‹ Élémens de chimie médicale (volume 2)Chapitre 57 sur 80 · DES SAVONS · texte numérisé non relu

DES SAVONS

que d’huile d’oKre pour saponifier la soude ; tandis qu’en Allemagne, en Angleterre et en Prusse, on ne fait usage que de suif et de graisse. Nous allons exposer le procédé de la saponification par l’huile d’olives.

On verse de l’eau froide sur un mélange de 5oo livres de sous-carbonate de soude pulvérisé, de bonne qualité, et de 125 livres de chaux éteinte 5 douze heures après, lorsque la chaux s’est emparée de l’acide carbonique du sous-carbonate, on fait écouler le liquide, auquel on donne le nom de première lessive, et qui contient une assez grande quantité de soude : il marque de 20° à 26® à l’aréomètre. On verse deux fois de l’eau sur le résidu , et l’on ohlient deux lessives, dont l’une marque de 10® à i5®, et l’autre de 4“ à 5®? On se procure 600 livres d’huile.

On introduit la lessive la plus faible dans une grande chaudière, dont le fond offre un tuyau de 68 millimètres de diamètre, nommé V épine ^ on y verse peu à peu une certaine quantité d’huile , et on chauffe le mélange jusqu’à le faire bouillir 5 la réaction commence , et le liquide ressemble à une émulsion. On ajoute successivement de la lessive faible et de l’huile, et on fait en sorte que la masse soit toujours bien empâtée, qu’il n’y ait ni lessive au fond de la chaudière , ni huile à la surface du liquide. A cette époque le savon est avec excès d’huile; on ajoute peu à peu de la lessive forte , et on remarque ,. lorsque la saponification est cpmplète, que le savon se sépare du liquide et se présente à la surfa.ce. Alors on cesse de chauffer et on fait écouler par l’épine tout le liquide , qui , ne contenant plus de soude caustique , est impropre à la saponification. Afin d!être certain que l’huile est saturée de soude, on remet dans la chaudière où est le savon une nouvelle quantité de lessive caustique, et on fait bouillir de nouveau , jusqu’à ce que la pesanteur spécifique de la lessive soit de iji5o à 1,200.

^16 ÎROl-SlfeîîE SARXIE*

1008. Le savon résultant de ces opérations est d’un bleu foncé noirâtre , et renferme d’eau 5 sa couleur est due à un composé d’alumine , d’ oxide de fer , d’acide hydrosulfurique, d’acide oléique et d.’acide margarique (i). Il peut être regardé comme composé de deux savons, l’un blanc , l’autre alumino-ferrugineux noirâtre.

Préparation du savon hlanc. On délaye peu à peu dans des lessives faibles la masse savonneuse obtenue ; on chauffe doucmnent et on couvre la chaudière; le savon aluminoferrugineux noirâtre ne tarde -pas à se précipiter., parce qu’il est insoluble à cette température dans les lessives dont nous parlons ; on sépare alors la pâte du savon blanc , et on la coule dans àes mises où elle est refroidie et solidibée; on la coupe en tables et on la livre dans le commerce sous le nom de savon hlanc ^ savon en table. Il renferme, sur 100 parties, 4î6 de soude et 45,2 d’eau. On l’emploie pour les usages délicats.

Préparation du savon marbré. Nous venons de voir que la masse savonneuse d’un bleu noirâtre ne contient que d’eau, et qu’elle renferme, outre le savon blanc , un savon noirâtre; il s’agit , pour la transformer en savon marbré , d’y ajouter une quantité d’eau légèrement alcaline, suflSsante pour que le savon coloré se sépare dé celui qui est blanc, et sè réunisse en veines pliis bu moins grandes, qui, par leur disposition , imitent une marbrure bleue appliquée sur une masse blanche. Il est évident que si on employait trop de lessive , l’opération serait manquée ,

(i) La soude que l’on a employée ayant été préparée dans des fours argileux , contient de l’alumine ; elle renferme en outre du fer oxidé et du sulfure de soude ; celui-ci mis dans l’eau lorsqu’on fait la lessive , passe à l’état d’bydro-sulfate sulfuré , et l’acide hydro-sulfuriqne qu’il contient se dégager au moment où l’empâtage se fait.

DES SÀVOÎTS. 4^^

parce qtie tout le savon noirâtre serait précipité. Le savon marbré contient, sur loo parties, 6 de soude et 3o d’eau 5 d’où il suit que , sous le même poids , il renferme plus de savon que celui qui est blanc.

Les savons de soude faits avec le suif, le saindoux, le beurre, l’buile d’amandes douces, de palme, de noisette, etc., se préparent de la même manière.

M. Colin a publié, en 18 16, des observations importantes relatives à la fabrication du savon dur. i®. Le savon ne peut pas se former sans eau. 2”. L’buile privée de mucilage donne des savons de qualité inférieure à ceux que forme l’huile ordinaire ; en général celle qui n’a été soumise à l’action d’aucun corps pondérable donne le plus beau savon. 3®. Toutes les huiles peuvent fournir des savons solides et assez durs pour pouvoir être employés aux savonnages à la main. La partie solide de l’huile appelée suiy par M. Braconnot, paraît former des savons de meilleure qualité que l’huile entière. 5®. La petite quantité d’eau de chaux contenue dans la lessive prépare la saponification des huiles , qui paraissent exercer peu d’action sur la potasse et sur la soude. 6®. Le sel commun dont on fait usage dans la saponification a pour objet de substituer de la soude à la petite quantité de potasse que renferment les soudes du commerce, et de durcir le savon en s’emparant complètement ou partiellement de l’eau qu’il contient, et de l’excès de soude cpai paraît nécessaire à sa dissolution. ^®. L’excès d’alcali diminue la blancheur du savon, lui donne une mauvaise odeur et le rend moins dur.

1 009. Savons de potasse ( savons mous.) Le savon vert se prépare avec de l’huile de graines. On procède à la saponification de ces huiles comme nous l’avons dit en parlant des savons de soude. Lorsque toute l’huile a été mise dans la chaudière, et que le savon est d’un blanc sale et opaque, on diminue le feu, on agite continuellement la masse.

42S TROISIÈME ÏARTIE.

avec de grandes spatules, et on ajoute de la lessive plusr caustique que celle dont on s’était servi jusqu’alors. Le savon acquiert de la transparence, devient plus consistant et peut être cotilé dans des tonneaux. Il renferme le plus souvent, sur ioaparties,9,5 dépotasse et 46,5 d’eau; il est avec excès d’alcali. Le savon de toilette se prépare de la même manière , excepté que l’on substitue les graisses aux huiles de graines.

loio. Savon dur Jait avec la potasse elle sél commun^: Dans les pays où Ja soude est rare, on obtient le savon dur en décomposant le. savon de potasse par l’hydro-cblorate de soude dissous dans l’eau ( sel commun ) ; aussitôt après le mélange de ces deux corps, l’acide bydro - cbloriqùe se combine avec la potasse du savon mou, tandis que les acides oléique, etc. , de celui-ci s’unissent à la soude pour former du savo^i dur; on le sépare de la lessive , et on le convertit en savon blanc ou en savon marbré, par les procédés déjà exposés.

De la Cire des aheïlles.

I o 1 1 . Après avoir séparé le miel des gâteaux au moyen de la pression , on les enferme dans des sacs que l’on plonge dans des chaudières contenant de l’eau bouillante ; la cire fond, se sépare du couvain , vient à la surface del’eau, et se fige à mesure que le liquide se refroidit. Si on veut la priver de sa couleur jaune , on la coupe en rubans minces que l’on s expose à la rosée, ou que l’on met en contact avec du chlore.

Des Résines»

1012. Les résines dont nous avons parlé découlent sponta'» némentdes arbres qui les contiennent, ou s’obtiennent par incision; on les somnet à l’action de la chaleur pour les dé« barrasser de l’huile qu’elles peuvent renfermer. Poix noire^

Oh introduit dans des fours la matière résineuse qui reste sur les crasses des filtres de paille, lorsqu’on purifie la térébenthine et le galipot ; on y met le feu par la partie supérieure , afin de liquéfier la résine et de la faire descendre sur le sol du four , d’où elle se rend dans une cuve à moitié pleine d’eau , placée à une certaine distance *, alors on la fait cuire dans une chaudière de fonte pour lui donner de la consistance et la noircir, et on la coule dans des moules de terre noire. Goudron. Lorsque le pin ne peut plus fournir de térébenthine, on l’emploie à la préparation du goudron. Pour cela , on met le feu à des tas de petits morceaux de bois desséchés, placés dans un four dont la forme est un cône renversé , et dont le sol est carrelé ; on ne tarde pas à voir la partie résineuse fluidifiée et en partie charbonnée , ou le goudron, se porter vers la partie la plus déclive du sol, et de là dans un réservoir disposé à une certaine distance. Brai gras. On le prépare en faisant cuire dans une chaudière en fonte parties égales de brai sec ou colophane, de goudron et de poix noire. Si on emploie plus de brai sec, on obtient la poix bâtarde.

Noir de fumée. On fait chauffer dans une chaudière les résidus de goudron et de résine , les écorces de pin , etc. 5 la partie résineuse fond, se décompose, et donne naissance à une fumée qui se dégage par un tuyau incliné , et va se •l’endre dans une chambre sur les parois de laquelle elle se condense en partie 5 mais la plus grande portion se condense dans l’intérieur d’un cône en toile , suspendu à la partie supérieure de la chambre , et dont la base est tendue par un cerceau. Lorsque l’opération est terminée , on descend le cône , et on en détache le noir de fumée.

Du Camphre.

ioi3. 1°. On chauffe, dans de grandes cucurbites de fer, desfragmeasdeboisdu/auru^caHzp/zometdereauj le cam-

43o TE.OÏSIÈME PARTIE.

phre J entraîné par la vapeur aqueuse , se volatilise et vient se condenser dans l’intérieur des chapiteaux, qui sont en terre et garnis de cordes de paille de riz. Cette opération se fait principalement dans l’Inde, d’où le camphre arrive sous la forme de petites boules ou de masses impures, contenant de la paille , des fragmens de bois , etc. On le raffine en Hollande par le procédé suivant : on introduit dans des bouteilles de verre noir à large goulot et de forme ronde , placées sur des bains de sable, un mélange d’environ 2 livres de camphre et 4 onces de chaux ou de craie ; on les diauffe ; le camphre se réduit en vapeur, se sublime, et vient s’attacher aux parois de la bouteille sous la forme d’une masse hémisphérique , transparente et cristalline , que l’on ne peut obtenir qu’en cassant le vase 5 la chaux dans cette expérience , s’empare d’une huile empyreumatique jaune qui colorait le camphre. 2®. On peut séparer le camphre qui se trouve dans les labiées , en se procurant l’huile essentielle de ces plantes, et en les exposant à l’air, à la température de 20® 3 22®*, l’huile se volatilise la première, et le camphre reste sous la forme de cristaux.

Du Camphre artificiel.

10 14- On l’obtient en faisant arriver du gaz acide hydrochlorique dans 100 parties d’huile de térébenthine pure, placée dans une éprouvette , que l’on entoure d’un mélange frigorifique de glace et de sel. Lorsque l’huile a absorbé environ le tiers de son poids de gaz, elle offre tme masse cristalline molle ; on la laisse égoutter pendant quelques jours pour en séparer environ 20 parties d’un liquide incolore , acide, fumant, et iio parties de camphre artijiciel, grenu, cristallin , etc. , que l’on purifie en le laissant à l’air sur du papier joseph , en l’agitant avec le soliilum de sous-carbonate de potasse , en le lavant à grandç eau, et en le faisant sécher.

DE l’alcool et de l’ E AU- D E - Y IE.

Du Caoutchouc {gomme élastique).

1 0 1 5. Après avoir fait une i ncision aux arbres qui peuvent fournir le caoutchouc {yoy. pag. 1 1 8 de ce vol.), il en découle un suc laiteux dont on applique une couche sur un moule terreux pyriforme 5 on le soumet à l’action de la fumée pour le dessécher 5 puis on applique une seconde couche, que l’on dessèche parle même moyen , et ainsi de suite 5 on brise le moule , et on en relire les fragmens par un trou pratiqué exprès à la partie supérieure. On fait des dessins en creux sur les poires de caoutchouc obtenues par ce moyen , lorsqu’elles sont encore peu consistantes.

De X Alcool et de XEau-de-vie.

10 16. Nous avons établi(pag. iigde ce vol.) que l’alcool est le résultat de la fermentation spiritueuse ; donc le vin , le cidre , la bière et toutes les liqueurs fermentées, doivent être plus ou moins propres à l’extraction de ce produit. Les vins les plus généreux en fournissent environ ^ de leur poids -, il en est , au contraire , qui n’en donnent que 13 5 le cidre en fournit à - peu - près , et la bière ^ environ. L’alcool que l’on peut retirer de ces liquides y existe - 1 - il tout formé , ou bien se produit-il pendant la distillation à laquelle on est obligé de les soumettre pour l’obtenir , comme le pensait M. Fabroni ? Les expériences faites par M. Gay-Lussac, dans le dessein d’éclaircir cette question, démontrent jusqu’à l’évidence que l’alcool fait partie de ces boissons, i®. Si on agite du vin avec de la litliarge parfaitement porphyrisée , peu de temps après il sera incolore et transparent comme de l’eau 5 si on sature le liquide avec du sous-carbonate de potasse, aussitôt l’aîcool viendra se rassembler à la surface, a®. Si on distille du vin dans le vide, à la température de i5®, on en obtiendra beaucoup d’alcool : or , cette température est infé-

432 TROISIÈME EARTIÊ.

rieure à celle qui se développe pendant la fermentation j et par conséquent incapable de donner naissance à de l’alcool : il faut donc admettre que celui-ci existait tout formé dans le vin.

Autrefois on préparait l’esprit-de-vin en distillant le vin dans des vaisseaux fermés, jusqu’à ce qu’il n’en restàtplus que la moitié dans la cucurbite de l’alambic. Le produit liquide obtenu dans le récipiént, connu sous le nom di! eau-de-vie , et composé de beaucoup d’eau , d’une certaine quantité d’alcool ^ d’une matière huileuse aromatique , etc. , était distillé de nouveau , et fournissait un produit alcoolique plus fort 5 celui-ci était distillé deux ou trois fois encore , et ce n’était qu’alors qu’il était converti en alcool pur. Dans ces opérations , la partie la plus volatile ou la plus alcoolique passait la première dans le récipient, avec un peu d’eau , tandis que la majeure partie de ce dernier liquide restait dans la cucurbite : aussi se gardait-on bien de pousser trop loin la distillation pour ne pas volatiliser ^ette portion aqueuse , qui aurait affaibli l’alcool pur déjà condensé dans le ballon.

L’art de la distillation a été singulièrement perfectionné depuis douze ans , époque à laquelle Adam prouva qu’il était possible d’établir en grand un appareil propre à fournir , dans une seule opération , de V alcool k un degré donné. MM. Bérard ,Lenorm,ant, Duportal , etc. , enFrance, et M. Jordana en Catalpgne , se sont successivement occupés de simplifier et de rendre plus économique le procédé qui fait tant d’honneur à Adam , et que nous allons décrire d’une manière succincte , tel qu’il a été simplifié par M. Duportal (i). L’appareil se compose d’un alambic muni de son

(i) Voyez les mémoires de M. Duportal ( Annales de ChU Tnie) , l’ouvrage que vient de publier à ce sujet M. Lenormant , les Mémoires de M. Chaptal , et celui de M. CarbonelK

î)2 l’alcool ÊT DB l’e AU-DE-VIÉ. ^3^ chapiteau , et de trois ou quatre grands vases de cuivre ^ communiquant entre eux au moyen de lübes également en cuivre 5 un de ces tubes établit aussi la communication entré l’alambic et le premier vase. Cet appareil est par conséquent semblable à celui de Woulf , dont nous avons déjà pa^lé , et qui consiste en Une cornue et en plusieurs flacons bitubulés , que l’on fait communiquer entre eux à l’aide de tubes recourbés. Voici les principes sur lesquels est fondé l’art de la distillation au moyen de cet appareil : i®. La vapeur aqueuse ou alcoolique , en passant de l’état de gaz à l’état liquide > abandonne une très-grande quantité de calorique latent qui devient libre (voyez t. p. 27, S.) 5 è® l’alcool est plus volatil que l’eau 5 par conséquent , si on a un mélange de ces deux liquides et qu’on l’expose à une température qui ne soit pas très-élevée j il se vaporisera beaucoup plus d’alcool que d’eau.

Procédé. On met du vin dans la cucurbite et dans les deux premiers vases , jusqu’à ce qu’ils en soient presque remplis , et On fait bouillir celui qui est dans la cucurbite; la vapeur alcoolique et aqueuse formée se rend dans le premier vase, perd Une grande quantité de calorique , se condense , et cbaufîe le vin qu’il contient; bientôt celui-ci entre en ébullition , donne naissance à de la vapeur qui va se condenser dans le second vase , dont le vin ne tarde pas à être échauffé, et même à éprouver une légère ébullition; la vapeur alcoolique et aqueuse produite dans ce second vase se rend dans le troisième, qui est vide, et passe à l’état liquide. Si on maintient ce dernier vase à une température^ peu élevée , l’alcool , beaucoup plus volatil que l’eau , se vaporise , et vient se condenser dans le quatrième : à la véi ité , il entraîne avec lui Une certaine quantité d’eau. En maintenant ce quatrième vase à une températme déterminée , on peut en retirer de l’eau-de-vie ou de l’alcool plus concentré, suivant que la chaleur est plus ou moins forte. On fait II. 28

passer la vapeur de cette eau-de-vie ou de cet alcool dans un serpentin plein de vin^ où elle se condense 5 ensuite on la fait arriver dans, un autre serpentin xempli d’eau, pour la refroidir complètement et pouvoir l’enfermer dans un tonneau.

Lorsque le vin contenu dans l’alambic est privé de tout l’alcool qui entrait dans sa composition, on le fait sortir par un robinet , et on fait, arriver dans la cucurbite celui qui se trouve dans le premier vase; à son tour , ce dernier est remplacé par celui du second, et celui-ci l’est par celui du serpentin , qui est déjà chaud.; enfin , on met du nouveau vin dans ce serpentin.

M. Baglioni, distillateur à Bordeaux, découvrit en r8i 3 un moyen de rendre celte distillation continue, avantage immense qu’obtint également Jordana, sans avoir connaissance du procédé employé par Baglioni.

L’alcool préparé par ce moyen n’est pas encore assez concentré pour cei'tains usages auxquels dn le destine en chimie; il contient d’ailleurs assez souvent un peu d’acide acétique, qui faisait partie du vin dont on l’a extrait. Pour le dépbleginer autant que possible et le priver de l’acide, on le distille sur de la chaux, ou de la baryte caustique. (M. Gay-Lussac. ) Quelquefois aussi on se borne à lui enlever son excès d’eau en le laissant pendant vingt-quatre heures en contact avec du chlorure, de calcium ( muriate de chaux sec) et en le distillant ; on n’obtient alors dans le récipient que la .-portion la plus spiritueuse, surtout si pu a fractionné les produits, et que l’on ait mis à part la première nio.itié volatilisée..

Klium; On se le proenre en distillant leproduit alcoolique provenant de la fermentation.dn suc de la canne ( arundo saccharifeTo) . Taffia , hirchwasser et rack. Ces liqueurs s’obtieiment, la première, avec la mélasse; la seconde, avec les cerises .pilées sans avoir été séparées de leurs

DES ÉTHEE.S.

noyaux ; la troisième , avec les fruits de Vareca catJiecu et du riz. Lorsque ces matières ont éprouvé la fernieiiladon alcoolique, on les distille.

Vin , Cidre i Bière. {Vojei pag. aSo et ^34 de ce vol.)

Eaux-de-vie de grains. Les eaux-do-^v ie de grains, pré* parées par l’ancien procédé de distiL'ation , ont une saveur empyreumatiqiie désagréable; elles sont d’une qualité supérieure lorsqu’on les a obtenues à laide de l’appareil d’Adam, et elles seraient meilleures encore si on distillait les grains et le marc avec de l’eau ; dans cecas , la température n’excéderait jamais ioo° , et il ne se formerait point d’huile empyreumati que.

Ethers du premief genre.

ro I y. Ether sulfurique. Cet éther est le l'ésultat de l’action de l’acide sulfurique concentré sur l’alcool à la température de l’ébullition. L’analyse démontre que les élémens de l’al-ï cool peuvent être représentés par

2 volumes de gaz oléfiant ( hydrogène per-carboné) |

et 2 voI.de vapeur d’eau (oxig. et bydrog.) 'J h. de Saussure.

Les élémens dé l’éther, d’après M. Gay-Lussac, peuvent être représentés par

2 volumes de gaz oléfiant ,

I volume de vapeur d’eau (oxig. et bydrog.); d’où il résulte que, pour convertir l’alcool en éther, il faut seulement lui enlever la moi lié de l’eau qu’il renferme , ou du moins la moitié des élémens , oxigène et hydrogène , dans le rapport convenable pour former de l’eau ; il est donc évident que , lorsqu’on fait réagir l’alcool et l’acide sulfurique , celui-ci , doué d’tme grande affinité pour l’eau, en détermine la formation aux dépens de l’ oxigène et de l’hydrogène de l’alcool , qui , par là, se trouve transformé en éther.

La préparation de cet éther , d’après la méthode in-

436 ïÊOISÏÈjffE PAÈ.TÎÉ.

diquée par M. Boullay , nous semble devoir être adopté de préférence à celle que Ton suit ordinairement. Voici la description de l’appareil employé par ce savant pharma* cîen. ( Voyez pl. 2 ^ fig. ^é) A , grande cornue de verre tubulée placée sim un bain de sable 5 BB, tube de verre dé 5 à 6 centimètres de diamètre , long d’un mètre environ , traversant un baquet rempli d’eau froide j et mieux encore de neige ou de glace ^ et se rendant dans un grand flacon vide C} tube de Welter, faisant communiquer le flacon G

aveu le vase E , rempli d’eau ou d’alcool.

P Q (^ojez •2. ^ fig. -5), allonge ordinaire garnie d’un couvercle en cuivre HJ qui y est mastiqué \ HB ^ entonnoir en cuivre garni de son robinet/), et fixé sur le cou^ vercle Hlj E , petit tube de cuivre implanté sur le couvercle HI^ pour remplacer la tubulure : il est percé latéralement à sa partie supérieure ^ et coiffé d’une virole également percée 5 F, robinet de cuivre dans la garniture inférieure de l’allonge P Q; O, bouchon de plomb devant entrer dans la tubulure JJ de la cornue A ( fig. 4 ) = d enveloppe un morceau de liège percé au centre pour laisser passer la tige inférieure, et destiné à servir d’isoloir j CG, tube de communication d’unelongueurindéterminée'j propre à faire communiquer cet appareil avec l’intérieur de la cornue ./î/ (i).

On introduit dans la cornue (fîg. 4 ) 12. livres d’acide sulfurique concentré; on place ensuite dans la tubulureX l’entonnoir décrit fig. 5, et on fait en sorte que le tube C G^ par lequel il se termine , traverse l’acide et descende près du fond de la cornue ; alors on introduit rapidement dans l’entonnoir 10 livres dû alcool à 38“ , et mieux à 40*^; on

(i) Plusieurs pharmaciens remplacent l’allonge PQ, l’eulonnoir AB , etc., par un tube en S dont rextrémité inférieure plonge dans le liquide contenu dans la cornue.

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