DES SULFATES
pulvérisé et chauffé avec de l’acide sulfurique étendu, donne une dissolution qui ne contient guère que du sulfate d’alumine , que l’on peut changer eu alun au moyen du sulfate de potasse ou du sulfate d’ammoniaque. Si l’on veut obtenir de l’alun avec les résidus d’eau forte préparée avec le nitre et l’argile , il suffit de les mettre en contact avec l’acide sulfurique 5 en effet , ces résidus contiennent de la potasse et de l’alumine. L’alun est d’autant plus estimé qu’il contient moins de sulfate de fer.
Pjrophove de Homberg. On fait dessécher dans une cuiller de fer , à l’aide d’une douce chaleur , un mélange de 3 parties d’alun à base de potasse et d’une partiede sucre, de mélasse , d’amidon ou de farine 5 on agite de temps en temps le mélange, et on le réduit en poudre lorsqu’il est parfaitement sec 5 dans cet état , il a une couleur brune et même noire , qu’il doit au charbon provenant de la décomposition de la matière végétale employée ; on l’introduit dans un petit matras à long col , luté extérieurement ; ce matras est reçu dans un grand creuset d’argile rempli de sable et disposé dans un fourneau 5 on élève la température jusqu’au rouge 5 an bout de 20 ou 25 minutes on voit paraître , à l’extrémité ouverte, du matras , une flamme d’un blanc bleuâtre, due au gaz hydrogène carboné et au gaz oxide de carbone , résultant de la décomposition des matières végétales. Lorsqu’au bout de 4 ou 5 minutes cette flamme cesse de se montrer , ou ne se montre plus que par intervalles , l’opération est terminée 5 on retire l’appareil du feu ; xtn bouche le matras avec nu bouchon de liège , et on le laisse refroidir. Le pyrophore doit être soigneusement conservé à l’abri du contact de l’air.
Sulfate de protoxide de manganèse. On peut le préparer avec l’acide sulfurique affaibli et le métal ; mais le plus souvent on l’obtient en faisant bouillir le deutoxide pur avec l’acide étendu de son poids, d’eau, Per-sulfate d&
568 première partie.
manganèse. Il suffit, pour se le procurer, de faire agir k froid le peroxide de manganèse dans de l'acide sulfurique concentré, ou étendu d’une très-petite quantité d’eau : à l’aide d’une très-douce cîialeur , on parvient à faire dissoudre une plus grande quantité d’oxide.
Sulfate de zinc. On le prépare dans les laboratoires en suivant le cinquième procédé. Pour l’obtenir en grand , on fait griller la blende à ans un fourneau à réverbère ; le sulfure de zinc , et la petite quantité de sulfures de fer , de cuivre etde plomb qui composent ce minéral, passent, en absorbant l’oxigène de l’air, à l’état de sulfates ; On les traite par l’eau, qui les dissout tous , excepté le sulfate de plomb ; on laisse déposer celui-ci , on décante la dissolution et on la fait évaporer jusqu’à ce qu’elle soit assez concentrée pourfoumir une masse cristalline semblable au sucre en pain , que l’on livre dans le commerce sous le nom de vitriol blanc. Ce vitriol contient , outre le sulfate. de zinc , un peu de sulfate de fer et de cuivre ; on le purifie en le dissolvant dans l’eau et en lé faisant bouillir avec de l’oxide de zinc, qùi précipite les oxides de fer et de cuivre.
Sulfate de protoxide de fer. Il peut être préparé, comme le précédent, par le cinquième procédé ; on l’obtierit toujours ainsi dans les laboratoires , et même quelquefois dans les manufactures ; cependant on se le procure le plus souvent en grand , en suivant la méthode que nous avons décrite à l’article Jllun. ( Voyez pag. .5 65. ) Sulfate de deutoxide de fer. On se le procure en faisant bouillir dans des vaisseaux fermés du deutoxide de fer avec de l’acide sulfurique concentré étendu de deux fois son poids d’eau. Sulfate de peroxide de fer. On le prépare en faisant bouillir leperoxide de fer hydraté encore humide avec de l’acide sulfurique concentré ; on l’obtient aussi, quelquefois eu faisant chauffer le proto-sulfate pulvérisé avec.de l’acide nitrique : celui-ci se décompose , cède de l’oxigène , et porte le protoxide à l’c-tat
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,de peroxide ; mais il est évident que Ton doit obtenir dans ce cas un sous-ïrito-sulfate.
Sulfate de protoxide d’étain. On le prépare en versant de l’acide sulfurique concentré dans une dissolution d’hydro-cblorate de protoxide d’étain : il se précipite sous la forme d’une poudre blanche. Le deulo-suljate s’obtient en faisant bouillir le précédent avec de l’acide sulfurique concentré.
Sulfate d’arsenic. On peut se le procurer en faisant bouillir l’acide et le métal ( quatrième procédé ). Sulfate de chrome. On fait dissoudre l’oxide dans l’acide ( premier procédé).
Sulfates d’antimoine , de bismuth , de plomb et d’ argent. On peut les obtenir par le quatrième procédé, en faisant bouillir l’acide et le métal 5 ou bien par le troisième procédé, en versant un sulfate soluble. dans une simple dissolution d’antimoine, de bismuth, de plomb ou d’argent.
Sulfates d’uj'ane , de cérium , de titane , de tellure et de nickel. On fait dissoudre l’oxide pu le carbonate dans de l’acide sulfurique ( premier et deuxième procédé ).
Sulfate de protoxide de cobalt. On peut préparer ce sel avec la mine de cobalt de Tiinaberg* mais on préfère employer les fragmens amorphes des mines de Saxe et de Hongrie, qui sont inSniment moins chers, et qui contiennent du cobalt, du fer, du cuivre, de l’arsenic et du soufre. On lès grille après les avoir pulvérisés , pour transformer , à Faide.de l’oxigène de l’air , le soufre et l’arsenic en gaz acide sulfureux et en oxide d’arsenic volatils 5 et le cobalt , le fer et le cuivre en oxides fixes : à la vérité , une partie du soufre et de l’arsenic passe à l’état d’acide sulfurique et arsenîque qui restent avec les oxides fixes ; on fait rougir le produit lorsqu’il n’exhale plus de gaz acide sulfureux ni d’oxide d’arsenic , et on l’agite pendant quelque temps
avec de la poudre de charbon, qui décompose la majeure partie des acides sulfurique et arsenique; ou laisse refroidir, et on traite le résidu par un excès d’acide sulfurique : on obtient parce moyen des sulfates de cobalt, de cuivre et de fer contenant la portion d’acide sulfurique et arsenique non décomposée; on traite cette dissolution par la potasse, qui précipite l’oxidè de fer : il est évident que si on mettait un excès de potasse, les oxides de cuivre et de cobalt seraient égalémént précipités; on filtre lk dissolution et on. y fait arriver un courant de gaz acide hydro-sulfurique, qui précipite sur-le-champ le cuivre , et qui agit beaucoup plus lentement sur l’acide arsenique , mais qu’il parvient aussi à décomposer au bout de io ou ta heures, en sorte que l’on obtient un précipité de sulfure de cuivre ét de sulfure d’arsénie ; on filtre la dissolution ; on la fait chauffer pour en chasser l’excès d’acide hydro-sulfurique, ét on a le sulfate de coh ait-, mais il est fort difficile que ce sel ne contienne point de sulfate de fer : le meilleur moyen pour l’en débarrasser consiste à le traiter par Poxalate d’ammoniaque , qui forme avec le cobalt un oxalate înéoluble , tandis qu’il donne avec le fer un sel soluble. On lave l’oxalate précipité , on le dessèche, et on le fait rougir dans un creuset ; Pacidè oxalique se décompose par Taetîon de la chaleur, et il né reste que de l’oxide de eobaltpur que Ton peut faire dissoudre dans Tacide sulfurique;
Sulfate de deutoxide de cuivre. On peut Tobtenir en faisant bouillir le métal et Tacide concentré; mais on suit rarement ce procédé; ordinairement on commence par préparer du sulfure de cuivre en faisant rougir dans un fourneau des lames de cuivre préalablement mouillées et saupoudrées de soufre, en les plongeant dans l’eau froide et en les remettant dans le four avec une nouvelle quantité' de soufre; le sulfure obtenu absorbe Toxigène de Pair et. passe à l’état de deuto-sulfate soluble dans T eau, et sus-
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ceptible de cristalliser par l’évaporation: tel est leprocédé suivi en France. Il n’en est pas de même à Marienberg , où la mine exploitée contient de l’oxide d’étain, du sulfure de cuivre et du sulfure de fer; en effet, on grille la mine pour la transformer en sulfate de cuivre et en sulfate de fer solubles; on traite le produit par l’eau et on obtient ces deux sels cristallisés; on les fait dissoudre de nouveau, et on mêle le solution avec un excès de deutoxide de cuivre qui ne tarde pais à précipiter l’oxide de fer. Quelquefois aussi on retire par Févaporation le deuto-sulfate de cuivr* qui se trouve naturellement dissous dans les eaux.
Proto - sulfate de mercure. On l’obtient en faisant bouillir de l’acide sulfurique concentré avec un excès de mercure ( quatrième procédé ), ou bien en versant un sulfate dissous dans du nitrate de protoxide de mercure ( troisième procédé ).
Deuto-sulfale àcide de mercure. On le prépare en faisant bouillir, pendant 3 ou 4 heures, un excès d’acide sulfurique concentré avec du mercure, opération qui ne diffère de la précédente qu’en ce qu’on emploie beaucoup plus d acide. Il suffit de mettre ce sel dans l’eau chaude pour obtenir le turbiih minéral insoluble ( sousdeutô-sulfate ) et le sur-sulfate de deutoxide soluble.
Les sulfates d’or, de platine, de rhodium, de palladium et <¥ iridium, admis seulement par quelques chimistes , s’obtiennent en traitant les oxides de ces métaux par l’acide sulfurique.
Sous - sulfates. La plupart des sulfates solubles de la première et des quatre dernières classés peuvent être transformés en sous-sulfates insolubles au moyen de la potasse, la soude ou l’ammoniaque; il s’agit, pour les obtenir, de ne pas ajouter assez d’alcali pour enlever tout Facide à l’oxide.
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Des Sulfites.
Les sulfites insolubles se préparent par le troisième procédé , c’est-à-dire par la voie des doubles décompositions. Ceux qui sont solubles s’obtiennent avec la base -simple ou carbonate©, et le gaz acide sulfureux: pour cela on dégage ce gaz, à l’aide du charbon et de l’acide sulfurique, dans l’appareil déjà décrit ,( voyez Préparation de l’acide sulfureux , pag. 49$ ); on le fait arriver , dans dés flacons tubulés , contenant de la potasse , de la soude ou de l’ammoniaque liquides, etc., et on suspend l’opération lorsque la saturation de, ces bases est complète. On parvient presque toujours à obtenir , par ce procédé , des sulfites cristallisés : s’ils sont avec excès; d’acide, on les sature par une quantité convenable d’alcali.
Sulfites sulfurés. Ceux de potasse , de soude et d’ammoniaque se préparent en faisant bouillir les sulfites, simples avec de l’eâu et du soufre divisé 5 ou bien, comme pour les sulfites simples, en faisant arriver le gaz acide sulfureux dans ces bases dissoutes et mêlées avec du soufre. Ceux de baryte et de strontiane s’obtiennent en mettant les sulfures de ces bases dans l’eau. v( Fpy., pag. 227, Foie de soufre. ) Enfin ceux de zinc et de 1er sont le résultat de l’action directe de l’acide sulfureux sur les métaux.
Des lodates.
Les iodates insolubles de plomb , de proloxide de mercure, d'argent, de fer peroxidé , de bismuth, de cuivre , de zinc , etc. , s’obtiennent par la voie des doubles décompositions ( troisième procédé), en versant de l’iodate de potasse dans une dissolution de l’un ou de l’autre de ces métaux. Les iodates de potasse et de soude se préparent en versant sur de l’iode une dissolution de potasse ou de soude jusqu’à ce que la liqueur ne soit plus colorée :
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cette liqueur renferme de l’iodate et de l’hydriodate de de potasse ou de soude , produits par la décomposition de l’eau ( voyez § 181 ) : on la fait évaporer jusqu’à siccité , et on traite la masse par l’alcool à 0,81 de densité, qui dissout l’hydriodate sans agir sur l’iodate ; on le lave deux ou trois fois avec de l’alcool pour le débarrasser de tout l’hydiiodaie ; s’il est avec excès d’alcali, on le fait dissoudre dans l’eau et on le neutralise par l’acide acétique (vinaigre); en sorte que l’on a un iodate et un acétate; on évapore jusqu’à siccité , et l’on traite la masse par l’alcool , qui ne dissout que l’acétate: l’iodate reste alors pur.
Il iodate à’ ammoniaque s’obtient directement (deuxième procédé). Les iodates de baryte , de strontiane et de chaux se préparent en mettant de l’iode dans les eaux de baryte , de strontiane ou de chaux ; l’eaü est décomposée , et il se forme un hydriodate soluble et un iodate insoluble , qu’il suffit de laver pour avoir pur.
, ■ ■ Des Chlorates.
Les chlorates de potasse , de soude , de strontiane , de baryte, d’ ammoniaque, à’ oxide de zinc , d’oxide d’argent, de protoxide de plomb et de deutoxide de cuivre , peuvent être préparés par le premier et le deuxième procédé, en saturant ces oxides ou leurs carbonates par l’acide chlorique. Les quatre premiers s’obtiennent également en faisant arriver pendant plusieurs heures du chlore gazeux sur leurs oxides humectés ou dissous : ainsi , que J’on introduise dans des éprouvettes placées à la suite les unes des autres , des dissolutions concentrées de potasse' ou de soude , ou bien de la baryte ou de la strontiane délayées dans de l’eau; que l’on fasse communiquer entre elles ces diverses éprouvettes au moyen de tubes , et qu’on les dispose de manière à ce aue les alcalis soient traversés pendant longtemps par du chlore gazeux dégage au moyen d’un apparéil
convenable ( voy. pi. 9, fig. 07 ) , on remarquera au bout de quelques heures , si l’appareil a été parfaitement lulé , qu’il s’est formé dans chacune de ces dissolutions, i° un chlorate qui se trouve cristallisé au fond de l’éprouvette lorsqu’il est à base de potasse ou de soude 5 20 un hydrochlorate soluble ; 3° une combinaison de chlore et d’alcali. Il se sera en outre dégagé du gaz oxi gène, surtout si l’appareil a été exposé à la lumière. La formation du chlorate et de l’hydro-chlorate est le résultat de la décomposition de l’eau opérée par l’affinité du chlore pour l’hydrogène et pour l’oxigène , par l’affinité des acides liydro-chl orique et chlorique pour les alcalis , et par la différence de solubilité entre l’hydro-chlorate et le chlorate. Le composé de chlore et d’alcali se produit en raison de l’affinité réciproque de ces deux corps ; enfin le dégagement de gaz oxigène dépend de ce que la lumière favorise la décomposition d’une portion de l’eau, dont l’hydrogène s’unit au chlore et dont l’oxigène se dégage à l’état de gaz. Lorsque l’opération est terminée, on procède à la séparation du chlorate. Voici comment on s’y prend pour ceux de potasse et de soude : on ramasse les cristaux qui se trouvent au fond de l’éprouvette, et qui sont presque entièrement composés de chlorate on les dissout dans de l’eau et on les fait cristalliser de nouveau : par ce moyen, la petite quantité d’hydro-chlorate qu’ils contiennent est séparée et reste dans la dissolution.
Pour obtenir le chlorate de baryte , on prend le mélange de chlorate et d’hydro-chlorate et on le fait évaporer ; l’hydro-chlorate , beaucoup moins soluble , cristallise en grande partie , et peut être séparé par la décantation ; la dissolution contient tout le chlorate de baryte et une certaine quantité d’hydro-chlorate; onia fait bouillir avec du phosphate d’argent , qui n’agit point sur le chlorate et qui décompose l’hydro-chlorate : en effet , il se forme , en