‹ Élémens de chimie médicale (volume 2)Chapitre 6 sur 80 · ARTICLE II · texte numérisé non relu

ARTICLE II

Des Principes immédiats des 'végétaux.

Le beau travail de MM. Gay-Lussac et Thénard, sur l’analyse d’un très-grand nombre de principes immédiats qui ne sont pas sensiblement azotés, prouve, qu’il en existe quelques-uns dans lesquels l’oxigène est à l’hydrogène dans un rapport plus grand que dans l’eau, et qui en outi*e contiennent du carbone : ces principes sont acides. 2®. Qu’il en est d’autres où l’oxigène et l’hydrogène sont dans le même rapport que dans l’eau , quelle que soit la quantité de carbone qui entre dans leur composition. 3». Enfin, que quelques-uns d’entre eux, contraires aux premiers , renferment plus d’hydrogène qu’il n’en faudrait pour transformer l’oxigène en eau : telles sont les huiles , les résines, les substances éthérées, etc. Ces données conduisent naturellement à diviser les principes immédiats analysés en trois classes 5 mais comme il en existe un certain nombre qui n’ont pas encore été soumis à l’analyse , on doit, pour établir une classification exacte, admettre un plus grand nombre de classes : nous en ajouterons trois auti'es d’après M. Thénard 5 la quatrième comprendra les matières colorantes, isolées jusqu’à présent; la cinquième renfermera tous les principes immédiats non azotés, et non compris dans les classes précédentes ; enfin la sixième sera formée par ceux qui sont azotés , et que l’on peut appeler végéto-animaux.

BES ACIDES VÉGÉTÀrX.

CLASSE première.

Des Acides végétaux.

Les acides végétaux connus jusqu’à ce jour sont au nombre de dix-^neuf , savoir : les acides acétique , malique , oxalique, tartarique, sorbique, benzoïque, citrique, gallique, kinique, mellitique, morique, fungique, saccholactique, camphorique, subérique, succinique, pyro-tartarique, nancéique et l'acide delà laque \ ils reçoivent les noms des subtaiices végétales qui, les fournissent, excepté l’acide acétique et nancéique. Ils rougissent tous Vinfusum de tournesol et saturent les bases salifiables.

Propriétés physiques. Tous les acides végétaux, excepté l’acide malique , peuvent être obtenus à l’état solide j ils sont tous susceptibles de cristalliser, excepté les acides sorbique , malique, fungique, subérique et nancéique : ce dernier, l’acide malique et celui de la laque, sont les seuls qui soient colorés. Il n’y a que l’acide acétique qui soit odorant. Leur saveur aigre est plus ou moins marquée, suivant qu’ils sont plus ou moins forts , et plus ou moins solubles dans l’eau.

Propriétés chimiques. Soumis à l’action d’une chaleur rouge, tous ces acides se décomposent et fournissent les produits indiqués § $705 chauffés dans une cornue , à une température moins élevée , il en est qui se décomposent en entier : tels sont les acides maliqué , tartarique , sorbique , kinique, mellitique, fungique, saccholactique et nancéique: uu seul, l’acide acétique, se volatilise en totalité; enfin les autres se partagent en deux parties; l’une se décompose et fournit des gaz à la faveur desquels la portion non décomposée se volatilise : tels sont les acides oxalique, benzoïque, gallique , morique, camphorique,

13 SECONtTE EAETIE»

subërîque, succînique, pyro-tarlari«jue, et^ suivant quelques chimistes , i’acîde citrique.

S’ji. Voyons maintenant quels sont les produits fournispar les acides végétaux qui se décomposent à cette température. Lorsqu’on les introduit dans une cornue dont le col va se rendre dans une allonge, que l’on adapte à celle-cî un récipient bitubulé 5 dont l’une des tubulures reçoit un tube recourbé propre à conduire les gaz sous des cloches pleines de mercure , et que l’on chauffe graduellement la cornue, on obtient les produits suivans ; dans le ballon, tm liquide composé d’eau , d’acide acétique (i) et d’huileempyreumatique j 2® dans la cuve , du gaz oxide de car-bone , du gaz hydrogène carboné et du gaz acide carbonique 5 3® dans la cornue, du charbon retenant toujours, ime certaine quantité d’hydrogène. Ces divers produits se' forment aussitôt que les inolécules constituantes de l’acide sont assez éloignées les unes des autres par le calorique pour être hors de leur sphère d’attraction 5 alors l’oxigène commence par s’emparer d’une portion d’hydrogène et de carbone pour donner naissance à l’eau et à l’acide carbonique 5 l’oxide de carbone et l’acide acétique, produits moins oxigénés , se forment immédiatement après ; enfin l’huile, dans laquelle il y a fort peu d’ôxigène , et l’hydrogène carboné qui n’en contient pas du tout , se forment en dernier lieu. Nous devons cependant ajouter que cette progression dans la formation des produits est plutôt un résultat théorique que pratique, car on les obtient tous' à-peu-près en même temps dès que la chaleur est assez forte pour opérer la décomposition du principe immédiat t la cause de ce phénomène dépend de ce que la portion qui

(1) L’acide sorbique ne fournit point d’acide , d’après M. Donovan ; l’acide tartarique donne , outre ces divers produits 5. de l’acide pyro-tartarique.

BES ACIDES TÉGÉTATJX. l3

est au centre delà comue, moins chaude que celle qui est en contact avec ses parois, commence à se décomposer lorsque la décomposition de l’autre est déjà très-avancée,- En faisant l’histoire de la préparation du charbon, de l'acide acétique et du gaz qui sert à l’éclairage , nous dirons comment on doit procéder pour séparer les uns des autres ies produits de la distillation des principes immédiats des végétaux.

Tous les acides végétaux exposés à l’air saturé d’humidité, -sont déliquescens ; les acides malique, sorbique, acétique, fungique et nancéique le sont toujours , quel que soit l’état de l’atmosphère. A moins d’être dissous dans l’eau , ces acides ne se putréfient que très-lentement par le contact de l’air , ce qui les distingue des principes immédiats de la 2® classe. Ce phénomène ne surprendra point lorsqu’on saura que Taltération que les végétaux éprouvent à l’air dépend principalement de ce qu’ils en absorbent î’oxigène-j or , les acides sont en général des produits trèsoxigénés.

Tous les acides végétaux sont solubles dans l’eau-^ à la vérité il en est quelques-uns , tels que les acides saccholactique , subérique et camphorique , qui y sont peu solubles.

majeure partie d’entre eux se dissolvent dans l’alcool; la dissolution opérée par ces deux liquides est beaucoup plus marquée à chaud qu a fi:'oid.

JJ acide nitrique concentré et bouillant paraît décomposer tous les acides végétaux, excepté l’acide benzoïque et l’acide -subérique^ il s’empare, à l’aide de son oxigène , de leur hydrogène et de lem’ carbone, et les transforme en eau et en acide carbonique. .

A l’état solide, les acides végétaux n’agissent que sur les métaux de la deuxième classe , et encore faut-il que la température soit élevée; ils leur cèdent une portion d’oxi- ^ène, les transforment en oxides ou en sous-carbonates, et

1^ SECOKUE PARTIE.

il se forme de l’eau , du gaz hydrogène carboné , du charbon et du gaz acide carbonique. S’ils sont dissous dans l’eau et doués d’un peu de force , ils exercent une action marquée sur les mêmes métaux , sur le fer , le zinc et le manganèse*, l’eau est décomposée pour" oxider le métal; l’hydrogène se dégage, et l’oxide formé se dissout dans l’acide végétal. Enfin quelques-uns d’entre eux agissent sur des métaux qui ont le contact de l’air et qui ne sont pas susceptibles de décomposer l’eau: dans ce casl’oxidation du métal a lieu aux dépens de l’oxigène de l’air.

5y2. Tous les acides végétaux s’unissent aux bases salifiables et formént des sels.

L’action du calorique sur les sels végétaux est trop Variée pour pouvoir être exposée d’unè manière générale ; on peut seulement établir qu’ils sont tous décomposés par cet agent, lue fluide électrique et l’eau se comportent avec eux comme avec les sels minéraux. {Voyez t. § i53.) Plusieurs d’entre eux se décomposent facilement à l’air , surtout lorsqu’ils sont dissous dans l’eau ; du reste l’action hygrométrique de cet agent est la même que celle dont nous avons parlé en faisant l’histoire des sels minéraux.

Les alcalis , l’acide hydro-sulfurique , les hydro-sulfates, l’bydro-cyanate de potassé et de fer , Vinfusum de noix de ■galle agissent à-peu-près sur eux comme sur les autres sels.

M. Thénard partage l’étude des acides végétaux en trois sections : i® ceux qui sont à'-la-fois le produit de l’art et de la nature ; 2® ceux qui sont naturels ; 3® ceux qui sont artificiels.

SECTION PREMIÈRE

De V Acide acétique ( acéteux ). -1

L’acide acétique se trouve dans la sève de presque tous les végétaui, dans la sueur, le. lait et l’ urine de l’homme; il se produit pendant la fermentation acide et pendant la

DE l’acide acétique. i5

putréfaction des matières végétales et animales; il est le résultat de la décomposition de ces substances par le feu, par certains acides et par quelques ait alis.

5j3. Il est liquide, incolore, irès-sapide et doué d’une odeur forte sui generis ; sa pesanteur spécifique , à la température de i6®, est de i,o63. Il est volatil, et entre en ébullition au-dessus de roo*’ sans éprouver la moindre décomposition ; si au lieu de le chauffer on le refroidit , il se congèle à zéro quand il est concentré. Il attire l’humidité de l’air et se dissout parfaitement dans l’eau; il est moins soluble dans l’alcool. A latempérature de l’ébullition , il dissout une assez grande quantité de phosphore , et il en retient même après son refroidissement (Boudet). Il n’est pas décomposé par les métaux à la température ordinaire ; cependant quelques-uns de ces corps décomposent l’eau qu’il renferme , s’oxident et passent à l’état d’acétate : tels sont, par exemple , le fer et le zinc. Il se combine avec un très-grand nombre d’oxides , et forme des acétates qui sont en générai solubles dans l’eau. Il est formé , suivant MM. Gay-Lussac et Thé¬

nard, de

Carbone . . 5o,224-’

Hydrogène et oxigène, dans le rapport

nécessaire pour former de l’eau . i •

Oxigène en excès. . . . . . . . 2,865.

Il sert à préparer plusieurs acétates ; il fait la base du vinaigre, dont nous alldris exposer les nombreux usages ; il est souvent employé comme assaisonnement. Les médecins regardent le,vignaire commè résolutif, rafraîchissant, antiseptique, sudorifique, etc. On s’en sert, i® dans tous les cas où les acides minéraux affaiblis sont indiqués ( voyez t. L’’, § 88 ) ; 2° vers la fin des rhumatismes, et alors il est associé à quelques infusions sudorifiques; 3® dans l’empoisonnement par les narcotiques, après avoir expulsé le poison par le vomissement ; en effet, il résulte

SECOîîBE EARTIË.

d’un très-grand nombre d’expéricaces que nous avons ten^ tées , que le vinaigre , loin d’être le contre - poison de î’opium, augmente son action meurtrière lorsqu’il se trouve avec lui dans le canal digestif ; mais que l’eaU vinaigrée est un des meilleurs médicamens que l’on puisse employer pour combattre les symptômes développés par ce poison ( Voyez ma Toxicologie générale , t, II , i’’® part. ) ; 4^ dans l’asphyxie ^ où il est employé avec le plus grand succès en frictions, en lavemens, en boissons, etc.; 5° dans les angines muqueuses , catarrhales-, gangre-» aieuses , etc. , où il agit comme résolutif : dans ce cas il est employé en gargarisme on sous la forme de fumigations; 6° pour résoudre certaines tumeurs ; y® pour calmer les accès hystériques et hypochondriaques , pour arrêter les hoquets et les vomissemens nerveux, et, suivant quelques médecins , pour apaiser les fureurs maniaques. Le vinaigre est aussi très-employé comme anti-septique dans les fièvres d’un mauvais caractère, les petites-véroles gangreneuses, pétéchiales , le scorbut , etc. Administré dans Un grand état de concentration, il agit comme un poison corrosif énergique. Le sel de vinaigre , dont on fait usage dans la syncope, l’asphyxie , etc. , n’est autre chose que de l’acide acétiqu» jConcentré , uni à du sulfate dé potasse cristallisé.

Des Acétates»

Tous les acétates, excepté celui .d’amniomâqüe , sont décomposés par le feu, et l’on obtient des produits volatils, et d’autres qui sont fixes; les^ produits volatils sont, en général, de l’eau, de l’acide acétique, un liquide inflammable connu spus le nom d’esprit pjro-acétiijuè , une huile., du gaz acide carbonique et du gaz hydrogène çar- ÎX)né. La nature des produits fixes varie suivant l’espèce d’acémte; ils renferment cependant toujours du charbon. Les acétates de nickel, de cuivre , deploinb , de mèrcuixi et

d'argent sont réduits à l’état métallique; ceux de baryte, de stroDtiane, dépotasse, de soude et de chaux, donnent pour résidu un carbonate; ceux de zircone, d’alumine, de glucine, d’yttria, de magnésie, de zinc et de manganèse , laissent les oxides respectifs; enfin, le trito-acétate de fer laisse du deutoxide noir ; ces phénomènes sont faciles à concevoir si l’on a égard à l’affinité plus ou moins grande de l’acide acétique pour l’oxide, à celle de cet oxide pour l’acide carbonique , et à celle du métal pour l’oxigène. Il suit de là que , dans cette opération , il y a constamment décomposition d’une partie de l’acide, et quelquefois de l’oxide : si l’acide acétique tient peu à l’oxide , il s’en décomposera très-peu et s’en volatilisera beaucoup ; si, au contraire, l’affinité de l’acide et de l’oxide est très-grande, tout l’acide sera décomposé; on obtiendra des résultats qui tiendront le milieu entre ceux dont nous venons de parler avec les acétates, qui ne sont ni dans l’un ni dans l’autre des cas que nous supposons.

Les acétates neutres sont tous solubles dans Y eau , et les dissolutions qui en résultent sont décomposées spontanément ; on ne connaît pas bien la nature des produits qui résultent de cette altération . Les acides sulfurique , nitrique , phosphorique , hydro-chlorique , oxalique , tartarique , etc., décomposent les acétates, s’emparent de l’oxide , et mettent à nu l’acide acétique qui se dégage avec la vapeur de l’eau. L’acide hj^dro - sulfurique décompose en totalité ou en partie les acétates dont les oxides peuvent former avec lui des sulfures ou des hydro-sulfates insolubles.

5'j^. Acétate de zircone. Il est soluble dans l’eau; il a ime saveur très-astringente et n’a point d’usages.

575. Acél ate d’alumine. Il est liquide : sa saveur est astringente et sucrée ; évaporé jusqu’à sîccité, il se transforme en acide et en sous- acétate. Lorsqu’on l’expose à la température de 5o® à 60°, il se trouble et se change en sous-acétate

s ECO SUE PARTIE.

insoluble qui reste en suspension ^ et en acide acétique. Si on laisse refroidir la liqueur et qu’on l’agite , le trouble disparaît et l’acétate se reforme. M. Gay-Lussac , qui a découvert ce fait, l’explique en disant que, par l’action delà chaleur, les molécules d’acide et de sous-acétate s’éloignent assez les unes des autres pour être hors de leur sphère d’attraction ^ le sous-acétate insoluble, abandonné à lui-même, doit donc se précipiter 5 tandis que , par le refroidissement , toutes les particules se rapprochant, l’acide peut réagir sur le sous-acétate et le dissoudre. Si on chauffe l’acétate d’alurnine jusqu’au-dessous de la chaleur rouge, tout l’acide se dégage sans se décomposer; ce phénomène dépend probablement de l’eau contenue dans le sel , qui favorise la séparation de l’acide. On emploie fréquemment l’acétate d’alumine pour fixer les couleurs sur les toiles peintes.

5^6. Acétate d’jttria. Il cristallise en prismes à quatre faces, tronqués aux extrémités , incolores, très-solubles dans l’eau , doués d’une saveur sucrée et astringente. Il est sans usages.

5'j'j. Acétate de glucine. Il peut être obtenu sous la forme de petites lames minces, brillantes , complètement solubles dans l’eau, douées d’une saveur très-sucrée, astringente. Il est sans usages ; cependant M. Vauquelin pense qu’il pourrait être employé avec succès dans les dévoiemens et les diarrhées chroni'ques.

578. Acétate de magnésie. Il est difficilement cristallisable, légèrement déliquescent, très-soluble dans l’eau et doué d’une saveur très-amère. Il est sans usages.

579. Acétate de chaux. Il est sous la forme d’aiguilles prismatiques,. brillantes, satinées, incolores, très-solubles dans l’eau, et dont la saveur est âcre et piquante. On l’emploie pour préparer le sous-carbonate de soude : pour cela on le mêle avec du sulfate de soude dissous ; les deux sels se décomposent , et il en résulte du sulfate de chaux inso-

DES ACÉTATES. ig

iuBle et de l’acétate de soude soluble. Il suffit de filtrer et de calciner ce dernier pour obtenir le sons-carbonate de soude. L'acétate de chaux ptu-ifié parait aussi servir à la préparation de l’acide acétique; on le décompose par l’acide sulfurique, qui s’empare de la chaux et met l’acide à nu; celuici reste à la surface , sous la forme d’un liquide que l’on sépare par décantation.

580. Acétate de baryte. Il est en aiguilles transparentes , qui sont des prismes dont la forme n’a pas été déterminée ; il est légèrement efflorescent , soluble dans 88 parties d’eau froide et dans i5 parties d’eau bouillante; sa saveur est âcre et piquante. Il n’a point d’usage particulier.

58 1. Acétate de strontiane. Il cristallise en aiguilles ou en lames hexagonales, incolores, inaltérables à l’air, douées d’une saveur âcre, piquante, solubles dans 2 parties et demie d’eau, et sans usages.

5^-2.. Acétate de potasse ( teree foliée de tartre). La sève de presque tous les arbres renferme , suivant M. \ auquelin, une plus ou moins grande quantité de ce sel. Il est sous la forme de petits feuillets brillans, incolores, excessivement déliquescens ^ se dissolvant rapidement dans l’eau et ayant une saveur très-piquante. Chauffé dans des vaisseaux fermés avec son poids d’oxide blanc d'arsenic, cet acétate se décompose en décomposant l’oxide, et il en résulte du ga25 acide carbonique , du gaz hydrogène carboné, du gaz hydrogène arsénié, de la potasse plus ou moins carbonatéè, de l’arsenic métallique, et deux liquides volatils dont le premier, huileux, jaune, fétide, volatil, fumant, a été connu sous le nom de liqueur fumante de Cadet., et doit être regardé, d’après M. Thénard, comme une sorte d’acétate oléo-arsenical, contenant un peu d’espritpyro-acétique : l’autre produit liquideestjaunebrunàtre, moins dense que le premier etressembleà de l’eau colorée ; ila moins d’odeur que le précédent, dont il ne paraît différer que par l’eau qu’il renferme eî par

20 SECOÎîDE PARTIE,

iineplus graisde quantité d’acide acétique. L’acétate de potasse est employé en médecine comme diurétique et fondant ; il est employé avec le plus grand succès dans les engorgemens du bas-ventre , les bydropisies , certains ictères , les concrétions bilieuses , les coliques bépaitiques, les fièvres intermittentes, sm-tout les fièvres quartes; on l’administre ordinairement à la dose de 4? 6 ou 8 gros par jour, dissous dans des décoctions apéritives , résolutives ou autres.

583. Acétate de soude. Il est sous la forme de longs prismes striés , inaltérables à l’air, solubles dans 3 parties d eau froide , plus solubles dans l’eau bouillante , et doués d’une saveur piquante et amère. Il suffit de le faire fondre pour le décomposer et le transformer en sous-carbonate de soude.

584- Acétate d’ammoniaque ( esprit de Mindérérus ). Il «xiste dans Turine pourrie , dans le bouillon gâté , etc. ; il est ordinairement liquide; mais il peut être obtenu cristallisé si on le concentre doucement et qu’on l’abandonne à lui-mème. Il est volatil , très-soluble dans l’eau et doué d’une saveur très-piquante. Lorsqu’il est rapidement évaporé, il perd une portion d’ammoniaque, passe à l’état d’acétate acide qui se sublime en partie sous la forme de longs cristaux déliés et aplatis. Il est souvent employé en médemne comme sudorifique, et anti-spasmodique; on le donne depuis un ou a gros jusqu’à une once ou une once et demie, dans une potion de 4 ou 5 onces; il est très-utile dans le typhus, les fièvres putrides , malignes , nerveuses , etc. , à la fin des rhumatismes aigus, dans les gouttes rentrées, dans la petite-vérole, surtout lorsque l’éruption et la suppuration n’ont lieu que lentement.

585. Acétate deprotoxide de manganèse. Il cristallise en petites aiguilles légèrement colorées en rose , solubles dans l’eau et douées d’une saveur styptique; on peut s’en servir pour marquer le linge : pour cela on mêle de l’amidon ou

de la gomme avec sa solution concentrée ayec laquelle on trace le dessin sur :u. toile i lorsque celui-ci est sec , on met dans une lessive de cendre qui décompose l’acétate et laisse sur le tissu une oxide brun qui y adhère fortement.

586. Acétate de zinc. I! cristallise en aiguilles fines ou en lames hexagonales , solubles dans l’eau, fusibles dans leur eau de cristallisation et sans usages.

587. Acétate deprotoxide de fer. Il est li quide et se transforme rapidement, au contact de l’air, en sous-acétate de pcroxide insoluble , et en acétate acidedeperoxidesoluble.

588. Acétate de peroxide de fer (acétate rovLgey. Il est liquide, incristallisable et très -soluble dansFeau; lorsqu’on le fait évaporer, il se décompose et se réduit eü sous-acétate insoluble; l’eau bouillante transforme ce dernier en peroxîde ptu-. On emploie ce sel dans les manufactures de toiles peintes pour les couleurs de rouiUe et les mordans de fer ; il jouit d’un avantage remarquable, celui de ne pas détruire l’étoii’e sur laquelle il est appliqué, ce qui dépend du peu d’énergie de l’acide acétique mis à nu.

589. Acétate de deutoxide de cidvre neutre (cristaux de Ténus, verdet cristallisé). II cristallise en rhomboïdes d’un vert bleuâtre, légèrement efflorescens , solubles dans 5 parties d’eau bouillante et doués d’une saveur sucrée etslyptique, Chauflé , il décrépite , lance au loin des fragmens qui vont jusqu’au col de la cornue , se dessèche et devientblane : dans cet état il suffit de le mettre en contact avec l’eau ou avec l’air humide pour lui faire contracter de nouveau ime belle couleur bleue. Mis dans l’acide sulfurique concentré , il blanchit également et conserve saforme cristalIineiOnl’ emploie pour obtenir le vinaigre radical et la liqueur verte appûée 'vend’ eau, àout on se sert pour le lavis des plans j il est très-vénéneux.

Sous-acétate de cuivre. Il est vert , pulvérulent , insoluble dans l’eau , et indécomposable par le gaz acide carboniqtic-

SECO&'DE PAKTIE.

Le vert-de-gris est formé, suivant M. Proust, de 45 parties d’acétate de cuivre neutre, de- 3^,5 d’hydrate de cuivre (combinaison d’eau et de deutoxide de cuivre) et de i5,5 d’eau. Traité par î’eau froide,- le vert-de-gris se décompose, l’acétate neutre est dissous, et l’hydrate bleuâtre se précipite 5 si l’eau est bouillante , la décomposition est plus ccanplète : non-seûiement l’acétate neutre est dissous , mais encore l’hydrate est réduit en eau et en deutoxide de cuivre brun qui se précipite. Soumis à l’action du calorique , le vert-de-gris se décompose et laisse pour résidu du cuivre métallique. Si on le fait chauffer avec de l’acide acétique, il se convertit entièrement en acétate neutre, à moins qu’il ne contienne des substances étrangères. Ea dissolution duvert-de-gris dans l’eause comporteaveclesréactife comme les autres sels de cuivre, (^Voyez 1. 1®'’, pag. 4i5.) Il est employé dans la peinture à l’huile, dans certaines opérations de teinture et pour faire le verdet( acétate neutre) ; il entre dans la composition de l’emplâtre divin , de l’onguent égyptiae , du cérat d’acétate de cuivre, de l’onguent de poix avec le verdet, de la cire verte de Baumé, etc. , préparations dont on se sert pour le traitement extérieur de certains ulcères syphilitiques, scorbutiques, carcinomateux, etc.; pour détruire les chairs fongueuses , les verrues, les cors. On a proposé d’employer comme excitant , au commencement de quelques phthisîes tuberculeuses , le sous-acétate de cuivre à des doses réfractées et soutenues ; mais l’expérience n’a pas encore prononcé sur Futilité de ce médicament dangereux. Le remède de Gamet et les pilules de Gerbier, que plusieurs praticiens assurent avoir administré avec succès dans les affections cancéreuses oùl’exeision et la cautérisation sont impraticables , renferment de l’acétate de cuivre cristallisé.

Les préparations cuivreuses sont douées au plus haut degré des piopriétés délétères les plus énergiques ; elles

irritent et enflamment les tissus sur lesquels on les applique , déterminent tous les symptômes de l'empoisonnement par les corrosifs, et ne tardent pas à occasionner la mort. Le médicament le plus propre à les neutraliser est l’albumine (blanc d’œuf délayé dans l’eau) : quelle que soit la dose à laquelle ces poisons aient été pris, on peut les empêcher d’agir à la faveur d’une suffisante quantité de cette substance , qui a la faculté de les transformer en une matière d’un blanc bleuâtre , insoluble dans l’eau , et sans action sur l’économie animale. Ici, comme pour tous les cas d’empoisonnement par une sxibstance irritante, les contre-poisons ne sont utiles qu autant qu’ils sont administrés peu de temps après l’ingestion du poison 5 si l’inflammation est déjà développée lorsque le médecin est appelé, on doit la combattre par les moyens appropriés, tout en songeant à neutraliser lepoison qui pourraitresterdanslecanal digestif.

5^0. A cétatede plqm b neutre ( sel de Saturne , sucre de Saturne, sucre de plomb). Il cristallise en tétraèdres terminés par des sommets dièdres semblables à des aiguilles blanches, inaltérables à l’air , même lorsque celui-ci est très-humide, très-solubles dans l’eau et douées d’une saveur douce et astringente. Sa dissolution se comporte avec les réactifs comme les autres sels de plomb. ( Voy. t. P'’,p. 4^6.) Elle peut dissoudre par l’ébullition un poids presque égal au sien de protoxide de plomb (litharge), et passer à l’état de sous-acétate de plomb au maximum d'oxide. L’acétate de plomb neutre sert à la préparation en grand de l’acétate d’ alumine dont on fait une grande consommation dans les fabriques de toiles peintes ; on l’emploie pour la fabrication des sous-acétates de plomb. Il doit être regardé comme astringent , dessiccatif et répercussif 5 il a été employé avec succès dans certains catarrhes chroniques simulant des phthisies tuberculeuses ; on prétend qu’il a été très-utile pour arrêter les hémorrhagies passives des

24 SECOÎfDE PARTIE.

poumons et de rutérus , pour diminuer les sécrétions muqueuses excessives ou les sueurs colliquatives des phthisiques; on s’en est servi avec avantage pour combattre certaines diarrhés, quelques écoulemens vénériens anciens, les flueurs blanches, etc.; on l’administre à la dose de un ou de 2 grains , dans une potion de 4 à 6 onces dont le véhicule est de l’eau distillée, et on augmente la quantité jusqu’à en faire prendre 8 , 10 à 12 grains par jour. A l’extérieur on fait usage de l’eau végéto-minérale dans les brûlures , les inflammations érysipélateuses produites par des piqûres d’insectes, ou par l’application d’un caustique, à la fin de celles qui sont aiguës et dans lesquelles on craint l’apparition des vésicules noirâtres ; mais il serait dangereux de l’employer dans les érysipèles chroniques ; on s’en sert encore pour faire disparaître les tumeurs inflammatoires des glandes du sein , des testicules , etc.

Laplupartdes préparations de plomb sont vénéneuses. En faisant l’histoire de l’empoisonnement par ce métal , dans notre ouvrage de Toxicologie ^ tom. II, partie ii®, nous nous sommes attachés à prouver qu’il était indispensable de l’envisager sous deux rapports, i®. Il peut avoir lieu par l’ingestion d’xme préparation saturnine ; 2° il peut être produit par l’émanation des particules de plomb. Sous une multitude de rapports , ces deux modes d’empoisonnement doivent être distingués. On peut prendre à l’intérieur un assez grand nombre de grains d’une dissolution de plomb sans en être incommodé ; lorsque la dose avalée est assez forte pour déterminer des accidens , ceux-ci sont de nature inflammatoire ; là mort ne tarde pas à survenir si les malades sont abandonnés à eux-mêmes , et à l’ouverture des cadavres, on trouve les tissus du canal digestif fortement enflammés ; on peut découvrir dans l’estomac ou dans les intestins une partie du poison ingéré ; enfin cet empoisonnement peut être combattu avec succès au moyen d’un

sulfate alcalin entièrement soluble, qui transforme le sel de plomb en sulfate insoluble , sans action sur l’écenomie animale. B. Au contraire , dans l’empoisonnement par émanation saturnine, des atomes imperceptibles suffisent pour développer les accidens les plus graves; ces accidens constituent la colique de plomb, regardée à juste titre comme une affection purement nerveuse. Si cette maladie est terminée par la mort (ce qui arrive rarement), ce n’est jamais avec autant de promptitude que daus le cas où le poison a été introduit dans l’estomac à assez forte dose ; à l’ouverture des cadavres , on ne trouve aucune trace d’inflammation ; le canal intestinal est seulement rétréci dans quelques-unes de ses parties ; il est impossible de découvrir un atome de plomb par les moyens chimiques les plus rigom eux ; enfin les suliates , qui sont si efficaces dans l’autre traitement , ne sont ici que de très-peu d’utilité , et l’on doit avoir recours aux émétiques et aux purgatifs les plus forts.

5g I . Sous-acétate de plomb soluble. Il peut être cristallisé en lames opaques et blanches, cependant on l’obtient plus communément en masses d’une forme confuse ; comme le précédent , il a une saveur douce et astringente ; il verdit le sirop de violette ; il est inaltérable à l’air et se dissout dans l’eau, mais moins que l’acétate neutre. Le solutum est abondamment précipité en blanc par l’acide carbonique, qui le change en sous-carbonate de plomb insoluble (céruse , blanc de plomb ) , et en acétate neutre soluble ; il est décomposé et précipité en blanc par les sulfates , les phosphates, et par ime multitude de sels neutres dissous ; la. gomme, le tannin et la plupart des matières animales en dissolution le décomposent , et fonnent avec l’oxide de plomb des produits tantôt solubles, tantôt iusolubles. Si l’on fait évaporer la dissolution de ce sous-acétate, on obtient l’extrait de Saturne, qui , étendu d’eau, est

20 SECONDE PARTIE

décomposé , et constitue Veau blanche , Veau végêto-minérale ou Veau de Goulaid. On emploie le sous-acétate de plomb dans les arts pour préparer le blanc de plomb.( souscarbonate) 5 il sert dans l’analyse des matières animales ; enfin M. Cbevreul l’a proposé avec raison pour déterminer si l’eau distillée.contient de l’acide carbonique.

Sg-i. Sous-acétate de plomb au maximum d’oxide. Il est blanc , .pulvérulent , insoluble dans l’eau, et est sans usages. Suivant M. Berzelius , ces trois acétates sont formés, savoir :

Acét. neutre. Sons-acét. sol. Sons-ace't. insol.

Acide acétique . loo loo loo

Protoxide de plomb. 217,66a 656 1608

Eau . . . 55,i4o

593. Acétate de protoxide de mercure. Il est sous la forme d’écailles extrêmement brillantes, très-peu solubles dans l’eau froide,- douées d’une saveur mercurielle 5 il fait partie des dragées de Keyser ; quelquefois aussi on le substitue au nitrate de protoxide de mercure pour composer le sirop de Belet.

594. Acétate de deutoxide de mercure. Il est liquide; lorsqu’on le fait bouillir , il se décompose, et passe à l’état de proto- acétate ; en effet l’hydrogène et le carbone d’une portion de l’acide s’emparent d’une partie de l’oxigène du deutoxide. Si l’on verse de l’eau dans la solution concentrée du deuto-acétate , on la décompose également , et on en précipite du sous-acétate jaunâtre. Ce selest sans usages.

595. Acétate d’argent. Il est sous la forme d’ écaillés nacrées , peu solubles dans l’eau ; il noircit promptement par son exposition à la lumière.

De l’Acide malique.

596. On trouve cet acide dans les baies vertes àvL sorbier, dans le semperwîvum tectorum (joubarbe), et dans

DE l’acide MALIQrE. 2^

les baies du sureau noir ^ il existe associé à l’acide sorbique dans les baies mi2re5 du sorbier ( sorbus aucuparia)^ dans les pommes , les prunes sauvages , et les baies d’épine-vinette : on le rencontre uni à l’acide citrique dans les framboises et les groseilles : la pulpe de tamarins , les pois chiches , et suivant plusiems chimistes, le pollen du dattier d’Egypte, le suc de l’ananas , et V agave americana en contiennent également.

L’acide malique est toujours liquide et un peu coloré en jaune ; il rougit Vinjusum de tom-nesol 5 sa saveur n’est pas très -marquée. Il n’est point volatil 5 il se décompose comme toutes les matières végétales lorsqu’on le chauffe ; il est déliquescent dans un air humide ; il se dissout trèsbien dans l’eau et dans l’alcool; la solution aqueuse, abandonnée à elle-même, s’altère, se recouvre de moisissures, et laisse déposer du charbon. L’acide nitrique le décompose en se décomposant lui-même, et il en résulte une très-grande quantité d’acide oxalique , pourvu qu’on élève un peu la température. {F^ojez p, i3.) L’acide sulfurique concentré le charbonne,

597. Il forme, avec la potasse, la soude et la magnésie , des sels déliquescens et incristallisahles ; il ne précipite pas l’eau de chaux , mais il produit un précipité blanc , floconneux dans les eaux de baryte , de strontiane , dans les dissolutions de nitrate et d’atétate de plomb , de nitrate de mercure et d’argent. Les divers malates insolubles se dissolvent dans un excès d’acide maliqué , nitrique , etc. U donne avec l’alumine un sel très-difBciîement soluble. Il n’a point d’usages. Il- fut découvert par Schéele en lySS, dans le suc de pommes.

]NDL Vogel et Bouillon-Lagrange, dans un mémoire publié en février 1817 (^Journal de Pharmacie')^ établissent que l’acide malique naturel , ou obtenu par l’art, n’est pas un acide particulier 5 qu’il est formé d’acide acétique et

SECOïîBÈ PAETïE.

d’extractif 5 que l’on peut séparer la matière extractive par la baryte , et recomposer l’acide malique en combinant cette substance avec l’acide acétique. Cette opinion est loin d’être partagée par tons les cbimistes.

Acide oxalique,

598. L’acide oxalique se trouve dans les pois cbiches, dans l’oseille, etc. 5 il est toujours uni à la chaux: ou à la potasse. Il cristallise en longs prismes quadrangulaires , incolores , transparens et terminés par des sommets dièdres-, il est très-sapide, etrougit fortement l’in/u^um^de toumesoL

Loi’squ’il est chauffé dans une cornue , il fond dans son eau de cristallisation , se dessèche et se volatilise presqu en. totalité, sans éprouver de décoinposition ; il est, au contraire , complètement décomposé à une chaleur rouge , et il laisse à peine du charbon, ce qui dépend delà grande quantité d’oxigène qui entre dans sa composition. Il n’éprouve aucune altération à l’air ; il se dissout dans son poids d’eau bouillante et dans a parties de ce liquide à la température ordinaire ; il est moins soluble dans l’alcool. Il précipite l’eau de chaux et tous les sels calcaires solubles , sans en excepter le sulfate 5 le précipité est insoluble dans un excès d’acide oxalique; cette propriété rend cet acide précieux , dans les laboratoires où il est souvent employé comme réactif. Si l’on met en contact avec le zinc ou le fer l’acide oxalique dissous dans l’eau , celle-ci est décomposée ; il se dégage du gaz hydrogène, et l’oxide formé se combine avec l’acide oxalique. On s’en sert dans quelques fabriques de toiles peintes pour détruire les couleurs à base de fer ; on l’emploie aussi pour enlever les taches d’encre. Il est formé ^ d’après MM. Gay-Lussac et Thénard , de

Carbone . . . . 26,566.

Oxigène . r . . 70,689

Hydrogène. . . . 3^7 4^

DES OXADATES.

M. Dnlong, <jni a fait dans ces derniers temps un travail sur les oxalates , pense que l’acide oxalique est formé d’acide carbonique et d’hydrogène.

Des Oxalates.

Tous les oxalates sont décomposés par le feu ; mais ils ne fournissent pas tous les mêmes produits : nous allons entrer dans quelques détails à cet égard. La baryte , la chaux et la strontiane se combinent avec l’acide oxalique sans qu’il y ait décomposition ; chauffe-t-on ces oxalates , il se forme des produits analogues à ceux que fournissent les autres matières végétales, savoir, de l’eau, de l’acide carbonique, du gaz oxide de carbone, de l’acide acétique , de l’huile, du gaz hydrogène carboné , du charbon et un sous-carbonate. Les oxides dû argent , de cuivre et de /raercure se combinent aussi avec l’acide oxalique sans qu’il j ait décomposition 5 vient-on à les chauffer , on n’obtient que du gaz acide carbonique , de l’eau et un résidu métallique , phénomènes que M. Dulong explique facilement en supposant l’acide oxalique formé d’acide carbonique et d’hydrogène; en effet l’hydrogène de l’acide s’empare de l’oxigène de l’oxide pour former de l’eau ; le métal et l’acide carbonique sont mis à nu. Enfin les oxides de plomb et de zinc ne se combinent avec l’acide oxalique, suivant M. Dulong , qu’après avoir été décomposés ; ainsi l’hydrogène de l’acide oxalique s’unit à l’oxigène de l’oxide pour former de l’eau, tandis que le métal reste combiné avec l’acide carbonique , en sorte qu’on ne doit plus considérer ces composés comme des oxalates. Voici un fait à l’appui de cette hypothèse : lorsqu’on tmit l’oxide de plomb ou l’oxide de zinc à l’acide oxalique , on obtient un composé qui pèse 20 pour 1 00 de moins que l’acide et l’oxide employés. Si maintenant on faitchauffer ces composés d’acide carbonique et de pZbmô ou dez/«c métalliques, ou obtient du gaz acide carbonique,

SECONDE PARTIE

du gaz oxide de carbone , et un oxide métallique moins oxide que celui que l’on avait combiné primitivement avec l’acide oxalique : dans cette décomposition par le feu , l’oxigène d’une portion d’acide carbonique se combine avec le métal et le fait passer à un degré d’oxidation peu sensible, tandis que le gaz oxide de carbone provenant de cette décomposition se dégage avec le gaz acide carbonique non décomposé.

L’eau dissout parfaitement les oxalaîes neutres de potasse, de soude , d’ammoniaque et d’alumine; mais ils deviennent moins solubles par un excès d’acide. Ces dissolutions d’oxalates précipitent en blanc les sels solubles dé chaux, de baryte, destrontiane, de zinc , de bismuth, de manganèse , de titane , de cérium , de plomb , de mercure et d’antimoine. Les oxalates insolubles sont difficilement décomposés par les acides ; ceux qui sont solubles et neutrès le sont en partie par les acides puissans, qui s’emparent d’une portion de la base , et les transforment en oxalates acides moins solubles.

599. Oxalate de potasse neutre. Il cristallise en rhomboïdes aplatis , terminés par des sommets dièdres , doués d’une saveur fraîche et amère , et solubles dans trois fois leur poids d’eau froide ; il n’a point d usages. '

600. Oxalate dé potasse acidulé. Il cristallise en parallélipipèdes opaques , très-courts , rougissant Vinfusum de tommesol , inaltérables à l’air , moins solubles dans l’eau que l’oxalate neutre, et, sans usages. Il renferme deux fois autant d’acide que le précédent.

601. Oxalate dépotasse acide ( sel d’oseille ), Ce sel se trouve dans quelques espèces du genre mmex, principalement dans le rumex acétosella , dans les oxalis , dans les tiges et feuilles àxx rlieumpalmatum , etc. Il cristallise en petits paralléîipipèdes blancs , opaques , inaltérables à l’air, moins solubles dans l’eau que l’oxalate acidulé. Il

DES OXALATES.' 3r

contient deux fois autant d’acide que le précédent, et par conséquent quatre fois autant quel’oxalate neutre -, plxisieurs drimistes le désignent sous le nom de quadroxalate de potasse. Le sel d’oseille est employé pour aviver la couleur du carthame ou le rouge végétal , pour préparer l’acide oxalique et divers oxalates , pour enlever les taclies d’encre , etc.

602. Oxalate de soude neutre. Il est sous la forme de petits cristaux grenus , d’une saveur analogue à celle de l’oxalate de potasse neutre, mais moins forte 5 il est inaltérable à l’air, peu soluble dans l’eau et sans usages.

tio3. Oxalate acidulé de soude. Il est en petits cristaux pulvérulens, moins solubles que le précédent et sans usages. U contient deux fois autant d’acide que l’oxalate neutre, i

604. Oxalate d'ammoniaque neutre. Il cristallise en longs prismes tétraèdres, terminés par des sommets dièdres, trèssolubles dans l’eau , et d’une saveur très-piquante. Il est préféré à tous les autres réactifs pour déceler la présence de la chaux.

605. Oxalate acidulé d'ammonîaque.llestmoms soluble que le précédent , et il contient deux fois autant d’acide 5 il est sans usages.

606. Oxalate de magnésie. Il est sous la forme d’une poudre blanche, douce au toucher, peu soluble dans l’eau , presque insipide et sans usages.

607. Les oxalates de chaux, de harjte , de sirontiane , de manganèse, de zinc, de hismuth , à' antimoine , de plomb , à! argent , de mercure , de titane et de cérium sont blancs , insipides et insolubles dans l’eau. L’oxalate de cobalt est rose , très-peu soluble dans ce liquide. L’oxâlate de nickel est sous la foi-me de flocons d’un blanc verdâtre, très-peu sapides , insolubles dans l’eau. L’oxalate de cuivre est d’un vert bleuâtre , puî^/érulent, insoluble dans l’eau et soluble dans un excès d’acide. (Bergmann. ) \2 oxalate de

SECOTÎDE PAnTÎE.

protoxide de fer CTÏstÆise en prismes verts, doués d’unu saveur astringente , douceâtre et solubles dans l’eau. L’oxalate de peroxide de fer est sous la forme d’une poudre jaune , soluble dans leau et incristallisable.

section II,

De V Acide sorhique.

L’acide sorbique, obtenu en i8i4 par M. Donovân , se trouve associé à l’acide malique dans les baies du sorbier ( sorbus aucuparia ) . de l’épine-vinette dans les prunes sauvages ou prunelles, les pommes et les poires : de tous ces fruits , les premiers sont ceux qui en contiennent davantage.

608. Il est liquide , transparent , incolore , inodore , incristallisable , et doué d’une sayeur excessivement aigre. Chauffé, il se concentre et fournit une masse déliquescente 5 distillé , il donne tm liquide qui ne présente aucune trace à' acidité. Il peut être conservé pendant longtemps sans éprouver une grande altération*, on remarque seulement qu’il laisse déposer à la longue un coagulum très-délié. Il se dissout parfaitement dans l’eau et dans l’alcool, il forme avec la potasse , la soude et l’ammoniaque des sorbates qui , étant acides , peuvent cristalliser , surtout à l’aide du froid , et qui sont solubles dans l’eau et insolubles dans l’alcool. Il décompose les carbonates de chaux et de baryte, et les transforme sur-le-champ en sorbates neutres , insolubles dans l’eau. Il ne se combine pas avec l’alumine *, il produit avec la magnésie , à l’aide de la chaleur , un liquide qui , après avoir été filtré , dépose un trèsgrand nombre de cristaux de sorbate de magnésie soluble dans vingt-huit fois son poids d’eau à i5° thermomètre centigrade. L’acide sorbique peut former avec le protoxide de plomb trois combinaisons : i® ün sous-s orbate.

tiE l’acide TART AEiQtJE. 33

insoluble dans l’eau , dense et dur s’il est en masses , graveleux s’il est en poudre ; 2® un sorbate neutre <jue l’on peut obtenir en cristaux d’une belle couleur argentée j ou sous la forme d’une poudre blancbe : ce sel ne se dissout même pas dans cinq mille fois son poids d’eau 5 3® un sur-sorbate doué d’une saveur sucrée et qui est constamment liquide,' L’acide sorbique décompose en partie le malate de plomb à l’aide de l’ébullition , lui enlève une portion d’oxide , et il se produit du sur-sorbate de plomb et du malate acide du même métal. Cet acide est sans lisages.

De V Acide tartarique (^tanateux , tartrique).

Cet acide ne se trouve dans la nature que combiné avec la potasse ou avec la cbaux.

609. Il peut être obtenu cristallisé en lames assez larges et légèrement divergentes , ou en prismes incolores , trèsaplatis, qui sont ordinairement réunis par une extrémité; il est doué d’une saveur très-forte et il rougit Vinfusum de tournesol.

Chauffé dans des vaisseaux fermés, l’acide tartarique fond, se boursouffle et ne tarde pas à se décomposer ; il fournit , outre les produits dont nous avons parlé (pag. n ), un acide particulier, cristaUisable , appelé pjro~tartanque ^ et il laisse une grande quantité de charbon j si rexpérience se fait avec le contact de l’air, il y a dégagement de calorique et de lumière , et il ne se forme que de l’eau et de l’acide carbonique.

L’acide tartarique cristallisé est inaltérable à l’air; il se dissout très'bien dans l’eau , et sa dissolution ne tarde pas à se décomposer et à se couvrir de moisissures lorsqu’elle est en contact avec l’atmosphère. Il est moins soluble dans l’alcool ; lorsqu’on le fait dissoudre dans cet agent trèsconcentré , on obtient line liqueur visqueuse , semblable à l’acide malique , et l’acide tartarique a perdu îa propriété II. 3

34 SECONDE PARTIE

de cristalliser. Si on veut l’obtenir de nouveau sous cet état , on doit faire bouillir la liqueur avec beaucoup d’eau pour volatiliser l’alcool (Tromsdorff ). L’acide nitrique, à l’aide de la chaleur , décompose l’acide tartarique en se décomposant lui-même .et le fait passer à l’e'tat d’acide oxalique 5 six gros d’acide tartarique fournissent 4 gros et demi environ d’acide oxalique. L’acide tartarique peut se combiner avec un très-grand nombre de bases : voici l’ordre d’affinité de plusieurs de ces bases pour cet acide: chaux, baryte, strontiane, potasse , soude , ammoniaque et magnésie. Il est formé , suivant MM. Gay-Lussac et Thé¬

nard , de

M. Bei'zelins.

Carbone . . 24,o5o 35, y8

Oxigène . 69,321 60,28

'Hydrogéné . 6,629 3,74

La différence de ces résultats dépend sans doute de ce que M. Berzelius a employé cet acide privé d’humidité. L’acide tartarique, dissous dans une grande quantité d’eau, peut très-bien remplacer la limonade dans les diverses maladies où les acides végétaux sont utiles.

Des Tarifâtes.

Tous les tartrates sont décomposés par le feu, etfoumissent des produits volatils analogues à ceux que l’on obtient avec l’acide tartarique placé dans les mêmes circonstances 5 quelques-uns d’entre eux laissent pour résidu un sous-carbonate de la base*, il y en a d’autres qui sont plus complètement décomposés et qui fournissent le métal , etc.

12 eau dissout les tartrates neutres de potasse , de soude , d’ammoniaque, de magnésie et de deutoxide de cuivre; presque tous les autres sont insolubles dans ce liquide : ceux-ci , sans en excepter le tarirate de chaux , se dissolvent dans un excès d’acide , tandis que les tartrates neutres

UES TARTRATES.

solubles sont transformés par l’acide tartariqne ou par tout autre acide fort en lartrates acidulés cristalb'ns , moins solubles dans l’eau ^ d’où il suit que les propriétés des tartrates solubles sont analogues sous ce rapport à celles des oxalates. Il existe des tartrates insolubles qui se dissolvent à merveille dans une très-petite quantité de tartrate de potasse , de soude ou d’ammoniaque, avec lesquels ils forment des tartrates doubles ; tels sont les tarti’ates de fer et de manganèse. Il y a d’autres tartrates insolubles qui ne peuvent se dissoudre dans les lartrates de potasse , de soude et d’ammoniaque pourformer des sels doubles, qu’autant que l’on a employé un excès de ces tartrates solubles et même d’acide tarlarique: tels sont ceux de baryte, de strontiane, de chaux et de plomb.

6x0. Tartrate dépotasse neutre ( sel végétal). On ne le trouve pas dans la nature; il cristallise en prismes rectangulaires à 4 pans, terminés par des sommets dièdres, légèrement déliquescens , solubles dans leur poids d’eau froide et dans une petite quantité d’eau bouillante, et doués d’une saveur amère. Chauffé, il se décompose après avoir éprouvé la fusion aqueuse. Il est susceptible de dissoudre une grande quantité d’alumine. On l’emploie en médecine , comme purgatif, à la dose de 3 à 6 gros.

6ii. Tartrate acidulé depotasse.^^ existe dans le raisin etdansle tamarin. Le tartre du commerce, matière blanche ou rouge qui se dépose sur les parois des tonneaux où le vin fermente , est presque entièrement formé par ce sel.

Il cristallise, suivant M. Chaptal, en prismes tétraèdre, courts, coupés de biais aux deux extrémités ; sa saveur est légèrement acide; il se dissout dans i5 parties d’eau bouillante, tandis qu’il en exige 6o d’eau froide; ce soluLum est décomposé par l’air et transformé en sous-carbonate de potasse, en huile et en une espèce de moisissure, tandis que le sel solide n’éprouve aucune alté’-ation de la part

36 SECOSDB partie.

dé cèt agent. Il est insoluble dans l’alcool ; exposé à Tac* tion de la chaleur , il se déconipose comme tous les tartrates, et il reste dans la cornue du charbon et du squscarbonate de potasse ; il entre pour beaucoup dans là composition dé la crème de tartre.

612. Crème de tartre. La crème de tartre est formée, d’après Fotircroy et M. Vàuquelin , d’une très-grande <piantité de tartrate acidulé de potasse . de 7 à 8 centièmes de tartràte de chaux , d’une petite quantité de silice , d’alumine , d’oxide de fer et d’oxide de manganèse; d’où il siiît qu’elle doit partager la plupart des propriétés du tartrate acidulé dé potassé qui én fait la majeure partie. On l’einploié pour préparer l’acide tartàrîque , les autres tartrates, la potasse pure, et pour augmenter la fixité des couleurs. C’est avec la crème de tartre impure ou le tartre brut que l’on obtient les^âa? hlanc et noir : le prèmiér est presqn’éùtièrement composé de sous-carbonate de potasse ; l’aiure est formé de ee mèmè sel et d’une certaine quantité de charbon. (Voyez Préparations. y

Crème de tartre soluhle. Lorsqu’on fait bouillir 100 parties de crème- de tartre, ^00 parties d’eau et i a, 5 d’acide borique 'vitiijié et pulvérisé , on reinarque , au bout de quelques minutes , qüè la plus grande partie du tartrate de chaux se précipite , tandis que le reste se dissout ; la liqueur , filtrée èt évaporée , fournit ûn'e poudre fine trèsblanche, qni est la crênie de tartre sohible : en. effet, 3 parties d’eau fi:-oide ou 2 d’eau bouillaiite suffisent pour en dissoudre une partie. Les borates neutres et lés sousborates de potasse et de soude ont également la propriété de rendre la crème de tartre soltible. M. Meyrac, à qui nous devons ces observations , se propose de déterminer quelle est la nature de ce sel soluble ; mais il pense què l’acide borique ne s’empare pas d’une portion de potasse de la crème de tartre. Suivant M. Yogel , la crème de

DES TARTRATES. 87

tarlre rendue soluble par l’acide borique serait une combinaison chimique de 0,20 de tartre et de 0,20 d’acide borique; et celle qui a été rendue soluble par le sous-borate de soude serait une combinaison chimique de crème de tartre et de borate de soude.

La crème de tartre soluble doit être préférée pour l’usage médical à la crème de tartre ordinaire toutes les fois qu’on voudra la donner dans de l’eau , car celle-ci exige soixante fois son poids de ce liquide pour pouvoir être dissoute à froid. Ce médicament est à-la-fois purgatif, apéritif, diurétique et anti-septique on l’administre comme purgatif, depuis demi-once jusqu’à deux onces , seul ou dans une tisane acidulé. On l’emploie dans beaucoup d’ictères, dans certains engorgemens non squirrheux du foie, dans plusieurs hydropisies qui sont la suite dè maladies inflammatoires , dans la goutte , dans les fièvres putrides , etc. ; on l’incorpore quelquefois dans des bols et des pilules , et tdors on en donne 20 , 5o ou 80 grains par jour.

61 3. Le taîtrate de soude et le tartTate d'ammoniaque sont le produit de l’art; ils cristallisent en aiguilles solubles dans l’eau , et n’ont point d’usages.

61 4* Tartrate acidulé de soude. Il se dissout dans . 12 parties d’eau froide ; traité par l’acide borique ou par les borates solubles , il donne des composés très - acides , déliquescens.^ et solubles dans la moitié de leur: poids d’eau,

61 5. Tartrate de potasse et de soude (sel de Seignette , sel de la Rochelle ). On ne le trouve pas dans la nature ; on peut l’obtenir cristallisé en prismes à huit ou dix pans inégaux; mais le plus souvent ces prismes se trouvent coupés dans la direction de lem axe. Il est inaltérable à l’air , soluble dans environ cinq fois son poids d’eau froide et dans une beaucoup plus petite quantité d’eau bouülante ; il a une légère saveur amère. Suivant M. Vauquelin il est formé de 54 parties de tartrate de potasse et de 46 de

38 SECONDE PARTIE

tartrate de soude. Il est employé en médecine comme

purgatif, à la dose de 3 , 6 ou 8 gros.

6i 6. Tartiratè de potasse et dé fer. Il est sous la forme de petites ai^iHes d’une couleur verdâtre , solubles dans l’eau et ayant une saveur slyptique. La potasse, la soude, l’ammoniaque 5 ni les sous-carbonates de ces bases ne troublent point la dissolution dé ce sel 5 racide hydrosulfurique la décompose et s’empare de l’oxide de fer, tandis que l’acide tartariqué mis à nu forme, avec le tartrate de potassé, du tartrate acide moins soluble. Les diverses préparationfs connues sous les noms de tartre ma/ tïaZ soluble , ou de tartre eJialyhé , de teinture de mars de Ludovic de teiniuTè dé mars tartarisée, ào houles de Nancy, sont formées par ce sel double. Nous indiquerons ailleurs la manière de lés obtenir; elles sdnt employées en médecine dans tous lés cas où les -préparations ferrugineuses sont indiquées. Le tartre rrialtial se donné en boissOn , ou sous la forme de bol , depuis 12 grains jusqu’à un scrupule. Là. teinture de mars tartartsée s’administre en potion, à la dose de Jo ou 36 grains jUsqu’à un gi^os: et demi; on fait prendre de temps en temps uné cuillerée de cette potion : iï en est de même dé la teinture de mars de Ludovic, qui est encore plus astringente que la précédente. On emploie Veau de houle qui n’est que la dissolution aqueuse de la houle de Nancy comme tonique , en douches ou en lotions , dans les entorses , dans les empâtémens légers des parties externes, etc. ; on l’administre aussi à l’intérieur pour arrêter lés dévoiemens, dans la chlorose, etc. ( V. /^er, t. § SSy. )

61 y. T artrate de pota we et de protoxide d’antimoine ( émétique, tartré'stibîé),' On ne le trouve jamais dans la natüré. Il cristallise en tétraèdres réguliers, ou en pyramides triangulaires, ou en octaèdres allongés incolores, transpàrens , doués d’une saveur caustique et nauséabonde ; il rougit Vvifusum de tournesoL Lorsqu’on le chauffe

DES TAîtlfeATCS. 3^

dans un creuset il norcit, se décompose à la manière des substances végétales, répand de la fumée ^ et laisse pour résidu de ranlimoine métallique et du sous-carbonate de potasse blanc ; si on le met sur des charbons rouges , ou obtient des résultats analogues au bout d’une ou de deux minutes : il est évident que, dans ce cas, l’oxiJe d’anthnoine est réduit par le cliarbon provenant de l’acide tarlarique décomposé. L’émétique exposé à l’air s’y efïleurit.

Cent parties d’eau bouillante en dissolvent 53 parties, tandis que la même quantité d’eau froide n’en dissout que y parties envirou ; du reste , cette dissolution n’est pas décomposée par l’eau comme cela arrive avec les selaantimoniaux simples. ( Voj. t. pag. SyS). L’acide sulfurique et les sulfates acides en précipitent du sous-sulfate d’antimoine hlanc^ soluble dans un excès d’acide. Les sous~ sulfates et les sulfates neutres des deux premières sections ne la décomposent point. La potasse en précipite sur-lechamp l’oxide blanc , et le précipité se redissout dans un excès d’alcali, lu eau de chaux la décompose également et y fait naître un dépôt blanc très-épais de tarîrate de chaux et detartrate d’antimoine, soluble dans l’acide nitrique pur. Le sous-carbonate de soude y fait naître également un précipité blanc qui est de l’oxide plus ou moins carbonaté. Les hydro-sulfates solubles en séparent du sous-hydrc-sulfate d’antimoine jaune orangé, qui passe au rouge brun par une nouvelle quantité d’hydro-sulfate. Uinfusum alcoolique de noix de galle est le réactif le plus sensible pour découvrir les atomes d’émétique dissous ; aussitôt que l’on mêle ces deux dissolutions, on obtient un précipité abondant, caillebotté, d’un blanc grisâtre, tirant un peu sur le jaune, qui contient l’antimoine plus ou moins oxidé , comme on peut s’en convaincre en le traitant par l’acide nitrique. Les sucs des plantes, les décoctions extractives des bois, des racines , des écorces amères et astringentes , précipitent la

4*^ SEC05DE PARTIE

dissolution d’émétique eu jaune rougeâtre 5 le précipité est formé d’oxide d’antimoine , de matière végétale et de crème de tartre; d’où il suit que l’on ne doit jamais administrer ce médicament avec ces sortes de décoctions.

On emploie le tartre stibié , comme émétique , depuis la dose d’un demi-grain jusqu’à 6, 8 ou 10 grains, et même plus , suivant l’âge , le sexe , le tempérament et les circonstances ; on le donne dissous dans l’eau distillée , ou dans de l’eau de rivière pure ; on peut aussi l’associer à quelques sulfates purgatifs sans qu’il se décompose ; 2® comme purgatif; on en administre un grain dans une pinte de petit-lait ou de tout autre liquide approprié. On le donne dans les fièvres bilieuses continues , dans l’apoplexie séreuse , etc. On remarque souvent, dans les affections céré* braies et autres , que l’émétique agit simplement comme altérant, sans déterminer ni vomissement ni selles , même lorsqu’il est employé à la dose d’un gros dans les vingt-quatre heures , propriété qui a conduit certains praticiens à l’em? ployer dans une foule de cas où il n’y avait pas urgence d’évacuer. M. Magendie a prouvé que l’émétique n’agissait qu’après avoir été absorbé, et que s’il n’était pas expulsé après avoir été pris à assez forte dose, il occasionnait l’inllammation de l’estomac et du système pulmonaire , et ne tardait pas à déterminer la mort, ( V^oyez mon ouvrage de Toxicologie ^ tom. F’’, partie Les infusions de noix de galle , de quinquina et de toutes les écorces astringentes, sont les remèdes les plus efficaces pour décomposer l’émétique dans l’estomac, et pour l’empêcber d’exercer son action délétère.

Te Vj4.cide citrique.

Cet acide se trouve dans le citron et dans l’orange ; les fiuits rouges , le fruit du sorbier des oiseaux , etc. , doivent leur acidité aux acides citrique et malîque.

DE l’acide GITEIQTTE.

6i8. Il cristallise en prismes rhomboïdaux, dont les pans sont inclinés entr’enx d’environ 6o° et 120® , terminés par des sommets àquatre faces trapézoïdales, qui interceptent les angles solides , doués d’une saveur très-acide , qui devient très-agréable lorsqu’ils sont dissous dans une grande quantité d’eau. Cbauffé dans des vaisseaux fermés , l’acide citrique se décompose et fournit les mêmes produits que les autres matières végétales ( voy. pag. 1 1 de ce vol. ) j une portion d’acide non décomposé , dit-on , se volatilise. L’acide nitrique le transforme, à l’aide delà chaleur, en acide oxalh que. Il est inaltérable à l’air. Trois parties d’eau à 18“ en dissolvent 4 parties 5 ce solutum, exposé à l’air, se couvre de moisissures en se décomposant. Il ne s’unit à la potasse que dans une proportion. Il précipite en blanc les eaux de baryte et de strontiane : un excès d’acide redissout ces citrates. Il neutralise l’eau de chaux sans la précipiter; mais si l’on fait bouillir cette dissolution , le citrate calcaire se dépose. Il ne précipite pas non plus les nitrates d’argent et de mercure. Il trouble, au contraire, l’acétate de plomb. L’on voit, par ce qui précède , que l’acide citrique peut se combiner avec un assez grand nombre de bases : voici l’ordre d’affinité de plusieurs de ces bases pour cet acide : baryte, strontiane , chaux, potasse, soude, ammoniaque et magnésie. Cent parties de cet acide cristallisé renferment, suivant M. Berzelius , 79 parties d’acide et 2 1 parties d’eau. D’après le même chimiste , l’acide desséché est formé de

MM. Gay-Lassac et Then.

Carbone . 4i»57 33, 8n

Oxigene . 54,83 59,859

Hydrogène . 5, 80 6,53q

La différence de ces analyses provient sans doute de ce

SECOTirrtE partie»

que IMIVI. Gay-Lussac et Theuard ont employé l’acide contenant de l’eau. L’acide citrique sert à faire une limonade sèche : potir cela on le broie avec du sucre et on aromatise le mélange avec un peu d’essence de citron 5 lorsqu’on veut s’en servir on le fait dissoudre dans l’eau. En teinture, on fait usage du jus de citron.

Des Citrates,

6ig. Ils sont tous décomposés par le feu, et fournissent les produits énumérés pag. ii. L’eau dissout les citrates dépotasse, de soude, d’ammoniaque, de strontiane , de magnésie et de fer; tandis que ceux de chaux, de baryte, de zinc , de cérium , de plomb , de mercure et d’argent sont insolubles ou peu solubles 5 ils se dissolvent cependant dans un excès d’acide.

JDe ï Acide benzoïque.

620. Cet acide existe dans les baumes et dans l’iuine de quelques animaux , spécialement dans celle des herbivores. Il cristallise en longs prismes blancs , brillans , satinés, légèrement ductiles et semblables à des aiguilles^ il est inodore lorsqu’il est pur •, il a , au contraire , une odeur d’encens quand il renferme de la résine ; sa saveur est piquante et un peu amère 5 enfin il rougit Vinfusum de tournesol. Chauffé dans des vaisseaux fermés il fond , se sublime presqu’en totalité , et vient cristalliser dans le col de la cornue 5 il n’y en a qu’une petite portion de décomposée , qui fournit un atome d’huile empyreumalique et de charbon. Si on le fait chaufiérà l’air, il se décompose et répand une fumée piquante , susceptible de s’enflammer par l’approche d’un corps en ignition , à la manière des résines. H n’éprouve aucune altération de la pari de l’air à la température ordinaire. Il se dissout dans 24 parties d’eau bouii-.

ÜES BEÎÎ20ATES. 4^

lante et dans 200 parties d’eau froide , en sorte que la dissolution, faite à chaud et refroidie , laisse précipiter les I de l’acide dissous. Il est beaucoup plus soluble dans l’alcool; 100 parties de ce liquide bouillant peuvent dissoudre 100 parties d’acide benzoïque; tandis qu’à la température ordinaire ils ne peuvent en dissoudre que 56 ; dans tous les cas , si l’on verse de l’eau dans le solvtum alcoolique saturé , on obtient un précipité blanc , floconneux, d’acide benzoïque. L’acide nitrique et plusieurs autres acides minéraux le dissolvent également. Dissous dans l’eau, il décompose et transformé en benzoate soluble les | de son poids de carbonate de chaux; le benzoate qui en résulte n’est point acide. L’acide benzoïque est formé , suivant M. Berzelius , de

Carbone. . . . . 74)4 1

Oxigène.. . . . 20, 45

Hydrogène . 5,t6

Il est employé en médecine conune tonique , et excitant du système pulmonaire ; on l’administre dans les catarrhes anciens , dans certaines phthisies tuberculeuses , etc ; il a été utile pour calmer des accès nerveux violens ; on le donne depuis 2,4, jusqu’à 10 ou 12 grains en poudre, dans l’alcool ou dans mie conserve ; il fait partie des pilules de Morton.

Des Benzoates,

Tous les benzoates sont décomposables par le feu ; ceux de potasse , de chaux et d’ammoniaque sont très-solubles dans l’eau ; ceux qui sont formés par les autres oxides des deux premières sections , et par les oxides de zinc et d’argent sont solubles ; enfin , ceux de mercure , d’étain , de cuivre , de cérium sont insolubles. Les acides puissans décomposent tous les benzoates en s’emparant de l’oxide"^ métallique ,

44 SECOIîDE PARTIE-

«1 sorte que si l’on verse de l’acide hydro-cUorique ou nitrique dans un benzoate dissous , on obtient un précipité blanc d’acide benzoïque.

621. luC&benzoatesde potasse et de soudeseVcowiieDXà.axi& l’urine des animaux herbivores : le premier , lorsqu’il est légèrement acide , cristallise facilement en petites lames ou eu aiguilles minces, solubles dans 10 p^ies d’eau, et douées d’une saveur légèrement âcre ; il précipite les sels 4e peroxide de fer.

622. Benzoate de chaux. Chauffé dans des vaisseaux fermés, il fond , se décompose et fournit , de l’eau ; 2° une

huile très-liquide, ayant une odeur et une saveur semblables à ceUe du baume du Pérou ; 3® de l’acide benzoïque ; 4° carbonate de chaux et du charbon.

De ï Acide gallique.

L’acide gallique se trouve dans la noix de galle et dans im très-grand nombre d’écorces 5 il est toujours uni au tannin , substance que. l’on a regardée à tort , pendant long-temps , comme un principe immédiat.

623. Il cristallise en petites aiguilles blanches, brillantes , ayant une saveur acide marquée sans être forte, et rougissant Vinjusum de tournesol. Chauffé dans des vaisseaux fermés , ; il est en partie sublimé et en partie décomposé *, s’il a , au contraire , le contact de l’air , il absorbe l’oxigène avec dégagenient de calorique et de lumière. A la température ordinaire , l’air ne fait éprouver aucune altération à l’acide gallique solide ; l’eau bouillante en dissout le tiers de son poids , tandis qu’ü n’est soluble que dans 20 parties d’eaii froide : cette dissolution se couvre de moisissures par le contact de l’air. L’acide gallique est très-soluble dans l’alcool. U est converti en acide oxalique par l’acide nitrique. Il n’altère point la transparence de la potasse , de la soude ni de l’ammoniaque j mais les

DE l’ICIDE QDIKIQDB. 4^

gaîlates qui en résultent ont une couleur fauve. Versé en petite quantité dans les eaux de chaux , de baryte ou de sti-ontiane J il les précipite en blanc verdâtre 5 ce précipité passe au violet, et finit par disparaître si l’on ajoute une nouvelle quantité d’acide 5 alors le gallate acide est toUgeàtre. Il colore en bleu foncé les dissolutions de peroxide de fer , et il n’agit pas sur les antres sels métalliques s’il est pur; mais il en précipite un très-grand nombre lorsqu’il est uni au tannin : aussi l’infusion de noix de galle , principalement formée de tannin et d’acide gallique , et dont nous nous sommes souvent servis en faisant l’bistoire des métaux , décompose-t-elle un assez grand nombre de ces dissolutions. L’acide gallique pur n’a point d’usage; on l’emploie souvent uni au tannin. Nous ne ferons point l’histoire des gaîlates , sels peu importans et fort peu connus.

De V Acide quinique.

624* L’acide quinique a été déc ouvert, parM. Vauquelin^ dans le qidnate de chaux , retiré de l’extrait de quinquina par M. Descbamps; il ne s’est trouvé jusqu’à présent que dans cette écorce. Il cristaDîse en lames divergentes ; il a une saveur très-acide, nullement amère; il rougit fortement Vinfiisum de tournesol. Il est décomposé par la chaleur ; il est inaltérable à l’aîr et très-soluble dans l’eau. Il forme des sels solubles et cristallisables avec les oxides des deux premières classes ; enfin , il ne précipite pas les nitrates d’ai^ent , de mercure et de plomb. Il est sans usages.

De V Acide morique ( moToxalique ou morolinique).

625. L’acide morique, découvert par Klaprotb dans une concrétion de morate de chaux recueillie sur l’écorcè du morus alba (mûrier blanc), eiïslallise en petits prismes

SECOHDE PARTIE.

ou en aiguilles très-fines , de couleur de bois pâle ; il a une saveur âcre et rougit Vinfusum de tournesol. Chauffé dans des vaisseaux fermés , il donne une eau acide et un sublimé blanc, en cristaux prismatiques d’acide non altéré. Il est très-soluble dans l’eau et dans l’alcool 5 il n’éprouve aucune altération delà part de l’air j il forme avec la potasse, la soude et l’ammoniaque, des sels très-solubles. Le morate de chaux exige soixante-six fois son poids d’eau froide pour . se dissoudre, et vingt-huit fois son poids d’eau bouillante. L’acide morique ne précipite point les dissolutions métalliques des quatre dernières sections. Il est sans usages.

De ï Acide mellitique (fionigstique).

626. L’acide mellitique n’a été trouvé jusqu’à présent que dans la pierre de miel (mellite^ honigstein), où il est combiné avec l’alumine 5 il a été découvert par Klaproth 5 il cristallise en petits prismes durs , isolés , ou en aiguilles fines qui se réunissent en globules rayonnés 5 il a une saveur douce , acide et amère ; il est décomposé par la chaleur 5 il est peu soluble dans l’eau 5 il n’àgit point sur l’acide nitrique 5 il, précipite en blanc les eaux de chaux, de baryte, de strontiane , et même le sulfate de chaux , ce qui pourrait le faire confondre avec l’acide oxalique; mais il en diffère , i® parla propriété qu’il a de redissoudre le melliîate de chaux ; 2*^ parce qu’il forme avec la potasse deux mellitates, l’un neutre, qui cristallise en longs prismes groupés ; l’autre acide , également cristallisable et susceptible de précipiter la dissolution d’alun , tandis que l’oxalate acide/de potasse ne la trouble point. Les mellitates de soudé et d’ammoniaque sont solubles dans l’eau et cristallisent . le premier en cubes ou eu tables triangulaires , et le second en prismes à six pans , elïiorescens. L’acide mellitique trouble à la longue la dissolution d’hydrcchiorate de baryte, et en précipite du mellitate de baryte

DE l’acide FDNGIQÜE. 4?

en aiguilles fines très-transparentes 5 enfin il précipite les acétates de baryte , de cuivre et de plomb , ainsi que les nitrates de mercure et de fer : ces divers précipités se redissolvent dans l’acide nitrique pur. Il est sans usages.

De V Acide succinique.

627. L’acide succinique se trouve dans l’ambre ou le succin •, il cristallise en prismes aplatis , qui paraissent rhomboidaux; ils sont incolores, transparens, doués d’une saveur légèrement âcre , et rougissent Yinfusum de tournesol. Soumis à l’action de la chaleur , il se décompose en partie ; la portion non décomposée se sublime. Il est peu soluble dans l’eau , et inaltérable à i’air. Il forme avec la potasse un sel déliquescent. Les succinates de soude , d’ammoniaque , de magnésie , d’alumine et de zinc sont solubles , tandis que ceux de baryte, de strontiane, de chaux, de plomb, de cérium et de cuivre sont imolubies ou peu solubles. L’aciJe succinique et les su-ccinates de potasse ou de soude précipitent les sels de peroxide de fer , et ne précipitent pas ceux de protoxide de manganèse , en sorte qu’on pourrait s’en servir pour séparer ces deux oxides si leur emploi n’était pas aussi dispendieux. Ces produits sont sans usages.

De V Acide fungique^

628. L’acide fungique, découvert par M. Braconnot, se trouve dans la plupart des champignons 5 il est incolore , incristallisable, déliquescent et doué d’une saveur très-aigre. Il forme avec la potasse et la soude des sels incristallisables, très-solubles dans l’eau , et insolubles dans l’alcool. Il décompose le solutum d’acétate de plomb , et le précipité , blanc, floconneux, se dissout dans l’acide acétique 5 enfin il transforme l’ammoniaque en fungate acidulé , sus-

48 SÉCOÎÎIÏE PlETÏÉ.

ceptible de cristalliser en prismes hexaèdres parfaitenieat réguliers. Il est sans usages,

629, Acide particulier rètiré de la laque en hdton. Suivant M. Jehn , la laque en bâton renferme un acide nouveau uni à, ime très-petité quantité de potasse et de chaux , à de la résine , et à quelques autres principes. Cet acide peui- cristalliser ; il a une couleur d’un jaune de vin très-clair 5 sa saveur est acide 5 il est soluble dans l’eau dans l’alcool et dans l’éther 5 il n’altère point la transparence de l’eau de chaux , ni des nitrates d’argent et de baryte 5 il précipite en blanc les sels de fer oxides , les dissolutions dè plomb et de mercure. H forme avec la chaux , la potasse et la soude des sels déliquescens , solubles dans l’alcool , et dont on ignore la forme cristalline.

De T Acide méconiquè.

636. M. Sertuerner , dans un mémoire récent sur Vopiufn^ établit l’existence d un nouvel acide végétal dont il a fort peu étudié les caractères et auquel il donne le nom di acide méconiquè. Cet acide est solide , incolore , d’une saveur ai^e , fusible dans son eau de cristallisation et susceptiblè d’être sublimé en longues et belles aiguilles ; il paraît avoir beaucoup d’affinité pour l’oxide de fer , et il précipite l’hydro-chlorate de ce métal en beau l’onge cerise , lors même qu’il contient un excès d’aeidé faible 5 il forme avec la chaux im sel acide cristallisable en prismes , peu soluble dans l’eau et indécomposable par l’acide sulfurique. H ne paraît pas exercer sur Fëconqmie animale une action trèsremarquable, puisque M. Sertuerner enapris 5 grains sans en éprouver auctm effet. Suivant cet auteur, le principe: cristallisable de T opium, découvert par M. Derbsne , est un véritable sel formé d’acide méconiquè et de morphine ^ substance alcaline très-remarquable , dont nous ferons l’histoire dans la section des matières végéto-animales. L’acide

OE e’ACIDE CA3ÎPHOEIQXTE-

mëconiqtié sur leqiîel, comme on voit, nous avons si peu de données , est maintenant Tobjet des recherdies de quelques chimistes distingués , et nous devons espérer que son iiisioire ne tardera pas à êue complète.

SECTIOH III.

De VAdde campTwriqtæ,

63 1. L’acide camphoriqtte cristallise en parallélipïpèdes opaques et blancs 5 il a une saveur légèrement amère , une odeur analogue à celle du safran ; il rougit Vinjusum de tournesol. Chauffé dans une cornue , il se décompose , et fournit, 1° une matière blanche, opaque, non cristallisée, douée d’une sav-eur légèrement acide et piquante , qui se condensé dans le col de la cornue ; 2° de l’eau contenant une petite quantité d’acide acétique ; 3® une huile brûne -, très-épaisse; 4° tuie très-petite quantité de charbon. Il est inaltérable à l’air. Onze parties d’eau bouillante suffisent pour dissoudre ime partie d’acide camphorique , tandis qu’il en faiit loo parties à la température ordinaire. Cent parties d’alcool en dissolvent 106 parties à froid; l’alcool bouillant le dissout en toutes proportions. Les acides minéraux , les huiles fixes et volatiles peuvent également en opérer la dissolution. Il forme avec la potasse un sel acide qui cristallise en petits prismes, si toutefois on a laisse évaporer spontanément la dissolution concentrée jusqu’en consistance de sirop clair 5 ce sel fond dans son eau de cîâstallisatioii lorsqu’eu le chauffe. L’acide camphorique peut transformer en camphorate soluble un peu plus de la moitié de son poids de carbonate de chaux ; ce camphorate est toujours acide 5 chauffé, il se dessèche , et ne fond pas , bientôt après , il se décompose , et fournit , i ® de l’eau empyreumatique, ayant quelque analogie avec celle du romarin; a® une huile épaisse: 3® du carbonate de chaux, qui reste il. 4

SECOKIÎE PARTIE.

dans la comue avec du charbon^ on n’obtient aucun sublimé d’acide campborique ni d’aucime autre matière , comme eela avait été annoticé. On ne connaît point les autres campborates. L’acide çampborique n’a pQint.d’ usages .

De V Acide muciqu&( muqueiac > saccholactique ).

632. L’acide mucîque a été découvert par Scbéele. Il est blanc, pulvérulent,, comme terTeux,ÿ:rougissant faiblement i’znjfb^M/nde^touraespI, et- ayant une saveur peu acide. Il est décompoé par le feu , et donne ^ outre les produits désignés § 5yi , en parlant de l’action du calorique sur les substances végétales , ime matière blanchâtre qui se sublime sous la forme de lames, d’après Scbéele. Il est inaltérable à l’air,, insoluble dans l’alcool, et peu soluble dans l’eau ; 6o parties de ce dernier liquide à 12® peuvent en dissoudre une partie, tandis qu’à la température de l’ébullition , il paraît n’en exiger que i5 ou 16. Le soltitum précipite en blanc les eaux de cbaux , de baryte et do «irontiane, et le mucate déposé se dissout. dans un excès d’acide. Il n’altère point les sels de magnésie , d’alumine , les bydro-cblorates d’étain et de mercure , les sulfates de fer, de cuivre, de zinc et de manganèse ; il précipite , au contraire., l’acétate , le nitrate , rbydi’o-chlorate de plomb, et les nitrates d’argent et de mercure. Chauffe avec les souscarbonales de potasse, de soude et d’ammoniaque. , il en dégage le gaz acide carbonique avec effervescence. Il n’a point d’usages. Il est formé , d’après les expériences de MtVL Gay-Lussac et Thénard , de :

Carbone . 53,69.

Osigèue . 62,69.

Hydrogène. . 5,6a.,

DE l’acide STJBÉIIIQDE. 5z

Des Ivlucates. , . .

633. Us sont tous décomposés par le fëu 5 îâ plupart sont insolubles dans l’eau et décomposablel par presque tous les acides forts 5 si l’on verse un de cés acides' dans une dissolution de mucate de potasse , de soude ou d’ammoniaque , on obtient un précipité blanc d-acide mucique. Les eaux de chaux , de baryte et de strontiane , et un assez grand nombre de dissolutions salines , précipitent également les mucates solublès. Le mucate de potasse se dissout dans huit fois son poids d’eau froide ^ et peut être obtenu cristallisé -, celui àe soude n’exige que 5- parties de ce liquide poui' être dissous.

De l’Acide pjro-tartarique.

634. Cet acide a été découvert par Rose. Il est solide , eristallisable , doué d’une saveur très - acide j et rougit fortement Vinfusum de tournesol. Il est en partie décomposé , en partie volatilisé par le feu ; chauffé à l’air , il ne laisse aucun résidu charbonneux. Il se dissout parfaitement dans l’eau , et le soltüum fournit des cristaux par l’évaporation 5 il forme avec les six alcalis des pyro-tarlrates solubles ; il précipite le nitrate de mercure. Il se distingue de l’acide tartarique , i ° en ce qu’il ne précipite pas les acétates de baryte, de chaux et de plomb; 2® en ce qu’il forme avec la potasse un pyro-lartrate déliquescent, cristalbsable en lames, qui ne devient pas moins soluble par im excès d’acide pyrotartarique. Ce pyro-tartrate précipite en outre l’acétate de plomb , ce qui distingue l’acide pyro-tartarique de l’acide acétique. Il est sans usages.

De V Acide suhérique.

635. L’acide subérique, découvert par Brugnatelli , est sous la forme d’une poudre blanche , d’une saveur peu mar-

-SÈ-COKDE Ï>ÀIITIÊ.

Sa

quée , ayant fort peu d’action sur’ le tournesol. Chauffe gt-adueilement dans une cornue , il se fond comme de la graisse , et peut être obtenu cristallisé par le refroidissement , surtout si on l’agite contre les parois du vase lorsqu’il est fondu ; chaude plus fortement , il se sublime presqu’en entier sous la forme /de longues aiguilles 5 la portion non volatilisée se décompose j et laisse un peu de clîarLon dans la cornue. Lorsqu’on le met sur des charbons incandescens , il fond et répand une fumée qui a l’odeur du suif. Il est soluble dans 38 parties d’eau à 60® , tandis qu’il en exige 80 à la température de i3°. L’alcool le dissout beaucoup mieux : aussi l’eau versée dans le solutum alcoolique en précipite-t-elle une portion. Les nitrates de plomb , de mercure et d’argent , l’hydro-cblorate d’étain , le proto-sulfate de fer et Pacétâte de plomb-, sont précipités par cet acide , qui ne trouble point au contraire les dâsscluiions de sulfate de cuivre et de zinc. 11 n’a point d’usage.

Les suhératès sont décomposés par le feu , excepté ceux de potasse , de soude et d’ammoniaque j ils sont pour la plupart insolubles ou peu solubles. Les acides un peu forts précipitent l’acide subérîque qui entre dans la composition des subérates solubles 5 ceux-ci décomposent presque toutes les dissolutions salines neutres des quatre dernières classes. Les suhératès de potasse et dû ammoniaque cristallisent facilement y le dernier précipite les dissolutions concentrées d’alun , de nitrate et d’hydro - chlorate de diaux. (Bouillon-Lagrange.)

De V Acide nancéique.

M. Braconnot a donné ce nom à un acide qu’il a découvert dans les substances végétales qui ont passé à l’état acide ; il l’a trouvé dans le riz aigri , le jus de betterave putréfié , les haricots et les pois bouillis avec de l’eau et

ïrfi L ACIDE T? AiîcÉ I çtnr. 53

aBandonnés à eux-mêmes , ete. Vokr quels sont les caracr tères assignés à cet acide par ce chimiste.

636. Il est liquide , incristaliisable , à peine coloré , et doué d’une saveiff presque aussi forte que celle de Facide oxalique. Distillé , il se décompose comme les autres acides végétaux fixes et fournit du charbon et de l’acide acétique. Il ne trouble point les dissolutions salines des quatre dernières classes , même lorsqu’il est combiné avec la potasse, si toutefois l’on en excepte celles de zinc , qui sont précipitées lorsqu’elles sont concentrées;. Il forme avec la potasse ou la soude des sels déliqueseens , incrîstallisablès et solubles dans 1 alcool 5 avec V ammoniaque ,Mn seî acida cristallisable en parallépipèdes ; avec la haryte , un sel incristallîsable,non déliquescent, ayant l’aspect delà gomme; avec la strontiane chaux, des cristaux grenus , sembla>bles à des grains de choux-fleurs , presque opaques , peu sapides, et solubles, le premier dans 8 parties d’eau à i5° Réaumur j et l’autre dans 21 parties du même liqiûde ; wec la magnésie , un sel en petits cristaux gi-enus , pulvérulens , légèrement efflorescens , peu sapides , et solubles dans 25 pai’ties d’eau à i5° Réàumur; avec Y alumine , xm. sel inaltérable à l’air , qui a Faspect de la gomme ; avec le protoxide de manganèse, un selqui cristallise en prismes tétraèdres terminés par dès sommets dièdres , légèrement efflorescens , fusibles dans leur eau de cristallisation et solubles dans 12 parties d’eau à i2®Réaumur; avec leprotoxide de cobalt, un sel en cristaux grenus et puîvérulens; d’une belle couleur rose , solubles dans 35 parties et demie d’eau à i5? Réaumur ; avec \e protoxide âx nickel, un sel cristallisé confusément, d’un vert d’eraeraud'é , d’une saveur sucrée d’aboid , puis métallique , soluble dans environ 3 O parties d’eau à 1 5° Réaumur; avec ioxide dé zinc, un sel en cristaux groupés, qui sont des prismes carrés terminés par des. sommets obliquement tronqués , et solu^-

SECONDE PARTIE

blés dans 5o parties d’eau à 1 5'^ Réaumiir ^ avec le pro~ toxide de mercure , un sel cristailisable en aiguilles fasciculées , très-solubles dans beau ; avec V oxide d'argent^ uu sel formé par une multitude d’aiguilles soyeuses , trèsfines , blanchâtres , rougissant par son exposition à la lumière, et soluble dans 20 parties d’eau à i5® Réaumur; avec le protoxide de plomb, un selincristallisable, ressem-.blant à la gomme et inaltérable à l’air; avec le protoxide d étain, un sel en octaèdres cunéiformes ; avec le deutoxide de cuiyré,nvi sel cristailisable ; avec le protoxide de fer, un sel en aiguilles fines , téh’aèdres j peu soluble et inaltérable à bair. ..

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