‹ Élémens de chimie médicale (volume 2)Chapitre 59 sur 80 · DES ÉTHERS · texte numérisé non relu

DES ÉTHERS

l’étiier : le premier flacon contient une grande quantité d’un liquide jaunâtre, forméd’alcool faible, à' éther, d’acides nitreux, nitrique, acétique, etc; les quatre autres ofîient , à la surface du liquide qu’ils renferment, une couche verdâtre, composée à' éther nitreux, d’acide nitreux et d’alcool. On sépare ces différentes couches au moyen de l’entonnoir et du doigt , comme nous l’avons dit en parlant des huiles essentielles (vojez § 1006); on réunit l’éther obtenu par ce moyen au liquide Condensé dans le premier flacon, et on soumet le mélange à la'distillation ; par une douce chaleur l’éther se volatilise , et peut être recueilli dans le récipient ( que l’on a entotmé de glace } ; mais il contient encore un peu d’acide , dont on le débarrasse au moyen de la chaux pulvérisée, sur laquelle on le fait séjourner pendant une demi-heure.

M. Laudet proposa , en 1814, d’ajouter au mélange d’alcool et d’acide nitrique, de la gomme, de l’amidon, du sucre, etc., pour diminuer leur action réciproque et rendre l’opération moins tumultueuse : effectivement , ces substances jouissent de cet avantage ; mais onretire moins d’éther que dans le cas où l’on fait agir simplement l’alcool et l’acide.

Suivant M. Planche , on peut se procurer Véther nitreux par un procédé plus économique et moins compliqué que celui dont nous venons de parler. On introduit dans une cornue tubulée un mélange pulvérulent de 28 onces de nitrate de potasse et de i4 onces de peroxide de manganèse ; on adapte â la cornue une allonge et un ballon tubulé; de celui-ci part un tube qui va se rendre dans le premier flacon de l’appareil de Woulf, dans lequel on a mis de l’alcool, donll’objet est de condenser l’éther qui passe à l’état de gaz; deux autres flacons de cet appareil renferment de l’eau distillée. On lute les jointures , et , au moyen d’un tube en »S, on introduit dans la cornue un mélange refroidi de 80 onces

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d’alcool à 36®, et de 1 3 onces d’acide sulfurique concentré. Au bout de douze ou quinze heures , on chauffe graduelle* mentla comue 5 la distillation s’établit; onia continue jusqu’à, siccité, et l’on a soin de rafraîchir l’appareil. Le produit obtenu, qui pèse 60 onces, est distillé de nouveau à une très* douce chaleur, avec une once et demie de magnésie calcinée. Lorsque la moitié du liquide est passée dans le récipient, on arrête l’opération ; on distille encore , sur jine demi-once de magnésie pure, le liquide volatilisé dans le récipient, et on reçoit le produit dans un petit ballon jaugé d’avance; on arrête l’opération lorsque le niveau de la liqueur est arrivé à la marque qui indiqué 8 onces d’eau. L’éther nitreux obtenu par ce moyen est aussi pur que possible suivant M. Planche ; il doit être renfermé dans de petits flacons en cristal.

Ether hjdriodique. On distille au bain - marie un mélange de 2 parties en volume d’alcool concentré, et d’une partie d’acide hydriodique à i,;700 de densité 5 on obtient dans le récipient un liquide alcoolique incolore , qui, par l’addition de l’eau, laisse précipiter , sous la forme de petits globules , un liquide d’abord laiteux , mais qui ne tarde pas à devenir transparent : ce liquide est l’éther hydriodique ( M. Gay-Lussac) ; il suffit de le laver'avec de. ' l’eau pour l’avoir pur,

Eilier acétique. On introduit dans une cornue 100 parties d’alcool rectifié , 1 7 parties d’acide sulfurique du commerce , et 63 parties d’acide acétique concentré : ou adapte à cette cornue une allonge et un ballon entouré de linges mouillés, et on chauffe graduellement le mélange la liqueur enUe en ébullition , et il se produit i25 parties d’éther acétique qui viennentse condenser dans le. récipient % il suffit de laisser cet éther pendant demi-heure en contact avec I O à 1 2 parties de potasse à la chaux , et de l’agiter de temps en temps , pour le pirrifier (M, Thénard). Il pa.raU

SES Éthers. 44^

que Tacide sulfurique agit dans celte expérience en s’emparant de l’eau contenue dans l’acide acétique et dans l’alcool , et en empêchant celui-ci de se volatiliser. 11 ne se forme pas un atome d’éther sulfurique. On peut égalementpréparef cet éther en distillant jusqu a siccité 3 parties d’acétate de potasse , 3 parties d’alcool rectifié, et a parties d’acide sulfurique concentré; le produit volatilisé et condensé dans le récipient, doit être distillé de nouveau avec | de son poids d’acide sulfurique à 66®.

Autrefois on préparait cet éther en distillant parties égales d’alcool et d’acide acétique rectifiés ; lorsqu’on avait obtenu dans le récipient les deux tiers du mélange employé , on cohobait , on distillait de nouveau , on recohobait , et ce n’était qu’ après plusieurs distillations, et après avoir perdu une certaine quantité du produit , que l’on parvenait à obtenir cet éther, qu’il fallait encore distiller avec la potasse , et qui contenait une grande quantité d’alcool ; ce procédé est généralement abandonné depuis que M. Thénard a fait connaître celui dont nous avons parlé.

Ether benzoïque. On fait chauffer dans un appareil analogue au précédent , 3o parties d’acide benzoïque , 6o parties d’alcool et 1 5 parties d’acide hydro-chlorique liquide concentré; il se dégage d’abord de l’alcool contenant un peu d’acide, puis on obtient dans le ballon un peu d’éther benzoïque; mais la majeure partie de cet éther reste dans la cornue : à la véiâté, il est recouvert par une couche formée d’alcool ^ d’eau, d’acide benzoïque et d’acide hydro-chlorique. On traite à plusieurs reprises la masse contenue dans ce vase par l’eau chaude , qui dissout cette couche et laisse l’élher benzoïque , qu’il suffit de laver avec un peu de dissolution de potasse , puis avec de l’eau, pour lui enlever un atome d’acide benzoïque en excès , et l’avoir pur. (M. Thénard.)

Ether oxalique , citnque et malique. On distille dans un appareil semblable au précédent, 3o parties de l’un

446 TilÔtSIÊJtE PAaTIE-

ou de l’autre de ces acides^ 35 parties d’alcooî pur, et lO parties d’acide sulfurique conceutré ; on continue l’opération jusqu’à ce qu’il passe dans le récipient un peu d’éther sulfurique : à cette époque on laisse refroidir le liquide contenu dans la cornue , et on l’étend d’eau pour en précipiter Vether dont nous parlons; on le purifie comme l’éther benzoïque. (M. Thénard.)

EtheTtartanque.On. emploie, pour l’obtenir, les mêmes proportions d’alcool et d’açide que pour l’éther citrique , excepté que l’on substitue l’acide tartarique à l’àçide citrique; on distille le mélange jusqu’à la même époque ; mais au lieu de verser de l’eau dans le résidu , on y ajoute peu à peu de la potasse ; il se précipite du tartrate acide de potasse; lorsque la liqueur est saturée par l’alcali, ou la décante, on l’évapore , et on la traite à froid par de l’alcool très-condentré ; le solutum alcoolique fournit par l’éyaporarationune matière sirupeuse épaisse, qui est Yéthertar^ tarique, ou du moins une combinaison d’alcool et d’acide tartarique. (M. Thénard.)

De V Esprit pjro-acétique^

loig. On distille de l’acétate de plomb dans une cornue de grès, à laquelle on adapte un ballon à deux tubulures , dont Time donne passage à un tube qui va se rendre au fond d’une longue éprouvette entourée de glace et de sel ; on recueille le produit liquide provenant de la décomposition de l’acétate , on le sature par la potasse ou par la soudp, et on le distille à une douce chaleur ; l’esprit pyror-acétique vient se condenser dans le récipient ; on le prive de l’eau qu’il contient en le distillant sur du chlorure de calcium (muriate de chaux sec).

DES VEEÎflS,

Des Vernis.

10^0. Vernis à ï alcool. Les vernis à l’alcool peuvent être considérés d’une manière générale , comme des composés de substances résineuses et d’alcool. Voici comment on prépare celui que l’on applique sur les boîtes, les cartons, les étuis, etc. On laisse pendant une heure ou deux , dans l’eau bouillante , un matras contenant 82 parties d’alcool concentré, 4 Parties de verre pilé grossièrement, 6 parties de mastic pur, et 3 parties de sandaraque finement pulvérisés , que l’on agite de temps en temps avec un tube de verre 5 on y verse 3 parties de térébenthine de Venise très-claire , et on continue à chauffer le mélange pendant une demi-heure : au bout de ving-quatre heures, on décante la liqueur, et on la filtre à travers du coton. Suivant Tingry , à qui nous avons emprunté ces détails, le verre dont on se sert augmente le volume du produit, et facilite l’action de l’alcool 5 il s’oppose, en outre, à re que les résines adhèrent au matras et se colorent.

Vernis à ï essence. Us ne diffèrent des précédens qu’en ce qu’ils contiennent de l’huile essentielle de térébenthine au lieu d’alcool.; on les prépare par le même procédé , et on en fait usage pour vernir les tableaux. Voici la composition de celui que l’on emploie de préférence : mastic pur en poudre, 12 parties; térébenthine pm’e , I partie et demie; camphre en fragmens , f partie ; verre blanc pilé, 5 parties ; huile essentielle de térébenthine rectifiée , 36 parties.

Vernis gras. On applique ces vernis sur les voitures de luxe , les lampes , le bois, le fer, le cuivre, etc. On les prépare en faisant fondre à une douce chaleur , dans un malras, 16 parties de résine copal, et en y versant 8 parties d’huile de lin on d’œillet lithargirée et bouillante ; on agite le mélange , et lorsque la température est à 60° ou 80®,

44^ ïaoiSiÈME PAÉÏIÈ.

on y ajoute t6 parties d’huile essentielle de térébenthine 5 on le passe de suite à travers un linge , et on le garde dans une bouteille dont rouvertiue est assez large : il ne tarde pas à s’éclaircir. ( jirt de faire et d! appliquer les vernis , parTingry, tome i, page i35. )

De V Hématinei

1021. Après avoir fait digérer pendant quelques heures la poudre de bois de campêche avec de l’eau à 5o ou à 55®, on filtre solutum et on l’évapore jusqu’à siccité 5 le produit obtenu est mis en contact avec de l’alcool à 36®. Au bout de vingt-quatre heures , on filtre et on chauffe la dissolution alcoolique jusqu’à ce qu'elle ait acquis une consistance épaisse; alors on y ajoute un peu d’eau, on l’évapore de nouveau à une douce chaleur , et on la laisse refroidir ; Vhématine cristallise ; on lave les cristaux avec de l’alcool et on les fait sécher. ( Chevreul. )

Du Rouge de carùiarne.

1022. Onleprépareaveclafleurdecarthame, dans laquelle on trouve, outre la couleur rou^e insoluble dans l’eau, une matière colorante jaune , soluble dans ce liquide. On lave le carthame à plusieurs reprises , jusqu’à ce que l’eau ne soit plus colorée par la matière jaune ; on décante et on fait macérer le résidu pendant une heure avec son poids d’eatt et 0,1 5 de sous-carbonate de soude , qui a la propriété de dissoudre la matière rouge ; on filtre la dissolution , on en sature la soude par le jus de citron et on y plonge des écheveaux de coton ; dans cet état la liqueur doit être d’un beau rouge cerise ; la matière rouge abandonnée par l’alcali se trouve, au bout de vingt - quatre heures , entièrement précipitée et combinée avec le coton. On lave celui-ci à plusieurs reprises avec de l’eau tiède, qui dissout le reste de la matière jaune; on le laisse pendant une heure dang

iQE LA tOLYCHROÏTE , DE l’iKDIGO , Ctc. /[ /fo

un iâm coinposé de vingt fois son poids d’eau, et d’nn dixi&ne de ce mênie poids de sons-carbonate de soude j ‘afin de dissoudre de nouveau la matière rouge qui était fixée sur le coton ; on précipite cette matière par le jus de citron, et on la fait dessécher après avoir décanté le liquide. ( Dufour. )

De la Poljchroïte>.

I o 23. On traite le safran par l’ eau froide 5 on évapore la dis“solution jusqu’en consistance de miel, et on fait macérer le produit avec de l’alcool à 4o® j on filtre le solutum et on le dessèche par l’évaporàtiôh. La masse obtenue est la polychroïte.

De V Indigo guatimalà.

1024. Après avoir lavé les feuilles de Vindigoferà^ on les place dans une cuve et on les recouvre d’eau 5 elles ne tardent pas à fermenter; le liquide verdit, devient un peu acide, et sa surface se recouvre de bullès et de pellicules irisées; alors on le fait passer dans une autre cuve; on l’agite et on le mêle avec de l’eau de chaux qui favorise la précipitation ^e' l’indigo; lorsque celui-ci est déposé, on le lave et bn le' fait séchera l’ombre.

On opère de même pour extraire cette matière colorante du pastel; mais cOnune l’indigo précipité par l’eau de chaux est vert, et qu’il doit cette couleur à un mélange de jaune et de bleu , il faut le laver avec de l’acide hydrochlorique faible , qui dissout la chaux , et rend la matière jaune plus soluble dans l’eau, en sorte qu’il suffit ensuite de le mettre en contact avec ce dernier liquide pour lui enlever la couleur jaune et l’obtenir bleu.

Indigo pur. On chauffe dans un creuset de platine recouvert de son couvercle l’indigo guatimala, et l’on ne tarde pas à obtenir l’indigo pur, sublimé sous la forme de cris- K. 29

45o TROISIÈME PARTIE.

taux, et attaché à la partie moyenne, du creuset; on peut encore l’obtenir en traitant successivement l’indigo guatimala par l’eau, par l’alcool et par l’acide hydro-chlorique. (Chevreul. § ^ao.) . . . ,

De la Matière colorante du bois de santal rouge.

loaS. Après avoir lavé le bois de santal réduit en poudre, on le fait bouillir à plusieurs reprises avec de l’alcool concentré; on évapore le solutum, et l’on obtient pour résidu la matière colorante dont nous parions. (Pelletier.) : ,

De V Orcanette.

1026. On traite par l’éther sulfurique la partie corticale de l’orcanette; le contient la matière colorante;

©n fait évaporer l’éther et on obtient l’or canette.

De V Émétine.

Î027. Après avoir réduit en poudre la partie corticale de l’ipécacuanha , on la traite par l’éther à 60,*^ pour dissoudre toute la matière grasse odorante. Lorsque; ce véhicule n’exerce plus d’action, on fait bouillir la pou di:e à plusieurs reprises avec de l’alcool à 4o° ; on filtre les„dissolutions bouillantes, et l’on obtient un précipité blanc floconneux analogue à la cire ; on filtre de nouveau les dissolutions et on les fait évaporer au bain-marie ; le résidu, d’un rouge safraaé , contient V émétine , de la cire , de la matière grasse et de l’acide gallique. On le traite par l’eau froide, qui ne dissout que l’émétine et l’acide gallique; on - filtre , et on précipite celui-ci par le carbonate de baryte ou de magnésie , ou par l’alumine en gelée : Xérnétine ainsi isolée est redissoute dans l’alcool, et le solutum évaporé jusqu’à sîccité.

B2 LA PÏCÎlOTOXIÎîÉ , lîE LA SARCOCOLLE , etC. 45^

De la Picrotoxine.

1028. On fait bouillir dans l’eau la coque du Levant sé«» parée de son péricarpe ; ôn verse d-ins la dissolmioa filtrée de l’acétale de plomb, qui y fait nailie uu précipité; on filtre et on évapore la dissolution jusqu’en consisL^nce d’extrait; celui -ci est traité par l’alcool à 4o®î 1-^* -queur résultante évaporée de nouveau. On répète ces opérations jusqu’à ce que l’on obtienne un produit complètement solu 'ie dans l’eau et dans l’ali ool ; ce produit est formé àe picrotoxine et de matière jaune; on l’ajji'e avee un peu d’eau qui dissout la matière jaune, et détermine la séparation d’un très-grand nombre de petits crLtaux qu’ii suffit de laver. ( Boullay, )

De la Safcocolte.

1029. La sarcocolle pure s’obtient en traitant par l’eau ott par l’alcool la sarcocolle du commerce , et eu évaporant la dissolution jusqu a siccité.

De la Gelée et de ÎUlmine.

( W<^èz pag. 1B4 de ce vol. ).

Dé V Asparagine.

ïo3o. On fait chaufFer lè suc d’asperges pour en coaguler l’albumine; on lefîitre, ou le conceuireparla chaleur et on le laisse évaporer spontanément; au bout de quinze à vingt jours V asparagine Cristallise en prismes rhomboïdaux, que l’on recueille pour les dissoudre dans l’eau et les faire cristalliser de nouveau. Il faut éviter de prendre avec l’asparagine d’autres cristaux aiguillés, peuccnsistans, qui sont mêlés avec elle , et qui paraissent avoir quelque rapport avec la naaanité. ( 3iLM. Vauqueliu et Robiquet. }

Delà Morphine.

1031 . On verse , sur liuit onces d’opium concassé , une pinte d’eau distillée*, au bout de deux jours , on filtre la dissolution, et on l’agite avec un gros et demi ou deux gros de magnésie pure *, on fait bouillir le mélange pendant quatre à cinq minutes , et on le met sur un filtre; l’excès de magnésie et la morphine restent sur le filtre; on les lave, on les presse pour les dessécher, puis on les traite par l’alcool bouillant, qui dissout toute la morphine sans agir sur la magnésie; on filtre la dissolution alcoolique encore bouillante , et la morphine se précipite par le refroidissement. ( M. Robiquet. )

M. Sertuemer a proposé l’emploi de l’ammoniaque pour séparer la morphine de la dissolution aqueuse d’opium; mais la magnésie doit lui être préférée, parce qu’elle donne plus de produit, qu’il est beaucoup moins coloré èt beaucoup plus alcalin.

De la Substance cristallisable de V opium ( sel d’opium ) .

1032. On peut obtenir ce produit avec la dissolution aqueuse de l’opium ou avec le marc. Dans le premier cas, on évapore la dissolution jusqu’en consistance de sirop épais, que l’on traite par cinq ou six fois son poids d eau; on filtre et on évapore de nouveau le solutum. On traite de même par l’eau la masse sirupeuse qui en résulte. Dans chacune de ces opérations , l’eau qui sert à délayer le produit sirupeux sépare une portion de substance cristedlisabie, unie à de la résine et à un peu d’extrait. On traite, cette portion par l’alcool bouillant, et par le refroidissement on obtient le sel d’opium cristallisé; à la vérité , il est coloré en jaune par de la résine , et il faut le purifier en le dissolvant dans l’alcool et en le faisant cristalliser à plu-

BS LA FtlKGISE KT DÎJ SLUTES. 4^3

sieurs reprises. Pour retirer le sel d’opium du marc., M. Derosne conseille de faire digérer, à la température de 3o à 4o°5 une partie de celui-ci avec 5 à 6 parties d’alcool, de filtrer la liqueur encore chaude , de remettre de l’alcool sur le résidu pour lui faire subir une nouvelle digestion, enfin de faire bouillir de l’alcool sur la masse qui a déjà subi cette double digestion; alors on réunit les liqueurs alcooliques, et on les distille dans des vaisseaux clos jusqu’à ce que la liqueur, soit épaissie; on la jette dans une capsule de porcelaine ; la majeure partie de la résine sç dépose; on décante la liqueur dans laquelle se trouve set d opium, qui cristallise par le refroidissement; on le fait redissoudre dans l’alcool pour le faire cristalliser de nouveau et l’avoir pur. On peut encore l’obtenir en faisant bouillir le marc d’opium avec d,e l’alcool, filtrant la liqueur bouillante, redissolvant dans l’alcool les cristaux qui se déposent par le refroidissement , et les faisant cristalliser de nouveau.

I)e la Fungine,

1033. On prépare la fungine en traitant les champignons par l’eau, par l’alcool, par les acides, et par une dissolution alcaline faible; ces rnenslrues dissolvent les divers principes qui constituent les champignons, et laissent la fungine, qui y est insoluble.

Du Gluten.

1034. On forme, avec la farine de froment et de l’eau, une pâte que l’on malaxe sous un filet d’eau; ce liquide entraîné la fécule et dissout l’albunaine et le sucre qui entrent dans la composition de la farine , et qui étaient logés dans les interstices du gluten ; au bout de quelques minutes , celui-ci reste entre les mains. Il est pur quand il ne trouble plus l’eau dans laquelle on le met.

TB,OISlÈME PARTIE.

De la Lei>ure de hîère ( ferment ).

io35: On la sépare de la masse écumeuse qui se produit pendant la fermentation de l’orge germée. {^Toyez page 289 de ce vol.)

De la Préparation du pain.

io36. Le pain se prépare ordinairement avec la farine de froment ou de seigle; les au res semences, ainsi que la pomme de terre, ne fournissent du pain de bonne qualité qu’autant qu’on les a mêlées aux précédentes. On fait une pâte avec de la farine et dû levain frais délayé dans de Teau tiède; on la pétrit afin de mêler intimement ces différentes substances, et on l'abandonne à elle-même à une température de 12 à iS®. II s’établit bientôt une réaction entre les élémens qui composent la farine et le levain ; le sucre éprouve la fermentation spiritueuse , et donne naissance à de l’acide carbonique et à de l’alcool , qui passe bientôt à l’état d’acide acétique; le gaz carbonique formé tend à se dégager, dilate les cellules du gluten, rend la pâ. légère , blanche , et s’oppose par conséquentà ce qu’elle soit mate : on dit alors que la pâte est levée ; à cette époque on la fait cuire. Si la farine que l’on emploie ne contient pas de gluten , ou que son mélange avec le levain n’ait pas été iniime , on obtient un pain mat.

M. Vogel, dans un travail récent sur la panification, a établi , I® que le gaz acide carbonique ne peut pas remplacer la levure et le levain, comme l’avait prétendu M. Edling ; 2® que le gaz hydrogène a la faculté de soulever la pâte , mais qu’il ne peut pas la faire fermenter ; 3® qu’il est impossible de former du pain en réunissant les élémens de la farine préalableraentséparés par l’analyse; 4° que lorsqu’une farine de mauvaise qualité refuse d’entrer en fermentation , et donne un mauvais pain , on peut

BtJ T AH SIS.

l’améliorer au moyen du carbonate de magnésie , proposé par M. Edmond Davy. ( Voyez tome i'^’’ , p. 228. ) Ce sel est décomposé. par l’àcide acétique contenu dans la pâte, èt l’acide carbonique mis à nu sert probablement à dilater les cellules du gluten ; toujours est- il vrai que, le pain renferme dans ce cas de l’acétate de magnésie. 5”. Que le pain fait avec le riz ou avec l’avoine est dur 5 que ce dernier est en outre grisâtre et sensiblement amer.

Nous allons terminer cet article par l’exposition des mélanges à l’aide desquels on peut faire du pain. On peut l’obtenir excellent avec moitié de froment et moitié dé maïs ^ le pain de ménage peut être préparé avec parties égales de farine de froment-, et de farine de seigle , d’orge, d’avoine, de sarrasiri et de pomme de terre; celle-ci peut même , lorsqu’elle est fraîche , y entrer pour les deux -tiers ou pour les Suivant M. Cadet de Vaux, on obtient 36 livres de bon pain avec 18 livres de farine d’oi^e, ^ livres de farine de blé et 9 livres de parenchyme de pomme de terre. ( Voyez ^811.)

Du Tannin,

ï 06'] .Tannin de lanoîx de galle. M. Proust a proposé deux procédés pour séparer cette substance de l’infusion de noix de galle. Le premier consiste à saturer l’acide gallique qu’elle renferme par le sous-carbonate de potasse, et à laver le tannin précipité.. Suivant M. Bouillon-Lagrange, on doit substituer à ce sel le sous-carbonate d’ammoniaque-, et faire digérer le précipité dans l’alcool à 0,817 dé pesantem’ spécifique. Dans le second: procédé, on précipite lé tannin en versant dans la même infusion de rbydro-chlorate d’étain r le tannin est alors uni avec l’oxide d’étain; ou fait passer à travers le précipité lavé du gaz acide hydrosulfurique, qui transforme l’oxide en sulfure, tandis que le-

456 TROISIÈME l-ARTIE.

tannin reste en dissolution 5 on fait évaporer la lîqueun jusqu’à siccité, et on l’obtient. Suivant J\î. Mérat Guillot, on doit précipiter Vinfusum de noix de galle par l’eau de cbaux, et laver le précipité avec de racide. nitrique ou hydro-clilorique faibles, qui mettent à nu le tannin pur.

On a encore proposé quelques autres procédés pour séparer cette matière ; mais nous devons; avouer que toujours le tannin obtenu contient de l’acide gallique, et en outre une portion du réactif qui a servi à le précipiter 5 en sorte qu’il nous a été impossible , jusqu’à ce jour, de nousprocurer .cette substance pure.

Tannin de cachou. Il sujfit, pour obtenir ce corps, de faire bouillir le cacbou avec de l’alcool , de filtrer le solutum^ de l’évaporer jusqu’à siccité., et de mettre la masse en contact avec l’eau froide , qui ne dissout guère que le tannin. (M. Davy.)

Tannin artificiel. {J^oyez pag. rgS de ce vol.).

De V Encre.

io38. L’encre dont nous allons indiquer la préparation doit être regardée comme une combinaison de tannin, d’acide gallique , d’oxide de fer et de peroxide de cuivre 5 elle contient en outre de la gomme que l’on peut considérer comme y étant à l’état de simple mélange , et qui sert à lui donner de la consistance et du brillant.

On fait bouillir pendant deux heures une livre de copeaux de bois de campéche , 2 livres de noix de galle concassée et 7 5 livres d’eau 5 on remplace ceUe-ci à mesure qu’eUe s’évapore ; on mêle 6 mesures de ce decoctum avec 4 mesures d’eau saturée de gomme arabique , et on. y ajoute 3 ou 4 mesures d’une dissolution de proto-sulfate de fer , dans laquelle on a mis du sulfate de cuivre dans la proportion de de la noix de galle employée ; aussi-

tôt que le mélange çst fait, on l’agite et il devient noir. ( M. Chaptal. )

De la Matière sucrée , et de la Matière cristallisable de la réglisse.

1 039. Matière sucrée. On verse sur le decoctum de racine de réglisse déjà refroidi et filtré , un peu de vinaigre distillé ^ il se produit un.précipité gélatineux composé de beaucoup de matière sncré^e , et d’un peu de substance animale unie- 4 l’acide acétique ^ on le traite par l’alcool après l’avoir lavé on fait évaporer le solutu,m, et on obtient cette matière à l’état de. pureté.

Matière cristallisable. lie decoctum dont on a séparé la maiière sncrée par l’acide acétique , après avoir été filtré, est précipité; par im excès d’acétate de plomb ; alors il est incolore ; on y fait arriver un courant de gaz acide hydrosulfurique pour transformer en sulfure de plomb insoluble, l’acétate qu’il contient ; on filtre et on fait évaporer la dissolution; la matière dont nous parlons cristallise , et peut être purifiée par une nouvelle dissolution et cristallisation.

DELA PBÉPAEATION DES SUBS,TANCDS ANIMALES .

De la Fibrine.

I o4o . Si on bat le sang avec une poignée de bouleau immédiatement après sa sortie de la veine , la fibrine vient s’attacher au bois; il suffit ensuite delà soumettre à des lavages réitérés pour la décolorer et l’avoir pure.

De V Albumine.

1 04 1 . Albumine liquide. Elle constitue le blanc d’œuf : à la vérité, celui-ci contient en outre quelques sels et du souscarbonate de soude , dont il est impossible de le priver.

Æhumine solide. On. verse de l’alcool dans le bfanc d’œuf dissous dans l’eau et filtré ; l’albumine se' précipite sur-le-champ 5 on , la lave.

Du Principe colorant du sang.

1042. Après avoir égoutté sur un tamis de crin le caillot du sang , on l’écrase dans une terrine avec 4 parties d’acide sulfurique préalablement étendu de 8 parti es d’eau, et on chauffe lé mélange à 70“ thermomètre centigrade , pendant cinq à six heures 5 on filtre la liqueur encore chaude qui contient le principe colorant du sang , de l’albumine , et probablement de la fibrine ; on lave le résidu avec une quantité d’eau chaude égale à celle de l’acide, employé 5 on évapore les dissolutions jusqu’à ce que leur volume soit réduit à moitié , et on y verse assez d’ammoniaque pour qufil ne reste plus qu’un léger excès d’acide; on agite , et on obtient un dépôt d’un rouge pourpre, formé principalement par le principe colorant, et qui ne renferme ni albumine ni fibrine ; on le lave jusqu’à ce que l’^au de lavage ne contienne plus d’acide sulfurique , ou ne précipite plus le nitrate de baryte ; alors on le met sur un filtre , on l’égoutte sur du papier joseph , on l’enlève avec un couteau d’ivoire et on le fait sécher dans une capsule. (M. Vauquelin.)

De la Gélatine.

1043. Nous avons déjà indiqué (§94^) le procédé que l’on doit employer pour obtenir la gélatine des os ; voyons maintenant comment on s’y prend pour préparer la colleforte avec les rognures de peaux , de parchemin , de gants ; avec les sabots, les oreilles de bœuf, de cheval, de mouton , de veau , etc. Après avoir enlevé le poil et la graisse contenus dans ces matières , on les fait bouillie

©tr CASE ITM ET DU F KO M AGE." 4^9^

pendant long-temps avec beaucoup d’eau ; ou sépare les"^ écumes , dont on favorise la formation à l’aide d’une petite quantité d’alun ou de chaux 5 on passe la liqueur , et on la laisse reposer; on la décante, on l’écunie de nouveau, et on la fait chauffer pour la concentrer. Lorsqu’elle est suffisamment rapprochée , on la verse dans des moules préalablement humectés , où elle se prend en plaques molles par la refroidissement ; au bout de vingt-quatre heures , on les coupé en tablettes , ot on les fait sécher dans un endroit chaud et aéré.

io44* Colle de poisson. Pour l’obtenir, on lave la membrane interne de la vessie natatoire de certains esturgeons ; on la dessèche un peu, on la roule , et on achève de la dessécher à l’air. On prépare encore une colle moins pure en traitant par l’eau bouillante la tète, la queue et les mâchoires de certaines baleines et de presque tous les poissons sans écailles.

Du Caséum.

1 045. On abandonnele lait à lui-mème ; on sépare la crème à mesure quelle se forme ; on lave le caillot précipité , on l’égoutte et on le dessèche : ce caillot est le caséum pur. (Voyez Zaù, §928.^

Du Fromage.

1046. Le fromage frais n’est autre chose que le caséum^ tandis que les auü’es sont le résultat de la décomposition éprouvée par ce corps. Pour les obtenir , on expose au grand air le caséum bien égoutté et salé; on le retourne tous les deux jours , et on sale de nouveau la partie supérieure ; quand il est sec , on le met dans une cave sur un lit de foin , en ayant soin de le retourner encore de temps en temps ; il est fait lorsqu’il est devenu gras : à cette épaque ,

46o TROISIÈME PARTIE.

il ne contient plus de caséum ; on y trouve une matière liuiieuse , de l’acétate d’ammoniaque , etc.

Du Beurre.

io47- Après avoir obtenu la crème, en exposant le lait à l’air , on l’agite fortement , soit au moyen d’un tonneau dont l’axe mobile offre plusieurs ailes , soit au moyen d’un disque de bois attaché à l’extrémité d’un long bâton : bientôt elle se partage en deux parties : l’une , liquide et^^laiteuse , porte le nom de lait de heurrre , et contient du petit-lait, du caséum et un peu de beurre j l’autre est le beurre ; on sépare celui-ci , on le lave à grande, eau , et on le malaxe jusqu’à ce qu-il ne blanchisse çlus ce liquide 5 alors on le livre dans le commerce : cependant il est loin d’étre pur 5 il retient encore du caséum et du sérum qui le rendent si facilement altérable en été : pour le débarrasser de ces matières , on le fait fondre à une chaleur d’environ 60 à 66® : il vient à la surface, tandis que le sérum liquide , plus pesant , se trouve au-dessous avec les flocons de caséum ; on le décante et on le conserve.

On a prétendu pendant long -temps que le beurre et la crème ne se trouvaient pas tout formés dans le lait, et qu’ils se produisaient pendant le battage, en absorbant l’oxigène de l’air 5 cette opinion est tellement dénuée dé fondement , qu’il suffit de quelques heures pour séparer la crème du lait que l’on a mis dans des vaisseaux clos privés d’air et exposés au soleil ; cette séparation a meme lieu lorsqu’on agite du lait dans un flacon qui est à moitié rempli d’acide carbonique , et qui ne contient pas d’air.

Du Petit-Lait.

1048. On verse une cuillerée de vinaigre dans un litre de lait écrémé bouillant : sur-le-champ la majeure partie du caséum et du beurre se précipite j on décante le petit-lait

Dû SUCRE DE DllT ET DE E’dRÉE.

surnageant , qui est encore trouble 5 on le passe à travers un tamis de crin' très-serré, et on le fait chauffer 5 aussitôt qu’il entre en ébullition , on le mêle avec un blanc d’cetff délayé dans quatre â cinq fois son poids d’eau ; il se forme un nouveau coagulum composé d’albumine , àe caséum et de ’matiére butireuse; ou le passe à travers un linge fin, et l’on obtient une liquéür très-limpide , qui est lè petitlait. Le procédé suivant est encore préférable : on délaye dans un peu d’éau une petite quantité de présure que l’on verse dans le lait 5 on laisse le mélange sur dès -cendres chaudes pendant quelques heures ; ôn le chaùffe ensuite en évitant de le faire bouillir 5 coagulum se forrne ; on en sépare le sérum ^ on le mêle avec un blanc d’oeuf bien battu, et ônle porte à l’ébullition 5 aussitôt qu’il bout on y ajoute Un peu d’eau mêlée'avee une' OU deux gouttes de vinaigre , et il devient très-clair 5 On le passe à fravérsun linge fin, ' , .

DuSuctede'lait,

1 049. On évapore lé pétit-lait , et on le laisse cristalliser j les cristaux de sucre de lait obtenus sont dissous, dans l’eau , et cristallisés de'nduveau , pour les séparer d’un peu de CÆsenOT et dè quelques substances salines qui les altèrent. 'Céttè préparation se fait principalèment en Suisse,

De VUrée,

1050. On évapore l’urine jusqu’en consistance^sirupeuse 5 on entoure de glace le vase qui la contient, et on la mêle peu à peu avec son volume d’acide nitrique à 24° •> se combine avec l’urée ; on agite , et on rassemble sur un linge les cristaux rougeâtres de nitrate acide d’urée ; on les lave avec de l’eau à 0° , et après les avoir desséchés sur du papier joseph, on les dissout dans l’eau , et on les décompose par un excès de carbonate de potasse 5 la liqueur

402 TEOIStÈME PARTIE.

se trouve alors composée à' urée, de nitrate de potasse et de l’excès de carbonate ; on l’évapore presque jusqu’à siccité et à une douce chaleur; on traite le produit par de l’alcool très-pur /qui ne dissout que l’urée; on fait évapofér le solutum, et l’uree cristallise ; on la dissout dans deraicool, et on lafait cristalliser de nouveau pour l’avoir 'pure. ( Fôurcroy etM. Yauguelin. )

’ i>è la Matière- extractive du houilloti {osmazome).

. lo5i. On traite à plusieurs reprises la chair musculaire avec de l’eau froide, qui dissout l’albumine, Posmazon-e et quelques;sel3,; on fait bouillir là dissolution pour coaguler l’albumine que l’on sépare avec.une écumoire ; on la filtre lorsqu elle est moyeuuemérit cohcèntrée , et qu’il ne se coagule plus d’albumine; on continue l’évaporation à une douce chaleur, jusqu’à" ce que lia liqueur ait acquis la consistance d’un sirop ; on la traite par l’alcool quidissout l’osmazome; on filtre , et on fait évaporer de nouveau pour volatiliser i’esprjt-de-vin. On peut encore préparer l’osma- 'zoml' en cdncenlrâht le bouillon ordinaire séparé de la gràisVe en éffet\ celui-ci né contient guère que de l’osma-, zoirie ef de là gelatinë;' ii suffit donc de le traiter par l’alcool , qui dissout le premier de ces corps sans toucher sensiblement à l’autre.

De la Matière jaune de la hile.

■ iô5n. On étend la büé de bœuf de dix eu douze fois son volume d’eau ; en y versé quelques gouttes d’acide nitrique., et sur-îe-cbarnp on obtient un précipité jaune trèsabondant , fermé de là matière que nous cherchons à séparer et d’un peu de résine; on le lave, et on le traite par l’alcooî , qui dissout la résine et laisse la matière jaune. (M. Tiieaard. )

DE LA RÉSINE DE LA BILE , DU PICROMEL , fitC. ^<Q%

De la Tœsine de la bile.

io53.La bile dont on a extrait la matière jaune est filtrée et mêlée avec une dissplution d’acétate de plomb neutre,, qui, y fait naître un, précipité composé d’oxide de plomb et de résine ; pn ledave et on le décompose par de l’acide nitiïque Faible ; celui-ci dissout l’oxide de plomb , et la résine reste sous la forme de, glèbes molles etvertes. (M.Tbenard.)

,, Du Picromel.

; ïo54.0neomménfceparverserdans de la bile de bœuf éten» due d’eâu de l’adétate de plomb du commerce , pour en -précipiter la matière jaune, la résine et les acides sulfurique et phosphorique qui entrent dans la composition du sulfate et du phosphate de soude ; oh filtre la liqueur dans laquelle se trouve le picromel , et on la mêle avec un éxcès de sous-acétate dè plomb ; il se forme sur-le-champ un prgçipité blançiloconneux composé d’pxide de plomb et de picromel ; on le lave à. grande eau, oA le dissout dans du vinaigre distillé, et .on fait arriver àan&Aesolulüm un courant de. gaz. acidehydro-sulfurique; qui' décompose l’oxide de plomb, et en précipiie le métal à l’état de sulfure noir; on filtre, et on fait •éhaûffér là' li^èùr pour en chasser les acides acétique , et hydro-s.ulfui.ique ; il : ne reste plus Cjueïe picromel. ' . ~

De la Cholestérine.

io55. On prépare la cholestérine en faisant bouillir dans l’alcool les calculs biliaires de l’homme réduits en poudre fine : la cholestérine se dissout et cristallise à mesure que la liqueur refroidit.

ÏROISîtMJî partie.

De ' Vjdcide ûriqaë.

io56. On l’oîjtîent enfaisàntîïOuillir, atec deîa potassé et de l’eau , le dépôt de Puririe non putréfiée ou les calculs urinaires jàünâtres : on forme par ce moyen de rurale de potasse "soluLle , què l’on décompose par l’a'cîdë';l£ÿdro-chlorique5 51 seq)roduit aussitôt un précipité blâUc floconneux d’acide urique ; on le lave pom? en sépàifer tout l’hydro-cldoràte de potasse. ,

De V Acide romcique.

loS^. Après avoir lavé leflépôl rouge qui se forme dansirurine des individus atteints de certaines fièvresnerveusés, etc. , on le fait bouillir avec de l’alcool , qui dissout l’acide rosacîque et qui n’agit pas sensiblement sur l’acide' urique; on ôvàpore le selütum et on obtient l’acide roSacique. * >

De' T Acide amniotique.

io58. Ôn fait évâpOtér jusqu’en cônsîstair’ce sirupeuse les eaux de PàmUiôs de là vacKe ; ét oh les fàit Bouiilïr aiyëc -de l’alcbôl ; cèlüi-cî- dissout l'acîd:e"amriiotîqué , "et le laisse précipîtér-presqu’éulièrëmènt à mésure qu il' Se refroidit.'

. De Acide sébadque.

-I ôSgtL^ëèide sébâciqùe faît partie dU produit liquide que l’on obtient dans le récipient lorsqu’on distille" de la graisse dans des vaisseaux fermés ; il y est en-petite quantité , et se trouve mêlé avec de la graisse altérée et avec im peu d’acide acétique ; pôUr l’obtenir on traite ce liquidé à plusieurs ' reprises par l’eau' bouillante ; on le laisse refroidir après l’avôir agité , on le décante chaque fois , et on le décompose par de l’acétate de plomb dissous dans l’eau ; .il se forme tm précipité blanc floconneux de sébate de plomb j on le

DES ACIBES ElCTIQtJS ET CHOLESTÉRlQüE.

lave , et lorsqu’il est sec on le chauffe avec parties - égales d’acide sulfurique étendu de cinq ou six fois son poids d’eaù 5 il se produit du sulfate de plomb insoluble , et de l’acide sébacique soluble à chaud j on filtre et l’acide cristallise par le refroidissement de la liqueur ; on lave les cristaux pour les débarrasser de l’acide sulfuriqné qu’ils retiennent, et on ne cesse les lavages que lorsque, le liquide ne précipite plus le nitrate de baryte : à cette époque- on le fait sécher. ( M. Thénard, ) ;

De l’Acide lactique. ,

ro6o. Onfait évaporer le peti t-lait ; lorsqu’il est réduit à un huitième de son volume, on le filtre pour en séparer la matière caséeuse et on verse de l’eau de chaux dans la dissolution; par ce moyen, on précipite le, phosphate de chaux qu’il contient ; on filtre de nouveau et on précipite Texcès de chaux par de l’acide oxalique très-faible ;• alors onfait évaporer la liqueur jiisqu’erf consistance sirupeuse et on la mêle avec de l’alcool concentré , qui ne dissout que l’acide lactique ; on volatilise l’esprit-dé-vin par la chaleur et l’acide reste pur. (Schéele.) Suivant M, Berzelius, il faudrait faire digérer pendantquelque temps la dissolution alcoolique avec du carbonate de plomb, la décanter , et faire passera travers le lactate de plomb formé un courant de gaz acide hydro-sulfurique , qui précipiterait le plomb et laisserait dans la dissolution l’acide lactique uni à l’alcool ; l’acide obtenu par ce moyen serait beaucoup plus pur,.

De T Acide cholestérique.

io6i . On fait chauffer la cholestérine avec de l’àcidenitrique concentré ; bientôt l’acide et la cholestérine se décomposent ; il se dégage du gaz nitreux, et l’on obtient dans la cornue des aiguilles d’acide cholestérique ntrèlées d’acide nitrique;

on sépare 6e détnier en faisant bouillir le produit sur du

carbonate de plomb. ( MM. Pelletier et Caventou. )

- Du Cyanogène.

1062. On cbaufFe dans une petite cornue dé verre, à laquelle on adapté un tube recourbé , du cyanure de mercure neutre et paifaitement sec, qui ne tarde pas à noircir et à se fondre comme une matière aninïale ; il est décomposé et fournit du cyanogène gazeux que l’on recueille sur la cuve hydrargyro-pneumatique , du mercure et une assez grande quantité de cyanure qui se volatilisent , et un charbon couleur de suié aiissî léger que du noir de fumée , (pi reste dans la comué. Si làfempéfatüre est assez élevéè pour ramollir le verre , ime portion de cyanogène est également décomposée , et Ton obtient dé l’azôte. Si le cyanure dont on se sert est humide, il ne donne que de l’acide carb<jnique, de l’ammoniaque et beaucoup de vapeur hydro-cyanique.

De V Acide hydro-cyanique.

ïo63. On prépare cet acide en décomposant le cyanure de mercure par l’acide hydro-chlorique , à l’aide d’un appareil composé d’une cornue lubulée à laquelle on adapte un tube horizontal d’environ 6 décimètres de longueur et un centimètre et demi de diamètre intérieur. Le premier tiers de ce tube , celui qui tient au bec de la cornue , est rempli de petits fràgrhens dé marbre blanc (carbonate de chaiix), qui servent à retenir l’acide hydro-chlorique qui peut se dégager pendant l’opération, et dont on doit éviter autant que pctssible.la volatilisation. On met dans les deux autres tiers des fragniens de chlorure de calcium (muriate de chaux fondu) , substance très-avide d’eau et qui s’empare de celle que pourrait contenir la vapeur hydro*cyani(pie. L’ex-

t)V CYAtMORÊ DÉ MEKÇtJRE.

Iréiûité de ce tube va se rendre dans un récipient vide, entouré d’un mélange frigorifique préparé avec 2 parties de glace pilée et une partie de sel commun. L’appareil étant ainsi disposé on introduit dans la cornue 2 parties de cyanure de mercure et une partie d’acide hydro-chlorique liquide et concentré 5 on lute les jointures et on chauffe graduel* lement> bientôt l’acide hydro * cyanique se dégage et se condense^dans le premier tiers du tube, entre les Iragmens du marbre 5 à l’aide d’üne chaleur modérée , on lui fait parcourir toute Ja longueur du tube , on le laisse plus ou moins de temps en contact avec le chlorure de calcium , et lorsqu’il est parfaitement desséché , on le fait arriver dans le récipient. A la fin de l’opération , on trouve dans la cornue du proto-chlorure de mercüre (calomelas) et. du cyanure non décomposé. Théorie. L’hydrogène de l’acide hydro-chlorique se combine avec le cyanogène du cyanure pour, former l’acide hydro-cyanique , tandis que le chlore et lé mercure mis à nü s’unissent et donnent naissance à du proto-chlorure de mercure. (M. Gay-Lussac ) Nous avons déjà indiqué ( § 8^703 comment Schéele était parvenu à obtenir , pour la première fois , l’acide hydro-cyanique*

Du Cyanure de mercure.

1064» On le prépare en faisant bouillir dans une fiole 8 parties d’eau, une partie de deutoxide de mercure et 2 parties de bleu de Prusse réduit en poudre fine 5 le mélange ne larde pas à perdre sa couleur bleue et la liqueur devient jaune ; alors on la filtre et on obtient le cyanure cristallisé. On pourrait , par des évaporations et des cristallisations successives , le débarrasser de l’oxide de fer qui! contient ; mais il est, piéférable de le faire bouillir avec du deutoxide de mercure qui précipite cet oxide 5 on filtre et on .Jraite de nouveau la liqueur par le deutoxide de mercure

jtiscfu’à ce qu’il ne se dépose plus, d’oxide de fer (Proust) ; alors ou sature l’excès d’oxide mercuriel par de l’acide hydro-cyanique ou par de l’acide hydro-chlorique , et l’on obtient le cyanure pur.

Hjdro-cjanates simples. Ds sont le résultat de l’action directe de l’acide hydro-cyanique sur les oxides.

Hydro-cjanate de potasse et de fer. On commence par purifier le bleu de Prusse réduit en poudre fine, en le faisant bouillir , pendant une demi-heure j' avec de l’acide sulfurique étendu de cinq à six fois son poids d’ëau 5 cet acide dissout l’alumine et quelques autres matières étrangères 5 on filtre et on lave le bleu de Prusse , qui reste jusqu’à ce que les eaux de lavage ne contiennent plus d’acide sulfurique , ou ne précipitent plus par le nitrate de baryte ; alors on le fait bouillir avec une dissolution de potasse à l’alcool étendue d’eau 5 lè bleu de Prusse se décompose, perd sa couleur, et l’on obtient de l’hydrq-cyanate dé potasse -et de fer dans la dissolution , et un précipité brun rougeâtre de peroxide de fer 5 on filtre , on sature l’excès de potasse de la dissolution par un peu d’acide acétique , et on fait évaporer : lé sel double ne tarde pas à cristalliser,

Hfdro^cjanate de potasse et d'argent. ( Voj. § 882. )

Du Bleu de Prusse.

io65. Omcalcine dans un creuset de terre ou de fonte parties égales de sang desséché, de rognure de corne ^ ou bien du charbon qui en provient , et de sous-carbonate de potasse du commerce : lorsque la température est rouge et que le mélange est pâteux , on le retire du feu et on le laisse re- / froidir ; il contient alors du cyanure de potasse dont le cvanogène a été formé aux dépens de l’azote et du carbone de la matière animale : on ne peut pas admettre qu’il renferme de l’hydro-cyanate de potasse , car celui-ci est dé-

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