À la température de i5o° thermomètre centigrade
l’acide nitrique entre en ébullition et donne des vapeurs qui, étant condensées dans lin récipient, constituent l’acide nitrique distillé 5 mais si, à l’aide d’un appareil convenable y on fait passer ces vapeurs à travers un tube de porcelaine ou de verre luté et incandescent , on les décompose etl’ on obtient du gaz deutoxide d’azoté et du gaz oxigène : ces deux gaz se combinent de nouveau pour former du ?gaz acide nitreux lorsque la température est sensiblementdiminuée. Exposé à un froid de 5o° à 55° — o , l’acide nitrique le plus concentré peut être gelé, comme il résulte des expériences faites en l’an 6 par M. Vauquelin; alors il jaunit , acquiert la consistance du beurre , et laisse dégager quelques vapeurs orangées. La lumière solaire décompose en partie l’acide nitrique 5 la portion décomposée se transforme en gaz oxigène qui se dégage , et en gaz acide nitreux qui reste dissous dans l’acide nitrique non décomposé et qu’il colore d’abord en jaune, puis en orangé foncé- ' *
125. Le gaz oxigène n’exerce aucune action sur cet acide 5 il n’en est pas de même de la majeure partie des corps simples non métalliques précédemment étudiés ; près-
l5a PREMIÈRE PARTIE.
que: tous le décomposent , et lui enlèvent d’autant pins d’oxigène que leur affinité pour cet agent est plus forte, la température plus élevée , et que l’acide est plus concentré. Si l’on fait passer ensemble ét avec précaution de la vapeur d’acide nitrique et Un excès de gaz hydrogéné dans un tuie de porcelaine rouge j 'oii obtient de l’eau ët dffgaz azote; si la quantité du gaz hydrogène employé est moindre, if n’en résulte que de l’eau ét-'du gàz deutoxide ou prot oxide d’azote. En chauffant dèueemént une fiolecfans faquéllè on a mis dix bore et de l’a eide nitrique, il së forme de l’acide borique, et l’acide nitrique' se trouve réduit à de l’azote, ou à du gaz protoxidè off deutoxide d’azôte. i'. Æ’. En substituant le charbon au bore , on obtient du gaz acideèârbûniqtie , et du gaz dehtbxî^ë d’azote incolore ; mais celui-ci ne tarde pas à absorber Foxîgène de l’air ', passe à l’état de gàz acide nitreux orangé , en sorte que là fiole se trottve remplie par des vàÿeurs 0e cette couleur. 'Panfir les acides incolores , l’acide nitrique seul donne des vapeurs orangées lorsqu’il est chauffé avec le charbon pulvérisé; L’action du phosphore sur l’acide nitrique est à nàloguëàr celle du bore et du charbon 5 seulement elle est plus vivëy parce quë le phosphore fond avec la plus grande facilité et présente plus de surface ; il eu résültede l’acide phosphorique et du gaz azote, deutoxide d’azote , etc. Eë soufre chauffé avec cet acide passe à l’état d’acide sulfurique, et il se dégage du gaz deutoxide d’azote. Ce corps simplë agit avec moins d’énergie sur l’acide nitrique que cèux dont nous venons déparier. U iode n’exerce aucune action à froid sur l’acide nitrique ; si on élève la température , il se volatilisé sous la forme de vapeurs violettes, et l’acide n’est point décomposé. Le chlore et Y azote n’agissent point sur cet aeidé Expose à Y air humide, il i'épand des vapeurs blanches.
1 a6. Lorsqu’on mêle une partie à' eau et deux parties ff’acide nitrique, concentré , la température s’élève de '40°
DE i’ACIDE Tî I TRIQUE. i5ï
à 46° th. cent. : èh ajoutant une plus grande quantité d’eau , la température baissé : dans tous' les cas Facide se trouve affaibli , et peut être ramené à son degré primitif de concentration par la chaleur. Le gaz oxide de carbone et Y oxide de phosphore enlèvent une ; certaine quantité d’oxigène à Facide nitrique. Lowitz a mis cette propriété â profit pour priver le 'phosphore d’une certaine quantité d’oxide : eu effet , si l’on traite ce phosphore en partie bxidé par l’acide nitrique, les molécules oxidées se trouvant très-diviséès , sont plutôt attaquées par l’acide et transformées en acide phosphoriquè que celles du phosphore pur. .
Le gaz deuloxide d’azote exérce sur lui une action reknarquable. Si l’on fait arriver pendant plusieurs jours ce gaz huile à bulle dans de l’acide nitrique pur , très-concentré ët à la température ordinaire , on remarque que celui-ci est en partie décomposé ; la liqueur devient bleue , passe ensuite au vert, et si l’opération est continuée, finit par devenir jaune orangée. Ces liquides diversement colorés Sont formés par Une plus ou moins grande quantité d’acide nitrique, a eau, d’acidé nitréux et de gaz nitreux ( deutoxide. d’azote). Théorie. L’acide nitrique décomposé peut être considéré comme formé
d’acide nitreux -{- oxigène.
On y fait arriver du gaz. . ... deùtoxide d’azotè.
ce gaz s’empare de Foxigène, au-dessous duquel nous l’avons placé , ramène l’acide nitrique à l’état d’acide nitreux .*■ y passe lui-même 5 l’acide nitreux résultant reste uni avec avec Facide nitrique non décomposé, et avec une part- g-az iûtreux ajouté. r
1 Les acides borique , carbonique et phosphoriquè 4ont sa‘ action sur Facide nitrique. L’acide sulfurique
l54 PREMIÈRE PARTIE.
concentré le décompose à la température de cent et quelques degrés , s’empare de son eau, et l’acide nitrique ne pouvant pas rester seul se transforme en gaz acide nitreux et en gaz oxigène ; l’expérience peut être faite ^en mêlant dans une cornue 4 parties d’acide sulfurique et une d’acide nitrique. Les acides phosphoreux et sulfureux , chauffés avec l’acide nitrique, se combinent avec une portion de son oxigène et passent à l’état d’acide phosphorique et sulfurique. L’acide nitrique , versé dans une dissolution concentrée ' d’acide iodique , forme des cristaux rhomboïdaux aplatis ^-composés des deux acides. Raimond Luile découvrit cet acide en 122a; il estformé , suivant M. Gay-Lussac, deioo parties en volume de gaz azote , et de a5o, d’oxigène.
Usages. Il est employé pour dissoudre les métaux , pour laver les boiseries , et comme réactif. Il a été regardé pendant quelque temps comme un puissant anti-vénérien, et administré comme tel à la dose d’un à 4 gros par jour dans une pinte d’eau : mais l’expérience n’a pas tardé à prouver qu’il était inférieur à un très - grand nombre d’autres préparations anti-vénériennes. Il entre dans la composition de la pommade oxigénée , que l’on a également préconisée comme anti-vénérienne. ( Voyez Graisse. ) Uni à l’alcool, il constitue l’esprit de nitre dulcifié; du reste il peut être utile dans tous les cas où nous avons conseillé les acides. ( Voyez § 88. )
C’est, parmi les acides , celui qui donne le plus souvent lieu à l’empoisonnement ; les symptômes qu’il détermine sont les mêmes que ceux qui sont développés par les autres substances corrosives et âcres ; mais il color' souvent en jaune la peau des lèvres et quelques pitiés du canal digestif ; cependant ce caractère manqua <^1quefois , surtout dans l’estomac , dont les memhra^s fortement enflammées offrent une couleur rouge*e sang. Parmi les remèdes proposés pour neutralis' .cide et
DES HYD Pi ACIDES.
combattre 1’empoisonnement , le plus efficace et le moins dangereux est la magnésie calcinée et délayée dans une grande quantité d’eau 5 en effet , elle forme avec l’acide un nitrate qui exerce à peine de l’action sur l’économie animale. On peut , à défaut de magnésie , employer avec succès l’eau de savon , le carbonate de cliaux , les yeux d’écrevisse , etc. [Voyez ma Toxicologie générale , toméir, ire édition. )