‹ Élémens de chimie médicaleChapitre 41 sur 110 · DES MÉTAUX · texte numérisé non relu

DES MÉTAUX

qu’avec le potassium , le tellure et l’arsenic ; le second , avec le fer et le platine , et le troisième , avec le fer. Il n’en est pas de même du phosphore , qui peut se combiner avec un très-grand nombre d’entre eux, tantôt par des moyens directs , tantôt par des moyens indirects. Tous les phosphures sont solides , inodores , et plus ou moins fusibles ,• aucun ne se trouve dans la nature. Le soufre peut également s’unir 'avec beaucoup de métaux , et donner des sulfures solides , cassans , inodores, plus ou moins fusibles , susceptibles d’absorber le gaz oxigène ou l’air atmosphérique à une température élevée , et de se décomposer en donnant naissance à différens produits. Uiode.se combine , à l’aide de la chaleur , avec tous les métaux , et forme des iodures que l’on peut décomposer au moyen du chlore, qui s’empare du métal et met l’iode à nu.

Le chlore gazeux s’unit à tous les métaux , même à la température ordinaire , et donne des chlorures que l’on a regardés , jusque dans ces derniers temps , et que quelques chimistes continuent encore à regarder comme des muriates secs. Les phénomènes qui accompagnent la formation de ces chlorures diffèrent : tantôt elle a lieu avec dégagement de calorique et de lumière 5 tantôt elle n’est accompagnée d’aucune flamme. Parmi les chlorures métalliques il en est un certain nombre qui n’exercent aucune action sur l’eau et ne s’y dissolvent pas 5 mais la majeure partie la décomposent , s’y dissolvent , et donnent un sel composé d’acide hydro-chlorique et de l’oxide du métal. Théorie. On peut représenter le chlorure par chlore 4- métal..

L’eau peut être représentée par . hydrogène -J- oxigène.

Acide hydro-chlorique -j- oxide métallique. La décomposition de l’eau est sollicitée , d’une part , par

le chlore , qui tend à se combiner avec l’hydrogène , et de l’autre , par le métal , dont l’affinité pour l’oxigène est plus ou moins : grande (i).

Le gaz azote n’exërce aucune action sur les métaux 5 on peut cependant , par des moyens indirects et à l’aide de l’ammoniaque , le combiner avec le potassium ou le sodium. U air atmosphérique agit sur eux comme le gaz oxigène , mais avec moins d’énergie; en outre , comme l’air contient un peu d’acide carbonique , l’oxide métallique formé l’absorbe dans certaines circonstances et passe à l’état de carbonate. Les métaux sont insolubles dans Veau ; plusieurs la décomposent, comme nous l’avons dit en exposant les caractères de chacune des six classes.

Les acides formés par V oxigène et un radical quelconque, par exemple, les acides borique, carbonique, pkosphorique, sulfurique, sulfureux, nitrique, etc., ne peuvent se combiner avec les métaux qu’autant que ceux-ci sont oxidésà un degré • déterminé. Il est des acides qui peuvent oxider un certain nombre de métaux à toutes les températures ; par exemple , l’acide nitrique 5 quelques-uns n’en déterminent l’oxidation qu’à un certain degré de chaleur; enfin il en est qui n’agissent point sur ces substances. Lorsqu’un de ces acides, privéd’eâu, cède de l’oxigène à Un métal , cet oxigène provient nécessaire* ment d’une portion d’acide qui a été décomposée ; tandis que si l’acide contient de l’eau, l’oxigène qui sè porte sur le métal peut appartenir à l’acide, à l’eau , ou à tous les deux à-la-foîs.

(1) Quelques chimistes pensent que les chlorures métalliques solubles se dissolvent dans l’eau sans la décomposer., et par conséquent ils n’admettent pas là formation .d’un hydro-chlorate; xnaisTious croyons qu’il y a plus de prohabilité en faveur de la théorie que nous avons donnée., parce qu’elle explique

mkm les faits.. -

DES OXIDES MÉTALLIQUES. l85

L’oxide résultant de ces actions diverses peut être au premier , au second ou au troisième degré d’oxidation , et être susceptible ou non de se combiner avec la portion d’acide non décomposée. Il est des acides liquides formés par l’oxigène , par exemple , certains acides végétaux , qui dissolvent quelques métaux sans leur céder de l’oxigène mais alors le métal s’oxide aux dépens de l’air atmosphérique. On donne le nom de sel à tout corps composé d’un ou de deux acides et d’un ou de deux oxides métalliques 5 d’où il résulte qu’il n’y a que des sels métalliques , si toutefois l’on en excepte les sels ammoniacaux. Nous indiquerons incessamment tout ce que nous croyons devoir dire de général sur les sels.

Les acides gazeux formés par ï hydrogène et un radical non métallique , par exemple , les gaz acides hydro-chlorique , hydriodique et hydro-sülfurique , ne peuvent pas oxiderles métaux, puisqu’ils ne contiennent pas d’oxigène lorsqu’ils sont parfaitement secs : aussi ne forment-ils jamais avec eux des sels métalliques 5 cependant, chauffés avec certains métaux, ils se décomposent 5 l’hydrogène est mis a nu , et le chlore , l’iode ou le soufre se combinent avec les métaux pour former des chlorures , des iodures ou des sulfures. Il n’en est pas de même quand ces acides sont dissous dans l’eau: alors celle-ci peut être décomposée par quelques métaux qui- s’emparent de son oxigène pour sè combiner ensuite avec l’acide, et donner naissance à un sel métallique.

Plusieurs métaux peuvent s’unir entre eux et former des alliages.

Des Oxides métalliques.

xlfj. Les oxides appelés chaux par les anciens sont des composés solides, d’une couleur variable , presque toujours

î86 première partie.

différente de celle du métal qui entre dans leur composition.

Ils sont en général ternes et pulvérulens.

Chauffés dans des vaisseaux fermés, quelques oxides abandonnent tout leur oxigène*, d’autres n’en perdent qu’une portion et passent à un degré d’oxidation inférieur; enfin il en est qui ne se décomposent pas. La lumière n’en décompose qu’un très-petit nombre. Soumis à l’action de la j pile voltaïque, ils sont tous décomposés, excepté ceux de la première classe ; l’oxigène se porte au pôle vitré ou positif, et le métal est attiré par le pôle résineux. Ceux qui sont déjà saturés d 'oxigène n’éprouvent aucune altération de la part de cet agent ni de celle de l 'air; un très-grand nombre de ceux qui sont peu oxidés absorbent l’oxigène à des températures variables.

Le gaz hydrogène , le carbone et le chlore peuvent décomposer un plus ou moins grand nombre d’oxides à l’aide de la chaleur ; les deux premiers s’emparent en général de l’oxigène , donnent naissance à de l?eau , à du gaz acide carbonique ou à du gaz oxide de carbone , et le métal est mis à nu; le chlore en dégage l’ oxigène , et s’unit au métal qu’il transforme en chlorure. Tantôt le soufre se combine avec le métal pour former un sulfure, et l’oxigène se dégage à l’état de gaz acide sulfureux ; tantôt il s’unit à l’oxide et forme un oxide sulfuré ; tantôt ; enfin il se produit un sulfate. Il existe un certain nombre d’oxides qui se combinent avec le phosphore et donnent naissance à des oxides pliosphurés (pliospbures). Plusieurs oxides peuvent absorber Y eau , se combiner avec elle, et former des hydrates secs et pulvérulens dont la couleur diffère presque toujours de celle des oxides : ainsi l’hydrate d’oxide de calcium ( chaux ) .est blanc , tandis que l’oxide sec est d’un blanc grisâtre ; l’hydrate de protoxide de cobalt est rose , et l’oxide pur est bleu ; celui de deutoxide de cuivre est bleu , tandis que le deutoxide sec est brun noirâtre.

Il existe un très-grand nombre d’oxides qui se combinent avec les acides sans éprouver ni leur faire éprouver la moindre décomposition ; d’autres , trop oxides , ne peuvent se combiner avec cette classe de corps sans perdre de l’oxigène; enfin il en est qui, étant peu oxidés , absorbent de l’oxigène à l’acide ou à l’eau qu’il renferme pour passer à l’état d’oxidation convenable pour entrer en combinaison. En général, la tendance des oxides pour s’unir avec les acides est d’autant plus grande qu’ils sont moins oxidés : dans tous les cas , ces combinaisons portent , comme nous l’avons déjà dit, le nom de sel.

L’ ammoniaque a la propriété de dissoudre un certain nombre d’oxides métalliques des quatre dernières sections. Le produit, appelé ammoniure , jouit quelquefois dè la propriété de cristalliser.

Plusieurs oxides peuvent se combiner entre eux 5 quelques-uns peuvent même être dissous par d’autres : c’est ainsi que les deutoxides de potassium ou de sodium dissolvent à merveille les oxides d’arsenic , de zinc , de titane , etc. Enfin il existe des métaux doués de la faculté de décomposer certains oxides en s’emparant de leur oxigène.

Des Sels.

Les sels admis aujourd’hui par les chimistes sont ou ammoniacaux ou métalliques : les premiers , peu nombreux , sont formés par un acide et par l’ammoniaque 5 les autres sont composés , comme nous venons de le voir , d’un acide et d’un ou de deux oxides métalliques , que l’on désigne généralement sous le nom de base. On appelle sel double celui qui renferme deux oxides ; sel neutre celui qui ne rougit point Yinfusum de tournesol et ne verdit pas le sirop de violette ; sur-sel celui qui rougit Yinjiiswn de tournesol : enfin , sel avec excès de base , ou

fc88 première partie.

sous-sel , celui qui verdit le sirop de violette et ramène au bleu Vinfusum de tournesol rougi par un acide. Nous examinerons ailleurs jusqu’à quel point ces caractères sont propres à établir la neutralité, l’acidité ou l’alcalinité des sels. ( Voyez Lois de composition , etc. , à la fin du tom. n. )

Propriétés physiques des sels. On ne connaît aucun sel gazeux ; il y en a un petit nombre de liquides ; mais la plupart sont solides , d’une couleur et d’une cohésion variables , cristallisés ou pulvérulens , inodores , excepté cinq , sapides ou insipides , et plus pesans que l’eau.

i48. Propriétés chimiques. Action dé Tenu sur les sels. Les sels soiit solubles ouinsplubles dans l’eau: en général ceux-ci sont insipides , les autres ont de la saveur. La solubilité d’un sel dans l’eau dépend de son affinité pour ce liquide et de sa cohésion 5 il sera d’autant plus soluble que cette affinité sera plus grande et la cohésion moins forte, et vice ver sâ. De deux sels ayant la même affinité pour l’eau , le plus soluble sera celui qui a moins de cohésion. Il arrive quelquefois qu’un sel qui a moins d’affinité pour l’eau qu’un autre sé dissout plus facilement , parce que sa force de cohésion est beaucoup moindre. Lorsqu’un sel a été dissous dans l’eau , celle-ci perd en général la propriété d’entrer en ébullition à ioo° ( la pression de l’air étant à 76 centimètres) , et en exige io2° , ro4°, 106, 1080, etc. Plus l’affinité du sel pour l’eau est grande , plus la température doit être élevée pour que le liquide entre en ébullition ; on peut donc déterminer l’affinité de plusieurs sels pour l’eau en en mettant quantités égales dans ce liquide , et en examinant le degré auquel il bout. L’eau qui est déjà saturée d’un sel peut encore dissoudre une certaine quantité d’un autre sel soluble , pourvu que les deux sels ne se décomposent pas.

i49- Presque toujours la dissolution d’im sel s’opéra

DES SELS. iSg

plus facilement et plus abondamment dans l’eau chaude que dans l’eau froide : aussi lorsqu’on a dissous dans de l’eau bouillante tout le sel dont elle pouvait se charger , une partie cristallise-t-elle par le refroidissement , si ce sel est cristallisable ; mais il est presque impossible d’obtenir par ce moyen des cristaux réguliers. Voici comment on doit procéder pour avoir de beaux cristaux: i° oa fera dissoudre 7 à 8 livres de sel dans une assez grande quantité d’eau bouillante pour qu’il ne s’en dépose pas beaucoup par le refroidissement; 20 après avoir décanté la dissolution , on la déposera dans des vases à fond plat, sur lesquels elle ne puisse exercer aucune action chimique, et qui soient dans un lieu tranquille ; 3° lorsque , paE l’évaporation spontanée de l’eau , il se sera formé des cristaux au bout de quelques jours, on choisira les plus gros et les plus réguliers , et on les placera dans un autre vase pareil dans lequel on mettra une nouvelle dissolution de sel préparée de la même manière ; on les retournera chaque jour , et on des verra grossir par toutes leurs faces et d’une manière régulière. Il faudra recommencer la même opération jusqu’à ce que les cristaux aient acquis un volume assez considérable; alors, on n’en mettra qu’un dans chaque vase contenant la dissolution : quelques semaines suffiront pour obtenir des cristaux très-volumineux. Ce procédé est dû à M. Leblanc. Il arrive quelquefois que les dissolutions salines , même les plus concentrées, ne cristallisent qu’autant qu’on les agite ou qu’on les renferme dans un vase lorsqu’elles sont encore très-chaudes. On a donné le nom d’eau mère à la dissolution saline qui reste sur les cristaux après leur formation : cette eau contient encore du sel , mais elle n’en est pas saturée.

Les cristaux salins renferment très-souvent de l’eau : tantôt elle est combinée avec chacune des molécules in-

igO PREMIÈRE PARTIE.

tégrantes du sel, et porte le nom d 'eau de cristallisation; elle fait quelquefois la moitié du poids du cristal , et celuici lui doit sa transparence, puisqu’il suffit de la lui faire perdre pour le rendre opaque ; tantôt elle est libre , placée entre les molécules intégrantes , et n’influe en aucune manière sur la transparence : on peut l’absorber facilement en pressant le cristal pulvérisé entre deux feuilles de papier joseph.

Les cristaux ainsi formés sont-ils composés des mêmes principes que la dissolution qui les a fournis? On peut repondre par l’affirmative pour tous les sels , excepté peutêtre pour quelques hydro-chlorates et pour un certain nombre d’hydriodates , qu’il suffit de faire cristalliser, ■ suivant M. Gay-Lussac , pour les transformer en chlorures ; ce qui ne peut s’expliquer sans admettre qu’au moment de la formation des cristaux , l’hydrogène de l’acide hydro-chlorique se combine avec l’oxigène de l’oxide pour former de l’eau , et que le chlore s’unit avec le métal provenant de l’oxide : décomposé : tel serait , par exemple, l’hydro-chlorate de soude (dissolution de sel commun ). Ce fait n’est pas encore' généralement admis.

Action de la glace sur les sels solubles. Lorsqu’on mêle promptement et dans des proportions convenables f de la glace pilée ou de la neige avec un sel soluble cristallisé ou peu desséché , le mélange devient liquide et il se produit un froid plus ou moins considérable ; d’où il suit qu’il y a eu du calorique absorbé aux corps environnans pour liquéfier les deux solides, phénomène qui ne peut dépendre que de l’affinité qui existe entre ces deux corps à l’état liquide. On peut , en mêlant trois parties d’hydro-chlorate de chaux et une partie de neige , faire descendre le thermomètre jusqu’à 58°, 33 — o ; tandis que deux parties de neige et une partie d’hydrochlorate de soude (sel commun) ne produisent qu’un

froid de 20°,55 au-dessous de zéro. Il est évident que le refroidissement sera d’autant plus considérable , toutes choses égales d’ailleurs, que le sel employé aura plus d’affinité pour l’eau.

150. Action du gaz oxigbne sur les sels. Les sels dont' l’acide et l’oxide sont au summum d’oxidation n’éprouvent aucune altération de la part de cet agent : parmi ceux qui ne sont pas dans ce cas , il en est qui l’absorbent. JJ air atmosphérique agit de la même manière.

151. Action hygrométrique de ïair à la température ordinaire. Indépendamment de l’action dont nous venons de parler , l’air en exerce une autre qu’il nous importe beaucoup de connaître. Les sels insolubles sont inaltérables à l’air ; ceux qui sont solubles et placés dans un air trèshumide, en attirent l’humidité, et passent à l’état liquide: on les appelle déliquescens. Si l’air dans lequel se trouvent les sels solubles est peu humide , il en est qui sont encore déliquescens ,• par exemple , ceux qui ont beaucoup d’affinité pour l’eau, d’autres qui n’éprouvent point d’altération , d’autres enfin qui perdent leur transparence , leur eau de cristallisation, et se transforment en une poudre blanche. Ces sels , que l’on appelle improprement Tescens , ont peu d’affinité pour l’eau , et n’ont presque pas de cohésion, ce qui explique leur grande solubilité. En général j les sels déliquescens ou efflorescens contiennent une très-grande quantité d’eau de cristallisation.

i5a. Action du caloiique sur les sels solides. Les sels efflorescens , et ceux qui sont tvès-déliquescens fondent dans leur eau de cristallisation lorsqu’on les chauffe : on dit alors qu’ils éprouvent la fusion aqueuse $ mais comme cette eau ne tarde pas à être entièrement volatilisée , ils se dessèchent ; si on continue à les chauffer, plusieurs d’entre eux sont de nouveau fondus par le feu : on désigne cette fusion sous le nom d 'ignée. Les sels qui ne sont ni efflo-

î> R £ M ï È RÊ PÀfcTIE.

iga

rescens ni déliqueseens dans un air peu humide, et qui cependant contiennent un peu d’eau , décrépitent , pétillent, ou font entendre un bruit qüe l’on attribue à la vaporisation de l’eau , et à la séparation des petites molécules salines; il y a cependant quelques sels qui décrépitent et qui ne contiennent pas d’eau : tel est , par exemple , le sulfate de deutoxide de potassium : dans ce cas la décrépitation doit être attribuée à la séparation brusque des molécules opérée par le calorique. Plusieurs de ces sels peuvent éprouver après la fusion ignée. Il existe des sels qui peuvent être fortement chauffés sans éprouver la moindre décomposition et qui ne se volatilisent que très - difficilement ; d’autres qui sont volatils et qui ne tardent pas à se sublimer ; enfin d’autres qui se décomposent avant ou après avoir éprouvé l’une ou l’autre des fusions dont nous avons parlé.

i53. Action du fluide électrique sur les sels. Tous les sels peuvent être décomposés par le courant de fluide électrique qui se produit dans la pile de Volta , pourvu qu’ils soient humides ou dissous ; mais tous ne donnent pas les mêmes produits. Quelquefois l’oxide métallique est attiré par le pôle résineux ou négatif, et l’acide par le pôle vitré ou positif ; mais le plus souvent le métal seul se porte su? le pôle résineux , et l’oxigène et l’acide sur le pôle vitré : dans ce cas si le métal que l’on doit obtenir a de la tendance à s’amalgamer avec le mercure , on favorise singulièrement la décomposition du sel en le mettant en contact avec ce métal. Dans quelques circonstances , très-rares à la vérité , les acides et les bases sont décomposés. L’eau qui humectait les sels ou qui les tenait en dissolution, est également décomposée ; l’hydrogène est attiré par le pôle résineux et l’oxigène par le pôle vitré.

La décomposition par le fluide électrique peut s’opérer sans que les fils de la pile soient en contact avec le sel ; ainsi ,qua

DES SELS. ig3

l’on introduise une dissolution de sulfate de potasse (i) dans un vase; quel’onfasse communiquer ce liquide, à l’aide de deux fils d’amiante , avec de l’eau contenue dans deux tubes de verre placés aux parties latérales et à une certaine distance du vase où se trouve le sulfate de potasse ; que l’on soumette l’eau des deux tubes à l’action de la pile de Volta , de manière à ce qu’elle soit en contact , d’un côté avec le pôle vitré, et de l’autre avec le pôle résineux, ou observera au bout de quelque temps que cette dernière contient de la potasse , tandis que l’autre renfermé de l’acide sulfurique. Pour que cette expérience réussisse il faut que le niveau de l’eau dans les deux tubes soit au-dessus du niveau de la dissolution de sulfate de potasse,

i54* Action de la lumière et du fluide magnétique. La lumière n’agit que sur quelques sels de la cinquième et de la sixième section dont elle change la couleur. L’action du barreau aimanté est nulle.

155. Action des corps simples non métalliques. Plusieurs d’entre eux peuvent décomposer un très-grand nombre de sels à l’aide de la chaleur ; mais en général ils agissent peu sur leurs dissolutions.

156. Action des acides sur les sels. Les sels peuvent être décomposés par certains acides, à des températures variables : tantôt l’acide s’empare en totalité de l’oxide métallique , et forme un nouveau sel ; alors l’acide du sel décomposé se dégage à l’état de gaz , ou reste dissous , ou se précipite , suivant qu’il est gazeux , liquide ou solide , et qu’il est plus ou moins soluble dans l’eau ; tantôt l’acide décomposant ne s’empare que d’une portion d’oxide :

(r) Nous emploierons souvent les mots chaux, baryte , stron ■= tiane , potasse et soude , comme synonymes d’oxide de calcium , de protoxide de barium , d’oxide de strontium , et des deu-ioxides de potassium et de sodium.

;ere partie»

alors on obtient deux sels ; tantôt enfin il y a décomposition de l’acide décomposant et de l’oxide du sel; c’est ce qui arrive lorsqu’on verse les acides hydro-sulfurique et hydriodique dans certaines dissolutions salines : éclaircissons ce dernier fait par un exemple : supposons que l’on verse de l’acide hydro-sulfurique dans une dissolution de nitrate de protoxide de plomb ; nous pouvons représenter ce sel par

Acide nitrique. + (oxigène + plomb), et l’acide hydro-sulfurique ,

par . . ... hydrogène -j- soufre.

eau. sulfure de plomb.

L’hydrogène de l’acide hydro-sulfurique forme de l’eau ayec l’oxigène du protoxide def plomb, tandis que le soufre s’unit avec le plomb et donne naissance à un sulfure insoluble.

L’acide sulfurique décompose en totalité ou en partie tous les sels connus , excepté les sulfates ; quant aux autres acides , nous ne pouvons rien dire de général ; il en est qui décomposent certains sels et qui ne peuvent pas en décomposer d’autres.

Presque tous les sels insolubles dans l’eau peuvent se dissoudre dans les acides nitrique , hydro-chlorique , etc. ; ce-; pendant dans la plupart des cas , la dissolution ne s’opère que parce qu’il y a décomposition du sel ; nous citerons fieux exemples pour éclaircir ce fait : le carbonate de diaux ne se dissout dans l’acide nitrique qu’après avoir été décomposé et transformé en nitrate de chaux soluble ; le, phosphate de chaux se dissout également dans le même acide , après avoir été changé en phosphate acide de chaux et en nitrate , tous les deux solubles dans l’eau.

157. Action de l'ammoniaque sur les sels. L'ammoniaque décompose en totalité ou en partie tous les sels

formés par les métaux de la première et des quatre dernières classes ; elle s’empare de l’acide avec lequel elle forme un sel soluble, tandis qüe l’oxide métallique est précipité 5 souvent cet Oxide est rëdîssous par un excès d’ammoniaque , et il se produit alors un sel double soluble 5 quelquefois aussi on obtient un sel double insoluble.

i58. Action des métaux sur les sels desséchés . Cette action est trop variée pour pouvoir être détaillée dans les généralités. Si le métal et le sel appartiennent à l’uné des quatre dernières classes , et qüe le sel soit en dissolution , il arrive souvent qu’il est décompose , par exemple , lorsque le métal dont on sè sert n’a pas beaucoup dé cohésion, et qu’il a plus d’affinité pour l’oxigèae et pour l’acide que n’en a celui qui entre dans la composition du sel ; alors le métal de la dissolution est précipité , et le métal précipitant forme avec l’oxigène et avec l’acide un nouveau sel métallique ; tantôt le métal précipité sè dépose seul sous la forme d’une poudre terne , ou de cristaux briïians ; tantôt il s’unit au métal précipitant , et produit quelquefois [ des cristallisations métalliques plus oü moins belles ; tantôt enfin il se combine avec l’hydrogène dè Y eau de la dissolution, ou avec l’oxigène de l’acide : nous reviendrons sur ces divers phénomènes eu faisant l’histoire particulière des 'sels.

x 5g. Action des oxides métalliques ou des bases. Les Sels peuvent être décomposés par certains oxides à dés températures variables; tantôt l’oxide décomposant s’empare en totalité de l’acide , et il en résulté un nouveau sel ; alors l’oxidedu sel décomposé se précipite, OU reste eU dissolution, ou se volatilise ; tantôt il ne s’en empare qu’en partie et il se forme un sel double ou à double oxide. Il n existe pas un seul oxide qui puisse décomposer tous les sels , en sorte qu’011 ne peut établir rien- de général à cet égard.

160. Action des sels Solubles * les uns sut les autres „ Toutes les fete qu’on met ensemble déux sels dissôüs , et*

19$ Première ïartiè.

que css sels renferment les élémens capables de donner naissance à un sel soluble et à un sel insoluble , ou bien à deux sels insolubles , leur décomposition a nécessairement lieu , à moins qu’il ne puisse se! former un sel double; on observe le même phénomène s’il peut se produire un sel soluble et un corps insoluble qui ne soit pas un sel; ce fait, dont nous devons la découverte à M. Berthollet , est de la plus haute importance ; l’art de formuler peut en tirer de grands avantages ; ainsi l’on se gardera bien de prescrire ensemble de Y hydro-chlorate de baryte ( muriate) et un sulfate soluble , par exemple , celui de soude , car les deux sels seraient décomposés et transformés en sulfate de baryte insoluble , et en hydro-chlorate de soude soluble ; la même décomposition aurait lieu si l’ori prescrivait à-la-fois Y acétate de plomb ( sel de Saturne ) et un sulfate soluble, ou bien le nitrate d’ argent et un hydro-chlorate soluble , par exemple , celui de potasse ( muriate de potasse ).

Si les deux sels solubles que l’on a mêlés ne sont pas de nature à pouvoir donner un sel soluble et un sel insoluble , la dissolution n’est pas troublée ; il peut même arriver qu’il n’y ait eu aucune décomposition. Si l’on évapore la liqueur, il se forme des cristaux, ou il se dépose un précipité, et si on continue à évaporer, on obtient encore des cristaux qui peuvent être d’une autre nature que les premiers ; la même chose a Heu si on pousse encore plus loin l’évaporation : dans ces cas , les deux sels peuvent finir par se décomposer : ainsi , par exemple ,■ que l’on mêle parties égales de sulfate de potasse et d'hydro-chlorate de magnésie en dissolution , la liqueur ne se troublera pas ; si l’on fait évaporer , il se déposera d’abord des cristaux de sulfate de potasse ; en continuant l’évaporation on obtiendra de l’hydro-chlorate de potasse , du sulfate de potasse, et du sulfate de potasse et de magnésie ; enfin 5 si l’on continue à faire évaporer , il

se formera de l’hydro-cblGrate de potasse et du sulfate de magnésie , et l’eau mère contiendra un peu de chaque sel. Ce fait et une multitude d’autres que nous passons sous silence , nous permettent d’affirmer que les phénomènes que présentent les deux sels solubles , dans ce cas particulier , varient suivant la concentration de la liqueur , les proportions dans lesquelles les sels sont mêlés , et l’action qu’ils exercent entre eux.

i6z. diction des sels solubles sur les sels insolubles. Toutes les fois qu’un sel soluble et un sel insoluble renferment les élémens propres à donner naissance à deux sels insolubles , la décomposition est forcée.

Tous les sels insolubles récemment précipités , ou réduits en poudre impalpable , sont en partie décomposés par les carbonates , ou les sous-carbonates de potasse ou de soude dissous dans l’eau , pourvu qu’on fasse bouillir le mélange pendant une heure : ainsi le sulfate de baryte , sel très-insoluble , sera décomposé par le sous-carbonate de potasse , et il en résultera du sous-carbonate de baryte insoluble et du sulfate de potasse soluble 5 mais on ne pourra jamais décomposer la totalité du sulfate de baryte employé.

162. Action des sels h Vétat solide tes uns sur les autres. Lorsqu’on chauffe ensemble deux sels , dont les élémens peuvent donner lieu à un sel fixe et à un sel volatil » la décomposition est forcée ; ainsi . par exemple , l’bydrochlorate d’ammoniaque et le sous-carbonate de ebaux se transforment , à une température élevée , en sous-carbonate d’ammoniaque volatil , et en bydro - chlorate de chaux fixe (1)5 cette décomposition a même lieu dans le cas où il peut se former un ou deuxsels fusibles.

Après avoir examiné l’action des divers agens étudiés jusqu’ici sur les sels en général , nous devons faire connaître la

(1) Celui-ci passe à l’état de chlorure lorsqu’il a été fondit.

'ïgS PREMIÈRE PARTIE,

marche que nous nous proposons de suivre dans leur histoire particulière. On a remarqué depuis long-temps que les sels formés par un même acide jouissaient d’un certain nombre de propriétés communes , et pouvaient former un groupe plus ou moins naturel auquel on a donné le nom de genre. Nous allons exposer succinctement les caractères de chacun de ces groupes , avant de parler de chaque sel en particulier.

Caractères du genre sous-borale.

Soumis à l’action du calorique , la majeure partie des sous-borates fondent et se vitrifient sans se décomposer. I! en est un certain nombre dont l’oxide se décompose : tels sont ceux de la sixième classe et celui de mercure. L’action de Veau sur les sous-borates varie ; mais ils sont en général peu solubles. Tous les acides précédemment étudiés , excepté les acides carbonique et borique , et peutêtre l’acide chîorêux décomposent les sous-borates à la température de l’ébullition ; l’acide employé s’empare de l’oxide du borate , et l’acide borique est mis à nu ; si le borate est soluble dans l’eau, on verse l’acide décomposant sur le solutum , et l’on obtient des écailles d’acide borique ; si le borate est peu soluble , on le réduit en poudre et on le traite par l’acide étendu d’eau. A une température rouge , les borates ne sont décomposés que par les acides fixes , tels que l’acide phosphorique.

Caractères du genre sous-carbonate.

Tous les sous-carbonates sont décomposés par le feu.., excepté trois , ceux de potasse , de soude et de baryte , donton peut obtenir la décompositionparlefeu au moyen de la vapeur del’eau ; les produits que l’on obtient sont , le gaz acide carbonique, le métal ou l’oxide métallique, ou bien cet oxide , du gaz oxide de carbone et de l’oxigène. Tous les

DES SELS. igg

sous-carbonates sont insolubles dans Veau , excepté ceux de potasse , de soude et d’ammoniaque 5 plusieurs de ceux qui sont insolubles dans l’eau se dissolvent dans l’acide carbonique liquide. Tous les acides contenant de l’eau décomposent les carbonates à froid , et en dégagent le gaz acide carbonique avec effervescence et sans vapeur (1). Les sous-carbonates insolubles sont tous décomposés à chaud par les sels à base de potasse ou de soude dont l’acide peut former un sel insoluble avec la base de ces carbonates : citons pour exemple le sous-carbonate de baryte et le sulfate de potasse; il se forme dans ce cas du sulfate de baryte insoluble et du sous-carbonate de potasse soluble , mais cette décomposition n’est pas complète. ( M. Dulorig. )

Caractères du genre sous-phosphate.

Les phosphates se comportent au feu comme les borates. Si l’on chauffe ceux des quatre dernières classes avec du charbon , ils sont décomposés ; l’oxigène de l’acide et celui de l’oxide transforment le charbon en gaz acide carbonique , ou en gaz oxide de carbone , et il se forme un ph'osphure métallique ; ceux des deux premières classes , dont les oxides ne sont pas réductibles par le charbon , ne se décomposent pas en totalité; il n’y a qu’une partie de l’acide qui cède son oxigène au charbon. On ignore quelle est l’action des autres corps simples sur les phosphatés. U eau ne dissout facilement que les phosphates de potasse, de soude et d’ammoniaque ; mais l’acide phosphorique dissout tous les phosphates insolubles. Presque tous les acides forts ont la propriété de transformer les phosphates en phosphates acides , en se combinant avec une portion dé leur ôxidë ; quélques-

(1) Quelquefois on observe une légère vapeur formée par l’acide qui décompose le carbonate.

200 TREMIÈRE PARTIE.

uns des ces acides peuvent même enlever tout l’oxide à certains phosphates. L’acide nitrique dissout presque tous les phosphates insolubles, après les avoir décomposés, ( Voyez pag, 194. )

Caractères du genre phosphite et hypo-plïosphite.

Les phosphites, exposés à Faction d’une température élevée, se décomposent et donnent du gaz hydrogène phosphore, un peu de phosphore qui se sublime, et de l’acide phosphorique. Ils sont ou solubles ou insolubles dans F eau.

Les hypo-phosphites fournissent les mêmes produits-, lorsqu’on les chauffe; mais ils sont remarquables par leur extrême solubilité dans l’eau.

Caractères du genre sulfate.

Soumis à Faction du calorique les sulfates se comportent d’une manière variable ; ceux de la seconde classe et celui de magnésie ne se décomposent pas ; tous les autres, se décomposent et se transforment en acide sulfurique et en oxide , ou en acide sulfureux, en oxigène et en oxide , ou bien en acide sulfureux et en oxide plus oxidé; quelquefois aussi l’oxide est entièrement réduit. Le carbone et l’ hydrogène enlèvent l’oxigène à l’acide de tous les sulfates à une température élevée ; ils s’emparent en outre de Foxigène des oxides des sulfates des quatre dernières classes 5 le soufre résultant de la décomposition de l’acide s’unit quelquefois au métal misa nu comme , par exemple, dans les sulfates des quatre dernières classes ; il se combine au contraire avec l’oxide si le sulfate appartient à la deuxième classe, tandis cru’il reste mêlé avec l oxide des sulfates de la première sec-, lion , si toutefois on en excepte la magnésie , avec laquelle il peut former un oxide sulfuré. Tous les sulfates sont solubles dans Veau , excepté ceux de baryte, d’étain , d’antimoine ,

de plomb , de mercure et de bismuth , qui sont insolubles , et ceux de strontiane , de chaux , de zircone , d’yttria , de cérium et d’argent , qui sont peu solubles. Tous les sulfates sensiblement solubles sont troublés par le protoxide de barium (baryte) dissous dans l’eau ; le précipité est insoluble dans l’eau et dans l’acide nitrique pur. Aucun sulfate n’est complètement décomposé à la température ordinaire par les acides , excepté le sulfate d’argent, qui l’est par l’acide hydro-chlorique. Les acides phosphorique et borique solides peuvent au contraire les décomposer tous à une chaleur rouge et former des phosphates et des borates.

Caractères du genre sulfite.

Tous les sulfites sont décomposés au feu; la plupart d’ entre eux se convertissent en acide sulfureux et en oxide métallique ou en métal ; ceux de la seconde classe et celui de magnésie se transforment en sulfate, et il se volatilise du soufre. Les sulfites exposés à l’air en attirent l’oxigène, et passent à l’état de sulfate d’autant plus promptement , toutes choses égales d’ailleurs, qu’ils sont plus solubles dans l’eau et plus divisés. Il n’y a guère que les sulfites de potasse, de soude et d’ammoniaque qui soient très-solubles dans M eau. Les sulfites sont décomposés avec effervescence par un grand nombre d’acides, tels que les acides sulfurique, hydro-chlorique , etc. , et il se dégage du gaz acide sulfureux dont l’odeur est caractéristique. Plusieurs sulfites peuvent se combiner avec le soufre très-divisé et donner naissance à des sulfites sulfurés.

Sulfites sulfurés.

Les sulfites sulfurés sont aussi décomposés par le feu ; Voir ne les transforme en sulfates qu’avec la plus grande

difficulté. Veau ne dissout guère que ceux de potasse , de soude et d’ammoniaque 5 les autres se dissolvent dans un excès d’acide sulfureux et peuvent même cristalliser. Ils sont décomposés par les acides qui décomposent les sulfites, et il se forme, outre le gaz acidé sulfureux qui se dégage, un dépôt de soufre et un nouveau sel.

Caractères du genre iodate.

Tous les iodates sont décomposés à une chaleur rouge obscure ; il n’y en a qu’un très-petit nombre qui fusent sur les charbons ardens. Ils sont en général peu solubles dans Veau. Les acides sulfureux et hydro-sulfurique les décomposent, s’emparent de l’oxigènede l’acide iodique et en séparent l’iode.

Caractères du genre chlorate.

Tous les chlorates sont décomposés par le feu et transformés en gaz oxigène et en sous-chlorure métallique, ou en gaz oxigène et en chlorure métallique , plus une portion d’oxide du chlorate : il est évident que dans cette décomposition l’oxigène provient et de l’acide chlorique et de l’oxide métallique. La plupart des chlorates étudiés jusqu’à présent fusent sur les charbons ardens , et produisent une flamme d’une couleur variable; l’acide chlorique dans ce cas cède de l’oxigène au charbon. Mêlés avec des substances avides d’ oxigène, telles que le charbon , lé phosphore , le soufre , les sulfures d’antimoine , d’arsenic , etc. ^certains chlorates, et principalement celui de potasse , forment des poudres que l’on désigne sous le nom de fulminantes , qui détonnent toutes avec plus ou moins de violence par l’action de la chaleur, et que le choc seul suffit le plus souvent pour enflammer : la plus forte de toutes ces poudres est sans contredit celle que l’on fait. avec le phosphore. On emploie généralement pour les*

préparer 3 parties de chlorate et une partie du corps avide d’oxigène 5 on triture ces matières séparément pour ne pas courir le risque de produire la détonnation par le choc du pilon 5 ensuite on les mêle(i) 5 l’acide chlorique des chlorates se décompose lorsque la température du mélange est un tant soit peu élevée , cède son oxigène au corps avec lequel il est uni , et il en résulte des produits qui varient suivant la nature de ce corps , mais qui , en général , sont solides et gazeux , ce qui explique la détonnation. Tous les chlorates connus sont solubles dans l’eau , excepté le proto-chlorate de mercure. Les acides forts paraissent pouvoir les décomposer tous , mais à des températures diverses et avec des phénomènes variables.

Caractères du genre nitrate.

Soumis à l’action du calorique , tous les nitrates sont décomposés : tantôt on obtient l’oxide et l’acide nitrique ; tantôt l’oxide et les élémens de l’acide 5 tantôt enfin l’oxide peu oxidé du nitrate absorbe une certaine quantité d’ oxigène à l’acide nitrique et s’oxide davantage. Mis sur les charbons ardens , les nitrates fusent , et f oxigène de l’acide est absorbé par le charbon. La plupart des corps simples et plusieurs corps composés avides d’oxigène , décomposent les nitrates à une température élevée , s’emparent de l’oxigène de l’acide , et donnent lieu à des produits variables 5 en général , l’absorption de l’oxigène a lieu avec dégagement de calorique et de lumière. L’eau dissout tous les nitrates 5 quelques-uns cependant ne se dissolvent que dans un excès d’acide. JJ acide sulfurique décompose com-

(1) Pour faire la. poudre à base de phosphore, on prend le phosphore pulvérisé (voyez §. 48)-, on le recouvre dresse ace de térébenthine, et on. le mêle avec le chlorate.

plètement tous les nitrates à froid , et il se dégage de trèslégères vapeurs blanches d’acide nitrique , si le nitrate est pur. Les acides phosphorique , fluorique et arsenique opèrent également cette décomposition à des températures différentes ; enfin l’acide hydro-chlorique ne les décompose qu’en partie et forme de l’eau régale. ( Voyez § i3i.)

Caractères du genre nitrite .

Tous les nitrites sont décomposés par le feu et donnent des produits variables. L’air atmosphérique n’agit pas sur eux à la température ordinaire ; il parait au contraire les transformer en nitrate et en sous-nitrate si on les chauffe. Tous les nitrites connus sont solubles dans Veau. Plusieurs acides liquidas décomposent les nitrites , et en dégagent du gaz acide nitreux jaune orangé : tels sont les acides sulfurique , nitrique , phosphorique , hydro-chlorique , hydro-phtorique , etc. Les corps simples et composés avides d’oxigène agissent sur les nitrites comme sur les nitrates.

Caractères du genre hydro-chlorate.

Il existe un certain nombre d’hydro-chlorates décomposables par le feu en oxide et en acide hydro-chlorique, et qui , par conséquent , ne se transforment pas en chlorures lorsqu’on les chauffe : nous citerons pour exemple l’hydro-chlorate de magnésie. Tous les autres passent à l’état de chlorure lorsqu’on les chauffe fortement ; plusieurs de ces chlorures sont volatils. Enfin , suivant M. Gay- Lussac , il en est qu’il suffit de faire cristalliser pour les changer en chlorures : tels sont les hydro-chlorates de baryte , de potasse et de soude ; nous les regarderons cependant comme des hydro-chlorates tant qu’ils n’auront pas été fortement chauffés. Voici comment on peut concevoir

la formation d’un de ces chlorures : on peut représenter un hydro-chlorate par

hydrogène -f- chlore ( acide), et par . . . . oxigène + métal ( oxide ).

eau. chlorure métallique.

A mesure que l’on dessèche le sel , l’hydrogène de l’acide hydro-chlorique s’unit avecl’oxigène de l’oxide pour former de l’eau qui se vaporise, et le chlore se combine avec le métal.

L’action des corps simples sur les hydro-chlorates est trop variée pour pouvoir être exposée d’une manière générale. U eau dissout tous les hydro-chlorates ; les chlorures d’argent, les proto - chlorures de mercure et de cuivre , que l’on a regardés jusqu’à présent comme des muriates et qui sont insolubles dans ce liquide , ne sont pas de véritables sels. Les hydro-chlorates de bismuth , d’antimoine , de tellure , etc. , sont décomposés par l’eau. Les acides privés d’eau n’altèrent aucun hydro-chlorate solide ; plusieurs acides liquides les décomposent au contraire , s’emparent de l’oxide , et le gaz acide hydro-chlorique se dégage sous la forme de vapeurs blanches assez épaisses , d’une odeur piquante : tel est l’acide sulfurique, par exemple. Tous les hydro-chlorates liquides sont décomposés à froid par la dissolution du nitrate d’argent , sel formé , comme son nom l’indique , d’oxide d’argent et d’acide nitrique; il en résulte un nitrate soluble, et du chlorure d’argent ( muriate d’argent ) blanc , caillebotté , lourd , noircissant à la lumière, insoluble dans l’eau, dans l’acide nitrique, et soluble dans l’ammoniaque. Nous allons exposer la théorie de ce phénomène, l’un des plus importans de l’his-

âOÔ PREMIÈRE PÂRÏIE.

toire de ce genre de sels. On peut représenter l’hydrochlorate par

(hydrogène -h chlore) <4- base,

et le nitrate

d’arg. par (oxigène 4* argent) 4- acide nitrique.

eau . chlorure d’arg. nitrate de la base de

' ~ “ ~ " l’hydro-chlorate.

Les deux sels solubles mêlés peuvent donner naissance à un sel soluble et à un corps insoluble : la décomposition est donc forcée ( voyez § 160 ) ; l’hydrogène de l’acide hydrochlorique sé combine avec l’oxigène de l’ oxide pour former de l’eau , tandis que l’argent s’unit avec le chlore et donne naissance au chlorure insoluble 5 il est évident que l’acide nitrique doit se porter sur la base de l’hydro-chlorate : c’est en vertu de ces affinités et de la cohésion du chlorure d’argent que la décomposition a lieu.

Caractères du genre hydriodate.

Les hydriodates se comportent an feu, suivant M. Gay- Lussac , comme les hydro-chlorates. Tous les hydriodates formés par les métaux qui décomposent l’eau , paraissent être solubles ; les autres paraissent insolubles 5 mais comme ces derniers sont considérés par M. Gay-Lussac comme des1 iodures , on pourrait dire qu’il n’y a point d’hydriodaie insoluble. Le chlore décompose tous les hydriodates , s’empare de l’hydrogène de l’acide , et met l’iode à nu. Les acides sulfurique et nitrique opèrent aussi cette décomposition. Le nitrate d’argent précipite tous les hydriodates eu blanc; mais le précipité, composé d’iode et d’argent-, est insoluble dans l’ammoniaque. Tous les hydriodates dissolvent l’iode, se colorent en rouge brun et passent à l’état d’hydriodatesdodurés.

BE5 HYDïlIODATES.

Hydriodates iodurés.

Ces sels, d’un rouge brun, ne retiennent l’iode qu’avec peu de force ; ils l’abandonnent par l’ébullition et par leur exposition à l’air quand ils sont desséchés; l’iode n’altère point leur neutralité.

[Caractères du genre hydro-sulfate ( hydro-sulfure ).

Soumis à l’action du calorique , tous les hydro-sulfates sont décomposés et donnent des produits qui varient suivant la nature de l’oxide. Il n’y a que ceux formés par les oxides de la seconde classe , celui de magnésie et celui d’ammoniaque qui soient solubles dans Veau. Le soufre, surtoutà l’aide de la chaleur, peut se combiner avec plusieurs hydrosulfates et former des hydio-sulfates sulfurés. Tous les hydro-sulfates solubles dans l’eau sont décomposés, et transformés en hydro-chlorates par le chlore qui s’empare de l’hydrogène de l’acide hydro-sulfurique et précipite le soufre. L 'air atmosphérique décompose les hydro-sulfates ; son action est surtout très - marquée sur ceux qui sont dissous. Théorie. L’oxigène commence par s’emparer d’une portion d’hydrogène pour former de l’eau , alors le soufre se trouve prédominer , et l’hydro-sulfate passe à l’état d’hydro-suîfate sulfuré jaune soluble ; bientôt après l’oxigène se porte nonseulement sur l’hydrogène, mais encore sur le soufre, et il se forme, outre l’eau, de l’acide sulfureux qui, en se combinant avec du soufre et une portion de la base de l’hydrcsulfate, donne un sulfite sulfuré incolore , qui reste en dissolution s’il est soluble dans l’eau, et qui cristallise ou se précipite s’il est peu soluble ; en sorte que l’hydro -sulfate qui d’abord avait jauni, est in colore lors que le sulfite sulfuré a été formé; il y a aussi une portion de soufre en excès qui se précipite. Tous les hydro-sulfates solubles sont dé composés par les acides un peu forts, qui s’emparent de la base

ûo8 première pArtié.'

et mettent à nu le gaz acide hydro-sulfurique , sans précipiter du soufre 5 les acides nitrique et nitreux employés en trop grande quantité pourraient cependant céder une portion de leur oxigène à l’hydrogène de l’acide hydro-sulfurique et enüdéposer du soufre. Les sels des deux premières classes, excepté ceux dezircone et d’alumine , n’exercent aucune action sur les hydrô-sulfates 5 tous les autres décomposent les hydro-sulfates solubles , donnent des produits divers, et il se forme constamment un précipité blanc ou coloré, qui est tantôt un hydro-suif até plus ou moins sulfuré , tantôt un sulfure. Examinons d’abord le cas le plus simple , celui dans lequel il y a formation d’un hydrosulfate insoluble. On peut représenter les deux sels par acide hydro-sulfurique -J- potasse,

oxide de zinc + acide nitrique.

hydro-sulfaté de zinc insoh nitrate de potasse sol.

Il est évident qu’il y a ici échange de base et d’acide , par cela même que ces deux sels solubles mêlés peuvent donner naissancëàun sel soluble et à un sel insoluble ( voy.§ i6o)y quelquefois l’hydro-sulfate précipité contient un excès de soufre. Examinons maintenant le cas le plus compliqué, celui où le précipité êst un sulfure. Nous pouvons représenter les deux sels par

(hydrogène -}- soufre) -f- potasse.

( oxigène -f- cuivre ) -f- acide nitrique.

eau. sulfure de cuivre. nitrate de potasse.

On voit que l’acide nitrique du nitrate de cuivre s’empare de la potasse , tandis que l’acide hydro-sulfurique et l’oxide de cuivre mis à nu se décomposent mutuellement ; l’hydrogène du premier forme de l’eau avec l’oxigèue du second et le soufre s’unit au cuivre.

UE 3 HŸDRO-StlLFlTES.

Éù§

Hydro-sulfates sulfurés.

Les hydro-sulfates sulfurés qui contiennent beaucoup de eoufre, ont été appelés à tort sulfures hydrogènes $ ils ont une couleur jaune beaucoup plus foncée que ceux qui renferment peu de soufre. Tous les hydro-sulfates sulfurés sont décomposés avec effervescence par les acides un peu forts ; il se dégage du gaz acide hydro-sulfurique et il se précipite du soufre mêlé quelquefois d’hydrure de soufre. L’acide hydrosulfurique dissous dans l’eau (hydrogène sulfuré) jouit également de la propriété de décomposer ces corps ; il en précipite du soufré et les change en véritables hydro-sulfates.

Caractères du genre kydro-plitorate.

M. Davy regarde les corps qüe l’on a appelés jusqu’à présent fluàtes privés d’eau , comme des composés de phtotë et d’ün métal ; il ne les considère donc plus comme des sels 5 vient-on à dissoudre dans l’eau ceux dê ces phtorures qui y sont solubles , le liquide est décomposé comme par les chlorures , et il se produit de l’acide hydro-phtorique et un oxide métallique qui se combinent et forment un véritable sel. (Voyez Action de T eau sur les chlorures, pag. i83.) Quoi qu’il en sojt, nous allons exposer les caractères des phtorures et des hydro-phtorates.

Les phtorures ( fluales anhydres ou secs ) sont indécomposables par le feu ; quelques-uns d’entre eux peuvent être décomposés s’ils sont humides , phénomène qui dépend de ce que l’eau est également décomposée; en effet, l’hydrogène se combine avec le phtore pour former de l’acide hydro-phtOL rique , tandis que l’oxigène se porte sur le métal et l’oxide. L’acide borique 'vitrifié est le seul , parmi ceux qui ne contiennent pas d’eau, susceptible de décomposer les phtorures 2, *4

à une température élevée ; mais il se décompose lui-même; le bore et le pbtore s’unissent pour former de l’acide phtoro-borique ( fluo-borique. Voy. page 177 ) , tandis que Foxigène de l’acide borique se combine avec lé métal qui entre dans la composition dupktorure (Sua te sec);. Les acides sulfurique , phospkorïque et arsénique contenant de l’eau , décomposent les phtorures (Huâtes secs); il se dégage de l’acide hydro-pbtorique sous la forme de vapeurs blanches , piquantes , ayant de T action sur le verre ; on voit que dans ce cas l’eau de l’acide employé est décomposée , son hydrogène transforme le phtore en acide hydro-ph torique Foxigène oxide le métal , et l’oxide formé se combine avee l’acide sulfurique , phosphorique ou arsénique.

On ne connaît que quatre hydro - phlorates neutres (fluates) solubles dans l’eau , ceux de potasse 7 de soudey d’ammoniaque et d’argent ; les autres se dissolvent dans un excès d’acide. Les hydro-phtorates solubles décomposent tous les sels calcaires et les précipitent en blane ; le précipité , regardé jusqu’à présent comme du fluate de chaux , esf du phtorure de calcium. On peut concevoir sa formation en représentant l’hydro-phtorate , que nous supposons être celui de potasse , par

( hydrogène pbtore ) -f- potasse.

®t le sel calcaire , par . . . oxigène -f- calcium + acide.

eau. phtorure de sel depo*

ealcium. tasse.

L’acide du sel calcaire se combine avec la potasse pour former mi sel soluble , tandis que l’oxigène de l’oxide s’unit à l’hydrogène , elle calcium au pbtore; ce caractère peut servir à distinguer les bydro-pbtorates des hydro-clorates.

Les bydro-pbtorates sont décomposés par les acides sulfurique , phosphorique et arsénique , qui s’emparent de l’oxide et mettent l’acide à ntt.

DES Mt TAUX.

2ir

On n’a pas encore assez de données pour établir les caractères du genre phtoro-borates ( fluo-borates. )

Des Métaux de la première classe.

Ces métaux , au nombre de six , ne sont encore admis que par analogie ; ils ont une telle affinité pour l’oxigène qu’il a été impossible de décomposer leurs oxides. Les travaux de MM. Davy , Berzelius , Stromeyer et Clarke nous permettent de soupçonner que l’on peut en obtenir deux , le silicium et le magnésium. Mais en attendant que de nouvelles expériences confirment ces résultats , nous continuerons à les ranger dans la classe de ceux que l’on n’a pas pu séparer de leurs oxides.

Des Oxides de la première classe.

Ces oxides , au nombre de six , la silice , la zircone , l’alumine, la glucine , l’yttria et la magnésie, sont désignés dans plusieurs ouvrages sous le nom de terres. Ils §ont tous solides , insipides , insolubles ou presqu’insolubîes dans l’eau , et sans action sur Yinfusum de tournesol 5 ils ne verdissent pas le sirop de violette , si toutefois l’on en excepte l’oxide de magnésium ( magnésie ). Ils ont beaucoup moins d’affinité pour la plupart des acides que les oxides de la seconde classe ; la magnésie en a plus qu’aucun des autres ; la glucine et l’yttria paraissent devoir occuper le deuxième et le troisième rang 5 mais on a faitfort peu d’expériences sur cet objet.

Des Sels de la première classe.

Ils sont tous décomposés par les oxides de la seconde classe ; ils le sont en totalité ou en partie par Y ammoniaque liquide; le précipité est constamment formé par l’oxide de la première classe que l’acide a abandonné. Les sous - carbonates de potasse , de soude et d anime-

PREMIÈRE PARTIE, niaque pouvant donner lieu , avec les sels de cette classe, à un sel insoluble et à un sel soluble , les décomposent à laide de la chaleur et forment des précipités blancs qui sont des sous-carbonates d’alumine , de magnésie , de zircone , etc. ( Voyez § 160).

Du Silicium „

x63. Suivant M. Clarke, ce métal aurait été obtenu en fondant la silice au moyen du chalumeau à gaz de Brooks ; il aurait un grand éclat métallique , et il serait plus blanc que l’argent.

On a connu jusqu’à présent , sous le nom de gaz flua~ Tique silicé , un acide qui , suivant M. Davy , doit être regardé cômme formé de phtore et de silicium , et que l’on appelle aujourd’hui acide phtoro-silicique. Ce composé ne se trouve jamais dans la nature 5 il se présente sous la forme d’un gaz incolore , transparent , doué d’une odeur analogue à celle du gaz acide hydro - chlorique , d’une saveur, très-acide , rougissant Yinfusum de tournesol , et éteignant les corps enflammés ; sa pesanteur spécifique est de 3,574- U n’est pas décomposé parle calorique , ni par les corps simples précédemment étudiés. II répand des vapeurs blanches épaisses lorsqu’il est exposé à Y air. Y! eau peut en absorber a65 fois son volume ; mais elle le décompose et le transforme en hydro-phtorate acide de silice soluble , et en sous-hydro-phtorate insoluble , qui se précipite sous la forme de gelée 5 d’où il suit que l’eau est également décomposée 5 son hydrogène s’unit au phtore avec lequel il forme de l’acide hydro-phtorique , tandis que l’oxigène se combine avec le silicium qu’il fait passer à l’état de silice. L’acide phtoro-silicique , analysé par M. John Davy à l’époque où il était regardé comme composé de silice et d’acide fluorique , fournit 61, 4 de silice et 38,6 d’acide fluorique. Il n’a point d’usages.

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