‹ Élémens de chimie médicaleChapitre 60 sur 110 · Hydro - sulfate sulfuré d'ammoniaque ( liqueur · texte numérisé non relu

Hydro - sulfate sulfuré d'ammoniaque ( liqueur

ng8 PREMIÈRE PARTIE.

fumante de Royle ). Il est liquide , d’une couleur brune rougeâtre , d’une consistance presque sirupeuse , d’une saveur et d’une odeur désagréables. Mis en contact avec l’air ou avec le gaz oxigène sec ou humide , il répand des vapeurs blanches plus ou moins épaisses , tandis que ce phénomène n’a presque pas: lieu si on le place dans une cloche remplie de gaz hydrogène ou de gaz azote \ il parait donc que la formation de ces vapeurs dépend du gaz oxigène. On ignore commen t ce sel agit sur ces gaz : peut-être se transformet-il en sulfite d’ammoniaque. Il est employé comme réactif,

3ro. Hydro-phtorate d'ammoniaque ( fluate). On ne le trouve pas dans la nature \ il est excessivement soluble dans l’eau, difficile à cristalliser, et doué d’une saveur très-piquante. Lorsqu’on le chauffe , il passe à l’état d’hydrophtorate acide qui ne tarde pas à se volatiliser. Il est sans usages.

3 ii. Phtoro-borate d’ammoniaque {fîuo-borate ). On connaît trois espèces de ce sel ;t l’une solide , et les deux autres liquides : celles-ci Contiennent phis d’ammoniaque; aussi se solidifient-elles lorsqu’on vient à en dégager ce corps par l’action de la chaleur.

Des Métaux de la troisième classe.

Ces métaux , au nombre de quatre, savoir , le manganèse , le zinc , le fer et l’étain , décomposent, l’eau à une chaleur rouge*, les trois premiers la décomposent aussi à froid 5 la décomposition par le manganèse , à la tèmpérature ordinaire , est même assez rapide. Ils absorbent Yoxigène à toutes les températures , et donnent des oxides dont la couleur varie, et qui sont irréductibles par la chaleur de nos fourneaux. L’acide sulfurique concentré n’agit point sur eux à froid : mais si on élève la température , il se décompose en partie , leur cède une portion de son oxigène , passe à l’état de gaz acide sulfureux t et i’ oxide formé se combine

DES MÉTAUX DE LA TROISIÈME CLASSE.’ zgg

avec la portion d’acide sulfurique non décomposée. L’acide nitrique concentré agit rapidement sur tous les métaux de cette classe , se décompose en partie , les oxide , et dissout le plus souvent l’oxide formé. Pour concevoir ce qui se passe dans cette opération , on peut représenter l’acide nitrique par:

Acide nitrique -J- ( oxigène -f- gaz deutoxide d’azote ),

. ■ Zinc: ' ■ ; ■

Acide nitrique -j- oxide de zinc.

Le métal décompose une portion d’acide nitrique , s’empare de son oxigène, et l’oxide formé se combine avec l’acide nitrique non décomposé , tandis que !l e gaz deutoxide d’azote ( gaz nitreux ) provenant de la portion d’acide décomposée se dégagé, absorbe l’oxigène de f air , et passé à l’état de gaz acide nitreux jaune-orangé (vapeur nitreuse). Il arrive quelquefois que, l’oxide formé n’est pas susceptible de se combiner avec l’acide nitrique ; enfin , nous verrons dans les histoires particulières de ces métaux que , dans certaines circonstances , l’eau qui entre dans la composition de l’acide est également décomposée , et alors il se' produit du nitrate d’ammoniaque,. L’a.cide hjdro-chlorique lîquidedissout ces métaux après les avoir oxidés 5 en effet, l’eâuse décompose , son oxigène se combine avec le métal , et l’Hydrogène sè dégage. ■

Des Oxides de la troisième classe.

Ges oxides sont au nonabre de neuf : trois sont formés par le manganèse, un par le zinc, trois par le fer, et les deux autres par l’étain 5 ils sont tous solides , d’une couleur variable; ils sont insolubles, dan s l’eaü, sans action sur Vin~ füsum dé tournesol et sur. le sirop de violette. Ils sont tous

3o0 PREMIÈRE PARTÏr.

solubles dans la potasse ou dans la soudé , excepté ceux

de fer. L’action qu’ils exercent sur les acides varie.

Des Sels de la troisième classe.

Les sels solubles de cette classe sont tous précipités par la potasse , la soude et l’ammoniaque. Les hydro-sulfates solubles , etl’hydro-cyanate de potasse et de fer (prussiate de potasse et de fer) les précipitent également, et les précipités sont diversement colorés.

Du Manganèse.

3 12. Le manganèse n’a jamais été trouvé dans la nature à l’état natif; il y existe, i° combiné ' avec l’oxigènè; 2° avec l’ oxigène et Tacide 'carbonique ou l’acide phosphorique. Il est solide /d’une couleur blanchë jaunâtre , beaucoup plus brillante que celle du fer ; très-cassant., très-dur et grenu. Sa pesanteur spécifique est de 6,85.

Chauffé dans dés vaisseaux fermés , .le manganèse n’entre en fusion qu’a la température de i6o° du pyromètre de Wedgwood.. S’il a le contact de Y air ou du gaz oxigène , il s’oxide avec dégagement de calorique et de lumière , lance en tous sens des étincelles , et se transforme en deutoxide si la température est très-élevée. Ces gaz humides le font également passera l’état d’oxide à la température ordinaire, mais beaucoup plus lentement et sans dégagement sensible de calorique et de lumière.

TJ hydrogène, le bore et le carboné n’éxercent sur lui aucune action. Le phosphore peut se combiner avec lui à une température élevée , et donner un phosphure blanc, brillant , très-cassant, plus fusible que le manganèse , qui se transforme en phosphate lorsqu’on le fait chauffer avec du gaz oxigène ou de l’air. On ne parvient qu’avec la plus grande difficulté à combiner directement le soufre

B tf MINelKèSïi 3o l

srec le manganèse ; cependant il existe un sulfure de manganèse que l’on peut obtenir par un autre procédé. Ce sulfure est terne , insipide , plus fusible que le manganèse , inaltérable à l’air , indécomposable par la chaleur , à moins qu’il ne soit en contact avec l’air ou avec le gaz o xi gène 5 car alors il passe à l’état de sulfate ou de deutôxide, suivant qüe la température est plus ou moins élevée, et il se dégage du gaz acide sulfureux. Il est formé , suivant M. Yauquelin , de xoo parties de métal et dé 34,23 de soufre. On ignore comment Y iode agit sur ce métal. A

Chauffé et mis en contact avec du chlore gazeux , il l’absorbe , rougit , et se transforme en. chlorure de manganèse squammeux, brillant , composé de 100 parties de manganèse et de 85 de chlore , susceptible de décomposer l’eau , et de passer à l’état deproto-hydro-chlorate soluble. Le manganèse est sans action sur Y azote.

Il décompose Y eau à toutes les températures et s’oxide : la décomposition de ce liquide s’opère au bout de quelques minutes, même à froid, si le métal est finement pulvérisé. Il n’agit point sur le gaz oxide de carbone ; mais il enlève l’ôxigène au protoxide d’azote , et il exerce probablement la même action sur le deutôxide d’a? zote. Il ne paraît point décomposer l’acide borique. On ignore comment il agit sur le gaz acide carbonique ,* il s’empare de l’oxigène de l’acide phosphoiiquë à une température élevée. Il ne décompose l’acide sulfurique concentré qu’à l’aide de la chaleur 5 et il en résulte du gaz acide sulfureux et du proto-sulfate de manganèse. On obtient le même sulfate en employant l’acide sulfurique affaibli 5 mais dans ce cas l’eau est décomposée , et par conséquent il y a dégagement de gaz hydrogène. On ignore comment les acides sulfureux , iodique et chlorique agissent sur ce métal ; l’acide nitrique est en partie décomposé par lui , et le transforme eu protoxide qui se dissout dans la portion

3 02 PREMtiE.E PARTIE.

d’acide non décomposée. Le gaz acide hydfo-cKtorîqué est également décomposé par ce métal à une température élevée; ilse forme du chlorure de manganèse, et l’hydrogène est mis à nu. Si l’acide est dissous dans l’eau , celle-ci est décomposée ; le métal s’ oxide pour sé dissoudre dans l’acide, et l’hydrogène se dégage à l’état de gaz. Le manganèse est sans usages.

Des Oxides de Manganèse*

On connaît trois oxides de manganèse.

3i3. Protoxide. Il est le produit de l’art; il est vert quand il est sec, mais il ne tarde pas à passer au brun; sa couleur est blanche lorsqu’il est uni à l’eau ; il absorbe facilement le gaz oxigène et brünit ; on peut le réduire en oxigène et en manganèse au moyen du chalumeau à gaz deBrooks (Clarke ). Il se dissout dans les acides sulfurique, nitrique et hydro-chlorique , et forme des sels. Il est composé, suivant M. Berzelius , de 100 parties de métal et de 28,1077 d’oxigène. Il n’a point d’usages ;

34. Deutoxide. On ne le trouvé pas dans la nature; il est d’un rouge bran , décomposabîe par la chaleur qui se produit au moyen du chalumeau de Brooks ( suivant M. Clarke) , susceptible d’absorber de l’oxigène et de passer à l’état de tritoxide à une chaleur voisine du rouge brun; traité par l’acide sulfurique ou nitrique , il se décompose, se transforme en protoxide qui se dissout dans les acides pour former du proto-sulfate ou du proto-nitrate , et en peroxide qui se précipite. L’acide hydro-chlorique est en partie décomposé par lui, et le décompose ; l’hydrogène de l’acide se combine avec une portion de l’oxigène du deutoxide pour former de l’eau ; le chlore se dégage, et le protoxide résultant se dissout dans- l’acide non décomposé. Il est formé , suivant M. Berzelius, de 100 parties de métal et de 42,16 d’oxigène. On ne l’emploie que dans les laboratoires.

DU MÀKGAKÈSE. 3o3

3i5. Tritoxide de manganèse. Cet oxide est très-répandu dans la nature. Il existe sous la forme d’aiguilles brillantes dans le département de la Moselle, en Bohême, en Saxe, au Hartz 5 sous la forme de masses près dePérigueux, dans le département des Vosges , près de Mâcon , etc. ; il est rarement pur; les substances qui l’accompagnent le plus souvent sont les carbonates de chaux, de fer, la silice, quelquefois la baryte, i’eau et le fluate de chaux. Il est brun noirâtre, sans action sur l’air et sur le gaz oxigène; il se transforme en deutoxide et en gaz oxigène au-dessus du rouge cerise, et, d’après M. Clarke , en manganèse et en oxigène s’il est exposé à l’action du chalumeau à gaz. Il est décomposé par le soufre a une température élevée, et il se forme du gaz acide sulfureux et du sulfure de manganèse. Il se dissout à froid dans l’acide sulfurique concentré ou peu délayé. Traité pari’ acide hydro-chlorique, il passe à l’état de protoxide comme le précédent , et se dissout dans l’aeide non décomposé.

Schéele a prouvé le premier que lorsqu’on fait chauffer une partie de peroxide de manganèse avec 7 ou 8 parties de potasse , le mélange fond , et donne , au bout de 20 ou 25 minutés , une masse verte qu’il a appelée caméléon minéral. Cette masse , obtenue avec l’oxide de manganèse pur, n’est pas entièrement soluble dans l’eau; il y a toujours une quantité assez considérable d’oxide qui ne se dissout pas ; la portion dissoute donne au liquide une couleur verte; conservée dans des flacons fermés , cettë liqueur passe au bleu et laisse déposer une poudre fine jaune. Si , lorsqu’elle est encore verte , on la mêle avec l’eau froide , ou, mieux encore, avec l’eau bouillante ou avec l’acide carbonique . le carbonate de potasse ou le sous-earbonate d’ammoniaque, elle passe au rouge et présente une série de couleurs qui sont dans l’ordredes anneaux colorés , savoir ; le Vert, le bleu , le violet, l’indigo, le pourpre et le rouge

3d4 PREMIÈRE EJLRTfE.

{ M. Chevreül ). Si , quand elle est rouge , on la met en contact avec l’air pendant quelques jours , elle devient incolore , et laisse déposer de l’oxide de manganèse noir 5 lorsqu’elle est verte ou rouge , les acides la rendent toujours rose.

Jusqu’à présent les chimistes ont pensé que le caméléon était composé de potasse et d’un oxide de manganèse beaucoup moins oxidé que le peroxide dont on se sert pour le préparer} ils ont même cru pouvoir expliquer les divers changemens qu’il éprouve à l’air en admettant que l’oxide peu oxidé s’emparait de l’oxigène de l’atmosphère. Des expériences récentes et inédites, faites par MM. Edwards et Chevillot, prouvent que cette opinion est dénuée de fondement. Voici quelques-uns de leurs principaux résultats : i°. Lorsqu’on chauffe dans un tube recourbé de la potasse pure et du peroxide de manganèse également pur , et sans le contact de Y air ou du gaz oxigène r il ne se forme que peu ou point de caméléon vert. 20. Si Ton chauffe dans une petite cloche courbe , contenant du gaz oxigène , de la potasse caustique à l’alcool, -et du peroxide de manganèse pur , le caméléon se forme de suite à une douce chaleur ; il y a absorption de gaz oxigène , et l’eau de la potasse se dégage 5 la quantité d’oxigène absorbé augmente jusqu’à de certaines limites, à mesure que l’on augmente la quantité de peroxide de manganèse (1). Le caméléon est donc formé de peroxide de manganèse , d’oxigène , de potasse et d’eau , quel que soit d’ailleurs le mode de combinaison de ces substances. 3°. Lorsqu’on dissout ces divers produits dans l’eau , on obtient des teintes

(1) Pour éviter toute source d’erreur , MM. Edwards et Chevillot se sont assurés que la même quantité de potasse , chauffée au même degré , absorbe moins d’oxigène que quand elle est mêlée avec le peroxide de manganèse.

DU MAH&AIÈSE. 3oS

différentes, depuis le vert jusqu’au rouge; chacune de ces teintes dépend du rapport dans lequel la potasse le peroxide de manganèse, l’oxigène et l’eau sont unis ; ainsi elle est verte lorsqu’il y a peu de peroxide de manganèse et d’oxigène, et rouge quand ces substances s’y trouvent en plus grande quantité. 4°* En évaporant le caméléon rouge, on obtient des aiguilles plus ou moins longues, dontla couleur varie : tantôt elle est violette et brillante , tantôt elle est brunâtre. Ces aiguilles restent long-temps à l’air sans se décomposer ; mises dans l’eau , elles lui communiquent une belle teinte violette ; quelques atomes ■suffisent pour colorer une grande quantité de liquidé; la potasse caustique, ajoutée en grande quantité à cette dissolution rouge , la fait passer au vert , ce qui est d’accord avec -les faits précédemment exposés , savoir que le caméléon vert contient plus de potasse et moins de peroxide de manganèse et d’oxigène que le caméléon rouge. L’acide sulfurique, versé dans la dissolution rouge dont nous parlons , n’èn changé pas la couleur et il n’y a point effervescence, phénomène qui prouve que la potasse n’y est pas à l’état de carbonate. Enfin, lorsqu’on soumet ces aiguilles à une douce chaleur dans un tube recourbé , elles se décomposent eu eau , en gaz oxigène , en peroxide de manganèseéten caméléon vert; à la vérité, il reste toujours un peu de caméléon rouge.

Le peroxide de manganèse est formé , suivant M. Berzelius, de îoo parties de métal et de 56,2i5 d’oxigène. Il est employé , i® pour préparer le gaz oxigène, le chlore et plusieurs sels de manganèse ; 2° pour la construction des piles sèches de M. Zamboni ; 3° dans la fabrication -du verre. On se sert en médecine d’un onguent composé de 2 parties et demie de peroxide de manganèse et de 5 parties d’axonge; on l’emploie dans les maladies chroniques de la peau , telles que la gale , les dartres , la teigne , etc.

3û6 PREMIÈRE PARTIE.

M. Jadelot en a obtenu des succès marqués contre la dernière de ces affections. M. Denis Morelot pense qu’il est plus utile dans les dartres ulcérées que dans celles qui sont miliaires et écailleuses.

Des Sels formés par le protoxide de manganèse.

- 3 1 6. Ces sels sont incolores lorsqu’ils ont été convenablement purifiés. Ceux qui sont solubles dans l’eau sont précipités en blanc: i° par la potasse, lasoude et l’ammoniaque; l’oxide précipité ne tarde pas à jaunir , et finit par noircir en absorbant Foxigène de l’air ; on peut le faire passer sur-le-champ au noir en y versant une dissolution de chlore : dans ce cas, l’eau sera décomposée ; son oxigène transformera le protoxide en tritoxide noir ,. et l’hydrogène fera passer le chlore à l’état d’acide hydro-chlorique. Si l’on verse sur le protoxide précipité un excès d’ammoniaque , il sera dissous , et l’on obtiendra un sel double de manganèse èt d’ammoniaque ; 2°. par les hydro-sulfates de potasse , de soude et d’ammoniaque ; le précipité est de l’hydro-sulfate de manganèse plus ou moins sulfuré ; 3° par l’hydro-cyanate dé potasse et de fer (prussiate) ; 4° Par les carbonates et les sous - carbonates de potasse et de soude ; le carbonate précipité ne change pas de couleur ; 5° par les phosphates et les. borates solubles. L’eau saturée d’acide hydro-sulfurique ne les trouble point.

817. Carbonate deprotoxidede manganèse. On le trouve en Transylvanie ; il est plus dur que le verre ; sa couleur est blanche , rose ou jaune; celui qui est le produit de l’art est constamment blanc; il est insipide et insoluble dans l’eau; chauffé dans un petit tube sans, le contactée l’air , il se décompose en gaz acide carbonique et en protoxide vert; s’il a, au contraire, le contact de, l’air, il fournit du deutoxide de manganèse rouge brun. Il est sans usages.

»ü MÀIî&AîîÈSE. 307

3 i B- Proto-phosphate de manganèse: On le trouve près de Limoges , combiné avec une très-grande quantité de phosphate de fer , qui lui donne une couleur brune ou rougeâtre 5 du reste , il a été peu étudiée : -

319. Proto-sulfate de manganèse. Il est le produit de l’art: on l’obtient en prismes rhomboïdaüx transparens y d’une couleur blanche , doués d’une saveur: amère , styptique, décomposables par le feu et très-solubles dans l’eau. Il n’a point d’usages. L e borate , le sulfite , le phosphite , l’hypo-phosphite , l’iodate , le chlorate , le nitrite et l’iiydriodate de protoxide de manganèse , sont inconnus.

3ao . Proto-nitrate de manganèse. On ne le trouve pas dans la nature ; il est blanc , déliquescent , très-soluble dans l’eau , cristallise difficilement et n’a point d’ùsages.

321. Proto-hydro-chlorate de manganèse. Il est le produit de l’art : sa couleur est blanche , sa saveur stypti que ; il cristallise lorsqu’il est abandonné à lui-même ; il attire l’humidité de l’air, et se dissout très-bien dans l’eau; desséché, il se transforme en chlorure. Il n’est pas employé.

322. Proto -hydro- sulfate. On ne le trouve pas dans la nature ; il est blanchâtre , insipide , insoluble dans l’eau et sans usages.

On ne connaît point de sels de deutoxide de manganèse. (Voyez Deutoxidç . )

Des Sels formés par le tritoxide de manganèse ( Peroxide J.

323. On ne peut combiner cet oxide qu'avec l’acide sulfurique concentré ou légèrement étendu d’eau ; plusieurs chimistes pensent même que la dissolution que l’on obtient ne renferme pas le peroxide , mais qu’elle est formée par le deutoxide. Quoi qu’il en soit , cette dissolution est

3o8 PREMIÈRE PARTIE,

colorée en rouge violet; elle est précipitée en jaune brtm par l’eau, surtout lorsqu’elle a été préparée à l’aide d’une douce chaleur 4 l’acide nitreux concentré , l’aeidé sulfureux , l’acide hydro-sulfurique et l’hydro-chloratë de protoxide d’étaiü , la décolorent sur-le-champ , s’emparent d’une portion d’oxigène de l’oxide , et la ramènent à l’état de sulfate de protoxide de manganèse.

Du Zinc.

On ne trouve jamais ce métal dans la nature â l’état de pureté ; on le rencontre , i° à l’état de calamine; qui n’est autre chose que de l’oxide de zinc hydraté uni quelquefois à la silice ; 2° à l’état de blende ( sulfure de zinc et de fer ). M. Macquart a trouvé en Sibérie un mine dé zinc que M. Vauquelin a reconnu être du carbonate. Le zinc est un métal solide , d’une couleur blanche bleuâtre , d’une structure lamelleuse , ductile, et surtout malléable, peu dur. Sa pesanteur spécifique est de 7,1.

3 24. Chauffé dans une cornue de grès sans le contact de l’air, il fond au-dessous de la chaleur rouge , et ne tarde pas à se volatiliser si on le chauffe davantage ; la vapeur qui en résulte se condense en partie dans le col de la cornue, en partie dans le récipient dans lequel on amis de l’eau. Si le zinc fondu est en contact avec le gaz oxigène et qu’on l’agite , il absorbe ce gaz avec énergie et le solidifie : il y a dégagement de calorique et il se produit Une belle flamme blanche un peu bleuâtre , extrêmement éclatante : le zinc passe à l’état d’oxide blanc. L 'air atmosphérique agit sur lui de là même manière; mais avec moins d’intensité, comme on peut s’en assurer en faisant fondre ce métal dans un creuset ouvert et en l’agitant , l’oxide blanc formé est entraîné par l’air dans l’atmosphère en raison de sa légèreté'; il est évident que , dans cette

Page 1