DE 1/ ACIDE SU EF UK T QUE
artliri tiques et rhumatismales chroniques -, des paralysies locales , des engorgemens scrophuieux , ont été combattus avec le plus grand succès par ce médicament. On peut l’employer dans les amauroses commençantes , dans les défaillances , les syncopes et les asphyxies. En général , on prépare ce gaz pour l’usage médical , en faisant fondre le soufre avec le contact de l’air.
De l’ Acide sulfurique.
L’acide sulfurique a été trouvé dans plusieurs grottes, dans les environs de certains volcans et dans quelques eaux minérales 5 mais le plus ordinairement on lë rencontre uni à la chaux , la potasse , la soude , etc. Lorsqu’il a été préparé convenablement, il contient toujours de d’eau et se présente sous la forme d’un liquide incolore , inodore, d’une consistance oléagineuse et d’une saveur acide très-forte ; sa pesanteur spécifique est plus grande que celle de l’eau: le plus concentré pèse environ i,85. Il noircit et réduit en bouillie la majeure partie des substances Végétales et animales.
io3. Soumis à l’action du calorique dans des vaisseaux fermés -, il bout- à 3oo° thermomètre centigrade et peut être distillé : pour cela on prend une cornue de verre recouverte d’un lut de terre glaise et de sable , on y introduit de l’acide sulfurique concentré et deux ou trois petits -fragmens dé verre hérissés dë pointes ; on la placé ‘dans un fourneau à réverbère ; On en fait rendre lé col •dans un récipient et on la chauffe graduellement : l’acide •entré en ébullition , se vaporise et vient se condenser dans le récipient. Cette opération est dangereuse surtout par les soubresauts qui Ont lieu dans la comue lorsqu’on n’a pas mis de verre , et par le refroidissement subit qu’éprouve la vapeur acide en tombant dans le col de la cornue et dans le récipient: les vases ne doivent pas être
l4<> PREMIÈRE PARTIE,
lûtes , et l’on doit éviter l’emploi des bouchons de liège ; car ils seraient charbonnés par l’acide. Si l’on fait passer l’acide sulfurique à travers un tube de verre incandescent , il se décompose et se transforaie en gaz oxigène et en gaz acide sulfureux. Si au lieu de chauffer cet acide on le refroidit, il se congèle et cristallise , propriété qu’il doit à l’eau qui entre dans sa composition 5 ce phénomène a même lieu au - dessus de zéro lorsque l’acide est étendu d’un peu d’eau. La lumière . ne lui fait éprouver aucune action chimique. Le fluide électrique le décompose et en sépare du soufre qui se rend au pôle résineux, et de l’oxigène qui se combine avec un peu d’acide sulfurique et avec le fil de platine qui représente le pôle vitré. Le gaz oxigène est sans action sur l’acide sulfurique.
104. Le gaz hydrogène ne le décompose qu’à une température élevée 5 par exemple , dans un tube de porcelaine chauffé au rouge , il se forme alors de l’eau , du gaz acide sulfureux ou du soufre ; quelquefois aussi il y a production de gaz acide hydro-sulfurique , principalement lorsque le gaz hydrogène est en excès et que la température n’est pas très-élevée. Leâore décompose probablement l’acide sulfurique 5 mais l’expérience n’a pas encore été faite.
P. £. Si l’on fait chauffer dans une petite fiole du charbon pulvérisé et de l’acide sulfurique concentré, celui-ci perd une partie de son oxigène , se transforme en gaz acide sulfureux , facile à reconnaître à son odeur piquante , qui est la même que celle du soufre enflammé, et le charbon passe à l’état de gaz acide carbonique. Si la température est beaucoup plus élevée et le charbon en excès, l’acide est complètement décomposé , et il en résulte du soufre et du gaz oxide de carbone 5 enfin il peut arriver que l’eau de l’acide soit également décomposée par le charbon : dans, ce cas on obtient du gaz hydrogène carboné, et me nouvelle quantité de gaz oxide de carbone. Cette expérience péut
DE l’acide SULFURIQUE. I/ft
être faite dans un tube de porcelaine. Le phosphore , à la température de ioo° à i5o° enlève également à l’acide sulfurique une partie de son oxigène , le fait passer à l’état de gaz acide sulfureux, et se transforme en acide phosphoreux ou phosphorique. Le soufre n’exerce aucune action sur l’acide sulfurique à froid ; mais si on élève la température jusqu’à 200°, il lui enlève assez d’ oxigène pour le faire passer et pour passer lui-même à l’état de gaz acide sulfureux. L 'iode , le chlore et Y azote ne décomposent point cet acide.
105. L’acide sulfurique concentré et pur , exposé à l’air, en attire l’humidité et s’affaiblit ; il change en outre de couleur , brunit et finit par noircir : ce phénomène dépend de ce qu’il absorbe les molécules végétales et animales suspendues dans l’atmosphère, et qu’il les charbonne en les décomposant : du reste nous donnerons plus de détails sur cette décomposition en faisant l’histoire des substances végétales.
106. P. E. Si l’on mêle parties égales YYeau et d’acide sulfurique concentré , la température s’élève à 84° th. cent. ; 4 parties du même acide et 1 partie d’eau font monter le même thermomètre à io5°: dans l’un et dans l’autre cas le volume du mélange diminue très-sensiblement , comme on peut s’en convaincre par l’expérience suivante : On introduit dans un tube de verre long de 3o pouces et bouché par l’une de ses extrémités , assez d’acide sulfurique concentré pour le remplir jusqu’à moitié ; le tube étant tenu perpendiculairement, on y verse de l’eau jusqu’à ce qu’il soit plein; on le bouche, et on le renverse de manière à ce que le bouchon se trouve en bas ; l’eau , plus légère que l’acide, ne tarde pas à s’élever; les deux liquides se mêlent et s’échauffent au point que le tube ne peut plus être tenu entre les mains : au bout de quelques minutes , on remarque à la partie supérieure du tube , un
espace vide qui prouve la diminution de volume des deux liquides , puisqu’il ne s’en est pas écoulé une seide goutte pendant l'expérience. Le thermomètre monte encore de plusieurs degrés lorsqu’on mêle 4 parties d’acide concentré et une partie de glace pilée ; il descend au contraire à — 20° en mêlant 4 parties de glace et une partie d’acide : ce - dernier phénomène dépend de ce que la glace absorbe beaucoup de calorique aux corps qui l’environnent pour passer de l’état solide à l’état liquide. À la fin'” de ces expériences , l’acide sulfurique se trouve plus ou moins affaibli , et on peut le ramener à son degré primitif de concentration , qui est de 66° à l’aréomètre de Baumé , au moyen de l’ébullition.
Le gaz oxide de carbone peut enlever à l’acide sulfurique une portion de son oxigène , pourvu que la température soit assez élevée ; il en est probablement de même de Y oxide àet phosphore, Le gaz protoxide à! azote n’exerce aucune action sur cet acide.
107. L’acide borique peut se combiner avec l’acide sulful’ique , et donner naissance à un produit que M. Thénard a proposé d’appeler acide sulfuro-boiique : ce composé, solide, brillant et comme nacré, est sous la forme de larges écailles; chauffé dans un creuset, il répand des vapeurs blanches , piquantes , -formées par l’acide sulfurique qui se dégage. Les acides carbonique et phosphorique sont sans action sur l’acide sulfurique.
108. Lorsqu’on fait passer un courant de gaz aeide.mZ/breux à travers de l’acide sulfurique blanc et très-pur, celui-ci acquiert une odeur forte et une couleur jaune brunâtre; il fume quand on l’expose à l’air, et devient solide par une diminution moyenne de température : on l’appelle acide sulfurique glacial. Cet acide, que l’on regarde comme de l’acide sulfurique chargé de gaz -acide sulfureux , plus concentré que l’acide sulfurique ordinaire , laisse sublimer par l’ac*
DE D’ACIDE IOBIÇSE. *43
tien de là chaleur, des cristaux composés , d’après M. Dulong, d’acide sulfurique et d’une très-petite quantité d’eau.
Bazile Valentin est le premier qui ait parlé de l’acide sulfurique. Lavoisier en a fait connaître la nature. Plusieurs chimistes ont cherché à déterminer les proportions de soufre et d’oxigène qui entrent dans sa composition 5 il est formé, d’après M.Gay-Lussac, de 2 parties de gaz acide sulfureux et d’une partie de gaz oxigène en volume 5 de 100 parties de soufre , et de i38 parties d’oxigène en poids.
Usages. L’acide sulfurique sert à préparer la plupart des acides , l’alun , la soude , l’éther , le sublimé corrosif, etc. ; il est employé pour dissoudre l’indigo 5 les tanneurs s’en servent pour gonfler les peaux 5 enfin il est d’un lisage commun comme réactif. Ses propriétés médicales ont été exposées en parlant des acides en général ; mais nous devons ajouter qu’il est le plus astringent de tous, qu’il fait partie de l’eau de Rabel ( voyez Alcool ) , qu’il entre pour un dixième dans une pommade résolutive dont on se sert avec succès dans le cas d’ecchymoses et dans les gales chroniques, enfin qu’il suffit de l’étendre de beaucoup d’eau pour avoir la limonade minérale , qui est une boisson fort agréable, et dont on peut tirer parti dans beaucoup de fièvres.
De T Acide iodique.
109. L’acide iodique est constamment le produit de l’art; il est solide , blanc , demi-transparent, inodore, plus pesant que l’acide sulfurique , et doué d’une saveur fort aigre et astringente ; il rougit d’abord les couleurs bleues végétales et les détruit ensuite. Si on élève sa température jusqu’à 2000 environ, il se décompose entièrement et se transforme en iode et en gaz oxigène. Chauffé avec du charbon ou du soufre, il est décomposé , cède son oxigène
’l44 PREMIÈRE PARTIE.
à ces corps simples * et il se produit une détonnation. H est inaltérable dans un air sec , légèrement déliquescent dans un air humide et très-soluble dans l’eau. Sa dissolution évaporée devient pâteuse , et donne de l’acide iodique solide privé d’eau.
,i io. L’acide borique solide se dissout à l’aide de la chaleur dans la dissolution de cet acide. L’acide phosphoreux le décompose en partie, et passe à l’état d’acide phosphoricrue , pourvu qu’on élève un peu la température ; il se dégage de l’iode , et la portion d’acide non décomposée se combine avec l’acide phosphorique produit. Si l’on verse de l’acide sulfurique ou phosphorique goutte à goutte dans une dissolution concentrée et chaude d’acide iodique , il se forme un précipité solide , composé d’eau , d’acide iodique, et de l’un ou de l’autre des acides ajoutés 5 ce précipité est fusible par la chaleur , et donne par le refroidissement des cristaux d’une couleur jaune pâle. P. E, L’acide sulfureux } versé dans la dissolution de cet acide , le décompose , lui. enlève son oxigène et en sépare Y iode instantanément. L’acide iodique est sans usages. Il a été découvert en 18 14 par M. Gay - Lussac ; mais ce savant ne l’avait obtenu qu’à l’état liquide et combiné avec un peu d’acide sulfurique. M. H. Davy a décrit le premier les propriétés de l’acide iodique pur, privé d’eau.
De ï Acide chloreux.
1 1 t . Cet acide n’existe dans la nature ni libre ni combiné; il est désigné dans différens ouvrages sous les noms d’euchlorine , d’ oxide de chlore et à' acide muriatique suroxigéné . Obtenu par l’art , il se présente sous la forme d’un gaz d’une couleur jaune verdâtre très-foncée qui le caractérise, doué d’une odeur qui tient en partie de celle du chlore et du sucre brûlé ; il rougit Vinfiisum de tournesol ; mais il n#
DE l’acide chloreux. 145
tarde pas à en détruire la couleur : sa pesanteur spécifique est de 2,4 1 y 44-
1 12. P. P. Le calorique le décompose et le transforme eu chlore et en gaz oxigène; ce phénomène a lieu avec détonnation et à une température très-basse ; la chaleur de la main suffit quelquefois pour le produire ; 100 parties de ce gaz décomposé donnent 80 parties de chlore et 4° parties de gaz oxigène ; d’où il résulte que son volume est moindre que celui des gaz qui entrent dans sa composition.
1 1 3. Le gaz acide chloreux est décomposé lorsqu’on en, fait détonner une partie avec deux parties de gaz hydrogène $ celui-ci s’empare de son oxigène pour former de l’eau ; tandis que le chlore , en s’unissant à une autre portion d’hydrogène, donne naissance à de l’acide bydro-chlorique. L’action du bore sur ce gaz est inconnue. Le charbon rouge lui enlève l’oxigène et ne tarde pas à s’éteindre : il en résulte du chlore et du gaz acide carbonique. Le phosphore s’empare aussi de son oxigène avec explosion et avec un grand dégagement de lumière ; il se forme de l’acide phosphorique et du chlorure de phosphore ( chlore et phosphore ). Le soufre plongé dans ce gaz ne produit d’abord aucun phénomène; mais tout-à-coup l’action la plus violente se manifeste, et il y a formation de gaz acide sulfureux et de chlorure de soufre (chlore et soufre). L 'iode le décompose même à froid , s’empare de son oxigène, passe à l’état d’acide iodique anhydre blanc, et le chlore , en se combinant avec une portion d’iode ,, forme un composé orangé volatil. Le chlore n’exerce sur lui aucune action. U eau , à la température de 20° et à la pression de 28 pouces , peut dissoudi e huit à dix fois son ’olume de ce gaz ; le solutum constitue l’acide chloreux liquide. Il est probableque les acides s ulfureux etphophoreux dissous dans l’eau passent à l’état- d’acide sulfurique et phosphorique au moyen de l’ oxigène de l’acide chloreux.
PREMIÈRE PARÏIE.
La possibilité d’obtenir cet acide avec les chlorates (mariâtes suroxigénés ) avait été pressentie par M. Berthollet; mais c’est M. Davy qui l’a préparé le premier. Il est composé, d’après ce chimiste, de ioo parties de chlore et ds 22,79 d’oxigène en poids. H est sans usages.
1 14. M. Davy a fait connaître , en mai i8i5, un autre gaz composé aussi d’oxigène et de chlore , auquel il n’a pas donné de nom ; il offre une couleur plus brillante que le précédent*, il est plus soluble dans l’eau; sa dissolution aqueuse est d’un jaune foncé et a une saveur extrêmement astringente et corrosive ; il a une odeur particulière beaucoup plus aromatique ; il ne rougit point les couleurs bleues , mais les détruit ; sa pesanteur spécifique paraît être de 2,3i44; d fait explosion avec plus de violence que le précédent lorsqu’on le chauffe à-peu-près jusqu’à la température de l’eau bouillante. Le phosphore paraît être , parmi les corps simples non métalliques , le seul qui puisse le décomposer à froid.
De l’Acide chlorique.
L’acide chlorique , découvert par M. Gay-Lussac en i.8i4, ne se trouve jamais dans la nature , mais il fait partie constituante des chlorates , sels préparés par l’art , et connus jusqu’à ce jour sous le nom de muriates suroxigénés:
1 15. L’acide chlorique pur est toujours liquide et incolore; il n’a pas sensiblement d’odeur, à moins qu’on ne le chauffe un peu ; quand il est concentré sa consistance est un peu oléagineuse; sa saveur est très-acide; il rougit fortement Vinfusum de tournesol, et en détruit la couleur au bout de quelques jours. Par une douce chaleur on peut
- le concentrer sans qu’il se décompose et sans qu’il se volatilise; chauffé plus fortement, une partie se décompose et donne de l’oxigène et du chlore ; l’autre se volatilise sans changer de nature. La lumière ne l’altère pas,* il ne parait
DE D’ACIDE KITREDX. . 1^7
pas éprouver de changement à Y air. P. E. L’acide sulfu reux le décompose même à froid , ltd enlève son oxigène, et le chlore est mis à nu. Il est formé , d’après M. Gay- Lussac , de i de chlore et de 2,5 d’oxîgène en volume ; ou de 100 de chlore et de 1 1 3,95 d’oxigène en poids \ il ne sert qu’à former les chlorates.
De V Acide nitreux.
Cet acide est constamment le produit de l’art ; on peut l’obtenir sous deux états différens, i° à l’état liquide , sans eau ou anhydre ‘, 2° à l’état gazeux, et alors il est mêlé avec quelques gaz.
116. De V Acide nitreux liquide sans eau. Cet acide a été remarqué pour la première fois par M. Berzelius , étudié ensuite par M. Gay-Lussac -, enfin M. Dulong vient de faire sur lui un travail très-intéressant.
Il se présente sous la forme d’ Un liquide dont la couleur varie suivant la température ; il est jaune orangé entre les limites de 1 5° à 28°-|-o th. c. ; il est jaune fauve à o° 5 il est presque incolore à — io° ; il est sans couleur à — 20° ; au* dessus de 28°-{-o il devient rouge, et cette couleur est encore plus foncée si on élève davantage sa température ; sa pesanteur spécifique est de i,45i ; il est doué d’une saveur caustique très-forte et d’une odeur désagréable.
117. Il entre en ébullition à la température de 28?, la pression de l’air étant égale à 76 centimètres de mercure y et il se transforme en gaz acide nitreux d’un rouge trèsfoncé 5 soumis à un froid artificiel de — io°, il se congèle en une masse blanche parfaitement transparente qui répand des vapeurs orangées lorsqu’on la met en contact avec l’air dont la température est à 4° ou 5° -j- o (r). En le faisant
(1) Nous avons constaté ce phénomène avec de l’acide nitreux anhydre préparé en décomposant le nitrate de plomb.
1^8 P IU5 Mi:È RE -PARTI E*
passer à travers des fils de fer ou de cuivre très -fins chauffés jusqu’au rouge ,11 se décompose , cède squ oxigène à l’un ou à l’autre de ces métaux , et il se dégage du gai azote; on obtient à peine du gaz hydrogène ; ce qui prouve que cet acide ne renferme pas . d’eau.
1 18. Lorsqu’on l’agite avec une grande quantité à' eau , il se décompose , perd une grande partie de gaz nitreux qui se dégage , et passe à l’état d’acide nitrique blanc. Si au contraire :o n 'verse un peu de cet acide goutte à goutte dans une masse d’eau , le mélange acquiert une couleqr verte foncée $ Seins qû’il se dégage, dvr gaz nitreux ( deutoxide cfa- . zote,) ; voici ce qui se passe dans ce cas : mie . partie d’acide nitreux sec ,$e décompqj|e eti geide nitrique qui. se dissout dans l’eau,; et en gaz nitreux qui se combine avec l’autre portion d’acide sec non décomposé ; en sorte que le mélange vert doit être considéré comme formé., i® d’acide nitrique blanc, .la® d’acide nitreux sec combiné avec. du gaz nitreux. Enfia , si l’on yerse dans une quantité déterminée d’eau diverses portions d’acide nitreux sec, on remarque -d’abord que le mélange se çôlqre en bleu, verdâtre , et il se dégage beaucoup de gaz nitreux ; puis il -passe au vert, qui devient de plus en plus foncé , et le dégagement de gaz nitreux diminué ; enfin il deyient jaune orangé, et alors il ne se dégage plus de gazr nitreux. Vice versé , si on prend de l’acide nitreux liquide sec , jaune orangé , et qu’on J yerse de l’eau , il passera successivement aü vert foncé , au vert elair, au bleu, au bleu verdâtre., et enfin au blanc si on a mis assez d’eau : dans cette expérience le dégagement du gaz nitreux (deutoxide d’azote) ira toujours en diminuant de plus en plus. Il - suit de tout ce qui vient d’être établi qu’on ne doit considérer comme de l’acide nitreux pur que celui qui est jaune orangé et qui ne .-.contient pas d’eau; les variétés bleues, vertes ou jaunes orangées qui ont été préparées en ajoutant de l’eau à l’acide anhydre,
DE ï.’lélî)E EriïHEUX.
sont formées par une plus OU moins grande quantitéd’acide nitrique , tTMU-, d’àcîde nitreux et de gaz nitreux.
119. Lorsqu’on mêle l’âëîde’ -nitreux liquide sans eau avec" l’aeidë suifmi que concentré ou même un pêu délayé, â une fëMpéràtdië peu élèvée, on obtient dès prismèS qua^ drl iàtèrés Plonges -7 qui sonfc âssêz Tvo lumineux ; cès cris taux , formés par les dëüx àcldëâ , -donnent, lôrsqunri les înefc daiis de Téâay du gaz acide nitreux. Cet acide est Sans usages; il est formé, suivant M. Dulong, de 166 parties d’a2©ïè:î3Pdê'2B3;S d’dxigenëën poidsï • ;
* Dit &aë 1 tcidë nitreux ( 'vâpëiir nîtfëüse , g&g rmilànt ) .
I âô'/Ge gazesjèonstammënt; léproduit de l’af-t'; il ëst toujours mêlé àveë cPâftitrës gaz ;• il a unë couleur 1-Oiige oratfgéè qui lé èWaëtëfisë ', son bdeuieîst forte ^èt UaUsé^oSidé , et sa saveur três-âérë; il rougit Sur-le^eKamp et avec éiiërgîè Vih- Jusum âë tournesol 5 sa pësâûfëur spéèifiqliëlëSt dë ; 3, 1 764 , d’après M. C&ÿ-Lüssac. --u- - m ' r \
II épf da¥ë dé la part du càlofiquë ïïSè actio3râificîlë â- Constàtëï ; on ighore si ëët âgëfîf- lë;dëêôiùposë en éxigêhè et en gaz deufoxidë d’azôtë niais ioujdürs ëst-îl ' vrai qu& si édité décomposition a lieu , lés deux gàz ipii en résultent Se féUnissént aü-déssbüs de là chaleur rouge êêrisë pour Teformèr dit gaz âeidë fiilfeifs. Exposé â un frpid, dë 20° — o , après avoir été parfaitement desséché, il sé condense én un liquidé-jauhe orangé qui n est autre chose :que l’aeide nitréux sans ëâu Ôu aShÿdre ; éëttë cdndensa&érh ëlt d’autant plus diHtfcSë à ohïëüir qUë" îegaz acide sè iroiive mêlé avec une plus grande quantité de gaz oxigène ou de gaz nitreux ; ce ëpii expîkpië pourquoi il në së condense pas à la température ordinaire ; on ne doit donc plus regarder ce produit cônime tm gàz penüànent ( M. Dulong V Il n’éprouv é aucuné altératidn de la part du gàz àxigène
il5o PREMIÈRE PARTIE,
parfaitement sec ; mais si le mélange est en contact avee l’eau , il absorbe la quatrième partie de son volume de ce gaz et forme de l’acide nitrique.
121. Le gaz hydrogène lui enlève de l’oxigène et le ramène à l’état de deutoxide d’azote ou d’azote. Le soufre et même le phosphore exigent pour s’y enflammer une température plus élevée que dans l’oxigène pur. L 'iode peut être sublimé dans ce gaz sans lui faire éprouver la moindre altération. Il est très-soluble dans Y eau.
122. Le gaz acide sulfureux n’a aucune action sur lui , pourvu que l’un et l’autre soient parfaitement secs ; mais si on ajoute une petite quantité d’eau , on observe plusieurs phénomènes remarquables : le gaz acide sulfureux enlève une certaine quantité d’oxigène à üne portion de gaz acide nitreux , et le ramène à l’état de gaz deutoxide d’azote , tandis qu’il passe à l’état d’acide sulfurique ; celui-ci absorbe alors l’acide nitreux non décomposé , et il se produit dans le même instant une multitude de flocons blancs qui s’attachent aux parois du ballon sous la forme d’aiguilles cristallines j ces flocons sont formés d’acide sulfurique concentré et d’acide nitreux anhydre ; veut-on les faire disparaître , on n’a qu’à les mettre en contact 'avec l’eau , qui s’empare de l’acide sulfurique et met l’acide nitreux à nu. Ces faits nous serviront à expliquer la théorie de la préparation de l’acide sulfurique.
L’acide nitreux est sans usages. Respiré pur , il irrite fortement la poitrine , détermine un sentiment pénible de eonstriclion, suivi très - promptement de la mort.
De V Acide nitrique ou azotique ( eau forte }.
L’acide nitrique n’a jamais été trouvé pur dans la nature y on le rencontre cependant combiné avee la chaux , la per-
DE L’ACIDE NITRIQUE. l5tf
tasse et la magnésie. Il est composé d’azote et d’oxigène ; cependant il nous sera commode , dans plusieurs circonstances, de le regarder comme formé de protoxide d’azote et d’oxigène , ou bien de deutoxide d’azote et d’une moindre quantité d’oxigène, ou bien encore de gaz acide nitreux et d’une plus petite quantité d’oxigène. Comme pour l’acide sulfurique, on n’a jamais pu l’obtenir privé d’eau.
ia3. Il est liquide , incolore, transparent, doué d’unè odeur particulière désagréable et d’une saveur excessivement acide 5 il rougit Yinfusum de tournesol avec la plus grande énergie , et tacbe la peau en jaune avant de la désorganiser-, sa pesanteur spécifique, lorsqu’il est très-concentré, est de i,554.