DES OXIDES DE LA QUATRIÈME CLASSE
Acide çolumbique. On fait fondre dans un creuset d’argent une partie de columbatede fer, de manganèse ou d’yttria (les seuls que l’on trouve dans la nature ) avec 2 parties de potasse. On dissout dans l’eau bouillante le columbate de potasse qui en résulte*, on le filtre, et on en précipite l’acide çolumbique au moyen de l’acide nitrique ; on lave l’acide précipité.
Protoxide d antimoine. On traite par l’eau le protohydro-chlorate d’antimoine solide , et l’on obtient un surbydr o -chlorate soluble et un sous-hydro-chlorate blanc insoluble 5j on décompose celui-ci avec de l’ammoniaque , qui s’empare de tout l’acide hydro-chlorique , et laisse le protoxide , qu’il suffit de laver et de faire sécher pour l’avoir pur. Deutoxide ( fleurs d’antimoine ). On transe forme l’antimoine en deutoxide en le chauffant avec le contact de l’air 5 pour cela on introduit de l’antimoine dans un creuset long , que l’on recouvre d’un autre creuset à-peu-près de même capacité , et que l’on assujettit au moyen d’un lut argileux , en laissant pourtant une ouverture qui donne accès à l’air,* on place dans un fourneau à. réverbère celui qui renferme l’antimoine, et on le dispose de manière qu’il fasse un angle de 45° avec le sol , et que l’extrémité par laquelle' il communique avec l’autre soit hors du fourneau d’environ un pouce; le fond du creuset supérieur doit être percé d’un petit trou ; on fait fondre l’antimoine *, l’oxide se forme , se réduit en vapeurs et se condense dans le creuset supérieur , que l’on peut faire communiquer encore avec un autre creuset qui se trouvera plus éloigné du foyer , et qui par conséquent favorisera la condensation. Qn peut encore obtenir ce deutoxide comme celui d’étain, en traitant l’antimoine par l’acide nitrique.
Oxide d’urane. On le prépare en versant une dissolution de potasse ou de soude dans du nitrate d’urane, et en lavant l’oxide précipitée
5/fô PREMIÈRE PARTIE.
Les deux oxides de cérium s’obtiennent en décomposant les proto ou les deuto-sels par l’ammoniaque , qui en précipite l’oxide , et en lavant le précipité.
Protoxide de cobalt. On se le procure en décomposant un sel de cobalt par la potasse ou par la soude. Deuioxide. On transforme le protoxide en deutoxide en le faisant rougir dans un têt exposé à l’air, jusqu’à ce qu’il soit noir.
Oxide de titane. On le sépàre des sels de titane par l’ammoniaque.
Oxide de bismuth. Il s’obtient de la même manière que le protoxide d’antimoine.
Protoxide de cuivre. Lorsqu’on met le proto-hydroehlorate de cuivre blanc èt insoluble , dans une dissolution de potasse ou de soude, on enlève l’acide au sel et le protoxide orangé est mis à nu ; on décante la liqueur et on lave le précipité. Deutoxide. On le sépare d’un deuto-sel de cuivre par une dissolution de potasse ou de soude ; on Ifr lave et on le fait dessécher.
Oxide de tellure. On agit de la même manière sur un sel de tellure lorsqu’on veut en obtenir l’oxide.
Protoxide de plomb (massicot). On le prépare , r° en, chauffant le plomb avec le contact de l’air; a° en ramenant par la chaleur le deutoxide à l’état de protoxide. Deutoxide ( minium ). On l’obtient aussi au moyen de l’air. On commence par fondre le plomb dans un fourneau à réverbère dont l’aire est concave ; lorsqu’il est à l’état de protoxide jaune, on le laisse refroidir, on le triture, et on l’agite dans des tonneaux avec une certaine quantité d’eau , afin d’en séparer les portions de plomb qui n’ont pas été oxidées ; le métal , plus pesant que l’oxide , ne tarde pas à se précipiter, tandis que celui-ci reste suspendu dans l’eau; on le ramasse , on le fait sécher et on le met de nouveau dans le four sous la forme de couches minces , afin qu’il présente plus de surface ; on élève la température presque
DÈS OXIDES DE LA CÎÏÏQ'ÜÎÈJÆE CLASSE,' bfo jusqu’au rouge brun , et l’on obtient , au bout de 4» à 48 heures , ie deutoxide rouge ; on le laisse refroidir et on le passe au tamis : cependant il n’est pas pur : il contient presque toujours un peu de protoxide de plomb, et assez souvent du deutoxide de cuivre ; on le traite par l’acide acétique affaibli , qui ne dissout , à l’aide d’une douce chaleur, que les deux oxides qni altèrent le minium. Tritoxide ( oxide puce). On le prépare en faisant chauffer le deutoxide avec 5 à 6 parties d’acide nitrique étendu de son poids d’eau ; il se forme du proto-nitrate de plomb soluble et du tritoxide qui reste au fond du matras , et qui doit être lavé avec de l’eau chaude (Voyez Minium, , § 480 ).
Des Oxides de la cinquième classe.
V oxide de nickel s’obtient comme le protoxide de cobalt.
Protoxide de mercure. Cet oxide ne peut pas être obtenu , d’après les expériences de M. Guibourt. La poudre noire que l’on sépare en décomposant un proto-sel de mercure par la potasse , est Un mélange de deutoxide et de mercure très-divisé. Deutoxide. On le prépare, i° en décomposant dans une fiole , à une chaleur voisine du rouge brun , du nitrate de mercure : on l’appelle , dans ee cas , précipité rouge : si l’on chauffait trop fortement on le transformerait en oxigène et en mercure 5 20 en versant de la potasse, de la soude bu de la chaux dans une dissolution d’un deuto-sei de mercure 5 3° en chauffant pendant 10 , 12 ou 1 5 jours le mercure avec le contact de l’air, et de manière à le faire entrer presqu’en ébullition. On donnait autrefois à l’oxide préparé par ce moyen le nom de précipité per se, et celui d’enfer de Boyle au matras qui renfermait le métal.
Oxide d’osmium. On peut se le procurer , i° en chauffant jusqu’au rouge brun une corane contenant un mélange
de nitrate de potasse et d'osmium métallique ou du résidu noir et pulvérulent B dont nous avons parlé à l’article Extraction duplatine ( pag. 027 ) : ilse forme dans tous les cas de l’oxide d’osmium volatil 5 20 suivant M. Laugier , on peut se le procurer en saturant par un lait de chaux la liqueur G, qui provient du traitement de la mine de platine et qui le renferme* ( Voyez pag. 53o. }
Des Oxides de la sixième classe.
A l’aide des dissolutions de potasse ou de soude , on sépare ¥ oxide d’ argent du nitrate, et les oxides de rhodium , de palladium et dû indium des hydro-chlorates. L’eau de baryte précipite ¥ oxide d’or de 1’hydro-chlorate , pourvu qu’on fasse chauffer le mélange 5 enfin le protoxide et- le deutùxide de platine peuvent être obtenus , d’après M. Berzelius, le premier en traitant le sous-hydro-chlorate de protoxide de platine par un grand excès de potasse ou de soude , et le deutoxide , en décomposant le deuto-sulfate de platine par le sous-carbonate de potasse , et en ne recueillant que le premier précipité, car celui qui se forme en dernier lieu est un sulfate à base de potasse ét de platine.
Des Phosphures métalliques .
On ne peut pas employer le même procédé pour combiner le phosphore avec tous les métaux susceptibles de former des phosphures. H est cependant permis d’établir que presque tous les phosphures peuvent être obtenus en faisant fondre le métal s’il est facilement fusible, ou en le faisant rougir s’il fond difficilement , et en le mettant en contact avec de petits fragmens de phosphore. En parlant de l’action de ce corps sur chaque métal en particulier , nous avons eu soin d’indiquer les précautions qu’il faut prendre pour parvenir à le combiner avec quelques-uns d’entre
BS S SV LF TIR ES MÉTALLIQUES. 5^g
eut , tels que le zinc , le potassium , le sodium , le mercure et l’arsenic. (Voyez Action du phosphàre sur ces métaux. )
Les métaux très-oxidables qui peuvent décomposer l’acide phosphorique vitreux , tels que le fer , l’étain , le manganèse , etc. , se transforment en phosphures et en phosphates lorsqu’on les fait rougir avec cet acide dans un creuset de Hesse; le phosphure fond et forme un culot métallique , tandis que le phosphate reste à la surface.
Presque tous les métaux peuvent passer à l’état de phosphure lorsqu’on les chauffe fortement avec de l’acide phosphorique vitrifié et du charbon , car celui-ci s’empare de l’oxigène de l’acide , et met le phosphore à nu.
Des Phosphures de chaux 3 de baryte et de strontiane.
On met au fond d’un tube de verre recouvert d’un lut argileux et fermé par un bout, environ un gros de phosphore coupé en petits morceaux, et par-dessus a ou 3 gros de chaux, de baryte ou de strontiane finement pulvérisées ; on dispose le tube dans un fourneau de manière à en faire passer l’extrémité inférieure d’environ un pouce à travers la grille; on met quelques charbons rouges autour de la partie du tube qui contient l’oxide, et on élève la température jusqu’à le faire rougir ; alors on réduit le phosphore en vapeur à l’aide d’autres - charbons dont on entoure la partie inférieure du tube qui est au-dessous de la grillé ; le phosphore traversé l’oxide, se combine avec lui et forme le phosphure dont nous parlons : l’excès de phosphore se répand dans l’air , en absorbe l’oxigène et produit une flamme très éclatante.
Des Sulfures métalliques.
On peut les obtenir, i° en faisant fondre le métal dans un creuset s’il est facilement fusible , et en y ajoutant d«
soufre j et s’il ne fond que difficilement , en projetant dans un creuset rouge un mélange de soufre et du métal pulvérisé : dans tous lès cas , il faut continuer à chauffer pendant quelque temps. On opère dans des vaisseaux fermés si le métal est très - oxidable , par exemple, si on agit sur le potassium ou sur le sodium. On peut faire les sulfures des métaux des quatre dernières classes en exposant à une température élevée leurs oxides mêlés avec du soufre; l’oxigène se porte sur une portion du soufre pour former de l’acide sulfureux qui se dégage, et le métal se combine avec l’autre portion de soufre. 3°. On obtient un assez grand nombre de sulfures métalliques , formés par les métaux des trois dernières classes , en décomposant leurs dissolutions par les hydro-sulfates solubles.de potasse, de soude et d’ammoniaque , et quelquefois même par l’acide hydro-sulfurique. (Voy. Hydro-sulfates , page 208. )
Les sulfures de potassium et de sodium se, préparent par le premier procédé , ou bien en faisant chauffer les métaux avec du gaz acide hydro-sulfurique ; ils s’emparent , dans ce cas, du soufre et mettent l’hydrogène à nu. Sulfure de manganèse: par le deuxième procédé , en chauffant le peroxide de manganèse avec du soufre. Sulfures de zinc et de fer : par le premier et par le deuxième procédés. Proto-sulfure à! étain : par le premier procédé. Deuto-sulfure d'étain (or mussif). On l’obtient, i° par le deuxième procédé; 20 en chauffant parties égales d’étain et de sulfure de mercure (cinnabre); l’étain s’empare du soufre , et le mercure est mis à nu; 3° on fait le plus ordinairement un mélange d’une partie et demie de soufre , d’une partie d’hydro-chlorate d’ammoniaque, et d’une partie d’un alliage composé de parties égales d’étain et de mercure ; on le réduit en poudre fine ; un l’introduit dans un creuset que l’on soumet pendant plusieurs heures à l’action d’une douce chaleur , et l’on obtient l’ormussif sous la forme d’une masse jaunâtre légère ; le mercure qui
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■entre dans, la composition de l’alliage ne sert qu’à le rendre fragile , et par conséquent facile à pulvériser. Sulfure d’arsenic jaune (orpiment). On le prépare par le deuxième procédé, ou bien en faisant passer du gaz acide hydro-sulfurique à travers une dissolution aqueuse de deutoxide d’arsenic. Sulfure de molybdène : par le premier et par le deuxième procédés. Les sulfures d’antimoine , de bismuth, de cuivre et de plomb s’obtiennent par les trois procédés décrits ( pag. 549 ). Sulfure de mercure ( cinnabre ). Onfait fondre le soufre dans un creuset ou dans une bassine de fonte \ on y ajoute 3 ou 4 parties de mercure que l’on fait passer à travers une peau de chamois , ce qui forme une pluie mercurielle extrêmement fine , et l’on obtient une masse noirâtre appelée éthiops de mercure, et qui avait été regardée jusque dans ces derniers temps comme un sulfure particulier. On fait ehauffer eette masse dans un matras de verre à long col, luté extérieurement 5 le cinnabre se. sublime sous la forme dé belles aiguilles violettes , tandis que l’excès de soufre se dégage. On peut aussi préparer une certaine quantité de ce sulfure en agitant pendant long-temps du mercure métallique avec une dissolution d’hydro-sulfate sulfuré: en effet le soufre en excès se porte sur le métal, le noircit d’abord , et ne tarde pas à le faire passer au violet 5 on parvient , par ce moyen , à décolorer l’hydro-sulfate sulfuré , et à . le transformer en hydro-sulfate simple. Sulfure d’argent. On le prépare par les trois procédés indiques ( pag. 54g ). Sulfure de nickel et de tellure : par le premier et par le deuxième procédés. Sulfure de tungstène , de cérium , de cobalt et de titane : par le deuxième, procédé. Sulfures de palladium y de rhodium , de platine et d’iridium. ( Voyez l’hisioire de ces métaux.)
Oxides sulfurés alcalins (iodes de soufre). i°. Ou chauffe ensemble dans un creuset parties égales de soufre pulvérisé et de sous-carbonate de potasse « ou de sous-carbonate da
soudè> oiide chaux vive, ou de baryte, ou de strontîane : ou peut même , à la rigueur, se servir des sous-carbonates de- ces trois derniers oxides. On fait rougir le mélange pendant une heure environ ; on le eoule sur une table de marbre; le produit refroidi, constitue l’oxide sulfuré ( foie de soufre ) ; on l’enferme dans des flacons bien secs , et on le conserve à l’abri du contact de l’air : dans ces expériences, le soufre se combine avec l’oxide , et en dégage l’acide carbonique. M. Vauquelîn vient de prouver qu’il faut au moins une partie de soufre pour une de sous-carbonate de potasse. 2°. On peut également obtenir ces oxides sulfurés en décomposant dans un creuset les sulfates de potasse , de soude , de baryte, de strontiane et de chaux , réduits en poudre et mêlés avec un sixième de leur poids de charbon pulvérulent ; on fait rougir le mélange passé au tamis pendant une heure ou deux : le charbon décompose l’acide sulfurique, s’empare de son oxîgène, et le soufre mis à nu s’unit avec l’oxide ; mais ces oxides sulfurés contiennent un excès de charbon ; on les fait dissoudre dans l’eau , et on filtre ; la liqueur , d’un Jaune plus ou moins rougeâtre , transparente, est un hydro-sulfate sulfuré. ( Voy. § 178. )
U oxide sulfuré de magnésie peut être obtenu par les mêmes procédés.
lodutes métalliques .
i°. On peut combiner directement l’iode , à l’aide de la chaleur , avec un certain nombre de métaux , tels que le potassium , Je sodium , le mercure, le fer, le zinc , l’étain , etc. 20. Les dissolutions métalliques dont les métaux ne décomposent pas' l’eau , comme sont eelles de cuivre , de plomb , d’argent , de bismuth , etc. , donnent par les bydriodates solubles un précipité d 'iodure : en effet , l’hydrogène de l’acide bydriodi que se combine avec l’oxigène de l’oxide, et l’iode se précipite avec le métal.