BES ÉTHERS
ouvre les robinets Z), F Talcool passe facilement au travers l’acide , avec lequel il se mêle très-bien, sans se colorer sensiblement 5 la liqueur s’échauffe , bout, et il se volatilise un peu d’alcool ; on soutient de suite la distillation en chauffant la cornue de manière à ce que le mélange continue à bouillir ; l’éther se forme , et vient se condenser dans le flacon C. Lorsqu’on a retiré environ 2 livres d’éther , on met dans l’ailoDge PQ 10 livres de nouvel alcool , que l’on introduit goutte à goutte dans la cornue , et on y parvient facilement en ouvrant le robinet supérieur 5 car alors la pression de l’atmosphère produit l’écoulement , que l’on règle à volonté en ouvrant plus ou moins le robinet inférieur. En général on se règle, autant que possible, pour la quantité d’alcool que l’on ajoute sur celle d’éther qui passe dans le récipient-, on obtient par ce moyen i5 livres de liqueur éthérée très -suave, limpide, marquant environ 5o degrés, et ne contenant point d’huile douce, de vin ni d’acide sulfureux ; la liqueur qui reste dans la cornue est transparente , d’une couleur de bière et nulle-^ ment charbonneuse ; on peut s’en servir pour la préparation de la liqueur d’Hoffmann ou de quelques sulfates^ L’éther obtenu doit être rectifié ; on r.agite à froid avec une dissolution concentrée de potasse , que l’on ajoute peu à peu jusqu’à ce qu’il ne manifeste plus d’odein’ étrangère 5, par ce moyen , on le débarrasse de la petite quantité d’huile douce, de vin et d’acide sulfureux qu’il pourrait contenir-, lorsqu’il est rassemblé à la surface, on le sépare de la couche inférieure à l’aide de l’entonnoir et du doigt , comme nous l’avons dit en parlant des huiles essentielles (§ 1006), et on le distille à une douce chaleur, avee-^der chlorure de calcium (muriate de chaux sec) , pour le priver de l’eau avec laquelle il est uni.
Voyons maintenant quel est le procédé généralement suivi (ph fig. 3). On introduit dans la cornue.
438 TROISIÈME partie.
tine partie d’âlcool à 36° , et on y verse peu à peu une par :ie d’aride sulfurique concentré; on agite pour favorisîT la combinaison qui a lieu avec élévation de température ; on adapte à la cornue une allonge et un ballon tubnléC'j dont la tubulure jÇ^communique avec un flacon et l’autre G avec un vase T , au moyen d’un tube; on chaullé après avoir luié les jointures, et l’on obtient l’étliCi daî.'S li flacon F, ( aril n’en arrive que très-peu dans le vase T. On cesse l’opéi ation aussitôt- qu’il se manifeste des vapenrtî blanches dans le col de la cornue : en effet, à Cette «-pOqiîe il ne se forme presque plus d’éther; celui-ci doit alors être p’arifié par la potasse et par le chlorure de cale uni , comme nous l’avons dit en décrivant le procédé de M. flouliaj 11 est évident que la théorie de sa formation est la même que celle dont nous avons parle au commencenieni de cet article ; l’acide sulfurique décompose l’alcool en s’emparant d’une portion de son oxigène et de son hydrogène.
INous devons actuellement faire connaître les inconvé-? niens qu’il y aurait à continuer la distillation ^lorsqu’il se manifeste des vapem's blanches. Â cette époque, la quantité d’alcool qui reste dans la cornue est peu considérable , puisqu’il s’est formé beaucoup d’éther à ses dépens ; au contraire, l’acide sulfurique n’a point diminué ; il a été seulement un peu affaibli par l’eau qui s’est produite aux dépens de l’oxigène et de l’hydrogène de l’alcool; nous pouvons donc considérer le mélange contenu dans la cornue au moment où l’éthérification cesse, comme composé de beaucoup d’acide sulfurique et de peu d’alcool : or, l’expérience prouve qu’en faisant chauffer un pareijl mélange , l’acide et l’alcool sont décomposés , et fournissent du gaz hydrogène per-carboné, de l’eau, du charbon j du gaz acide carbonique, du gaz acide suljureux , et une huile connue sous le nom àllmile douce de vin* ce& deux
DES É TUEES. 4%
derniers produits passeraient donc dans le récipient, s’uniraient à l’éther, et l’altéreraient singulièrement 5 il est même impossible, quelque précaution que l’on prenne, d’obtenir par ce procédé de l’éther qui n’en contienne une quantité notable.
C’est à l’aide de ces considérations que nous pouvons faire sentir l’avantage de la méthode de M. Boullay : en effet , puisque les divers produits dont nous venons de parler ne se forment que parce que la quantité d’alcool va toujours en diminuant dans la cornue , il est évident qu’on les évitera si on ajoute de l’alcool à mesure qu’il se forme de l’éther; d’ailleurs , M. Boullay parvient à éthérifîer 20 livres d’alcool avec 12 livres d’acide , tandis que , par l’ancien procédé , on n’en éthérifie qu’un poids égal à celui de l’acide employé.
Mais, dira-t-on, dès qu’il suffit , pour obtenir une plus grande quantité d’éther, d’ajouter de l’alcool à l’acide qui reste dans la cornue, on doit pouvoir préparer, avec une quantité donnée d’acide sulfurique, autant d’éther que l’on desire. L’observation prouve le contraire ; il arrive un moment où l’éthérification cesse, quelle que soit la quantité d’alcool ajoutée; c’est lorsque l’acide se trouve tellement affaibli par l’eau qui s’est produite pendant l’opération, qu’il n’a plus le pouvoir de déterminer la formation d’une nouvelle quantité de ce liquidé.
Ether phospJioriqiie. Cet éther qui , comme nous l’avons dit (§ 702), est de la même nature que le précédent , a été obtenu pour la première fois par M. Boullay. On lé prépare en introduisant dans une cornue ^1000 grammes d’acide phosphorique pur à 1,460 de pesanteur spécifique ; on le chauffe jusqu’à 90®, et on fait arriver à travers , et goutte à goutte, 1000 parties d’alcool à ^0° ( voy ez pl. 2 , fig. 4 ) ; le mélange bouillonne avec force; une partie de l’alcool se volatilise , et va se condenser dans le récipient ; on le sépare ?
et ce n’est guère que lorsque les trois quarts de l’espritde-s vin ont été introduits' dans la cornue que l’éther se forme et peut être recueilli dans le ballon. Suivant M, Boullay , on peut également obtenir une certaine quantité de cet éther en distillant et en recohobant plusieurs fois de l’ai-? cool à 4q” sur de l’acide phosphoyique au degré de cout centration dont nous avons parlé.
^ Ether oTsenique. On fait arriver , goutte à goutte , 5oo grammes d’alcool à ^oP dans le fond d’une cornue contenant 5oo grammes d’acide arsenique, dissous dans aSo grammes d’eau distillée (l’appareil est le même que le précédent) ; on chauffe; le mélange est fortement agité; presque les trpis quarts de l’alcool se volatilisent et se condensent dans le récipient ; on les sépare , et ce n’est qu’alors que l’éther commence à se former : du reste , il est entiè'= rement semblable à ceux dont nous venons d’indiquer le mode de préparation,
M. Boullaj;, qui nous a encore fait connaître cet éther, conclut de tontes ses expériences , i® que les éthers dn premier genre ne se forment jamais à froid; 2® que la pré-n cipitation du carbone , ou même la coloration du mélange contenu dans la cornue , ne sont pas des conditions indis^^ pensables de l’éthérification ; 3® que la formation d’huile douce de vin est entièrement étrangère à l’éthérification , puisqu’il suffit de varier les proportions d’acide et d’alcool pour obtenir isolément l’éther ou cette huile ; 4° que ce n’est pas seulement à l’élévation de la température , mais, à la différence survenue dans les proportions par l’effi^ de la distillation , qu’on doit attribuer les produits qui siic-i cèdent à l’éther au mouaent où l’alcool se trouve entière-, ment décomposé; 5° que l’éthérificalion s’opère sans que l’alcool subisse d’autre changement que la perte d’une por-:-. îion de son hydrogène etdeson oxigène, quiserventà formÇÇ de l’eau.
Des Ethers du deuxième genre.
ioi8. Ether hydra^chlorique. L’appareil dont on se sert pour préparer cet éther se compose d’une cornue de verre à laquelle est adapté un tube de Welther, qui va plonger au fond d’un flacon à trois tubuluçes A , à moitié rempli d’eau ; de ce flacon part un tube recourbé qui se rend dans une longue éprouvette , sèche, vide, et entourée de glace 5 la troisième tubulure du flacon A reçoit un tube de sûreté droit; l’éprouvette E est fermée par un bouchon percé d’un trou , par lequel s’échappe l’éther qui ne peut pas se condenser.
On introduit dans la cornue parties égales d’alcool et d’acide hydro-chlorique concentrés ; on lute les jointures , et on chauffe graduellement le mélange jusqu’à lebuUition ; l’éther se forme et arrive avec une portion d’acide et d’aL cool dans le flacon A j contenant de l’eau ; celle-ci dissout l’acide et l’alcool , tandis que l’éther va se condenser dans l’éprouvette E. L’opération doit être conduite de manière à ce que les bulles ne se dégagent pi trop lentement ni trop rapidement dans le flacon A- Pour obtenir V éther hydrorçhlorique gazeux , il suflit d’en introduire un peu à l’état liquide dans une éprouvette pleine de mercure , et ren-? versée sur la cuve de ce métal ; il se transformera en gaz à la température de 1 + o.
Ether nitreux. On prépare cet éther dans un appareil composé , 1 ° d’une grande cornue placée sur une griUe de fer, de manière à ce que l’on puisse à volonté ajouter ou enlever du charbon ; 2® de cinq ou six flacons bitubulés , dont le premier est vide, et dont les autres sont à moitié remplis d’eau salée; chacun d’eux est supporté par une terrine , et entouré d’un mélange frigorifique de sel et de neige pu de glace pilée 5 3® de tubes de sûreté recourbés ,
établissant la communication entre ces diSerens vases , et disposés de manière, à ce que la branche la plus longue plonge jusqu’au fond de l’eau salée 5 4° dernier tube recourbé propre à recueillir les gaz.
On introduit dans la cornue parties égales en poids d’acide nitrique du commerce et d’alcool à 36® 5 on lute les jointures , et on met quelques charbons incàndescens sous la cornue; la liqueur ne tarde pas à entrer en ébullition, et à être violemment agitée; on retire le feu, et, pour modérer l’action , on jette de temps en temps de l’eau froide sur la cornue avec une éponge. On connaît que l’opératiou est tenninée lorsqu’il né reste plus dans ce vase qu’environ le tiers du mélange employé , et surtout lorsqu’on abandonnant ce mélange à lui-même , il cesse de bouillir. Les produits de cette opération sont : éther ni¬
treux , beaucoup de gaz protoxide d’azote , un peu de gaz azote et de gaz acide carbonique, qui se volatilisent et passent dans les flacons ou dans la cuve; 2® beaucoup d’eau, un peu d’acide acétique et de gaz acide nitreux , qui ne se dégagent qu’en partie; 3® enfin une petite quantité d’üne matière facile à charbonner, qui reste dans la cornue avec l’alcool et l’acide nitrique non décomposés , et avec la portion d’eau , d’acide acétique et d’acide nitreux nijn volatilisés. Théorie. L’acide nitrique se trouve en partie transformé en acide nitreux par l’hydrogène et le carbone d’une portion d’alcool , qui lui enlèvent de l’oxigène ; cet acide nitreux s’unit alors à la majeure partie de l’alcool non décomposé et constitue l’éther nitreux. La formation des produits gazeux qui , en se dégageant , entraînent l’éther nitreux , est tellement rapide , qu’il faut nécessairement favoriser la condensation de l’éther dans les' vases , en employant beaucoup de flacons, et en maintenant à une température très-basse l’eau salée qu’ils renferment.
On délüle l’appareil, et on procède à la purification de