CL^A-SSE IL
Des Principes immédiats des végétaux dans lesquels . Voxîgéne et ï hydrogène sont dans le rapport conVe-
nahle pom former de Veaûi
Ces principes! sont au nombre de neuf, savoir : le sucre, la marmite, la fécule, Tinuliiié, la gomme, la bassorine , le ligneux , la subérine et la moelle de sureau. Ils sont tous solides , excepté la variété de sucre appelée mélasse , qui est constamment liquide ; ils sont plus pesans que l’eau , iiiodoresjsans action svLvYinfusumà& tournesol et sur le sirop de violette. -
63 y . Soumis à l’action du calorique, ils sont tous décomposés et fournissent de beau, de l’acide carbonique , de l’acide acétique et tous les produits indiqués § 5^1 , excepté, I® qu’ils donnent, une plus , grande quantité de charbon que les acides et que les produits hydrogènes de la troisième classe; 2® que l’inuline ne donne pas d’huile. Aucun n’est volatil.
638. Chauflfés avec le contact de l’air, ces principes immédiats se décomposent de la même manière , mais plus ra-
DES PRIKCIPES DBS véaKxADX. 55
pidement et plus complètement que dans le cas précédent^ ils répandent une fumée piquante , douée le plus souvent d'une odeur de caramel, et qui est due à la volatilisation d’une partie des produits formés pendant la décomposition^ ils se boursoufflent, noircissent, et finissent par ne laisser qu’un résidu terreux , que l’on appelle cendres :,la plupart d’entre eux, surtout lorsque la chaleur est assez forte „ produisent une flamme plus ou moins éclatante , et alors ils répandent beaucoup moins de fiunée. Ces divers phénomènes s’expliquent facilement 5 en-effet, nous venons devoir (§ précédent) que la substance végétale est décomposée dans des vaisseaux fermés parla seule action de la chaleur, et que l’oxigène de cette substance joue un grand rôle dans la décomposition , en donnant naissance à des produits oxigéncs : il faut donc admettre que l’air atmosphérique , qui cède facilement son oxigêne, hâte celte décomposition; l’hydrogène carboné, l’oxide de carbone, l’huile et le charbon formés , ou mis à nu à mesure que le principe immédiat se détruit, se trouvent à une température assez élevée pour s’unir avec l’oxigène de l’air et se transformer en eau et en acide carbonique, avec dégagement de calorique et de lumière. L’oxigcne qui se combine avec ces produits est-il en assez grande quantité pour les transformer complètement et rapidement en eau et en acide carbonique ^ il n’y a point ou que très-peu de fumée, et la flamme est très-vive. Le contraire a-t-il lieu, et la température est-elle peu élevée, une partie des produits volatilisés se dégage dans l’atmosphère sans sc combiner avec l’oxigène , répand une odeur piquante, et va s’atfcicher , sous la forme de suie , aux parois de la cheminée ou des poiles dans lesquels on fait chauffer ces matières.
639. L^actionde ces principes immédiats sur l’eau, considérée comme dissolvant , varie : les uns sont solubles à frohî et à chaud; d’autres ne se dissolvent qu’à l’aide delà chaleux
SECONDE PARTIE
enfin iî en est qui sont compîètement insolubles. Cependant ils sont tous décomposés lorsqu’on les laisse dans ce liquide aéré pendant un temps suflSsant, ou^ ce qui revient au même, lorsqu’on les expose à l’action de l’air humide et à la température ordinaire *, il se forme alors de l’eau , du gaz acide carbonique , du gaz hydrogène carboné , de l’acide acétique, tme matière noire ou moisie dans laquelle le charbon prédomine, et probablement de l’huile. Quelle peut être l’action de l’eau et de l’air ? Le premier de ces fluides paraît agir en ramollissant les fibres , en détruisant la cohésion , et en dissolvant quelques produits de la décomposition. Quant à l’air , M. Th. de Saussure pense ( du moins pour la décomposition du bois ) qu’il se borne à céder son oxigène au carbone du principe immédiat pour former de l’acide carbonique 5 en sorte que l’eau obtenue est produite aux dépens de l’oxigène et de l’hydrogène du végétal 5 or , comme il se forme beaucoup plus d’eau que d’acide carbonique, le carbone doit prédominer et communiquer au résidu une couleur noire.
Parmi les corps simples non métalliques il n’y a guèie que l’iode et le chlore qui agissent sur ces principes immédiats. Uiode peut s’unir avec la fécule, même à la température ordinaire 5 il les décompose tous à l’aide de la chaleur, s’empare de leur hydrogène et passe à l’état d’acide hydriodique. Le chlore gazeux employé en quantité suffisante, à la température ordinaire, les charbonne au b@ut de quelques jours , s’unit à leur hydrogène , et passe à l’état d’acide hydro-chlorique.
ALe potassium le sodium y -et probablement le barium, le strontium et le calcium , s’emparent de l’ oxigène de ces principes immédiats, à l’aide de la chaleur, le§ charbonnent et se transforment en oxides.
640. L’action de l’acide sulfurique sur ces principes varie suivant son degré de eonceatratioa et sa températuie^
DES PEISCIPES DE.S VÉeéTATTX.
Escepté Tinuline, ils sont tous charbonnés à froid par cet acide concentré, qui détermine la formation d’une certaine quantité d’eau aux dépens de leur oxigène et de leur hydrogène 5 le charbon est mis à nu, tandis que l’eau formée se combine avec l’acide. A chaud , il y a à-ladbis décomposition de l’acide et de la matière végétale ; en effet , le charbon mis à nu d’abord , s’empare d’une portion ou de la totalité de l’oxigène de l’acide sulfurique, passe à l’état d’acide carbonique, et le transforme en gaz acide sulfureux ou en soufre. Si l’acide sulfurique est affaibli , il ne décompose point ces principes ; il en dissout seulement quelques-uns. L’action des acides hydro-phtorique, hydro - chlorique , phosphorique ou phosphatique concentrés, sur ces matières, paraît être analogue à celle dont nous venons de parler.
64 1. L’action de l’acide nitrique moyennement étendu et aidé de la chaleur, sur ces principes, mérite de fixer notro attention ; il les décompose en se décomposant, et les trans-forme tous en un produit acide qui est ou de l’acide ma* lique, ou oxalique, ou saccholactique , ou subérique {Foy. planche i*'® , fig, Si l’on introduit dans la cornue C, placée sur un fourneau à réverbère, une partie d’un de ces principes immédiats pulvérisés , et 4 ou 5 parties d’acide nitrique à aS®; si l’on adapte à cette cornue une allonge qui se rend dans un ballon j9, d’où part un tube de sûreté recourbé F, qui vase rendre dans des cloches pleines d’eau , et que l’on chauffe graduellement la cornue après avoir luté les jointmes, on remarquera que la liqueur n» tardera pas à bouillir 5 il se dégagera du gaz acide carbonique, du gaz azote, du deutoxide d’azote ou du gaz acide nitreux jaune rougeâtre 5 il se condensera dans le ballon de l’eau de l’acide nitrique qui aura été volatilisé, de l’acide hydfocyanique ( prussique ) et de l’acide acétique. Lorsque l’opération sera terminée , qu’il ne se dégagera plus ou presque plus de gaz , on trouvera dans la cornue un ou deux des,
SECOITDE PARTIE.
acides dont nous avons déjà parlé, savoir : Facide maligne, oxalique, saccholacttque ou subérique; la quantité de ces acides sera toujours moindre que celle du principe immédiat décomposé; enfin il pourra rester encore dans la cornue une portion d’acide nitrique non décomposé, de Feau, un peu d’acide acétique, etc. Théorie, Une portion de Foxîgéne de Facide nitrique s’unit à une certaine quantité d’hydrogène et de carbone du principe immédiat pour former de l’eau et de Facide carbonique ; upe autre portion d’oxigène de Facidé nitrique formé, avec une nouvelle quantité d’hydrogène ët de carbone, de Facide;acétique ; l’acide nitrique^ ainsi prive de soh oxigène, se trouve transformé en gaz acide nitreux , en gaz deutoxide d’azôte, ou en azote ; une portion de cet azote se combiné avec une partie d’hydrogène et de carbone du principe immédiat pour donner naissance à de l’àcide hydro-cyaniquè; Cela étant pôsé , que doit devenir ce principe iïnniédîat qui a cédé tant d’hydrogène et de carbone pour'donner naissance à de l’eau etaux acides carbonique, acétique et hydi’b-cÿanique ? Il est évident qu’il doit se trouver transformé én Un corps trés-oxigéné , puisqu’il n a poi nt perdu d’oxi gêné et quïl a cédé une grande partie de son hydrogène et de son carboné ;éé corps oxigéné est eifectivement Facide maîiqué, oxalique, saccliblàctique ou subérique, qui, comme nous l’avons dît , resté dans la cornue. Plus la quantité d’hydrbgène et de carbone cédée est considérable , plus Facide qui en résulté est oxigéiié; c’est aind ; que le sucre , qui peut donner , soumis à celte opération,' de Facide malique ou de Facide oxalique , se transforme d’abord en acide malique qui est rubins oxigéné (]ue Facide oxalique.
Ces principes immédiats , chauffés avec les sels précédemment étudiés, agissent sur eux comme le charbon; en effet, par Faction de la chaleur la matière végétale se trouvedécomposée et ne laisse pour résidu, que du charbon très-divisé.
Des sucres.
Du Sucre.
642. On donne le nom de sucre à toute substance solide -ou liquide , douée d’une saveur douce , soluble dans l’eau , soluble dans l’alcool, d’une pesanteur , de o,83 , smcepr lible d’éprouver la fermentation alcoolique lorsqu’elle, est mise en contact avec des proportions convenables d’eau et de ferment ,, et ne donnant point d’acide mucique lorsqu’on la traite à chaud par l’acide nitrique. On connaît plusieurs espèces de sucre. , •
Espèce. Sucre dé canne.
Ce sucre se trouve dans la tige de toutes les plantes du genre atundo , et principalement dans Varundo sacchal'itéra ; on le rencontre aussi dans la sève de Vaeer mon-^ tanum ( érable) , dans la betterave, la châtaigne, le navet, l’oignon, et dans toutes les racines douces. Il cristallise en prismes quadrilatères ou hexaèdres , incolores , terminés par des sommets dièdres et quelquefois tri èdres , auxquels .on donne le nom de sucre candi; sa pesanteur spécificpe est, suivant Fahrenheit, de i,6o65. 11 est inaltérable à l’air J mii au tiers de son poids’ d’eau, il forme un sirop épais qui se conserve long-temps , mais qui ne tardé pas à s’altérer par le contact de lair si on l-étend d’une plus grande quantité de liquide: il paraît aussi se décomposer lorsqu’on l’expose pendant long-temps à une température de 60 ou 80® ; du moins la majeure partie du sucre qu’il renferme perd la propriété de cristalliser. La dissolution aqueuse du sucre devient aussi incristallisable et astringente par son mélange avec la potasse , la soude , la chaux , la baryte et la strontiane; mais si on eu sépare ces alcalis au moyen des acides, elle acquiert de nouveau la propriété de cristalliser, à moins que le sucre n’ait été décomposé
iECONDE PABTIE-
par son ébullition avec ces oxides. La litharge peut être dissoute dans l’eau si on la fait bouillir avec du sucre.
L’eau sucrée n’est troublée ni par le sous-acétate de plojnb, ni par aucun autre réactif, excepté par l’hydro-cblorate de deutoxide de mercure ( sublimé corrosif dissous) , qui y fait naître , au bout de quelques jours , im précipité de proto^ chlorure de mercure (calomélas) et de sucre altéré.
Cependant le sucre peut, à l’aide de la chaleur, décomposer un certain nombre de dissolutions métalliques ^ comme fa prouvé M. Vogel , et comme nous l’avions déjà feit entrevoir. (Voyez Toxicologie générale, tom. iv... Addition , article Vert-de-gris.') U acétate de cuivre est décomposé par ce produit 5 l’acide acétique se dégage 5 il se précipite du protoxîde de cuivre , et la liqueur renferme , suivant M. Vogel , du proto- aeétate de cuivre, tandis que l’on obtient du cuivre métallique avec fè sulfate. Le nitrate et l’hydro -chlorate de deutoxide de cuivre sont transformés, par le sucre , en sels à base de protoxide. Le nitrate à! argent et l’hydro-chlorate d’or sont aussi décomposés avec la plus grande facilité. Leniirats de mercure est réduit. Le deutoxide de mercure, YlijdrocJilorate et V acétate à.e ce même deutoxide , sont ramenés par le sucre à un degré inférieur d’oxidation. H n’agit point sur les sels dont les métaux décomposent l’eau , comme ceux àéfer, d'étain, àe zinc, de manganèse, etc. Il est évident que, dans toutes ces circonstances, le carbone eî l’hydrogène du sucre s’emparent d’une portion ou de la totalité de l’oxigène qui entre dans la composition de l’oxida métallique.
Le sucre de canne est très-peu soluble dans l’alcool concentré. Il estformé , d’après hîM. Gay-Lussac et Thénard, da
Carbone... . . . 42,17-
- Osigène . 5o,63.
Hydrogène. . . . . .