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DES ACIDES

de la réunion de tous , et de la manière dont les molécules sont arrangées.

Les acides dont nous devons nous occuper dans cet article sont au nombre de douze , savoir : les acides borique , carbonique , hypo-phosphoreux , phosphoreux , phosphorique , sulfureux , sulfurique, iodique, ehloreux, chlorique, nitreux, nitrique.

Action des Acides sur V économie animale.

88. Les acides affaiblis doivent être considérés comme des toniques qui , loin d’augmenter la température organique comme les huiles volatiles, donnent lieu à un sentiment de fraîcheur générale; ils sont en outre anti-putrides et astringens. Administrés convenablement , iis ralentissent la circulation, étanchent la soif, augmentent la sécrétion de l’urine et le ton de l’estomac ; cependant les individus qui en abusent éprouvent des symptômes fâcheux , tels que la destruction de l’émail des dents , un sentiment de constriction et d’âcreté dans la gorge , la cardialgie , la toux , l’amaigrissement qui est la suite de l’altération des digestions, et le racornissement du cariai digestif, des glandes ly mphatiques et de quelques autres organes.

On les emploie avec le plus grand succès dans les fièvres bilieuses, principalement celles qui sont continues ou rémittentes , dans les fièvres adynamiques et putrides, dans le scorbut avec ou sans dévoiement, dans lesdiarrhées bilieuses très-considérables , dans celles qui sont anciennes , dans les hémorrhagies passives du poumon , de l’utérus, de la vessie urinaire , du conduit alimentaire ; dans les catarrhes chroniques de ces divers organes, dans les hydropisies atoniques. Sydenham et quelques autres auteurs en ortt obtenu de très -bons effets dans la petite-vérole, lorsque la suppuration languit, qu’eile est d’un mauvais caractère, et qu’il se développe des pétéchies dans l’intervalle dès

boutons. Ils sont contre-indiqués au début de la phthisie pulmonaire et dans les phlegmasies aiguës , principalement dans celles du thorax. Pour les administrer on les mêle avec de l’eau jusqu’à ce que celle-ci ait un degré d’acidité agréable au goût , et on fait prendre plusieurs verres de ce liquide dans la journée.

Les acides affaiblis sont employés à l’extérieur comme astringens , dans les hémorrhagies des petits vaisseaux , et dans les écoulemens passifs ou par relâchement ; on s’en sert aussi quelquefois comme répercussifs dans certaines éruptions cutanées 5 mais la répereussion qu’ils déterminent peut souvent être dangereuse. >

. Les acides concentrés agissent tous, comme de puissans escharotiques ; ils irritent , enflamment , ulcèrent les parties avec lesquelles on les inet en contact, et donnent lien aüx symptômes de l’empoisonnement produit par les poisons corrosifs et âcres. ( K oyez ma Toxicologie générale/) Cependant les médecins les prescrivent quelquefois avec succès à l’extérieur : ainsi ils sont avantageux pour détruire les poireaux , les verrues , la pustule maligne , etc. 5 ils entrent dans; la composition de certains onguens dont on se sert pour exciter la peau dans quelques maladies chroniques de cet organe. ; ! : .

De ï Acide borique, .

L’acide borique se trouve pur dans la nature : on le rencontre dans les- lacs^de Castelnuovo , dé Môntecerboli , et de Cherchiajo en Toscane ; il se trouve aussi dans plusieurs lacs des Indes 5; mais alors il est uni à la soude. : - ’

89. L’acide borique pur est solide, et peut être obtenu sous deux [états , i°. fondu et privé, d’eau ; 20. combiné avec ce liquide , à l’état d’hydrate. Acide borique privé d’eau. H est sous. la forme d’un verre’ transparent, incolore , inodore , et doué .d’une légère saveur acide j sa pe-

SES AcrBES. î2§

santeur spécifique est de i,8o3. Il est fusible et n’éprouve aucune autre altération de la part du calorique. Exposé à l’action d’une forte pile électrique , il est décomposé en petite quantité ; l’oxigène se rend au pôle vitré , et le bore au pôle résineux. Aucun des corps simples précédemment étudiés n’a d’action sur lui , tant l’affinité qui réunit ses élémens est considérable. Il attire assez fortement l’humidité de l’air, et se recouvre d’écailles opaques pulvérulentes , composées d’acide borique et d’eau. Il ne se dissout que dans cinquante parties environ d’eau bouillante : ce solutum dépose par le refroidissement une grande partie de l’acide hydraté sous la forme d’écailles blanches ; si on le fait évaporer , il cristallise en lames hexagonales ; il rougit Yinfusum de tournesol ■et n’a aucune action sur la teinture de violette.

Acide borique combiné avec Veau. Il est formé , suivant M. Davy , de 100 parties d’acide , et de i3a,55 parties d’eau ; il est sous la forme de petites paillettes ou d’écailles blanches , douces au toucher ; sa pesanteur spécifique est de 1 ,479 ; lorsqu’on le chauffe , il së fond et perd l’eau qui , en se vaporisant , entraîné une portion d’acide 5 la volatilisation de cet acide au moyen de ce liquide peut être encore plus facilement démontrée, en mettant dans une cornue une pâte faite avec de l’acide hydraté et un' peu d’eau : à mesure que l’on chauffe le vase , l’acide vient cristalliser dans le récipient.

Il ne se combine avec aucun des oxides dont nous avons parlé jusqu’à présent. Il a été découvert en 1702 parHomberg. Il est quelquefois employé dans l’analyse des pierres. Plusieurs médecins l’ont préconisé comme un très-bon calmant dans les spasmes , les douleurs nerveuses , l’épilepsie , la manie , etc. , et l’ont administré en poudre , en pilules ou dissous dans l’eau à la dose de 3,7 ou 10 grains: mais il est aujourd’hui près qu’enûèrement abandonné, x. 9

i3o première partie.

Deî Acide carbonique.

L’acide carbonique existe très-abondamment dans % nature : à l’état de gaz il entre pour une très-petite partie dans la composition de l’air atmosphérique \ on le rencontre aussi sous cét état dans certaines grottes des pays volcaniques, comme , par exemple , dans la grotte du chien , près de Pouzzole , dans le royaume, de Naples 5 à l’état liquide il se trouve dans un très-grand nombre d’eaux minérales ; enfin il fait partie d’une multitude de substances solides , principalement des carbonates , des enveloppes des molusques , des crustacés, efc. Lorsqu’il est dégagé des corps avec lesquels on se le procure , il est gazeux : nous allons, donc l’étudier sous cet état.

Du Gaz acide carbonique.

90. Le gaz acide carbonique est incolore , élastique , transparent, doué d’une saveur légèrement - aigrelette et d’une odeur piquante ; sa pesanteur spécifique est de 1,5196 : il éteint les corps enflammés 5. que l’on prenne deux éprouvettes , l’une pleine de gaz acide carbonique et dont l’ouverture soit en bas » l’antre remplie d’air atmosphérique , et dans une position opposée •, que l’on adapte l’une à l’autre les deux ouvertures ; quelques instans après ou remarquera que le gaz acide carbonique s’est précipité en vertu de son poids dans la cloche inférieure , tandis que la cloche supérieure contiendra de l’air atmosphérique : aussi une bougie allumée continuera-t-elle à brûler dans celle-ci , et elle sera éteinte dans l’autre.

91. Il n’est point décomposé par le calorique. Il réfracte la lumière ; sa puissance réfraetive est de 1,00476. Soumis à un courant d’étincelles électnques , il • est décomposé suivant M. Henry , et il fournit du gaz oxigène et du gaz oxide de carbone. H n’éprouve aucune

DE l’acÏDÊ CARBONIQUE. l3f

altération de la part du gaz oxigène. Lorsqu’on fait passer à travers un tube de porcelaine rouge un mélange de deux parties de gaz hydrogène et d’une partie de gaz acide carbonique , celui-ci est décomposé , et il se forme de l’eau et du gaz oxide de carbone. L’action du bore suE ce gaz est inconnue.

92. Le charbon que l’on a éteint dans le mereure après l’avoir fait rougir , absorbe trente-cinq fois son volume de gaz acide carbonique. Si l’on fait passer à plusieurs reprises ce gaz à travers du charbon rouge , placé dans un tube de porcelaine , il perd une partie de son oxigène qui se porte sur le charbon , et l’on n’obtient que du gaz oxide de carbone- Expérience. On prend une vessie que l’on remplit de gaz acide carbonique 5 on l’adapte à l’une des extrémité» d’un tuyau de porcelaine disposé dans Un fourneau à réverbère et contenant du charbon ; lorsque celui-ci est rouge, on presse doucement la vessie afin de faire passer le gaz à travers le charbon et le faire rendre dans une vessie vide qui se trouve à l’autre extrémité du tuyau ; aussitôt que celle-ci est remplie par le gaz on la presse pour le faire repasser dans la première j et ainsi de suite, jusqu’à ce que l’on ait obtenu du gaz oxide de carbone.

93. Le soufre , Y iode , le chlore etV azote n’exercent sur lui aucune action chimique. L'air atmosphérique peut se mêler avec lui.

P. E. L’eau dissout son volume de gaz acide carbonique à la température et à la pression ordinaires ; elle en dissout cinq à six fois autant lorsqu’on augmente convenablement la pression , pourvu que la température reste la même: dans tous les cas, le produit est de l'acide carbonique liquide , incolore , inodore, et doué d’une saveur aigrelette ; chauffé, il bout promptement et perd le gaz qui peut être recueilli dans des cloches pleines d'eaü ou de mercure; le même phénomène a lieu lorsqu’on le

ï32 première partie.

place dans le vide. Les oxides précédemment étudiés , et l’acide borique^ n’exercent aucune action sur le gaz acide carbonique. Il est formé de 27,376 de carbone, et de 72,624 d’oxigène.

L’acide carbonique n’est guère employé qu’en médecine. Les animaux qui le respirent sont asphyxiés au bout de quelques minutes : aussi voit-on les accidens les plus graves se manifester quelquefois chez les. brasseurs , dans les celliers au-dessus des cuves en fermentation, dans les fours à chaux, et par-tout où il est mis à nu. On a proposé de le faire inspirer dans certains cas d’irritation pulmonaire où il serait utile de ralentir la conversion du sang veineux en sang artériel , mais on s’en sert rarement. Les eaux minérales acidulés , naturelles et factices , sont formées par cet acide liquide que l’on doit regarder comme un excellent diurétique 5 il est aussi rafraîchissant et anti-spasmodique. Il peut être employé ayec le plus grand succès pour prévenir la formation du gravier et pour favoriser la dissolution de celui qui est déjà formé. Nous avons vu souvent certaines douleurs néphrétiques , calculeuses , très-aiguës , diminuer singulièrement d’intensité par l’usage de ce médicament. Il convient encore dans tous les cas où les acides affaiblis sont indiqués ( Voyez p.127). La dose est d’unou de deux verres par jour.

De V Acide hypo -phosphoreux.

Cet acide vient d’être découvert par M. Dulong ; il est constamment le produit de l’art ; lorsqu’il est concentré, il est sous la forme d’un liquide visqueux fortement acide et ineristallisabïe. Soumis à Faction d’une température élevée dans un vaisseau de verre, il se décompose *, l’hydrogène de l’eau qu’il renferme s’empare d’une portion de phosphore , forme du gaz hydrogène phosphoré 5 unpeu de phosphore se sublimé , et l’acide hypo-phosphoreux ayant perdu par ce

DE l’acide PHOSPHOREUX. i33

moyen une assez grande quantité de phosphore et ayant absorbé , d’ailleurs, l’oxigène de l’eau décomposée , se trouve transformé en acide phosphorique qui se combine en grande partie avec le verre. Il forme avec les oxides métalliques des sels excessivement solubles. Il paraît composé de ioo parties de phosphore et de 37,44 d’oxigène. Il est sans usages.

De V Acide phosphoreux.

94. Cet acide a été découvert par M. Davy dans ces derniers temps -y il ne se trouve pas dans la nature. Il paraît formé de 100 parties de phosphore et de 74,88 d’oxig'ène. M. Dulong a prouvé qu’il forme avec les oxides métalliques des phosphites , sels particuliers distincts des phosphates et des hypo-phosphites. Il est sans usages.

De V Acide phosphorique.

g5. L’acide phosphorique n’a jamais été trouvé pur dans la nature. Il y existe souvent combiné avec des oxides métalliques , par exemple , dans le phosphate de chaux, de plomb , etc.

L’acide phosphorique est solide, incolore , inodore-, très-sapide et plus pesant que l’eau. Soumis à l’action du calorique dans un creuset de platine, il fond , se vitrifie et se volatilise si la température est assez élevée :: ce dernier phénomène n’aurait pas lieu si l’on faisait usage d’un creuset de terre , parce qu’alors l’acide se combinerait avee quelques-uns des élémens du creuset et formerait des composés fixes.. Ainsi vitrifié l’acide phosphorique contient une quantité d’eau dont l’oxigène est le tiers de celui qui entre dans la composition de l’acide. ïl est parfaitement transparent et réfracte la lumière. Lorsqu’on l’humecte légèrement et qu’on l’expose à un courant de fluide électrique , il est décomposé en oxigène et en phosphore qui se rendent , le premier, au pôle vitré , et. le dernier au pôle résineux»

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