‹ Élémens de chimie médicale (volume 2)Chapitre 62 sur 80 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

Des Composés relativement à la proportion de leurs élémens. '

Lorsque les corps ont beaucoup d’affinité entre eux, ils se combinent dans un très -petit nombre de proportions définies. Ils peuvent , au contraire , se combiner eni- un trèsgrand nombre de proportions s’ils cmt peu d’affinité /: on dit alors que les combinaisons sont indéfinies, • /x

Des Combinaisons définies.

1074* composition des. corps formés de deüx elémens qui ne s’unissent qu’en un très-petit nombre de proportions , est soumise à une loi remarquable dont M. Berzelîus a fait connaître toute la généralité par dès expériences multipliées , et que Ton peut énoncer ainsi : lorsque deux corps sont susceptibles de s’unir èh diverses' proportions , ces proportions sont constamment le produit de la nmlliplica-

48o QUATRIÈME PARTIE.

lion par 11,2,3,4) etc. , de la plus petite quantité d'un des corps , la quantité de l’autre corps restant toujours là même. Ainsi en supposant, avec M. Berzelius , qu’il existe quatre oxides de manganèse, et que le protoxide soit formé de loo parties de métal et de i4,o533 d’oxigène, le deutoxide sera formé de lOO de métal et de 14,0533 multiplié par 2 5 le tritoxide contiendra lOO de métal et i4,p533 multiplié par 3 ; enfin le peroxide sera composé de ipo de manganèse èt de i4,o533 multiplié par 4. Nous allons rapportéf un très-grand nombre de faits propres à mettre cette loi. dans .totit son jour.

Composition des oxides métalliques.

Deutoxîde de sodium. Cent parties de métal, 33,995 d’oxigène. Tritoxide, la même quantité de métal et le double d’oxigène, c’est-à-dire, 67,990 (i). Deutoxide de potassium.) 19.945 d’oxigène. Tiitoxide , trois fois autant d’oxigène environ, = 5q,835. (MM. GayÆussac et Tbenard')

Protoxide de manganèse , i4,o533 d’oxigène. Deutoxide ) 28,1077.? Tritoxide, Peroxide ,

(M. Berzelius.) (2). Protoxide de fer , 25 parties d’oxigène. Deutoxide , '6'] )5. Tritoxide ) 5o. On voit ici que la quan-^ tité d’oxigène contenue dans le deutoxide est i i, celle qué renferme le protoxide. ( M. Gay-Lussac. ) Protoxide d’é~

(1) Nous supposerons dorénavant que l’on entend toujours parler de 100 parties de métal.

(2) Qn se rappeiiera que nous n’avons parlé que de trois oxides de manganèse ynous donnons ici la composition de quatre de ces oxides pour faire connaître le travail de M. Berzelius ^ qui les admet j nous agirons de même pour tous les métaux que ce savant chimiste regarde comme pouvant fournir un plus grand nombre d’oxides que ceux que noos avons cm devoir recorinaître.

DES COMBIÎÎÂISDSr S DEFXKIES. 4^^

inin , ï2Sà'ox\gkn£. Deuloxide >, Tritoxidë ^ 2^7, (M. Berzelius.)

Protoxide d’arsenic, 8,475 d’oxîgène. Deutoxide (ou bien quatre fois autant). Acide arserdqae , 51,428» (M. Berzelius.)

Protoxide d’antimoine , 4565 d’oxigène. Deutoxide , 1 8,6 (ou quatre fois autant). Tritoxide^ 2'j,g. Perôxide , 87,2. (M. Berzelius.)

Protoxide de cuivre ^ 12,5 dLO'sà%èae.> Deutoxide , âo. (M. Berzelius.) Protoxidè de plomh, 7,7 d’oxigène. Deu'^ ioxide,iï,i (ou une fois et demie autant)» Tritoxide (Bâ^elius. )

Protoxide de mercure, 4 d'ôxîgène. Deutoxide , 8. ( Fourcroÿ et M. Thénard. ) Protoxide de platine, 8,287 d’oxigène. Deutoxide , 16, 38. ( M. Berzelius. ) Protoxide de rhodium ,6, 'J i d’oxigène. Deutoxide , 18,42. Peroxide, 20, 1 3. (Berzelius. ) Protoxide d’or, 4,026 d’oxigène. Deufoxide , 12,077, c’est-à-dire, trois fois autant d’oxigène, ( M. Berzelius. )

Composition des sels.

L^oxide de tous les sels d’un même genre, par exemple, de tous les sulfates , des carbonates , etc. , au même degré de saturation, renferme une quantité d’oxigène proportionnelle à la quantité d’acide avec lequel il est uni, ou à la quantité d’oxigène de cet acide» Si les sels sont neutres , l’oxigène de l’acide est une , deux , trois , quatre , jusqu’à huit fois aussi abondant que celui de l’oxide ; dans les sels acides , la quantité d’oxigène de l’acide peut être encore plus forte relativement à celle de l’oxide; tandis que, dans les soussels, elle peut être égale, ou le double, ou le triple, ou, bien la moitié , le tiers, etc.

1070. Sous^carhonales. L’acide carbonique de ces sels

or

482 QITATSIÈMÉ PARTIE.

contient deux fois autant d’oxigène que l’oxide qui est combiné avec lui 5 la quantité d’oxigène de l’oxide est à la quantité d’acide carbonique du sous-carbonate ccanme i à 2,754- Carbonates neutres. L’acide de ceux-ci renferme quatre fois autant d’oxigène que l’oxide qu’il sature , ce qui est une conséquence directe d’un fait bien connu : savoir que les carbonates neutres contiennent le double d’acide carbonique que les sous-carbonates.

Sulfates neutres. L’acide des sulfates neutres contient trois fois autant d’oxigène que l’oxidé qu’il sature*, en outre , l’acide renferme deux fois autant de soufre que l’oxide contient d’oxigène. La quantité d’oxigène de l’oxide est à la quantité d’acide du sulfate comme i à S. Sulfites. L’acide des sulfites renferme deux fois autant d’oxigène que l’oxide qui entre dans leur composition 5 l’oxigène de l’oxide est à la quantité d’acide du sulfite , comme i à 3,33. /oJute-s- L’acide de ces sels contient environ cinq fois autant d’oxigène que l’oxide qu’il sature ; la quantité d’oxigène de l’oxide est à la quantité d’acide qui compose l’iodate comme i à 20,61. Nitrates. L’oxigène de l’oxide , dans les nitrates neutres , est à la quantité d’acide ^’ils renferment comme i à 6,82. .Arseniates. L’acide des arseniates contient deux fois autant d’oxigène que l’oxide qu’il sature; l’oxigène de cet oxide est à la quantité d’acide comme i à 5,89. Mofiyhdates. L’acide des molybdates contient probablement trois fois autant d’oxigène que l’oxide qui entre dans sa composition ; l’oxigènè de cet oxide est à la quantité d’acide molybdique comme i à g,6. Tungstates. L’acide tungstique de ces sels contient probablement quatre fois autant d’oxigène que l’oxide qu’il sature ; l’oxigène de cet oxide est à la quantité d’acide du sel comme i à 19,1. Hydriodates. Dans les bydriodates , l’hydrogène de l’acide hydriodique est à l’oxigène de l’oxide comme 11,71 en poids sont à 88,29; l’iode de l’acide est à l’oxigène de

tOSÏPOStilON D5S;S SÜLFÜKES. 4^^

l'oxîde comme i5,62 à i en poids. Hydro-suljales. Dans les hydro-sulfates , l’hydrogène de l’acide est à l’oxigène de l’oxide comme 11,71 en poids sont à 88,29 , ou dans le même rapport que dans l’eau. Dans les oxalates neutres , l’oxigène de l’oxide est à l’acide que contient l’oxalate comme i à 5,568. Dans les. oxalates acidulés, il est comme i à 5,568 mtdtiplié par 2. Dans les oxalates acides^ le rapport est de i à 5,568 multiplié par 4* Enfin, dans les sous-^oxalates , l’oxigène de l’oxide est à l’acide, comme i à • d’où il résulte que les oxalates neutres contiennent le double d’acide que les sous - oxafates , la moitié dë^ celui qui constitue les oxalates acidulés , et le quart des oxalates acides. Acétates neutres, L’oxigène de l’oxide est à la quantité d’acide acétique d’un acétate comme i à 7,28. Citrates. Dans les citrates, l’oxigène de l’oxide parait être à la quantité d’acide comme î à 7,748- Tartrates neutres. L’oxigène de l’oxide paraît être à la quantité d’acide tartarique d’un tartratre comme i à I2,i4* Oléates. Cent parties d’acide oléiqüe satinent une quantité de hase contenant 2,835 d’oxigène. Margarates neutres. Cent parties d’acide margariqüe saturent une quantité de base contenant 3 parties d’oxigène.

Composition des sulfures.

ID7Ô. L’expérience prouve que la plupart des oxides métalliques des quatre dernières classes donnent, lorsqu’on les traite par l’acide hydro-sulfurique, un sulfure et de l’eau, c’est-à-dire, que l’oxigène de l’oxide se trouve en assez grande quantité pour saturer l’hydrogène de l’acide. D résulte de ce fait que la quantité de soufre des sul-, fures métalliques dont nous parlons est proportionnelle à la quantité d’oxigène que' contiennent les oxides. Suivant M. Berzelius, on ne peut former avec les métaux

4^4 QÜATIÎ.iÉMÉ. PARTIE*

tout au plus qu’ autant de sulfures qu’ils peuvent donner d’oxides ; en outre , le proto^sulfure d’un métal quelconque renfenne deux fois autant de soufre qu’il y a d’oxigène dans leprotoxide du même métal 5 le deuto-sulfure en con^ tient deux fois autant qu’il y a d’oxigène dans le deutoxîde 1 or, nous avons dit', en parlant de la composition des oxides d’un même métal, que la quantité d’oxigène contenue dans Ceux qui sont très-oxidés était i 3 ou 4 fois aussi considérable que Celle du protoxïde : donc nous devons admettre la même loi de composition pour les sulfures. Eclair-^ cissons ces données par un exemple ; supposons que des trois oxides d’un métal, le protoxide contienne, sur 100 parties de métal , 6 d’oxigène , le deütoxideia, etletritoxide 24 V supposons de plus que l’on puisse former trois sulfures avec le même métal 5 le proto*sulfure sera composé de 100 de métal -{-12 desoufre^ le deuto-suîfufe contiendra 24 de soufre et le trito-sulfure 4^.

Cette opinion -de M. Berzeliüs n’est pas généralement adoptée ; quelques clnmistes , à la tête desquels nous devons placer l’illustre Bertbollet, pensent qüe le soufre peut s’uràr en un très-grand nomBre de proportions avec le même métal 5 mais, suivant M. Berzeliüs, ces diverses^ combinaisons doivent être considérées comme de véri- 'tables sulfures avec un excès de soufre ou de métal.

Composition des iodures,

1077. L’acide Bydriodiqüe donne, avec plusieurs oxides métalliques, de l’eau et Un iodure ; d’ôù il résulte qUè ^ comme dans lea sulfures , la quantité d’iode est proportionnelle à là quantité d’oxigène des bxîdes.

COMPOSITION ÜÈS CHLOUURES MÉTALLIQUES. 485^

Composition des pkosphures métalliques.

10^8. On a fort peu de données sur la composition da ees corps; on présume qu’ils sont soumis à la même loi que lés sulfures, c’est-à-dire, que la quantité de phosphore qu’ils renferment est proportionnelle aux quantités d’oâ-> gène contenues dans les oxides métalliques. ^ ■

Composition des chlorures métalliques. '■

1079. Lorsqu’on décornpose par le feu un hydro-chlorate dont l’oxide est réductible, on obtient de l’eau et un chlorure ; pr, l’eau estformée d’un yolume d’hydrogène et d’un demi - volume d’oxigène , tandis que , dans l’acide hydro-? chlorique , il y a un volume d’hydrogène et un volume de chlore : doncla quantité de chlore d’un chlorure métallique doit être à la quantité d’oxigène de l’oxide du même métal comme i à | , c’est-à-dire , comme le poids d’un volume de chlore est au poids d’un demi-volume d’oxigène ; d’où il résulte que la composition des chlorures est soumise à la même loi que celle des sulfures et des iodures,

1080. Nous venons d’établir par des faits nombreux, auxquels nous aurions encore pu en ajouter d’autres , quit existe des rapports entre les poids des proportions d’un corps A , tel que l’oxigène , qui peuvent s’unir à une même quantité d’un corps B , tel que le fer ; mais il n’existe aucune proportion entre le poids du corps A et celui du corps B ^ ainsi on ne peut pas dire que lo grains du corps A doivent se combiner avec loo grains du corps B. La loi dont nous avons parlé se borne à exprimer que lOO grains du corps B se combinant avec lo grains da corps s’il est possible de former d’autres combinaisons entre ees deux çojpa 5 100 grains du corps B s’uniront avec une quantité

4^^ quatrième partie.

du corps A qui sera i j , 2,4? 5 fois aussi forte que le#

10 grains.

Il n’en est pas de même lorsqu’au lieu d’élablir un rapport entre les poids des corps on rétablit entre leurs volumes ; car alors on remarque , non - seulement qu’il y a des rapports simples entre les divers volumes du corps A qui se combinent avec un volume du corps B , mais encore qu’il en existe entre les volumes respectifs de ^ et de B. !Nous pouvons éclaircir cette proposition par un exemple : 100 volumes d’aaote s’unissent avec 5o volumes d’oxigène pour former du gaz protoxide d’azote : on voit ici qu’il y a. un rapport simple entre les volumes respectifs de l’azote et de l’oxigène , puisque celui-ci est la moitié de l’autre j loo volumes d’azote s’unissent à loo volumes de gaz oxigène pour donner naissance à du gaz nitreux : ici , non-seulement on observe des rapports entre les volumes -respectifs, qui sont égaux , mais encore entre les proportions d oxigène du protoxide et du deutoxîde d’azote , puisque celui-ci contient deux fois autant d’oxîgène que l’autre 5 on pourrait multiplier ces exemples. Nous devons à M. Gay-Lussac la découverte d’une très-belle loi relative à robjel dont nous nous occupons 5 elle peut être exprimée ainsi : Quelles que soient les proportions dans lesquelles les corps gazeux s unissent i on obtient des composés dont tes èlémens^ en volume, sont des multiples les uns de;s autres ; et quand, par suite de la combinaison, le volume des gaz est con-r tracté , la contraction a un rapport simple avec les vo^ lûmes des gaz , ou plutôt avec celui de Vun dé. eux : par exemple ;

«l. a’tydrogène ; la

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