‹ Élémens de chimie médicaleChapitre 35 sur 110 · PARTIE · texte numérisé non relu

PARTIE

96. Le gaz oxigètie s’exerce aucune action sur lui. Si l’on fait passer du gaz hydrogène à travers Un tuyau de porcelaine incandescent, contenant de. l’acide phosphorique , celui-ci est décomposé 5 il se forme de l’eau , du gaz .hydrogène phosphore , et il y. a du phosphore mis à nu. On ne connaît point l’action du éore sur cet acide.

97. Le charhon lui enlève son oxigène à une température élevée , et il en résulte du gaz acide carbonique, du gaz oxide de carbone et du. phosphore. ‘ Cette expérience peut être faite dans un creuset avec une partie d’acidè vitrifié en poudre , et trois parties de charbon ; on ne tarde pas ù voir le phosphore s’enflammer *, mais on la pratique ordinairement dans une cornue de grès à laquelle on adapte une allonge , un récipient contenant de l’eau et un tube qui se rend dans la cuve pneumatOrchimi que : l’acide et l’eau qu’il renfermé sont décomposés y l’oxigène forme avec le charhon du gaz oxide de carboné ou du gaz acide carbonique, tandis que l’hydrogène donne naissance à du . gaz hydrogène carboné et à du gaz hydrogène phosphore. Le phosphore , le soufre , Y iode , le chlore et Y azote n’ont point d’action, sur l’acide phosphoriquê. Exposés à Y air atmosphérique, l’acide phosphoriquê floconneux èt celui qui a été vitrifié attirent rapidement, l’humidité et deviennent liquides s’ils sont purs:; il n’en est pas de même lorsque l’acide vitrifié renferme de la chaux : dans ce cas il l’absorbe lentement.

Si l’on met dans Y eau les flocons d’acide phosphoriquê obtenus au moyen du phosphore et du gaz oxigène, ils s y dissolvent rapidement*, avec dégagement de calorique, et produisent un bruit analogue à celui que fait naître un fer rouge plongé dans le même liquide. Une partie d’eau peut dissoudre 4 à 5 parties d’aeide phosphoriquê, qui porte alors le nom. (Y acide liquide. Les oxides et les acides étudiés précédemment n’exercent sur lui aucune action chimique. L’acide

DE L’ACIDE PHOSÏHO B.I QUE. l35

phosphorique est formé , d’après M. Thompson , de i oo parties de phosphore et de 121,28 d’oxigène; et , d’après 3VL Dulong , de 100 de phosphore et de 124, B d’oxigène. On l’emploie quelquefois dans l’analyse des pierres gemmes. Il a été administré dans la carie vénérienne , dans la phthisie pulmonaire et dans les cas d’épuisement par l’abus des plaisirs vénériens ; mais il faut de nouvelles et nombreuses observations pour adopter l’opinion de Lentin , qui le regarde comme un excellent médicament dans ces maladies. On en donne de 20 à 20 gouttes par jour dans un verre d’eau sucrée.

De V Acide phosphatique.

98. M. Dulong vient d’appeler ainsi l’acide qui se trouve décrit dans les ouvrages de chimie sous le nom d’ acide ■phosplwfeux. Il pense que Cet acide n’est autre chose q/u’üne combinaison d’acide phosphorique et de l’âcide phosphoreux découvert par M. Davy : ces deux acides seraient combinés entre eux comme lés élémens d’un sel.

L’acide phosphatiquè est toujours un produit de l’art , on n’a pu l’obtenir jusqu’à présent qU’à l’état liquide et combiné avec de l’eau.

99. Il est incolore , visqueux , doué d’une forte savéu'r et d’une odeur légèrement alliacée ; il est plus pesant que l’eau. Soumis à l’action du calorique dans nue petite fiole, il s’épaissit, perd une portion de Peau qu’il renferme , s’enflamme, répand une odeur alliacée et passe à l’état diacide phosphorique solide ; si l’expérience se fait dans des vaisseaux fermés , on voit qu’il se dégagé du gaz hydrogène phosphoré. H est évident qu’une portion de l’ean est décomposée à cette température ; l’hydrogène dissout un peu de phosphore, et forme du gaz hydrogène phosphore susceptible de s’enflammer à l’air , tandisr

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que l’oxigène porte le phosphore au maximum d’oxidatiou et le change en acide phosphorique. Le fluide électrique et les autres corps étudiés précédemment, excepté l’iode, agissent sur l’acide phosphatique comme sur l’acide phosphorique. U iode décompose l’eau qui entre dans sa composition , s’empare de son hydrogène pour former de l’acide hydriodique , tandis que l’oxigène fait passer l’acide phosphatique à l’état d’acide phosphorique. Le chlore exerce- t-il la même action ?.... L’acide phosphatique a été examiné d’abord par M. Sage ; il est formé , d’après M. Thompson , de 100 parties de phosphore et de 1 10,39 d’oxigène. Suivant M.Dulong, il contiendrait 100 de phosphore et 1 12,4 d’oxigène.

Du Gaz sulfureux.

Le gaz acide sulfureux se trouve rarement dans la nature; on ne le rencontre qu’aux environs des volcans , là où le soufre brûle.

100. Il est incolore, élastique, transparent, doué d’une saveur forte , désagréable et d’une odeur suffocante qui le caractérise : en effet , elle est la même que celle du soufre enflammé; sa pesanteur spécifique est de 2,ig3o; il fait passer d’abord au rouge la couleur bleue de Vinfusum de tournesol , mais il ne tarde pas à la jaunir. Il est indécomposable par le calorique , et il ne change pas d’état par un froid de 5o° • — o. Il réfracte la lumière ; mais sa puissance réfractive n’est point connue. Le fluide électrique agit sur lui comme sur l’acide sulfurique. Il n’éprouve aucune action de la part du gaz oxigene , et si l’on parvient à le combiner avec lui et à en faire de l’acide sulfurique , c’est à l’aide d’un troisième corps dont nous parlerons plus bas.

1 01. Aucune des substances simples non métalliques n’agit sur lui à froid ; cependant il en est un certain nombre qui le décomposent complètement si on élève la température

T> TT GAZ STTLÏ-TTHEUX. 187

en le faisant passer dans un tube de porcelaine incandescent. Le gaz hydrogène , par exemple , lui enlève son oxigène , forme de l’eau, et le soufre est mis à nu. Lorsque le gaz hydrogène est en excès et que la température ja’est pas très-élevée , on obtient du gaz acide hydro-sulfurique (hydrogène et soufre). Le bore n’a pas été mis en contact avec le gaz acide sulfureux 5 il est probable qu’il peut s’emparer aussi de son oxigène. Le charbon, à une température rouge, le décompose , se combine avec l’oxigène , passe à l’état de gaz acide carbonique ou de gaz oxide de carbone , et met le soufre à nu; une mesure de charbon de buis absorbe 65 mesures de gaz acide sulfureux. On ne connaît pas l’action qu’exerce sur lui le phosphore. S’il est parfaitement sec , il n’éprouve aucune altération de la part du soufre , de Y iode, du chlore gazeux et de V azote; Y iode et le chlore agissent au contraire sur lui s’il est humide ou dissous dans l’eau, comme nous le dirons en parlant de l’acide sulfureux liquide ; il n’est pas altéré par Y air parfaitement sec , et il n’y répand pas de vapeurs.

102. JJ eau, à la température de 20° et à la pression de . 28 pouces , peutdissoudre 37 fois son volume de gaz acide sulfureux. Un fragment de glace introduit dans une cloche remplie de ce gaz et disposée sur la cuve à mercure, ne tarde pas à se liquéfier. L’acide sulfureux liquide concentré a la même saveur et la même odeur que le gaz ; il s’affaiblit par l’action de la chaleur, qui en dégage presque tout l’acide. JJ iode le transforme en acide sulfurique et passe à l’état d’acide hydriodique ; d’où l’on voit que l’eau de l’acide sulfureux est décomposée par le concours de deux forces , savoir , l’affinité de l’iode pour l’hydrogène et celle de l’acide sulfureux pour l’oxigène. Il en est à-peu-près de même du chlore : en effet , en vertu des mêmes forces il se forme de l’acide sulfurique d’une part, et de l’acide bydro-chlori que de l’autre. Mis en contact avec le gas

ii sa PREMIÈRE PlRTIE.

oxigéhe, il l’absorbe et passe à l’état d’acide sulfurique; il agit de même sur l’air atmosphérique.

Le gaz âcïàe suljureux n’éprouve aucune altération de là part du protoxide et du deutoxide d’azote. On ignore quelle est son action sur le gaz oxide de carbone et sur l’ oxide de phosphore. Les acides borique , carbonique , ■phosphorique et phosphoreux > ne paraissent pas . agir sur lui. Stahl considéra le premier l’acide sulfureux comme un corps particulier. Il est formé , d’après M. Gay-Lüssac, de 100 parties de soufre , et de 92 parties d’oxigène eu poids. M. Berzelius y admet au contraire 97596 d’oxigène.

On emploie le gaz acide sulfureux pour désinfecter les vêtemens et l’air des espaces circonscrits non habités ; des expériences récentes prouvent qu’il doit être préféré àü chlore et au vinaigre pour parfumer les lettres qui viennent des endroits pestiférés ; il sert à blanchir la soie et à enlever les taches de fruits sur le linge. Action sur T économie animale. Cé gaz doit être regardé comme un excitant énergique; il irrite les surfaces avec lesquelles il est mis en contact et détermine l’éternuement , le larmoiement , la toux , la suffocation , etc. suivant qu’il est appliqué sur là membrane pituitaire sur la conjonctive, ou qu’il pénètre dans lés bronches ; son impression sur la peau est moins vi ve que sur les autres tissus. S’il est pur il -peut déterminer l'asphyxie et la mort. Le gaz acide sulfureux constitue à lui seul les fumigations sulfureuses dont l’emploi devient si générai dans les maladies cutanées chroniques : les gales les plus invétérées cèdent à ce traitement , qui n’exige du reste aucune sorte de régime ; certaines affections pédiculaires , des dartres , même héréditaires ; des pustules syphilitiques, le prurigo, la teigne, invétérés et regardés comme incurables, ont souvent été guéris par ces fumigations 3 des douleurs sciatiques*

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