité d’eau 5 ce liquide dissout toutes les parties solubles à froid , entraîne la fécule et la laisse précipiter par le repos : tel est le procédé suivi pour extraire la fécule delà moelle de plusieurs espèces de palmiers ( sagou ) , celle de pommes de terre , à! arum , de hryone, etc. Le sn/ep s’obtient en laissant dans l’eau bouillante , pendant quelques instaus , les tubercules d’orc/zw; par ce moyen on les prive d’un principe amer soluble*, le résidu pilé, desséché et moulu constitue le salep. Il est d’autant plus important de laver ces fécules avec soin , que la plupart d’entre elles sont unies à des principes caustiques , vénéneux , qui se dissolvent dans l’eau.

Fécule Æorge et de hlé ( amidon ). Ces deux graines céréales contiennent, outre la fécule , du gluten , du sucre, de

4l4 THOISIÊHE PARÏÎÊ*

l’albumine et quelques seis ; ou déban asse la fécule de totis ces corps par la fermentation et par des lavages. Pour cela, on met dans de grandes cuves de la farine d’orge ou de froment grossièrement moulue , de l’eau et une petite quantité d’eau sure J qui est composée d’eau, d’acide acétique, d’alcool , d’acétate d’ammoniaque , de phosphate de chaux et de gluten. (M. Vauquelin.) La farine ne larde pas à fermenter; le sucre et le gluten réagissent l’un sur l’autre et donnent naissance à de l’acide carbonique qui se dégage sous la forme de gaz, et à de l’alcool qui reste dans la liqueur; celuici passe bientôt à l’état d’acide acétique; enfin une portion de gluten se putréfie et fournît de l’ammoniaque. L’acide acétique se combine en partie avec cet alcali et en paitiè avec le gluten ; il dissout aussi le phosphate, de chaux contenu dans la farine ; le liquide tenant eu dissolution ces diverses substances porte le nom d'eau sure ou d'eâu grasse': en effet , il est trouble et gluant. Lorsqu’au bout de vingt , trente ou quarante joins, la majeure partie du gluten est décomposée, on décante l’eau sure après avoir enlevé la moisissure qui est à sa surface, et on trouve au fond un dépôt formé de beaucoup de fécule et d’une certaine quantité de son qui était mêlé avec la farine ; on le lave, on décante la liqueur et on le délaye dans de l’eau; alors on met le mélange sur un tamis , de crin disposé au - dessus d’un tonneau ; la fécule et le son le plusfin passent à travers le tamis , tandis que celui qui est plus grossier reste dessus; on agite l’eau dans laquelle se trouvent la fécule et le son.; celui-ci vient à la surface ; on décante le liquidé, et, à l’aide d’une pelle , on enlève la première couche de son. On répète cette opération jusqu’à ce que l’on ait obtenu la fécule pure; alors on la moule dans des paniers d’osier , et on la fait sécher au grenier; on casse les blocs de Lecule , on expose les morceaux à l’air pendant quelques jours . et ©P les fait sécher à l’etiiYe,

JïE I.’l2iüLÏIÎE Eî DI; LÎGSEÎ;^- 4^'^

De VInuline,

gpy. On fait bouillir des racines d’aulnée dans une assez grande quantité d’eau; on filtre la liqueur et on l’évapore jusqu’en consistance d’extrait; on traite celui-ci par l’eau froide, et il se précipite sur-le-champ une grande quantité àLinuline que l’on doit laver à plusieurs reprises et par décantation ; on la dessèche lentement , en évitant de la mettre sur des filtres , car elle y adhère si fortement qu’on ne peut l’en détacher. (Gaulthier de Claubry. )

Du Ligneux.

998. On ti'aîte successivement et à plusieurs reprises la sciure de bois par l’alcool , l’eau , l’acide liydro-chlorique et l’eau de potasse; ces menstrues dissolvent , à l’aide de la chaleur, les divers principes résineux, extractifs , muqueux , salins, etc. , qui sont unis au ligneux, tandis que celui-ci reste pur; on le lave et on le fait sécher.

Chanvre, lin. (p^oj-ez^ 77^* )

Papier. On entasse des chiffons lavés et desséchés, et on les humecte de temps en temps ; les principes étrangers au ligneux et susceptibles de se putréfier , se décomposent, exhalent une odeur infecte , et les chiffons se trouvent blanchis ; on les fait passer à travers des cylindres striés pour les diviser, et on les fait bouillir dans de l’eau privée de fer et de sels calcaires ; par ce moyen , on obtient une pâte qui se délaye et se suspend dans le liquide ; on enfonce dans celui-ci des cribles très-fins , sur lesquels la pâte se précipite en une couche légère qui forme la feuille de papier, qu’on laisse sécher et qu’«n recouvre de colle. Il est beaucoup plus avantageux de traiter les chiffons par une dissolution alcaline, et de les blanchir en les

4i6 TKOISIÈME PAETIE.

exposant au serein , que de -leur faire sufcif îa fermentation putride dout nous venons de parler. On peut également faire du très-beau papier avec de la paille. Le papier Je plus pur contient, outre le ligneux, du carbonate de çhaux 5 de la silice et un atome d’oxide de fer.

Des Produits de la distillation du hois.

Kous avons établi ( § 63^ ) que lé bois distillé fournit du charbon, de l’huile, de l’acide acétique, de l’eau, du gaz hydrogène carboné , du gaz oxide de carbone et de l’acide carbonique. M. Mollerat est le premier qui ait formé un établissement en grand pour recueillir. ces divers produits et en tirer parti ; nous allons donner la description du procédé suivi actuellement à Choisi-sur-Seine , et dont l’objet principal est l’extraction de l’acide acétique et du charhpn,

« On dispose , à l’une des extrémités d’un bâtiment trèsvaste , quatre fourneaux destinés à recevoir de grandes cornues, dont la partie inférieure est en fonte et tout le reste en forte tôle. A très-peu de distance du fond de ces cornues , seirouve l’ouverture d’un tuyau en cuivre , du diamètre de 3 pouces , qui s’élève contre les parois , et s’évase en entonnoir à la partie supérieure. Un cylindre en cuivre , de 8 ou 9 pouces de large , et long de 1 8 à 20 pieds , s’ajuste à cet entonnoir , sort de l’atelier , se recourbe et va plonger au fond d’un vaste cuvier plein d’eau qui se renouvelle sans cesse. Là, il se décharge dans un condensateur auquel sont adaptés , d’un côté , un petit robinet pour l’écoulement des liquides , et, de l’autre , un cylindre àpeu-près du même calibre que le précédent , et qui s’élève verticalement , se recourbe , rentre dans l’atelier , se recourbe de nouveau , et va s’ouvrir dans le foyer.

Cet appareil monté , on remplit la cornue de bois coupé

Ï>ES ÉRODUÎTS DÜ SÔiSé 4^7

depuis un an , et qui est, autant que possible j droit , long et de la grosseur du poignet ; on lé range avec ordre , et , lorsque la cornue est pleine , onia ferme avec son couvercle y qu’on assujettit par des vis ; on Itite avec de la terre argileuse , et , au moyen d’une grue, deux hommes l’enlèvent et la placent dans son fourneau. On met par-dessus une couverture en maçonnerie d’un poids considérable 5 on ajuste le cylindre à la cornue , et Ton fait du feu. Toute Teau qui appartient au bois se dissipe., et bientôt la carbonisation commence; alors il se dégage beaucoup d’acide carbonique , beaucoup d’acide acétique très-étendu d’eau, beaucoup d’hydrogène carboné^ beaucoup d’une matière huileuse analogue au goudron , et peut-être un peu de gaz oxide de carbone.

Dans quelque point de la comue que la décomposition se fasse , tous ces produits sont forcés de traverser la masse entière pour chercher l’ouverture du tuyau indiqué, lequel est à dessein placé à l’extrémité inférieure ; ils se rendent par ce dernier dans le cylindre en cuivre , qui les porte dans le condensateur. Là , presque tout ce qui est eau » acide acétique et matière huileuse , se condense et coule par le petit robinet , pendant que tout ce qui est acide carbonique, gaz hydrogène carboné, gaz oxide de carbone , entraînant tme petite quantité des autres produits, remonte par le second cylindre , et va dans le foyer , où il sert de combustible.

Lorsque l’opération a marché cinq heures , on dirige, au moyen , d’un robinet, ces vapeurs inflammables sous une autre cornue , où l’on vient d’allumer le feu. La chaleur du fourneau et celle qui se développe dans le bois pendant sa décomposition, suffisent pour déterminer la carbonisation de tout ce qui est contenu dans la première. On n’attend pas même que le dégagement de ces vapeurs ait cessé pour la retirer, parce que le charbon serait trop friable. Lorsqu© II. 37

4l8 THOISIÊME ïARTIE.

ia cornue voisine commence à donner des produits gazetnc et peut se passer de son secours , on l’enlève et l’on met le feu aux gaz qui en sortent , pour n’être pas incommodé de leur odeur 5 la flamme qu’ils produisent est de la grosseur du corps , et s’élève à plusieurs pieds au-dessus du tuyau : elle dure environ une demi-neure.

Immédiatement après que cette cornue est enlevée , on la remplace par une nouvelle , et l’on procède comme cidessus.

Cette pratique demande quelques précautions : en effet, au moment où l’on sort la cornue de son fourneau , le cylindre de cuivre est rempli de vapeurs inflammables ; si on la lutait de suite avec celle qui lui succède, les gaz se mêleraient avec l’air qu’elle contient, et la plus petite étincelle qui pénétrerait par les fissures de la cornue produirait une détonnation épouvantable : aussi ne lute-t-on jamais l’appareil qu’au moment où les vapeurs empyreumatiques se manifestent.

Les cornues sont de la capacité de 72 à 100 pieds cubes 5 elles contiennent une et demie à deux voies de bois ; lorsqu’il est bien choisi et de bonne qualité, il donne vingthuit pour cent de charbon , et 240 à 3oo litres d’acide pyi’Oligneux contenant un douzième de goudron.

Le charbon a conservé la forme du bois ; il n’est mêlé que d’une très-petite quantité de poussier qui provient des écorces; il réunit toutes les qualités d’un bon charbon; sa combustion est plus rapide et plus vive ; aussi il en faut moins pour porter les liqpieurs à l’ébullition.

Si on l’expose au contact de l’air , il gagne au poids dix pour cent.

Les bois durs donnent les résultats les plus satisfaisans ; les bois blancs sont rejetés : il faut cinq à six heures pour les carboniser , et sept heures pour laisser refroidir le charbon ». (P. L. Dupuytren. )

BE5 icnjES SlR&AEIQtJE ET OLÊIQUE. ^ig

Le procédé généralement suivi par les charbonniers pour extraire le charbon , consiste à enflammer le bois avec le contact de l’air, .et à l’éteindre lorsqu’il est charbonnéj il est évident que , dans cette opération , nonseulement on perd l’acide acétique , l’huile et les gaz , mais que l’on obtient encore moins de charbon que par la distillation dans des vaisseaux clos , puisque l’oxigène de l’air transforme une portion du charbon mis à nu eu gaz acide carbonique.

De ÎQlivile.

ggg . On fait dissoudre la gomme d’olivier dans un excès d’alcool rectifié : on abandonne la liqueur à elle-même et i’olivile cristallise ^ on la purifie en la redissolvant dans î’alcool et en la faisant cristalliser de nouveau.

ïooo. Stéarine et Èldine. ( § (566. )

De la Céline,

1001. La cétine se trouve unie à une matière huileuse; on la soumet à la pression pour en séparer la majeure partie de l’huile , et on la purifie par des fusions et des cristallisations successives.

De V Acide oléique et de V Acide margafique.

1002. On fait chauffer, à la température de 70° à po°, aSo grammes de graisse, i5o grammes de potasse et un litre d’eau; au bout de deux jours on obtient un liquide qui, par le refroidissement, se convertit en une masse savonneuse , formée de margarate et d’oléate de potasse , d’huile volatile et d’un corps orangé ( 'voyez § 667 il y a, outre cette masse, une portion liquide dans laquelle on ne trouve qu’xm principe doux. On délaye la masse gélatineuse dans dix litres d’eau froide , et ou l’abandonne à elle-

4^0 XEOISIÊME PÀÎIXIE.

tnême pendant huit à dix jours 5 l’eau décompose le îuargarate de potasse , et en précipite du sur - margarate sous la forme d’une matière nacrée que l’on met à part 5 le liquide trouble qui en résulte , contenant encore de l’acide margarique , est évaporé jusqu’à ce qu’il acquière de nouveau une consistance gélatineuse 5 alors on le délaye dans une‘ grande quantité d’eau, et il fournit une nouvelle quantité de matière nacrée ; on répète plusieurs fois ces opérations , jusqu’à ce qu’il ne se forme plus de dépôt nacré de sur-margarate de potasse 5 à cette époque la dissolution est claire et contient tout Voléate de potasse , l’huile volatile et le corps orangé 5 elle renferme encore de l’acide margarique ,* on la concentre , et on y verse de l’acide tartarique,^qui s’empare de la potasse et précipite 120 grammes d’un corps gras , floconneux , composé de beaucoup d’acide oléique et d’un peu d’acide margarique. On fait chauffer ce précipité avec 3i grammes de potasse et 420 grammes d’eau 5 il se forme de nouveau un savon composé de beaucoup d’oléale de potasse et d’im peu de margarate : on le délaye dans beaucoup d’eau ; le margarate se décompose en entier et se précipite à l’état de sur-margarate (corps nacré), en sorte qu’il -ne reste plus dans la dissolution que Voléate de potasse ,* on le traite par l’acide tartarique, qui s’imit à la potasse et précipite l’acide oléique pur.

Quant à l’acide margarique , on l’obtient en décomposant les diverses quantité de sur-margarate de potasse précipitées , par l’acide hydro-chlorique faible , qui forme avec la potasse un sel soluble et laisse l’acide margarique : il suffit de dissoudre celui-ci dans l’alcool bouillant pour l’obtenir cristallisé à mesure que le refroidissement de la liqueur a lieu. (Ghevreul.)

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