‹ Élémens de chimie médicaleChapitre 62 sur 110 · T) TT ZINC · texte numérisé non relu

T) TT ZINC

triple de chlore, d’acide chlorique et d’oxide de zinc ?... L’acide nitrique est en partie décomposé par ce métal , qui lui enlève une certaine quantité d’oxigène, et met de l’azote, du deutoxide et du protoxide d’azote à nu ; l’oxide de zinc formé se combine avec l’acide nitrique non décomposé et se transforme en nitrate. L’acide nitreux est également décomposé en partie, et il se forme , à la température ordinaire , du nitrite de zinc. Le gaz acide hjdro-chlorique sec , chauffé avec ce métal, le fait passer à l’état de chlorure , et l’hydrogène est mis à nu. Si l’acide hydro-chlorique contient de l’eau, celle-ci seulement est décomposée; le gaz hydrogène se dégage., et l’oxigène fait passer le zinc à l’état d’oxide, qui se dissout dans l’acide hydro-chlorique. Le zinc décompose le gaz acide hydro-sulfurique , s’empare du soufre, et l’hydrogène est mis à nu.

U ammoniaque liquide et concentrée exerce sur ce métal une action remarquable dont nous devons les détails à Delassonne. A l’aide d’une légère chaleur , et même à froid, l’eau de l’ammoniaque est décomposée, son oxigène se porte sur le métal, l’hydrogène se dégage , et l’oxide formé se dissout dans l’ammoniaque; cette dissolution , évaporée , fournit des cristaux d’où l’on peut dégager l’ammoniaque par la chaleür. Le zinc est employé pour faire des conduits , des gouttières, des baignoires , des couvertures de toits; on s’en sert aussi pour faire des casseroles et plusieurs autres ustensiles; mais nous pensons qu’il est imprudent d’en faire usage dans les cuisines ; car il est parfaitement prouvé que les dissolutions de sel commun, d’acide acétique, d’acide oxalique , citrique, qui entrent dans la composition de plusieurs alimens , facilitent son oxi dation et sa dissolution; or, l’ingestion d’une préparation de zinc peut,:‘dans quelques circonstances , être suivie d’accidens fâcheux; le beurre fondu dans des vases de zinc les attaque également, favorise l’oxidation du métal et dissout l’-oxide; On emploie

encore le zinc pour la construction de la pile de Volta , pour préparer l’oxide blanc ( fleurs de zinc ) , le gaz hydrogène , ie laiton et un alliage d’étain dont on fait usage pour frotter les coussins des machines électriques.

De V Oxide de zinc ( fleurs de zinc , pompholix , nihil album , lana philosophica ).

327. On trouve cet oxide dans la nature ; il entre pour beaucoup dans la composition de la calamine et du zinc gahnite ; on le rencontre quelquefois sous la forme de petits cristaux limpides. L’oxide de zinc est blanc , doux au toucher , fixe lorsqu’on le chauffe dans des vaisseaux fermés, décomposable par la pile • il absorbe, à la température ordinaire, l’acide carbonique de l’air 5 fortement chauffé avec du charbon , il perd son oxigène et il se forme du gaz oxide de carbone; Il • se combine parfaitement avec les acides , et se dissout à merveille dans la potasse , la soude ou l’ammoniaque. Il est composé de 100 parties de métal et dé 24,47 d’oxigène. Il doit être regardé comme un excellent anti-spasmodique ; il a été surtout excessivement utile dans l’épilepsie, où il a été quelquefois employé seul et avec le plus grand succès : on peut l’administrer depuis 6 , 8 grains par jour, jusqu’à un demi-gros, mêlé avec du sucré , de la gomme ou toute autre poudre , et divisé en plusieurs prises} on le donne quelquefois associé à la jusquiame noire et à la valériane , pour combattre certaines névralgies faciales rebelles ; on fait prendre ordinairement deux pilules par jour , composées d’un grain d’oxidè de zinc et d’une égale quantité d’extrait de jusquiame et de valériane , et on augmente progressivement la dose. La tuthie , qui est de l’oxide de zinc grisâtre et impur , fait partie de certains collyres fortifians , du baume vert , de l’opodeldoch , etc. ; on compose avec elle et du

» V zinc.

sucre candi, une poudre que l’on souffle dans les yeux pour, dissiper] les taies ; il serait préférable d’employer de l’oxide de zinc pur.

Des Sels de zinc.

328, Ces sels sont incolores lorsqu’ils sont purs y leurs dissolutions sont précipitées en blanc , i° par la potasse, la soude ou l’ammoniaque , qui en séparent l’oxide ; celuici se redissout dans un excès de l’un ou de l’autre de ces alcalis concentrés 5 20 par les hydro-sulfates solubles et par l’acide hydro-sulfurique , qui en précipitent un hydro-sulfate de zinc plus ou moins sulfuré 5 3° par l’hydro-cyanate dé potasse et de fer (prassiate ) 5 4° Par les carbonates , les sous-carbonates , les phosphates et les borates solubles.

329. Sulfate de. zinc ( couperose blanche , vitriol blanc ) . Ce sel se trouve dans la nature , mais en petite quantité; Il cristallise en prismes a quatre pans incolores , terminés par des pyramides à quatre faces, doués d’une saveur âcre, styptique , efflorescens, solubles dans 2 parties et demie d’eau à i5°, et plus solubles dans l’eau bouillante ; ils éprouvent la fusion aqueuse lorsqu’on les chauffe. On vend dans le commerce du sulfate de zinc ën masses , d’un blanc sale , tachées çà et là en brun rougeâtre : ce sel contient du sulfate de fer et quelquefois un peu de sulfate de cuivre. Le sulfate de zinc a été administré dans les mêmes circonstances que l’oxidé , mais il ne paraît pas être aussi avantageux ; il est employé par quelques praticiens comme éméliqueà la dose dé douze ou quinze grains dissous dans l’eau distillée ; on s’en sert souvent et avec succès dans les dernières périodes des ophthalmies et des leucorrhées: dans le premier cas , on en fait dissoudre un ou 2 grains dans une once d’eau de roses à laquelle on ajoute 8 ou 10 gouttes de laudanum , et on fait tomber une ou 2 gouttes de solutum

entre les paupières : dans le second cas , on l’administre en injection et étendu de beaucoup d’eau , de crainte d’irriter trop fortement la membrane muqueuse.

330. Iodate de zinc. Il est le produit de l’art ; on l’obtient sous la forme d’une poudre peu soluble , qui fuse,faiblement sur les charbons. Il est sans usages.

33 1. Chlorate dé zinc. On ne le trouve pas dans la nature : celui qui a été préparé directement avec l’acide chlorique et le zinc a une saveur astringente, se dissout très-bien dans l’eau , et rie cristallise qu’avec la plus grande difficulté ; mis sur un charbon allumé , il détonne comme les chlorates , et produit une belle lumière' verte jaunâtre. Celui qui résulte de l’action de cet acide sur le carbonate de zinc a une saveur très-astringente , et Cristallise en octaèdres surbaissés ; il fuse sur les charbons.ardens , et produit une lumière jaune sans détonner. Il existe encore d’autres différences entre ces deux chlorates... quelle peut en être la cause ?... ( Vauquelin ); Ce sel est sans usagés.

33a. Nitrate de zinc. Il est le produit de l’art ; son histoire est la même que celle du sulfate , excepté qu’il est légèrement déliquescent.

333. Hydro-chlorate de zinc (muriate). On ne le rencontre pas dans la nature. Comme le nitrate et le sulfate il estblanc , très-soluble dans l’ean et doué d’une saveur styptique ; il cristallisé ; . on peut le volatiliser dans une cornue , après l’avoir bien desséché , et il constitue alors Je beurre de zinc , qui n’est que du chlorure de zinc : il n’est pas employé.

334- Hydriodate dé zinc. Il est le produitde l’art ; on n’a jamais pu l’obtenir cristallisé, parce qu’il est extrêmement déliquescent ; exposé à l’action du calorique , il fond et se volatilise en beaux cristaux prismatiques ; lorsqu’il est desséché, il ne diffère pas de I’iodure de zinc. On rie lui connaît aucun: usage.

D TJ FER.

335. Hydro-sulfate de zinc . On ne le trouve’ pas dans la nature ; il est blanc , insoluble dans l’eau et sans usages.'

Du Fer.

Ce métal se trouve dans la nature, i? à l’état natif, dans des filons auprès de Grenoble , à Kamsdorf en Saxe , en Amérique , suivant M. Proust ; ou bien en masses considérables : on en a rencontré une à O lump a , lieu de l’Amérique méridionale , dont le poids s’élevait à 1 5oo myriagrammes ; d’autres ont été trouvées en Sibérie , à Aken près de Magdebourg en Bohème , et il en existe , suivant M. de Humboldt, au Pérou et au Mexique ; 2° combiné avec diverses proportions d’oxigène : 3° avec des corps simples, tels que le soufre, l’arsenic et quelques autres métaux; 4° enfin avec l’oxigène et un acide , ce qui constitue des sels ferrugineux.

336. Le fer est xin métal solide, d’une couleur grise bleuâtre , d’une structure granuleuse , un peu lamelleuse , malléable, et surtout très-ductile : on sait qu’il a été réduit en fils assez minces pour pouvoir en faire des perruques; sa ténacité est extrême ; on ne peut rompre un fil de fer de deux millimètres de diamètre qu’en lui faisant supporter un poids de 242 kilogrammes , 65g ; il est très-dur et répand une odeur sensible lorsqu’on le frotte ; il jouit à un très-haut degré de la propriété magnétique , en sorte qu’on l’emploie pour faire des aimans artificiels (x) ; il ne partage cette propriété qu’avec le nickel et le cobalt, qui la possèdent à un degré beaucoup plus faible. Sa pesanteur spécifique est de 7,788.

. (x) Les aimans naturels sont principalement formés par du

protoxide de fer.

:3l 6 PREMIÈRE PARTIE-

337. Soumis à l’action du calorique, le fer entre en fusion à 1 3o° du pyromètre de Wedgwood, température excessivement élevée. S’il est en contact avec l’air atmosphérique, et à plus forte raison avec le gaz oxigène, il s’ oxide , augmente de poids , et donne lieu à un grand dégagement de calorique et de lumière 5 il passe successivement à l’état d’oxide noir et d’oxide rouge , si toutefois la température n’est pas rouge blanc ; les battitures qui .sè détachent du fer que l’on R fait rougir et que l’on bat après, ne sont que de l’oxide noir de fer. Â la température ordinaire , le gaz oxigène humide le transforme aussi en oxide; il en est de même de l’air atmosphérique qui n’a pas été desséché ; celui-ci le fait passer en outre à l’état de carbonate, detritoxide (safran dè mars apéritif). Le gaz hydrogène paraît dissoudre un peu de fer : en effet, en laissant sur l’eau distillée le gaz hydrogéné préparé avec ce métal, on remarque qu’il se forcne, à la surface du liquide, une péllicule ferrugineuse. On ignore quel est le résultat de Faction directe du bore sur lui ; mais il existe un borure de fer que l’on obtient en chauffant fortement, dans un creuset brasqué $ un mélange de charbon, d’acide borique , et de fer tPès-divisé et épaissi par de l’huile grasse ;• d’où l’on voit que l’acide borique est décomposé par le charbon qui s’empare dé son oxigène * ce borure est solide , cassant , inodore ,- insipide et fusible. ( Descostils. )

"he carbone et le fer peuvent s’tmir en diverses proportions et donner naissance à des carbures connus sous les noms & acier, àe plombagine (mine à crayon), etc. ; les différentes variétés de fonte paraissent aussi contenir une grande quantité de ce carbure. U acier ést constamment un produit de l’art : on en distingue trois espèces, l’acier d’Allemagne , de cémentation , et l’acier fondu ; elles sont presque entièrement formées par du fer , car elles ne contiennent que depuis un millième jusqu’à 20 millièmes dè

B U FËÉ. 3 I.7

leur poids de ’cbarbon; les meilleures sont celles dans la composition desquelles iL n’entre que 7 à 8 millièmes de charbon. '

L’acier est brillant , susceptible d’être poli , insipide, inodore, très -malléable, très -ductile, d’une structure granuleuse et un peu moins pesant que le fer. Si après l’avoir fortement chauffé . on le refroidit subitement en le plongeant dans de l’eau froide, dans du 'mercure, dans des acides , dans des huiles , etc. , il acquiert de l’élasticité, de la dureté^ et devient cassant; il perd par conséquent sa ductilité et sa malléabilité; son tissu est plus serré et plus fin : on désigne cette opération sous le nom de trempe. L’acier trempé peut être détrempé et reprendre ses propriétés primitives , si on le fait rougir' et ;qu’ on le laisse refroidir lentement. M. le professeur Thénard attribue les propriétés de l’acier trempé- à l’état de tension où se trouvent ses particules. M. Biot , après avoir établi par des faits que l’acier trempé occupe un volume plus considérable qu’auparavant, la température étant la même, s’exprime ainsi sur le phénomène de la trempe : « Il paraît qu’à l’instant où l’acier fortement échauffé est précipité subitement dans une température très-basse , le refroidissement, qui saisit les couches extérieures de la masse plus aisément que le centre , les force de se mouler pour ainsi- dire sur ce centre échauffé et dilaté ; ce qui leur fait prendre des dimensions plus grandes qu’elles n’auraient eues- si elles avaient été abandonnées graduellement a elles-mêmes; Bientôt les molécules placées plus près du centre se refroidissent à leur tour; mais les couches extérieures, déjà parvenues à un état fixe, les retiennent par leur attraction, déterminent le volume qu’elles doivent remplir , et les empêchent ainsi de se rapprocher autant qu’eUes l’auraient pu faire si elles eussent été abandonnées librement à un refroidissement graduel. La dilatation définitive deviendra donc

3l8 PREMIÈRE PARTIE,

plus grande à mesure que la différence de température entre les couches extérieures et intérieures de la masse métallique sera plus considérable et pourra se soutenir plus long-temps. Cela explique avec beaucoup de vraisemblance pourquoi la dilatation estmoindre dans les petites masses, que le refroidissement pénètre avec plus de promptitude ». (Voyez Ouvrage de physique, t. i.) Les propriétés chimiques de l’acier sont à peu de chose près les mêmes que celles du fer. Il sert à faire une multitude d’instrumens. La plombagine ou la mine à crayon se trouve en France, en Espagne , en Bavière , en Angleterre et en Korwège ; elle est formée de : 8 à io parties de fer , et de 90 à 92 parties de charbon : ses propriétés physiques sont généralement connues : soumise à l’action du gaz oxigène à une température élevée , elle se transforme en gaz acide carbonique et en oxide de fer. Mêlée avec l’argile, on l’emploie pour faire des crayons, des creusets,, etc.

Le phosphore peut s’unir directement avec le fer et donner un phosphure composé de 20 parties de phosphore et de 80 parties, de fer 5 il est blanc , brillant , cassant , plus fusible que le fer , aitirable à l’aimant et peut cristalliser en prismes rhomboïdaux 5 il n’a point d’usages. Bergman l’avait regardé comme un métal particulier auquel il -avait donné le nom de siderum.

lue soufre; se combine en différentes proportions avec le fer-, nous ne parlerons que des deux variétés que l’on rencontre dans la nature. ]?er-sulfure. defer\ pyrite de fer). Ce sulfure se trouve très-abondamment dans la nature 5 il est formé de 1 17 parties de soufre et de 100 parties de fer \ il est très-brillant, d’une couleur jaunâtre et nullement magnétique ^chauffé dans des vaisseaux fermés, il perd environ 22 parties de soufre et se fond mais s’il a le contact de l’air ou du gaz oxigène , et que sa température soit trèsélevée, il absorbe l’osigène avec dégagement de calorique

nu fee. 3rg

et de lumière , et se transforme en gaz acide sulfureux et en tritoxide rouge de fer ; si la chaleur est moins forte , il passe à l’état de sulfate de fer et il se forme du gaz acide sulfureux 5 enfin , il se change lentement en sulfate par l’action de l’oxigène ou de l’air humide à la température ordinaire ; on l’emploie dans certains pays pour préparer le soufre et le sulfate de fer ( couperose -verte). Protosulfure de fer. Ce sulfure se trouve plus'rarement dans la nature que l’autre 5 il paraît formé de 100 parties de fer et de 58, 2, 5 de soufre; il est magnétique, indécomposable au feu ; son action sur l’oxigène et sur l’air , aune température élevée , est la meme que celle du précédent.

U iode agit sur le fer comme sur le zinc; l’iodure de fer est brun, fusible à la température rouge, soluble dans l’eau, et susceptible de la décomposer à froid et de passer à l’état d’hydriodate de fer, d’une couleur verte.

Un fil de fer dont la température a été élevée , absorbe le chlore gazeux , rougit et se transforme en per-chlorure de fer d’un jaune brun , brillant et cristallisé; on obtient lé même composé , mais d’une couleur plus foncée , en faisant arriver à la température ordinaire un excès de chloregazeux sur du fer divisé. Ce per-chlorure (muriate de fer ) est volatil et se transforme dans l’eau en hydro-chlorate de tritoxide de fer jaune, soluble; ilparaît composé de 100 parties de chlore et de 5 1 ,5 de fer. -h’azote n’agit pointsur ce métal.

Si on met dans un flacon de la limaille de fer très-divisée et de Veau , et que l’on agite de temps en temps le mélange , le liquide est décomposé ; il se dégage du gaz hydrogène, et le métal passe à l’état-de deutoxide de fer (æthiops martial ). Si au lieu d’agir ainsi on fait passer de la vapeur d’eau à travers du fer chauffé jusqu’au rouge dansun tube de porcelaine, il se forme sur-le-champ une

320 ÊÈÊMlÈaE jpÀlTÏE.

très-grande quantité de ce deutoxide gris noir; cette décomposition s’opère, comme l’a prouvé M. Gay-Lussac, depuis le rouge obscur jusqu’au rouge blanc , ei en proportion croissante avec la température. Lorsqu’on laisse le fer èt l’eau en contact avec l’air, à la température ordinaire, l’oxide formé se dissout dans l’acide carbonique, surtout si on renouvelle l’air, en sorte que l’eau tient réellement du Carbonate de fer en dissolution ; l’eau ferrugineuse, chaljbée, etc. , së prépare ainsi , en faisant digérer des vieux clous dans ce liquide exposé à l’air. Oii ignore quelle est l’aetiondes oxides de carbone et de phosphore sur le fer. Ü décompose le protoxide d’azpte à une température élevée ; il agit probablement de même sur le gaz deutoxide d’azote. Il J n’aïtèré point l’acide borique-, il transforme ; au. contraire; le gaz acide carbonique en gaz oxide de carbone, et passe à l’étàt d’qxîde de fer, pourvu que la température soit assez élevée. L’eau saturée de ce gaz dissout peu à peu la limaille de fer et la fait passer à l’état de carbonate ; le métal s’oxide aux dépens du liquide. Il opère la décomposition de l’acide phosphoriquek une température rouge ; il agit sur l’acide sulfurique comme le zinc , et passe à l’état dé proto- sulfate si l’acide est affaibli. L’acide cblorique attaque le fer , le dissout sans dégagement de gaz et produit une chaleur très-sénsiblfe. Suivant M..V auquelin j : l’oxigène de cet racide oxide le métal , et il se forme un composé de chlore et de tritoxide de fer.

- 338. L’acide nitrique concentré agitfortement sur le fer, se décompose en partie, lui cède une portion de son oxigène, et se transforme en gaz azote , en protoxide d’azote , ou eh deutoxide d’azote-; le. fer passe à l’état de peroxide rouge qui se précipite en grande partie sous la forme de flocons , et qui se dissout en partie dans l’acide non décomposé ; il se forme en outre du nitrate d ammoniaque. Théorie *

î) ES OXIDES DE FEE. 3ilï

L’acide nitrique le plus concentré contient de Peau 5 ©n peut donc représenter l’acide par :

Gaz deutoxide d’âzote -f* oxigène.

Acide nitrique,

-Azote oxigène.

et l’eau par. ........ Hydrogène -}- oxigène.

Nitrate d’ammoniaque. r fer.

Tritoxide.

Une portion d’acide nitrique est décomposée par le métal en gaz deutoxide d’azote qui se dégage , et. en oxigène qui l’oxide ; une autre portion d’acide nitrique est décomposée;; en oxigène et en azote ; enfin l’eau est également décomposée, L’hydrogène et l’azote provenant de ces décompositions forment de l’ammoniaque qui se combine avec une partie d’acide non décomposé ,- et donne naissance à. du nitrate -d’ammoniaque ; le fer se trouve oxidé par toutes les quantités d’oxigène au-dessous desquelles nous l’avons placé. Si l’acide nitrique est affaibli , il. transforme le fer en deutoxide , qui se dissout dans la portion d’acide non décomposée,

L’acide nitreux agit aussi avec beaucoup. d’énergie sur le fer. Les acides hydro-chlorique et hydro-sulfurique exercent sur lui la même action que sur le zinc. Les usages de ce métal précieux sont innombrables et généralement connus. ;

Des Oxides de fer.

On admet trois oxides de fer.

339. Protoxide. On ne le trouve jamais pur dans la nature ; on ne peut pas l’obtenir à l’état sec , car il s’oxide davantage lorsqu’on essaye de le dessécher; il est blanc , absorbe rapidement le gaz oxigène à froid et se dissout dans l’ammoniaque; il se produit toutes les fois que le fer se dissout î. 21

dans les acides sulfurique et hydro-chloriquéf faibles. If est composé, suivant M. Gay-Lussac, de 100 parties de fer et de 28,3 d’ oxigène. MM. Thénard et Chenevix l’ont fait connaître;

34o. Deutoxide (éthiops martial). On le trouve cristallisé en octaèdres ou en dodécaèdres en Corse et en Suède; il existe plus souvent sous la forme sablonneuse sur les bords de l’Elbe , près de Naples , en Suède , en France ; enfin on lerencontre en masses plus ou moins considérables en Norvvège, en Sibérie, en Bohême , en Sicile , en Corse, etc. L’aimant est entièrement formé par lui. Il est gris noif quand il est en masses; lorsqu’on le précipite de ses dissolutions il paraît brun foncé 7 et vert quand il est très-divisé et qu’il n’en reste que quelques molécules en suspension; il est très-magnétique ; sa densité et de S,t 072. Chauffé dans des vaisseaux fermés , il fond et ne se décompose pas ; s’il est en contact avec le gais oxigène OU avec l’air, il passe à l’état detritoxide, pourvu qu’il ne soit pas chauffé jusqu'au rouge blanc (1). Le gaz hydrogène le décompose depuis le rouge obscur jusqu’au rouge blanc , s’empare de son oxigène et le ramène à l’état métallique , fait d’autant plus surprenant, que nous venons de voir que le fer décompose l’eau et lui enlève son oxigène , précisément à la même température ( M. Gay-Lussac ) : on ne connaît pas encore la cause de cette anomalie. Mis pendant quelques mois en contact avec l'acide nitrique concentré , il passe au troisième degré d’oxidation, se dissout lentement, et le trito-nitrate cristallise en prismes carrés incolores et terminés par un biseau (Vauquelin).

Lorsqu’on le fait bouillir avec de l’acide sulfilnque

(1) En effet , nous verrons bientôt que le tritoxïde chauffé as rouge blanc perd dé l’osigène , et passe à l’état de deutoxide

noir.

bËS SELS UE FEE» 3ü3

fendu de deux fois son poids d’eau , on oLdent un deutosulfate dont la couleur varie suivant la quantité de l’oxide dissous : il est d’abord jaune citrin , puis jaune verdâtre , jaune brün , jaune rougeâtre , et enfin roüge brun, foncé , lorsque l’acide est complètement saturé. Il est soluble dans l’ammoniaque ; mais il se dépose facilement lorsque cette dissolution est en contact avec l’air.-Il est formé, d’après, les dernières expériences de M. Gay-Lussac , de 100 parties de fer et de 38, o d’oxigène. On l’emploie pour obtenir le fer.

34 f» Tritoxide ou peroxide de fer ( safran de mars astringent, rouge d’Angleterre, colcothar ). Il exister trèsabondamment dans là nature, et se présente sous diverses formes. Il est .rouge violet , sans action sur l’aimant , à moins qu’il ne soit en grandes masses ,plûs fusible que le fer; chauffe jusqu aü roüge blanc il est décomposé et transformé eu gaz oxigène et en deutoxide de fer ; le gaz oxigpne ne lui fait éprouver aucune altération. Exposé à. Y air à la température ordinaire , il en absorbe l’acide carbonique. Le chlore, placé dans des circonstances particulières ( voy. Chlorate de tritoxide de jet) , peut s’unir avec cet oxide et former un chlorure de peroxide rouge. Il est décomposé par le soufre à une température élevée , et il se forme du gaz acide sulfureuX-Ct du sulfure de fer. Chauffe avec l’acide sulfurique concentré , il donne Un sulfate incolore plus ou moins acide, contenant peu d’eau. Il est composé, suivant M. Gay-Lussac, de rôo parties de fer et de 5o parties d’oxh gène. On l’emploie pour extraire le métal»

Des Sels de fer :

342. Chacun des trois oxides de fer connus peut se combiner avec un certain nombre d’acides , et 'former des sels, qui seront au premier, au second ou au troisième degré d’oxidation.

Des Sels formés par le protoxide de fer.

Les dissolutions de ces sels sont légèrement colorées en vert ; les alcalis en précipitent le protoxide blanc qui , par le contact de l’air , passe subitement au vert foncé, puis au rouge , phénomène qui dépend de ce que le protoxide absorbe l’oxigène de l’air et se transforme en deuto ou en tritoxide. L’ammoniaque dissout le protoxide précipité. Le carbonate saturé de potasse en précipite du protocàrbonâte blanc qui verdit aussi par son exposition à l’air , mais avec beaucoup moins de rapidité 5 il en est à-peu-près de même du précipité blanc formé par le sous-borate de soude ; celui qui est déterminé par le soüs-phosphate de soude est également blanc et tarde beaucoup plus à passer au vert ; le prussiatede potasse et de fer ( hydro-cyanate ) y fait naître Un précipité blanc , qui devient bleu aussitôt qu’il a le contact de l’air. Ces changemens de couleur et la sur-oxidation qui en est la cause , peuvent être instantanément produits par le chlore; en effet * ce corps favorise la décomposition de l’eau en s’unissant à l’hydrogène pour former de l’acide hydro-ehl oriqüe , tandis que l’oxigène se combine avec le protoxide.. Les hydro- sulfates précipitent lés dissolutions de protoxide en noir; le précipité est de l’hydro-sulfate de fer plus ou moins sulfuré; Elles absorbent le gaz nitreux ( deutoxide d’azote ) en assez grande quantité , et deviennent brunes.

343. Sous-proto-carbonate de fer. On trouve ce sel dans la nature, uni, en diverses proportions , tantôt avec delà chaux, delà magnésie, de l’oxide de manganèse et de l’eau; tantôt avec quelques -unes de ces substances. On appelle, en minéralogie , le composé qui résulte de ces différens corps tfer spathique ou mine d’acier. On le rencontre en France , en Saxe, en Hongrie, etc. ; sa couleur

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