‹ Élémens de chimie médicaleChapitre 38 sur 110 · ARTICLE Ÿ · texte numérisé non relu

ARTICLE Ÿ

Tes Combinaisons de Thydrogene avec les corps simples précédemment étudiés.

Les composés dont nous devons étudier les propriétés sont au nombre de huit : quatre sont acides, savoir : l’acide hydro-chlorique , l’acide hydriodique, l’acide hydro-sulfurique et l’acide hydro-phtorique : on les désigne sous le nom général d ’hydracides ; les quatre autres sont les gaz hydrogène carboné., hydrogène proto et deuto-phosphoré $ enfin le gaz. hydrogène azoté ( ammoniac ). Nous allons commencer par les hydracides , afin de ne pas interrompre la série des acides, formés par les corps simples non métalliques.

Tes Hydracides.

Te ï acide hydro-chlej ique ( muriatique'). L’acide hydro-chlorique se rencontre dans un assez grand nombre d’eaux thermales de l’Amérique ; mais il se trouve princi- Plement combiné avec des oxides métalliques à l’état ^ ^jiro-chlorate. Séparé des substances qui peuvent le fourmr 5 Hst gazeux.

^az acide hydro-chlorique. Il est incolore , transe parent , eLtjque doué d’une odeur suffocante et d’une saveur âcre,,ayS^que . rougit fortement. Vinfusum de

2~56 première partie.:

tournesol et éteint les bougies : avant que la flamme disparaisse, la partie supérieure devient .verdâtre. Sa pesanteur.

spécifique est de 1,2474* •

Il n’est point décomposé par lé calorique, et il 11e change point d’état lors même qu’il est' exposé â un froid de 5d° — o. Il réfracçe la lumière', son pouvoir réfringent est de ijiqôaS. Soumis à un courant d’é lin celles électriques } il est décomposé en hydrogène et en chlore gazeux. Quelle que soit sa température, il est sans action sur le gaz oxig'ene et sur les substances simples non métalliques pures. Une mesure de charbon de buis absorbe'85 mesures de gaz acide bydro-chlorique. P. E. Exposé à l’air humide , il se combine avec l’éau suspendue dans l’atmosphère , et répand des vapeurs blanches assez épaisses , douées d’une odeur piquante. . . /- ' - r

129. P. E. Si l’on débouche un flacon rempli de gaz acide hydro-ehlor-iquê , après l’avoir plongé perpendiculairement dans de Veau contenue dans une terrinè^ le liquide s’élance avec -force dans le flacon , dissout én un clin d’œil la totalité du gaz et remplit le flacon, üu morceau de glace introduit dans une cloche pleine de ce gaz est fondu avec autant de rapidité que par des charbons raaùges, el le gaz se trouve absorbé eu quelques instans. On a prouvé que l’eau, à la température de 20° et à la pression de 28 pouces de mercure, pouvait dissoudre 4^4 fois son volume de gaz acide hydro-chloriqûe , ou les dè-sô» poids . Ainsi dissous dans l’eau , il constitue l’acide bydro-chlorique liquide , incolore, dont la pesanteur spécifique J d’aprè? M. Thompson , est de i,ao3 lorsqu’il à été saiurAà ï59?* -Exposé à l’air , cet acide liquide concentré perd uir/ Por" tion du gaz et répand des vapeurs blanches ; fl-11 davantage lorsqu’on le chauffe : dans l’.uii et ^ns 1 antre cas il s’affaiblit. Les oxides de carbone , . éç/^osphore et é azote sont sans action sur le gaz aei/%dro - chiev

DES HYDRACIDES.

IOy

rique;.il en est de même des acides borique , carbonique , phosphorique et phosphoreux.

idq. L’acide sulfurique très-concentré , mêlé avec l’acide hydro-chlori que liquide également très-concentré, s’empare de l’eau qu’il renferme, la température s’élève, et il en, résulte une vive effervescence due au dégagement du gaz acide hydro-chlorique. L’acide iodique le décompose sur-lechamp en se décomposant lui-même ; l’oxigène de l’un s’empare de l’hydrogène de l’autre , tandis que l’iode se combine avec le chlore. Les acides chlorique et chloreux décomposent cet acide à froid ; l’oxigène se porte sur l’hydrpgène de l’acide hydro-chlorique , forme de l’eau , tandis que le chlore des deux acides est mis à nu.

1 3 1. -L’action de l’acide nitrique sur ee corps est très-importante. Si les deux acides sont affaiblis, ils ne font que se mêlera froid 5 mais s’ils sont concentrés ils se décomposent en partie même à froid, soit qu’on les emploie à l’état liquide^ ou que l’acide hydro-chlorique soit à l’état de gaz, et il en résulte un acide liquide d’un rouge jaunâtre, connu depuis long-temps sous le nom à' eau régale , parce qu’il dissout l’or, que l’on appelait autrefois le roi des métaux. Les produits de cette décomposition sont de l’eau , du chlore et du gaz acide nitreux. Théorie. L’acide nitrique est formé d’oxigène -j- acide nitreux.

et l’acide hydro-chlorique

d’hydrogène -f- chlore.

l’oxigène de l’un se combine avec l’hydrogène de l’autre et forme de l’eau 5 une partie du chlore mis à nu se dégage à l’état de gaz, l’autre partie reste dans le liquide ; il en est de même de l’acide nitreux ,• mais la quantité de cet acide qui reste en dissolution dans le liquide est d’autant plus grande que l’on a employé plus d’acide nitrique, d’où il

l5S 'PREMIÈRE PARTIE,

résulte que l’eau régale est formée d’acide nitreux , de chlore, d’eau , et des acides nitrique et hydro-chlorique non décomposés. Le gaz acide nitreux n’exerce aucune action sur l’acide hydro-chlorique. La découverte de cet acide paraît être due à Glauber. Il estformé de parties égales en volume de gaz hydrogène et de chlore gazeux.

Usages. On emploie cet acide pour faire l’eau régale et plusieurs hydro - chl orates , pour analyser un trèsgrand nombre de minéraux , et pour séparer la chaux de l’indigo que l’on retire du pastel, etc. On s’en sert en -médecine , i ° dans tous les cas ou les acides sont indiqués ; 2° pour préparer des pédiluves irritans $ 3° pour toucher les aphthes gangreneuses : on le mêle à cet effet avee deux fois son poids de miel , et on applique une petite quantité du mélange à l’aide d’un pinceau fait avec du linge effilé ; 4° on l’emploie encore , dans cette même maladie , sous la forme de gargarisme : dans ce cas il doit être étendu d’eau ; 5° enfin , on prétend avoir traité la teigne avec succès à l’aide d’un onguent fait avec l’axonge et cet acide.

De ï Acide hjdriodique.

L’acide hydriodique , découvert en i8i4parM. Gav- Lussac , se présente sous la forme d’un gaz incolore , dont l’odeur ressemble à celle du gaz acide hydro-chlorique 5 sa saveur est très-acide, piquante et astringente 5 sa pesanteur spécifique est de 4,443° 5 il rougit Yinfusum de tournesol et éteint les corps enflammés. Il se décompose en partie à une température rouge 5 mais sa décomposition est complète s’il est mêlé avec le gaz oxigene : alors il se forme de l’eau , et l’iode est mis à nu.

P. E. Le chlore le décompose sur-le-champ, lui enlève l’hydrogène, avec lequel il produit de l’acide hydro-ehîorique , et l’iode paraît sous la forme de belles vapeurs pour-

DES HYDÙACIDÈS. î5g

près , qui se précipitent peu à peu et qui se redissolvent dans un excès de chlore. L'eau dissout une très - grande quantité de ce gaz , ce qui constitue l’acide liquide. Cet acide , comme l’acide sulfurique , perd une portion de son eau et se concentre par l’action de la chaleur ; au-delà de 125° th. c. , il commence à distiller, et il bout à 128°. Exposé à l’air , cet acide liquide , concentré , répand des vapeurs comme l’acide hydro-chlorique , se colore en rouge, brun, et s’altère ; en effet, l’oxigène de l’air est absorbé par l’hydrogène avec lequel il forme de l’eau , et l’iode , au lieu de se précipiter , se dissout dans la portion d’acide non décomposée et la colore , d’où il suit que Y iode a beaucoup d’affinité pour l’acide hydriodique. L’acide sulfureux ne lui fait éprouver aucune altération. L’acide iodique le décompose en se décomposant lui-même $ il cède son oxigène à l’hydrogène de l’acide hydriodique pour former de l’eau, et l’iode appartenant aux deux acides se précipite. Les acides sulfurique , nitrique et nitreux concentrés le décomposent également et en précipitent l’iode. Suivant M. Gay- Lussac, il est formé en poids de 100 parties d’iode et de 0,849 hydrogène. Il est sans usages.

De V Acide hydro - sulfurique ( hydrogène sulfuré J.

L’acide hydro-sulfurique se trouve dans certaines eaux minérales ; il se produit souvent dans les lieux où il y a des matières animales en putréfaction 5 enfin il se rencontre dans les fosses d’aisance. Obtenu par l’art , il est gazeux.

i32. Gaz acide hydro - sulfurique. Il est incolore, transparent , élastique , doué d’une odeur fétide très-désagréable, analogue à celle des œufs pourris 5 il éteint lès corps enflammés et rougit Yinfusum de tournesol 5 il décolore une multitude de substances végétales, telles que la dissolution d’indigo dans l’acide sulfurique 5 l’orseilie , plusieurs

l6o FREMtÈRE PARTIE.

décoctions , Vinfusum de tournesol lui-même qu’il rougit d’abord , etc. : dans toutes ces circonstances la couleur est masquée et non détruite , puisqu’il suffit de volatiliser , le gaz en le chauffant pour , faire reparaître la couleur primitive. Sa pesanteur spécifique est de 1,1912.

Lorsqu’on le fait passer à travers un tube de porcelaine rouge , il est en partie décomposé en hydrogène et en soufre ; il est probable qu’il le serait complètement si ou le soumettait à l’action d’un feu très-vif. Lumière : son pouvoir réfringent est inconnu. Un courant d’étincelles électriques y suivant M. Henry , en sépare l’hydrogène et il se précipite du soufre.

i33. Le gaz oxigène n’agit pas sur lui à froid 5 mais si on élève la température, il s’empare à la fois de l’hydrogène, avec lequel il forme de l’eau, et du soufre qu’il transforme en gaz acide sulfureux: cette expérience peut être faite dans l’eudiomètre à mercure. ïè hydrogène et le bore sont sans action sur cet acide. Une mesure de charbon de huis peut absorber 55 mesures de gaz acide hydro-sulfurique. Le soufre ne peut pas se combiner directement avec lui ; il existe cependant un liquide de consistance oléagineuse, connu sous le nom d Ivydrure de soufre , qui paraît résulter de la dissolution du soufre extrêmement divisé dans ce gaz acide. P. E. L’ iode le décompose, s'empare de son hydrogène pour former de l’acide hydriodique , et met le soufre à nu. P. E. Si l’on mêle à la température ordinaire parties égales en volume de chlore gazeux et de ce gaz, la décomposition a lieu sur-le-champ avec dégagement de calorique et sans lumière 5 il se forme de l’acide hydro-chlorique, et le soufre se précipite ; si le chlore est plus abondant , on obtient, outre ces produits , une certaine quantité de chlorure de soufre. L 'azote est sans action sur lui. P. E. Lorsqu’on .approche une bougie allumée de l’ouverture d’une cloche remplie de gaz acide hydro-sülfurique , celui-ci s’ enflamme.

DÉS HYDRACÏBES. î6t

ét les parois de la cloche ne tardent pas à être tapissées de soufre d’une couleur jaune; i’oxigène de l’air se combine de préférence avec l’hydrogène , forme de l’eau; il s’unit aussi avec une portion de soufre qu’il fait passer à l’état d’acide sulfureux ; l’autre portion de soufre se dépose.

1 34- L'eau , à la température ordinaire , peut dissoudre trois fois son volume de ce gaz , ce qui constitue l’acide hydro-sulfurique liquide. On n’a pas encore déterminé s’il exerce quelque action sur les acides borique, carbonique , phosphorique , phosphoreux et sulfurique ; il est probable qu’il en décompose quelques - uns à une température élevée, principalement ceux dont le corps simple a peu d’affinité pour l’oxigène.

Si l’on introduit dans une cloche placée sur le mercure 2 parties et } environ de gaz acide hydro-sulfurique, et une partie de gaz acide sulfureux , ces deux acides se décomposent sur-le-champ s’ils sont humides , et très-lentement s’ils sont parfaitement secs ; l’oxigène de l’acide sulfureux forme de l’eau avec l’hydrogène de l’acide hydro - sulfurique , et le soufre faisant partie de l’un et dê l’autre de ces gaz se précipite. Il enlève de l’oxigène à l’acide nitreux , et le soufre se précipite , même à la température ordinaire. Il est formé de 93,855 parties de soufre , et de 6,i45 d’hydrogène en poids.

Usages. Cet acide est employé dans les laboratoires pour distinguer les unes des autres plusieurs dissolutions métalliques , et quelquefois même pour en séparer les métaux. Son action sur l’économie animale est des plus nuisibles ; il asphyxie et tue subitement les animaux qui le respirent , même lorsqu’il est mêlé avec beaucoup d’air. Suivant MM. Dupuytren et Thénard , il suffit de — l— de ce gaz dans l’atmosphère pour faire périr les oiseaux qu’on y plonge ; et souvent ~ donnent la mort aux chiens les plus robustes. L’asphyxie connue sous le nom de plomb, à

ït

ifia PREMIÈRE PARTIE. .

laquelle sont exposés les vidangeurs qui entrent dans les fosses d’aisance > doit être principalement attribuée à ce gaz. Il suffit , comme l’a prouvé M. Chctussier , d’exposer une partie quelconque de la surface du corps à son action pour en éprouver les effets délétères -, il en est de meme lorsqu’on l’injecte dans le tissu cellulaire, l’estomac, les gros intestins, la plèvre, les vaisseaux, etc.; dans ces différentes circonstances , le gaz acide hydro-sulfurique plonge tous les organes dans un état adynamique. Il n’est jamais employé en médecine à l’état de gaz. Le meilleur moyen pour désinfecter une atmosphère où il est répandu consiste à faire des fumigations de chlore ( acide muriatique oxigéné), qui , comme nous l’avons dit , a la propriété de le transformer en gaz acide hydro-chlorique , et d’en précipiter le soufre. Son action sur l’économie animale est beaucoup moins forte lorsqu’il est à l’état liquide : dans ce cas il se borne à exciter la peau et à modifier ses propriétés vitales : aussi l’emploie-t-on avec le plus grand succès dans une foule d’exanthèmes chroniques. Les eaux minérales sulfureuses de Barège , de Coter ets , de Bâgnères , de Luehon , de Bonnes , etc. , doivent leurs principales propriétés à cet acide , et l’on sait combien leur usage a été avantageux aux personnes atteintes de maladies chroniques de la peau , de scrophules , de rhumatismes chroniques , d’engorgemens rhumatiques , de paralysie, d’anciens ulcères opiniâtres, d’hyaropisie des articulations , de suppurations internes , et principalement de celles des organes du bas-ventre. N’a-t-on pas vu dans le début de certaines phthisies , dans quelques cas d’oppressions nerveuses de la poitrine, l’administration de ces eaux couronnée du plus grand succès? On les fait prendre à l’intérieur coupées avec du lait ou a-sec une décoction émolliente ; on commence ordinairement par une pinte de cette boisson ; ou bien on les emploie sous la forme de bains ou de douches. Les eaux sulfureuses

DES H Y D U A Ci D E S. i63

artificielles, convenablement préparées , remplissent ,les mêmes indications.

De T Acide fuorique ou hydro-phtoi ique.

La plupart des chimistes s’accordent aujourd’hui à regarder cet acide, d’après les expériences de M. H. Davj , comme formé d’hydrogène et d’un radical particulier auquel on a donné le nom d e fuor. M» Ampère , qui a indiqué le premier la composition de l’àcide fluorique , a proposé d’appeler son radical phtore , de l’adjectif grec ,

délétère } qui a la force de ruiner , de détruire , de corrompre ; en effet ce corps , que l’on suppose simple, jouit exclusivement de la propriété de détruire tous les vases où l’on veut le renfermer , et de former, avec l’hydrogène L’acide hydro-phtorique (fluorique) , dont l’action caustique est excessivement intense.

Il a été impossible d’obtenir jusqu’à présent le phtore à l’état de pureté , tant il agit sur les vases qui le contient nent ; cependant nous allons exposer un certain nombre de faits propres à donner une idée de son histoire. Le phtore se trouve dans la nature combiné avec le calcium ou avec l’aluminium ; ces phtorures ont été connus sous les noms de fluate de chaux , oü de spath fluor et de fluate Æ alu mine ; tous les composés que les chimistes, ont appelés fautes secs sont formés de phtore et d’un métal. Uni au bore par des moyens particuliers , il constitue un acide que l’on doit appeler phtoro-borique , et que l’on a connu jusqu’à présent sous le nom d’acide fluo-borique j il forme avec le silicium un autre acide appelé phtoro-silici que (acide fluorique silicé). Ces acides ne contiennent ni oxigène ni hydrogène. Le phtore parait avoir moins d’affiuité pour plusieurs métaux que le chlore 5 cependant il s’v unit avec énergie et forme des composés binaires neutres. Comme le chlore et l’oxigène il jouit de propriétés

électriques résineuses , et par conséquent est attiré par le fluide vitré de la pile. Il est inaltérable à l’air. M. Ampère croit devoir le ranger entre le chlore et l’iode.

i35. IS acide hydro-phtorique (JJuorique) n’a jamais été trouvé dans la nature. Préparé par l’art , il se présente sous la forme d’un liquide incolore , d’une odeur trèspénétrante , et d’une saveur caustique insupportable 5 il rougit Yinfusum de tournesol avec beaucoup d’énergie ; on ignore quelle est. sa pesanteur spécifique.

Il entre en ébullition à environ 3o° , et il ne se congèle pas à 4o° — o. Le gaz oxigène et les substances simples non métalliques n’exercent sur lui aucune action. Exposé à l'air , il répand des vapeurs blanches très-épaisses. L’eau se combine avec lui en toutes proportions 5 chaque goutte d’acide que l’on fait tomber dans ce liquide développe une chaleur telle , que l’on entend un bruit semblable à celui qui se produirait si l’on y plongeait un fer rouge , en sorte qu’il y aurait du danger à verser dans de l’eau une certaine quantité d’acide hydro-phtorique à-la-fois. Il n’agit point sur les oxides de caiione , de phosphore et d'azote , ni sur les acides précédemment étudiés. Si l’on soumet à l’action de la pile voltaïque l’acide hydro-phtorique liquide privé d’eau , il répand des vapeurs épaisses et se décompose 5 le gaz hydrogène se porte vers le pôle résineux, tandis que le phtore , attiré par le fluide vitré , se combine avec le fil de platine qui est à l’extrémité de ce pôle , le corrode , et formé une poudre couleur de chocolat , composée sans doute de phtore et de platine.

Schéele est le premier chimiste qui ait parlé de l’acide fiuorique 5 mais il n’avait pas été obtenu, concentré avant les recherches de MM. Gay-Lussac et Thénard. M. Ampère a indiqué qu’il était formé par l’hydrogène et un radical, et M. Davy a fait un très-grand nombre d’expériences à

de l’acide FLUORIQUE. 1 65

l’appui de cette assertion. Il est employé pour graver sur Je verre. ( Voyez Verre. )

ART I CLE vi.

Des Produits non acides formés par l’hydrogène et par un dès corps simples précédemment étudiés.

Du gaz hydrogène carboné. Le gaz hydrogène peut se combiner avec des quantités différentes de carbone , et former plusieurs gaz plus ou moins carbonés 5 nous nous occuperons seulement de celui qui contient le plus de carbone ; on ne le trouve jamais dans la nature 5 celui que l’on rencontre dan$ la vase des marais et des eaux stagnantes n’est pas saturé de carbone, et il est constamment mêlé avec 14 ou i5 centièmes d’azote.

Le gaz hydrogène percarhoné , connu aussi- sous lë nom de gaz oléfant , est incolore , insipide , doué d’unè odeur empyreumatique désagréable , et sans action sur l’ûzfusum de tournesol 5 il éteint les corps enflammés 5 sa pesanteur spécifique est de 0,9784.

i36. Soumis à l’action du calorique dans un tube de porcelaine , il est décomposé , perd une portion de carbone et augmente de volume : l’augmentation de volume et le dépôt de carbone sont d’autant plus considérables que la température est plus élevée , en sorte qu’en graduant la chaleur , on peut obtenir une série de gaz plus ou moins carbonés ( Berthoilet ). Lumière. Son pouvoir réfringent est de 1,81860 5 s’il est moins carboné , il est de 2,09270. Le fluide électrique agît sur lui comme le calorique.

r3y. Le gaz oxigène ne l’altère pas à froid ; maïs si on élève la température d’un mélange d’une partie en volume de ce gaz et de cinq parties en volume de gaz Oxigène , celui-ci est absorbé avec dégagement de calorique et de

’ï66 PREMIÈRE PARTIE»

lumière , et il se produit de l’eau et du gaz acide carbonique ; on peut s’assurer par cette expérience , qui peut être faite dans un eudiômètre à mercure , que le gaz hydrogène percarboné , pour être complètement décomposé, exige trois fois son volume de gaz oxigène 5 il faut cependant mettre un excès de ce dernier pour éviter la rupture de l’instrument , qui aurait lieu à raison de l’expansion et de la prompte condensation de l’eau formée. Une mesure de charbon de buis absorbe 35 mesures de ce gaz.

Le chlore lui enlève l’hydrogène, forme de l’acide hydrochlorique , et le carbone est mis à nu , pourvu toutefois que le mélange soit placé dans les circonstances que nous avons indiquées en parlant de l’action du gaz hydrogène sur le chlore. ( Voyez § 5g.) Si l’on fait arriver dans un ballon du chlore gazeux et du gaz hydrogène percarboné à la température ordinaire , on remarque , au bout d’un certain temps , qu’il se forme un liquide plus ou moins coloré qui ruisselle de toutes parts en stries fort déliées et qui va se réunir à la partie inférieure du ballon $ ce liquide, regardé par les chimistes hollandais comme une huile, ale plus grand rapport avec l’éther hydro-chlorique ; il est formé , suivant MM. Collin et Robiquet , de parties égales en volume de chlore et d’hydrogène percarboné , et porte aujourd’hui le nom d’ éther du gaz oléjiant. ( Voyez Ether hydro-chlorique , tome n. ) On ignore quelle est l’action des autres substances simples non métalliques sur le gaz hydrogène percarboné.

P. E. Si l’on approche une bougie allumée d’une cloche remplie de ce gaz , il s’enflamme lentement et donne naissance à de l’eau et à du gaz acide carbonique. Il peut être regardé comme insoluble dans Veau. Si on le fait passer à travers un tube de porcelaine rouge avec de la vapeur d’eau , celle-ci est décomposée ; on concevra facilement ce phénomène en se rappelant que dans cette

de l’hydrogène perphosphoré. 167 opération le gâz dépose du charbon qui s’empare de l’oxigène de l’eau. Ceux des acides formés par l’oxigène qui sont susceptibles d’être décomposés par l’hydrogène ou par le carbone , le sont également par le gaz hydrogène percarboné. Ce gaz a été découvert par les chimistes hollandais. Il est formé , suivant M. Théodore de Saussure , de 86 parties de carbone et de 14 parties d’hydrogène en poids. Il agit sur l’économie animale à-peu-près comme le gaz hydrogène et le gaz azote. On ne s’en sert pas en médecine. On emploie aujourd’hui avec succès dans l’éclairage , un gaz dans la composition duquel entre une des variétés du gaz hydrogène carboné. ( Voyez , 1. 11, Action du calorique sur les matières végétales. )

Du Gaz hydrogène perphosphoré.

Le gaz hydrogène perphosphoré est constamment un produit de l’art. On suppose pourtant qu’il y en a quelquefois dans l’atmosphère prés des cimetières humides , et qu’il produit les feux follets en s’enflammant spontanément; il proviendrait dans ce cas de la putréfaction des matières animales ; mais cette assertion est loin d’être prouvée.

1 38. Ce gaz pur est incolore , sans action sur I Hnfusum detournesol , d’une odeur semblable à celle des oignons et d’une saveur amère ; sa pesanteur spécifique , d’après M. Thomas Thompson , est de 0,902a.

Si on le fait passer à travers un tube de porcelaine rouge , il se décompose et laisse déposer du phosphore. Le même phénomène a lieu si on le soumet à un courant d’étincelles électriques : dans ce cas on obtient un volume de gaz hydrogène parfaitement égal au volume primitif de gaz hydrogène phosphoré employé , et tout le phosphore est séparé. Lumière. On ignore quelle est sa puissance réfraetive..

i39 Mêlé dans un tube de verre étroit avec la moitié de

l68 PREMIÈRE PARTIE.

son volume de gaz oxigene , à la température ordinaire , il est décomposé; l’ oxigène se combine avec le phosphore; on aperçoit une fumée blanche acide ; le volume des gaz diminue , et il reste à la fin de l’expérience un volume de gaz hydrogène égal à celui du gaz hydrogène phosphore employé 5 il ne se produit point de flamme ; mais si ces deux gaz sont mêlés en toute sorte de proportions dans un vase large et à la température ordinaire, la décomposition est beaucoup plus rapide et accompagnée d’une lumière trèsblanche , comme on peut s’en assurer en introduisant bulle •à bulle du gaz hydrogène perphosphoré dans une cloche contenant du gaz oxigène. Si l’on a employé un volume de gaz oxigène contre un volume de gaz hydrogène phosphore , il se forme de l’eau et de l’acide phosphoreux 5 on obtient au contraire de l’eau et de l’acide phosphorique si l’on s’est servi d’un volume et demi de gaz oxigène : dans tous' les cas il est évident que le gaz oxigène se combine à la fois avec l’hydro* gène et avec le phosphore. JJ air atmospkérique agit de la même manière sur ce gaz, mais avec moins d’intensité 5 lorsqu’on le laisse échapper bulle à bulle dans l’atmosphère, il se produit, outre la flamme , une fumçe blanche circulaire, ayant la forme d’un anneau horizontal qui s’élargit à mesure qu’elle s’élève, si toutefois l’atmosphère est tranquille; eette fumée est composée de l’eau et de l’acide phosphorique qui résultent de l’action qu’exerce l’ oxigène de l’air sur le gaz hydrogène et sur le phosphore. M. Thomas Thompson , à qui nous devons une partie de ces résultats , assure que la combinaison des deux gaz n’est accompagnée de flamme qü’ autant qu’il se produit assez de chaleur pour que la température soit au moins à 64° f thermomètre centigrade.

Le soufre fondu décompose le gaz hydrogène perphosplioré, forme avec l’hydrogène de l’acide hydro-sulfurique , et le phosphore mis à nu se combine avec une portion de soufre. (Voyez Phosphate de soufre 3 § 54-)

de i’hydïogèse perphosphoeé. 169 Lorsqu’on mêle sur l’eau trois volumes de chlore gazeux et un volume de gaz hydrogène perphosphoré , celui-ci est décomposé , et l’on obtient de l’acide hydro-chlorique, et une substance brune qui est du chlorure de phosphore au maximum de chlore. ( Voyez § 60. ) L'iode décompose aussi le gaz hydrogène perphosphoré.

Suivant M. Dalton , 100 mesures d'eau privée d’air peuvent dissoudre 3, y mesures de ce gaz ; le liquide obtenu est jaune, doué d’une saveur très-amère , de la même odeur que le gaz et sans action sur le tournesol. M. Th. Thompson assure que le gaz hydrogène perphosphoré pur n’est point décomposé par soncontact avec de l’eau distillée qui a bouilli 5 tandis qu’il l’est avec rapidité par l’eau imprégnée d’air. Nous n’avons pas répété ces expériences avec le gaz préparé avec le phosphure de chaux et l’acide hydro-chlorique , comme l’indique M. Thompson 5 mais nous pouvons affirmer que celui que l’on obtient par les procédés ordinaires est décomposé par l’eau distillée qui a bouilli. Ainsi , que l’on prenne trois cloches à moitié pleines dece gaz et renversées sur la cuve à mercure 5 que l’on introduise dans l’une d’elles de l’eau aérée, et dans une autre de l’eau distillée qui a bouilli', le gaz qui est en contact avec l’eau aérée sera décomposé en très-peu de temps , déposera du phosphore , et ne s’enflammera plus spontanément au bout de 18 à 20 heures ; la décomposition sera moins avancée dans le gaz qui est en contact avec l’eau privée d’air 5 elle aura pourtant lieu 5 du phosphore sera déposé , mais le gaz conservera encore la faculté de s’enflammer spontanément à ÿair , au bout de 18 où 20 heures. Enfin, le gaz placé :sur le mercure sans addition d’eau , conservera sa transparence et la propriété de s’enflammer spontanément, même quelques jours après avoir été préparé.

i4o. Si l’on mêle trois volumes de gaz protoxide d’azote ou de gaz deutoxide d’azote ( gaz nitreux ) , et un volume de

TjO PREMIÈRE PARTIE.

gaz hydrogène perphosphoré , et que l’on fasse passer une étincelle électrique., il se produit une forte explosion accompagnée d’une vive lumière ; T oxigène des gaz oxidés transforme l’hydrogène en eau et le phosphore en acide phosphorique ; l’azote est mis à nu ; mais il en reste trois volumes si l’on a employé le protoxide d’azote , et un volume et demi si l’on s’est servi de gaz nitreux. Si l’on introduit dans une petite cloche 20 mesures de gaz hydrogène perphosphoré , et 52 mesures de gaz nitreux, et qu’on fasse arriver dans le mélange 4 mesures de gaz oxigène , il se produit immédiatement une vive explosion accompagnée d’une belle lumière , et il y a formation d’eau et d’acide phosphorique ; dans cette brillante expérience , que l’on doit toujours faire avec de petites quantités , le gaz nitreux cède son oxigène au gaz hydrogène perphosphoré, et l’azote est mis à nu.

Ce gaz a été découvert par Gengembre en 1783; il est composé j d’après M. Thomas Thompson, d’une partie d’hydrogène et de 12 parties de phosphore en poids. Injecté dans les veines il occasionne la mort des animaux 5 il agirait encore avec plus d’énergie s’il était respiré : on ne lui connaît aucun usage.

Du Gaz hydrogène proto-phosphoré.

Les propriétés physiques de ce gaz sont les mêmes que celles du précédent 5 on peut le conserver plusieurs jours dans des cloches sans qu’il laisse déposer du phosphore. On ignore l’effet que produit sur lui l’action d’une température élevée.

i4i. P. JE. Mis en contact avec le gaz oxigène ou avec Y air à froid , il ne s’enflamme pas spontanément comme l’hydrogène perphosphoré; mais si on approche une bougie allumée de l’ouverture de la cloche qui le renferme, il ab-

de l’hydrogène AZOTÉ. X’ji

sorbe l’oxigène de l’air avec dégagement de calorique et de lumière 5 il se décompose, et dorme, comme le précédent , de l’eau et de l’acide pbospborique. Le chlore lui enlève également son hydrogène. Il a été étudié par MM. Gay-Lussac et Thenardj il est sans usages.

De T Hydrogène azoté ( ammoniaque ).

L’ammoniaque ne se trouve jamais pure dans la nature , ou la rencontre souvent combinée avec des acides , dans l’urine de l’homme , dans les excrémèns des chameaux , dans les produits de la putréfaction d’un très-grand nombre de substances animales ; enfin , dans quelques mines d’alun. Séparée par l’art des composés qui la renferment, l’ammoniaque se présente à l’état gazetfx (r).

i4a. Le gaz ammoniac est incolore , doué d’une odeur forte, pénétrante qui le caractérisé, et d’une saveur assez Caustique *, il est beaucoup plus léger que l’air, sa pesanteur spécifique est de o,5g6 ; il verdit le sirop de violette avec beaucoup d’énergie et éteint les corps enflammés. Le gaz ammoniac parfaitement sec ne se congèle pas par Un froid de 46° — o. Si après l’avoir bien desséché au moyen du chlorure de calcium ( muriate de chaux ) , on le fait passer dans un tube de porcelaine chauffé au-dessüs du rouge cerise , verni intérieurement , luté extérieurement, et qui ne renferme dans sa capacité aucun fragment dé

(i) Quelques chimistes ont pensé que f ammoniaque est formée d’oxigène et d’un métal particulier qu’ils ont appelé ammonium , et ont' proposé’ de la ranger parmi les oxides métalliques : cette opinion est loin d’être généralement reçue , parce qu’elle n’est pas appuyée “sur dès preuves décisives} c’est ce qui nous engage à faire ici l’hi'stôire de ce produit dont on obtient , par l’analyse , de l’hydrogène et de l’azote.;

î^2 PREMIÈRE PARTIE.

bouchon , une très-petite quantité du gaz se décompose et donne du gaz hydrogène et du gaz azote ; si le tube de porcelaine dans lequel le gaz doit passer contient des fils métalliques de fer, de cuivre , d’argent, de platine ou d’or , il se décompose en totalité ou en grande partie ; la portion décomposée est également transformée en hydrogène et en azote dans le rapport de 3 à 1 , et l’expérience prouve , i° que le poids des métaux employés n’augmente ni ne diminue s’ils sont purs ; 20 que le fer et le cuivre jouissent de cette propriété à un plus haut degré que les autres , puisqu’il faut huit fois plus de platine que de fer pour produire le même effet; 3° que plusieurs d’entre eux changent de propriétés physiques : le fer, par exemple, et le cuivre deviennent çassans ; 4° qu’il ne se forme aucun composé solide ni liquide; 5° enfin, queleur action est d’autant plus grande que la température est plus élevée. Quelle est l’action exercée dans cette circonstance par les métaux? On l’ignore , mais il est probable qu’ils favorisent la décomposition du gaz , d’abord en augmentant la surface ; l’on sait effectivement que cette décomposition s’opère à merveille eii substituant aux métaux du sable , des fragmens de cailloux , de porcelaine , etc. ; ou bien en faisant passer le gaz à travers cinq ou six tubes longs , dont l’intérieur est parfaitement poli , et ne contient aucun corps étranger ; on pense en outre que ces diiférens corps métalliques cèdent au gaz ammoniac le calorique nécessaire pour séparer ses élémens.

Lumière. Le pouvoir réfringent de ce gaz est de 2,i6S5r. En faisant passer, au moyen de la bouteille de Leyde s deux ou trois cents décharges électriques à travers une petite quantité de gaz ammoniac, on le décompose en gaz hydrogène et en gaz azote.

i43. À la température ordinaire, le gaz oxigène n’agit point sur lui ; mais si on chauffe le mélange au moyen d’une bougie allumée ou d’une étincelle électrique, il est

de l’hydrog-ène Azoté. iy3

décomposé; l’oxigène s’empare de son hydrogène pour former de l’eau ; une petite partie du gaz azote s’unit aussi avec l’oxigène pour former de l’acide nitrique ; mais la majeure partie du gaz azote est mise à nu. JJ hydrogène est sans action sur le gaz ammoniac. On ignore comment le bore agit sur lui. Une mesure de charbon de buis en absorbe 90 mesures à la température ordinaire; mais si le charbon est rouge, il le décompose et donne naissance à du gaz hydrogène carboné, à du gaz azote et à du gaz acide hydro-cyanique ou prussique ( acide formé d’hydrogène , de carbone et d’azote). Si l’on fait arriver dans un tube de porcelaine rouge du gaz ammoniac et du soufre en vapeur , celui-ci le décompose également et il en résulte , i° un mélange de gaz hydrogène et de gaz azote ; 20 un composé d’acide hydrosulfurique ( hydrogène -j- soufre ) et d’ammoniaque non décomposée; 3° ce dernier composé contenant du soufre.

i44. Si l’on met en contact de Y iode et du gaz ammoniac parfaitement secs, ces deux substances se combinent, et l’on obtient sur - le - champ un liquide visqueux , d’un aspect métallique , qui est de l’iodure d’ammoniaque ; cet iodure ne tarde pas à s’emparer d’une nouvelle quantité de gaz ammoniac, et donne naissance à un liquide moins visqueux, d’un rouge brun, qui est un iodure avec excès d’ammoniaque. Aucun des deux n’est détonnant ; mais si on les verse dans l’eau , on obtient de Viodure d’azote sous la formed’une poudre fulminante , et de l’hydriodate d’ammoniaque. Théorie. Nous pouvons représenter les élémens de l’iodure d’ammoniaque par

Ammoniaque -{- hydrogène -f- azote, (i) iode iode.

Acide hydriodique iodure d’azote.

(1) Il est indifférentde représenter l’ammoniaque par ce nom.

174 TREHIÈRE PARTIE.

L’eau détermine la décomposition d’une portion d’ammoniaque ; l’hydrogène provenant de cette décomposition s’unit à une partie de l’iode et donne naissance à de l’acide hydriodique, dont l’ammoniaque non décomposée s’ empare pour former l’hydriodate , tandis que l’autre portion d’iode se combine avec l’azote qui résulte de la décomposition de l’ammoniaque et formé l’iodure d’azote.

Cet iodure desséché détonne spontanément -, il détonne même lorsqu’il est humide ou qu’il est sous l’eau , pourvu qu’on le presse légèrement : ces détonnations sont accompagnées de lumière que l’on aperçoit très-bien dans l’obscurité. Il est aisé de concevoir , d’après ce que nous venons de dire, qu’on doit former cet iodure avec facilité en versant sur l’iode de l’ammoniaque liquide. (Note de M. Collin, Annales de Chimie, t. xci. )

Si l’onintroduit quelques bulles de chlore gazeux dans une cl oche presque pleine de gaz ammoniac parfaitement sec , disposée sur la cuve à mercure , celui-ci est rapidement absorbé et décomposé en partie ; il y a dégagement de calorique et de lumière ; l’hydrogène de la portion de gaz ammoniac décomposée forme avec le chlore de l’acide hydro-chlorique , qui, se combinant dans le même instant avec i’ ammoniaque non décomposée, donne naissance à des vapeurs blanches , epazssesd’hydro-chlorate d’ammoniaque ; l’azote provenant du gaz ammoniac décomposé est mis à nu et reste dans la cloche. On obtient les mêmes produits si l’on met ensemble l’ammoniaque et le chlore , l’un et l’autre à l’état liquide; seulement, dans ce cas, il n’y a aucun dégagement de lumière , et l’hydro-chlorate d’ammoniaque reste en dissolution dans l’eau ; enfin on peut déterminer celte

ou par ses élémens hydrogène -j- azote ; il l’est également de représenter la quantité' d’iode qui se trouve dans i’iodure d’ammoniaque par iode -j- iode.

DE e’ H YDEOGÈ3ÎE AZOTÉ, 1-5

décomposition , et la formation des mêmes produits , en faisant passer du chlore gazeux à travers un flacon plein d’ammoniaque liquide, et pour peu que le lieu soit obscur, on aperçoit un dégagement de lumière assez marqué. L ’ azote est sans action sur le gaz ammoniac.

Exposé à Y air , ce gaz ne subit aucune altération à froid et ne répand point de vapeurs, quoiqu’il soit excessivement soluble dans l’eau. Si la température est élevée , on observe les mêmes phénomènes que ceux que produit sur hifle 'gaz oxigène , mais à un degré plus faible, lu eau, à la température et à la pression ordinaires, peut en dissoudre 43o fois son volume , ce qui fait à-peu-près le tiers de son poids. On peut prouver cette grande solubilité du gaz ammoniac par les moyens employés pour prouver celle du gaz acide hydro-chlorique . ( Voyez page 1 56. ) Il est aisé de prévoir qu’un morceau de glace doit être liquéfié par ce gaz aussi vite que par des charbons ardens. L’ammoniaque liquide, connue aussi sous les noms à’ alcali volatil , d’ alcali fluor , à’ esprit de sel ammoniac , est incolore 5 son odeur , sa saveur et son action sur le sirop de violette sont les mêmes que celles du gaz. Si elle est très-concentrée on peut la solidifier et l’obtenir cristallisée en aiguilles , en la. soumettant à un froid de 56° — o ( Vauquelin ) ; chauffée , elle laisse dégager presque tout le gaz et s’affaiblit; sa pesanteur spécifique est de o,go54 lorsqu’elle est formée de 25, 3^ de gaz ammoniac et de 74^63 parties d’eau ; elle est, au contraire, de 0,9713 si le gaz ammoniac dissous n’est que 7,17 , et l’eau 92,83.

L’action de l’oxide de carbone et de l’oxide de phosphore sur ce gaz est inconnue. Le protoxide et le deutoxide d’azote le décomposeraient probablement à une température élevée.

Les acides précédemment étudiés peuvent se combiner, tous avec l’ammoniaque et donner naissance à des pro-

1^6 ÏEteStlÈKÈ PARTIE,

duits qui, par leur analogie avec ceux qui sont formés d’un acide et d’un oxide métallique , portent le nom de sels. M. Gay-Lussac a prouvé que les combinaisons du gaz ammoniac avec lès acides gazeux avaient lieu dans des rapports très - simples , comme nous le dirons en parlant des proportions dans lesquelles les corps peuvent s’unir. Priestley et M. Berthollet sont les premiers qui ont fait connaître la composition de l’ammoniaque. On l’emploie dans les laboratoires comme réactif.

L’ammoniaque exerce sur l’économie animale une action très-énergique ; elle enflamme fortement les tissus avec lesquels on la met en contact , et paraît agir comme un puissant stimulant du système nerveux. Respiré' à l’état de gaz , ou introduit dans l’estomac , ce corps ne tarde pas à développer des symptômes inflammatoires et nerveux qui sont bientôt suivis de la mort , s’il a été employé en assez grande quantité et à un certain degré de concentration. Son action est beaucoup moins vive lorsqu’on le prend affaibli : dans ce cas, il augmente la chaleur générale , la fréquence du pouls et la transpiration ; il provoque la sueur , et fait souvent reparaître des phlegmasies qui étaient supprimées. Les médecins peuvent , par conséquent , s’en servir avec succès lorsqu’il est administré avec prudence. Tantôt on l’introduit dans l’estomac, tantôt on l’applique à l’extérieur , tantôt enfin on l’emploie à l’état de gaz. On le fait prendre intérieurement dans certaines fièvres putrides accompagnées d’affaissement , afin de déterminer la crise par les sueurs ; dans certaines fièvres ataxiques lentes , dans les maladies éruptives rentrées ou dans celles dont l’éruption est difficile , dans les affections rhumatismales lentes , dans les piqûres de divers reptiles et insectes venimeux ; on l’associe , suivant l’indication que l’on veut remplir , à des potions toniques ou sudorifiques , et on en met 20 ou 3o gouttes dans 5 ou fi onces de potion que

DE L*ACIDE PÔTORO-BORIQ U É. l*jj

L’ôn fait prendre par cuillerées ; il vaudrait xnênie mieux , attendu la grande volatilité de ce médicament , ne le mêler à la potion qu’au moment où le malade doit en prendre une cuillerée. On l’applique à Y extérieur dans les brûlures récentes , afin d’empêcher l’inflammation et les phlyctènes de se développer ; dans plusieurs maladies lentes des muscles , des glandes lymphatiques ; dans le rhumatisme Chronique; dans les engorgemens laiteux des mamelles qui ne sont pas anciens : dans la gale , les dartres , l’œdème. On l’injecte quelquefois dans le vagin pour exciter la membrane muqueuse et rappeler une phlegmasie locale supprimée : dans ces circonstances ou emploie l’ammoniaque liquide étendue d’eau , ou bien un Iinimettt préparé avec une partie d’ammoniaque et dix d’huile ; où bien enfin on se sert de sachets remplis d une poudre composée de trois parties de chaux et d’une de sel ammoniac , mélange dont il se dégage de l’ammoniaque. On fait usage de ce médicament liquide concentré pour brûler les morsures des reptiles venimeux et les piqûres de certains insectes. A l’état de gaz , il a été employé dans l’amaurose imparfaite ^ sous la forme de fumigations; on le fait respirer dans la syncope , l’asphyxie , pour prévenir les attaques d’épilepsie , etc. En général , dans la plupart des cas , il suffit d’approcher du nez un flacon contenant de l’ammoniaque liquide , et il faut suspendre l’emploi de ce médicament aussitôt que le malade revient à lui-même , crainte d’enflammer par l’action trop prolongée du caustique la membrane muqueuse pulmonaire.

De V Acide phtoro-borique ( fluo-borique ■. )

Outre les acides formés par un des corps simples pré" cédemment étudiés et l’oxigène ou l’hydrogène , on en admet aujourd’hui un autre composé de phtore et de bore, qui

a été connu jusqu’à présent sous le nom d’acide jluo-borique , et que nous appellerons phtoro-borique. Le gaz acide phtoro-borique est constamment un produit de l’art ; il est incolore, doué d’une odeur piquante et suffocante, analogue à celle du gaz acide hydro-chlorique ; il rougit Vinfu sum de tournesol avec énergie, et éteint les corps enflammés; sa pesanteur spécifique est de 2,371.

Il n’est altéré par aucun des fluides impondérables , ni par l’oxigène , ni par aucun des corps simples étudiés jusqu’ici. P. E. Exposé à l’air ou à l’action de tout autre gaz humide, il s’empare avec avidité de l’eau qu’ils contiennent et produit des vapeurs excessivement épaisses , en sorte qu’il peut servir avec le plus grand succès pour déterminer si un gaz est sec ou humide. L’eau, à la température et à la pression ordinaires, peut dissoudre , d’après M. John Davy, 700 fois son volume de ce gaz , ce qui fait environ deux fois son poids; d’où il résulte qu’il est beaucoup plus soluble que le gaz acide hydro-chlorique . L’acide phtoro-borique liquide concentré est limpide , fumant et très-caustique ; il perd un cinquième du gaz qu’il renferme lorsqu’on le chauffe. Les oxides de carbone , de phosphore et d ’ azote, ainsi que les acides précédemment étudiés , 11’agissent point sur lui. Il a été découvert en 1809 par MM. Gay-Lussac et Thénard. Il est sans usages.

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