‹ Élémens de chimie médicaleChapitre 64 sur 110 · DES SELS DE FER · texte numérisé non relu

DES SELS DE FER

très-solubles dans Peau et exerçant sur l’atmosphère la même action que le proto-sulfate, par conséquent passant à l’état de trito-hydro-chlorate. Chauffé dans des vaisseaux fermés, il se transforme en proto-chlorure de fer-blanc qui se sublime en petités paillettes. Il n’a aucun usage.

346. Protcb-hydriodate de fer. On ne le trouve pas dans la nature ; il se dissout très- bien dans l’eau, qu’il colore en vert clair. Il est sans usages.

347. Le proto-hydro-sulfate de fer est noirâtre, insoluble dans l’eau, n’existe pas dans la nature, et n’a point d’usages.

Des Sels formé? par le deutoxide de fer.

Les alcalis précipitent des dissolutions formées par le deutoxide de fer , du deutoxide brun foncé verdâtre qui passe à l’état de tritpxide rouge par l’action de d’air ou du chlore ; les carbonates de potasse ou de soude , saturés et concentrés y les précipitent et redissolvent facilement le précipité. Le prussiate de potasse et de fer y fait naître un beau précipité bleu, Uinfusum de noix dé galle y produit un précipité d’un bleu violet très-intense. Ces dissolutions absorbent le gaz nitreux et deviennent brames 5 mais elles en prennent moins que les dissolutions de protoxide. L’alcool ( esprit-de-vin ) n’altère point leur transparence dans le même instant 5 mais au bout de quelques heures, il détermine un partage dans laliqueur’, il se donne un sel de protoxide qui cristallise , et il reste en dissolution un sel de tritoxide. Les hydro-sulfatesles précipitent en noir.

Suivant M. Gay-Lussae, lorsque le deutoxide de fer se dissout dans les acides sulfurique et hydro-chlorique , il se fait un partage de l’oxigène, et il se forme du protoxide et du tritoxide de fer, tous les deux solubles dans ces acides, en sorte que l’on peut regarder le deuto-sulfate et le deutohydro - chlorate résultans comme un mélange de proto et de trito-sulfate ou de proto et de trito-hydro-chlorate.

3ü8 première partie,

348. Le sulfate de deutoxide de fer dont la couleur varie - ( voyez pag. 323 ) , donne , lorsqu’on le fait évaporer, du sulfate de tôtoxide soluble et des cristaux de proto-sulfate vert; . en outre, il se dépose souvent avec cës cristaux une poudre blanche qui est du sulfate acide contenant peù d’eau , parce que celui qui a cristallisé en contient beaucoup ( Gay-Lussae). On doit attribuer ce phénomène à ce que les acides ont plus d’affinité pour les métaux peu oxides que pour ceux qui le sont beaucoup.

349 • Deuto-chlorate de fer. M. Yauquelin a décrit un sel résultant de l’action de l’acide chlorique sur le fer métallique qui nous paraît être celui-ci , mais que l’on peut aussi considérer comme un mélange de proto et de deutochlorate. «Il a une couleur verdâtre et une saveur astringente; il précipite en vert par les alcalis, et se colore à peine par l’acide gallique ; mais il ne tarde pas à passer au rouge. » ( Voyez Annales de Chimie, t. xnv, pag. 121 ). Il est sans usages.

350, Deuto-nitrate de fer. Il est le produit de l’art , d’un jaüne verdâtre ; il absorbe avec la plus grande facilité l’oxigène de l’air, et passe à l’état de sous-trito-nitrate insoluble : on ne, l’a pas encore obtenu cristallisé ; il se .transforme en oxide rouge par l’action de la chaleur ( safran de mars astringent). On l’a employé quelquefois pour teindre le coton en jaune.

Des Sels formés par le tritoxide de fer.

Les dissolutions formées par le peroxide de fer sont en général rouges ; les alcalis en précipitent du peroxide jaune rougeâtre; le prussiate de potasse et de fer y fait naître un dépôt d’un bleu très-foncé; Vinfusum de noix de -galle les précipite en violet noirâtre , et les hydro-sulfates ; en noir.

35 1, Sous-carbonate de peroxide de fer. Il se produit

DES SELS DE FER. 32g

lorsqu’on expose le fer à l’air humide ; il est jaune rougeâtre , insoluble dans l’eau, insipide et très-peu soluble dans le gaz acide carbonique.

352. Trito-sulfate acide defèr. On le trouve à la surface des cristaux de couperose verte ; il est jaune orangé , doué d’une saveur acerbe , très-styptique , incristallisable , soluble dans l’eau , plus soluble dans l’acide sulfurique ; évaporé jusqu’à siccité , il donne une masse qui se dissout en partie dans l’eau ; la portion dissoute est du sur-sulfate , et l’autre du sous-sulfate jaune. Il existe encore , comme nous l’avons dit ( pag. 323 ) , un per-sulfate blanc , peu soluble dans l’eau froide quand il contient peu d’acide; il est même décomposé par l’eau , qui lui enlève peu à peu son acide et une petite quantité d’oxide , en sorte qu’il le réduit à du peroxide jaune rougeâtre. S’il contient plus d’acide, l’eau le dissout complètement à toutes les températures. Il n’a point d’usages.

353. Trito-iodate de fer. Il est le produit de l’art, d’une couleur blanche, insoluble dans l’eau, soluble dans les acides et sans usages ( M. Gay-Lussac ).

354. Triton-chlorate de fer. Les expériences faites par M. Vauquelin tendent à prouver que ce sel n’existe pas : en effet, la dissolution rouge que l’on finit par obtenir en traitant le fer par l’acide chlorique est formée de chlore et de tritoxide de fer: aussi donne-t-elle par l’action de la chaleur une masse demi-transparente de coiffeur de sang , soluble dans l’eau , et qui ne fuse point sur les charbons ardens. Ce produit est sans usages.

355. Trito-nitrate acide de fer. On ne le trouve pas dans la nature ; il est ordinairement liquide , d’une couleur rouge èt incristallisable; on peut cependant l’obtenir incolore au moyen d’un très-grand excès d’acide. M. Vauquelin est parvenu , comme nous l’avons déjà dit (pag. 322. ) , à le faire cristalliser en prismes carrés , incolores , excessivement

33g PREMIÈRE PARTIE,

déliquescens et très-solubles dans l’eau. Il perd son acide par l’action de la chaleur, et se transforme en tritoxide. Etendu d’eau et mêlé avec un excès de dissolution de souscarbonate de potasse , il est décomposé et il se forme, d’une part , du nitrate de potasse soluble et du sous-tritocarbonate de fer , qui se précipite et qui peut être dissous en totalité ou en partie par un excès de sous-carbonate de potasse ; la liqueur qui en résulte et qui est composée de nitrate dé potasse + de sous-trito-carbonate de fer dissous par du sous-carbonate de potasse, portait autrefois le nom de teinture martiale alcaline de Stahl. Cette teinture ne tarde pas à laisser déposer une grande partie du souscarbonate de fer qui entre dans sa composition.

356. T ritoJvydro-r chlorate acide de fer. Il est le produit de l’art ; sa dissolution a une couleur jaune foncée , une saveur très-styptique , et fournit , par l’évaporation , de petites aiguilles d’un jaune serin qui attirent l’humidité de l’air ; lorsqu’on les chauffe jusqu’au rouge, on obtient du gaz acide hydro-chlorique , des cristaux qui se subliment sous la forme de paillettes et qui paraissent être du chlorure de fer; enfin un produit fixe formé probablement de chlore et de fer en d’autres proportions. Si au lieu de chauffer seul cet hydro-chlorate , on le mêle avec du sel ammoniac solide (hydro- chlorate) , il se sublime une matière jaunâtre, connue sous le nom de fleurs martiales (ens martis ) x qui est formée de sel ammoniac et d’une petite quantité de chlorure de fer. On ne l’emploie que dans la préparation de ces fleurs.

35y. Propriétés médicinales du fer. Les préparations ferrugineuses doivent être regardées comme toniques , astringentes et apéritives ; elles déterminent la plénitude et la turgescence des vaisseaux , accélèrent la marche des humeurs , paraissent rendre la bile plus fluide , la couleur de la peau plus intense, etc. : aussi ne les emploie-t-on

BE5 SELS BE FER. 33l

jamais dans les maladies aiguës des individus pléthoriques, principalement de ceux qui ont des affections de poitrine ou qui sont sujets à l’hémoptysie. Elles sont très - utiles , i° dans les débilités d’estomac ; dans les engorgemens scrophuleux ou laiteux des glandes; 3° dans certaines hydropisies passives et dans la plupart des leucophlegmaties ; 4° dans les hémorrhagies passives et dans les écoulemens «toniques du vagin , de l’urètre , des intestins , etc. : ainsi le flux abondant des menstrues occasionné par le relâchement de l’utérus et la faiblesse de tous les organes .lesflueurs blanches, certaines diarrhées cèdent facilement à ces sortes de préparations ; 5° dans la chlorose , désignée par les auteurs sous le nomd 'ictère blanc , où la vitalité de toutes les parties est singulièrement diminuée ; 6° dans l’anæmie ou privation de sang, maladie qui a beaucoup de rapport avec la précédente; 70 dans la suppression des règles provenant d’un défaut de ressort de la matrice ; car elles seraient dangereuses dans le cas où il y aurait pléthore , pesanteur de la matrice , irritation , etc. ; 8° dans les vomissemens abondans et spasmodiques : elles sont inutiles lorsque ce symptôme dépend d’une affection organique du pylore, du foie, etc. 5 90 dans les affections vermineuses , suivant M. Alibert.

Parmi les préparations dont nous venons de faire l’histoirè , les plus employées sont le deutoxide noir (éthiops martial ) , les safrans de mars astringent et apéritif (tritoxide et carbonate de tritoxide ) , et les dissolutions de carbonate ou de sulfate de fer (eaux ferrugineuses artificielles) : les deux premières s’administrent depuis 4 jusqu’à 12 ou 18 grains, sous forme sèche, et associées à divers extraits ou à des conserves toniques. Les eaux ferrugineuses se composent ordinairement avec 12 ou i5 grains de carbonate ou de sulfate de proloxidè de fer , que l’on fait dissoudre dans de l’eau privée d’air : on a soin d’opérer la dissolution du

33a PREMIÈRE PARTIE,

carbonate à la faveur du gaz acide carbonique : l’eau ferrée est une préparation de ce genre. Des expériences récentes prouvent que la dissolution de 18 à 2/J grains de sulfate de protoxide de fer dans une pinte d’eau , peut être excessivementutile pour faire cesser certaines fièvres intermittentes ; mais on ne doit jamais perdre de vue , dans l’administration de ce médicament , qu’il est vénéneux quand il est donné à forte dose. M. Smith a fait voir qu’il détermine l’insensibilité générale et la mort lorsqu’il est introduit dans l’estomac ou appliqué sur le tissu cellulaire à la dose de 2 gros. "Les fleurs martiales de sel ammoniac sont administrées en bols ou dans un bouillon, depuis 2 jusqu’à 1 2 grains 5 on emploie aussi , mais rarement, l’hydro- chlorate de fer (muriate) , et la teinture martiale alkaline de Stahl. On fait souvent usage de la limaille de fer.

De V Etain .

L’étain se trouve en Allemagne , un Angleterre , à Banca , à Malaea 5 il existe dans le département de la Haute- Vienne une mine d’étain assez riche pour pouvoir être exploitée avec succès ; du moins tels sont les résultats de l’analyse qui en a été faite par Descostils. L’étain se rencontre toujours à l’état d’oxide ou à l’état de sulfure.

358. Il est solide , d’une couleur semblable à celle de l’argent 5 il est plus dur et plus brillant que le plomb ; il est assez malléable pour qu’on puisse en obtenir des lames minces 5 mais il se tire mal en fil. Sa pesanteur spécifique est de 7,291 ; il a la singulière propriété de craquer lorsqu’il est plié, phénomène que l’on désigne sous le nom de cri de T étain. Chauffé dans des vaisseaux fermés , il fond à 2100 , et ne se volatilise pas 5 mais s’il a le contact de Y air ou du gaz oxigéne , il s’oxide avec dégagement de calorique et de lumière si la température est assez élevée. A froid, ces gaz n’agissent

de l’étain. 333

pas sur de métal, que nous supposons parfaitement pur: car s’il contient du plomb , il ne tarde pas à être terni par leur contact.

359. Le gaz hydrogène , le bore et le carbone n’exercent aucune action sur lui. Le phosphore se combine avec l’étain , et donne un phosphure mou , de la couleur de l’argent , moins fusible que l’étain , susceptible de se transformer en acide phosphorique et en phosphate d’étain lorsqu’on le fait chauffer à l’air; il paraît formé de 82 parties d’étain et de 18 parties de phosphore. Le soufre s’unit directement avec l’étain et donne deux sulfureL Le proto-sulfure, formé de 100 parties de métal et de 27,2 de soufre, existe dans la nature combiné avec du sulfure de cuivre; il est d’un gris noirâtre , brillant , cristallisable en lames , indécomposable par le feu ; il peut absorber de la vapeur de soufre et passer à l’état de deuto-sulfure ; enfin , il est décomposé par l’air et par. le gaz oxigène, qui le transforment en gaz acide sulfureux et en sulfate d’étain, ou en gaz acide sulfureux et en oxide d’étain, suivant que la température est plus ou moins élevée. Le deuto-sulfure d’ étain (or mussif), composé de 100 parties de métal et de 54,4 de soufre, ne contient pas d’oxigène. Il est lé produit de l’art; chauffé dans des vaisseaux fermés, il donné du soufre qui se volatilise, et du proto-sulfure noir fixe; il ne se dégage pas un atôme de gaz acide sulfureux; d’ailleurs, si ce deuto-sulfure contenait de l’oxigène , comment pourrait - on l’obtenir en chauffant parties égales d’étain et de cinabre , corps composé seulement de soufre et de mercure ( MM. Berzelius et Gây-Lussac). L 'iode se combine avec l’étain divisé, même à une température peu élevée ; Yiodure d’étain pulvérisé est jaune orangé, sale ou d’un rouge brun , suivant les proportions d’iode et d’étain ; il est très-fusible , décompose l’eau , et donne naissance à de l’acide hydriodique et à de l’oxide d’étain.

334 éÉÉMÏÊÈÉ PARTIE.

36o. Si après avoir élevé la température de l'étain , on îe inet en contact avec du chlore gazeux , il rougit , s 'empare du gaz et passe à l’état de deuto-clilorure (liqueur fumante deLibavius). Ce deuto- chlorure est liquide, transparent, et doué d’une odeur piquante très-forte ; il ne rougit pas îe papier de tournesol parfaitement desséché. Chauffé dans des vaisseaux fermés , il se volatilise et peut être distillé sans éprouver la moindre décomposition, pourvu qu’il ne contienne point d’eau; car, s’il en contient , celle-ci se décomposé ; son hydrogène forme avec le chlore de l’acide hydro-chlorique qui se volatilise, tandis que l’oxigène se combine avec l’étain et le transforme en deuto xide. Mis en contact avec l’air, ce liquide en absorbe rapidement la vapeur, la décompose, et passe à l’état de deuto-hydrôchlorate d’étain , qui se précipite sous la forme d’une fumée excessivement épaisse. Versé dans Une grande quantité d’eau, il.se dissout, la décompose, et le produit qui en résulte ne diffère pas du deuto-hydro-chl orale d’étàin dont nous ferons l’histoire; s’il est mêlé arec très-peu d’eau, il s’y combine rapidement, cristallise, fait entendre un petit bruit, et il y a dégagement de beaucoup de calorique. Si on le fait bouillir avec de l’acide nitrique, celui-ci est décomposé 5 son oxîgène se porte sur l’étain et forme de îoxide qui se précipite, tandis que le gaz nitreux (deutoxide d’azote ) qui résulte de cette décomposition se dégage avec le chlore du chlorure , également décomposé. Le spintus Libavii ne décolore pas le sulfate rouge de manganèse 5 Je chlore ue perd point la propriété de décolorer l’indigo en se dissolvant dans ce liquide ( M. Gay-Lussac }. Ce deuto-chlorure est formé , suivant M. John Davy , de 100 parties de chlore et de 122 d’étain. Il doit être conservé dans des flacons à l’émeri, dont le bouchon soit enduitd’une légère couche d’huile ; sans cela on éprouve la plus grande difficulté à les déboucher. Il existe encore un proto*

. BE l’ étais. 335

chlorure d’étain que l’on peut obtenir en faisant chauffer de l'étain et du proto-chlorure de mercure ( calomélas) ■ il est solide, blanc, et se transforme en proto-hydro-chlorate lorsqu’on le met dans l’eau 5 il parait composé de 62 parties de chlore et de x 00 parties d’étain (John Davy). L’azote est sans action sur l’étain. Leau est décomposée par ce métal dont la température a été élevée ; on obtient du gaz hydrogène et du deutoxide d’étain. Il n altère point le gaz oxide de carbone ; il enlève l’oxigène an protoxide d' azote ^ et il agit probablement de même sur le gaz deutoxide.

Il n’altère point l’acide borique. £ on' ignore quelle est son action sur le gaz acide carbonique j il s’empare dé l’oxigène de l’acide pkosphorique, pourvu que la température soit assez élevée 5 il n’agit pas à froid sur l’acide suljurique concentré $ mais si on chauffe le mélange, il y a décomposition d’une portion de l’acide , dégagement de gaz acide sulfureux et production de sulfate d’étaim Ôn ne connaît pas l’action de l’acide sulfureux sur ce métal 5 il en est de mêmede celle qu’exercent lesacides iodiquee t chlôriqüe. L acide nitrique concentré agit sur lui comme sur le fer ; il lé transforme en deutoxide blanc insoluble dans cet acide à chaud , et il y a production dé nitrate d’ammoniaque. ( Voy. pag. 3 2t. ) Si l’acide nitrique estun peu étendu d’eau et qu’on le fasse agir sur ce métal , il lefait passer à l’état de protoxide, qui se dissout en partie dans l’acide non décomposé. L’acide nitreux est rapidement décomposé par l’étain. Chauffé avec du gaz acide hydro-chiorique , il s’empare du chlore , et met l’hydrogène à nu 5 si l’acide hÿdrochlorique est liquide , il décompose l’eau qui entre dans sa composition , se combine avec l’oxigène pour passer à l’état de protoxide d’étain , soluble dans l’acide hydrochiorique , tandis que l’hydrogène se dégage : ce phénomène a même lieu à froid. H décompose également le gaz acide hydro-sulfurique , se combineavee le soufre, et met

336 PREMIÈRE PARTÏE.

le gaz hydrogène à nu. Il n’exerce aucune action sur l’acide

hydro-pthorique.

L’étain peut se combiner avec plusieurs des métaux précédemment étudiés , savoir : i° avec le potassium; a° avec le sodium; 3° avec le fer. En faisant fondre 8 parties d’étain et une partie de fer , et en recouvrant le tout de verre pilé, on obtient un alliage cassant i fusible au-dessoüs de la chaleur rouge, que l’on peut employer pour étamer le cuivre. . Le fer-blanc doit être considéré comme une lame de fer dont toutes les surfaces sont combinées avec de l’étàin, par conséquent comme un véritable alliage. •

L’étain est employé dans la préparation de l’alliage des cloches et des canons, de l’or mussif , de la potée et des divers sels d’étain ; on s’en sert pour étamer le cuivre, pour faire la soudure des plombiers , pour mettre les glaces au tain, etc. Il est regardé par plusieurs médecins comme vermifuge, et administré comme tel en limaille, à la dose de i , 2, 3,6 gros, dans quelques cuillerées d’un liquide anthelmintique : on l’a préconisé dans la lèpre ; enfin il entre dans la composition anti-hectique de Poterius , et dans le lilium de Paracelse^ On a abandonné depuis long- temps les pilules anti-hystériques , joviales et autres , dont l’étain ou quelques-uns de ses sels faisaient la base.

Des Oxides d’ Etain.

On connaît deux oxides d’étain.

36 1, Protoxide d’étain. Il est le produit de l’art ; blanc lorsqu’il est uni avec l’eau , gris noirâtre quand il a été desséché ; indécomposable par le feu ; il absorbe facilement le gazoxigènepurou celui qui est contenu dans l’air, et passe à l’état de deutoxide : cette absorption a même lieu aveG dégagement de calorique et de lumière lorsque la tempe-

Des oxides d’éta.iX. 33y

ïatîire est assez élevée. Il ne peut point se . transformer en carbonate à Pair. Traité .par la potasse liquide, il sedissout : la dissolution , filtrée et abandonnée à elle-même dans un flacon bouché, laisse précipiter, au bout d’un certain temps , de l’étain métallique, et se trouve contenir alors du deutoxide d’étain ( Proust ). Ces faits prouvent que le protoxide a été décomposé par la potasse , et transformé en deutoxide d’étain soluble dans l’alcali, et en étainmétallique. Il n’a point d’usages. Il est formé , d’après M. Gay-Lussac, de 100 parties de métal et de i3,6 d’oxigène.

Deutoxide d’étain. On le trouve souvent dans la nature 5 il existe en Angleterre , en Espagne , en Bohême , en Saxe , à Banea , à Ma laça -, etc. Il est blanc, et ne passe pas au noir par là dessiccation ; il est fusible , indécomposable au feù , et ne peut plus absorber d’oxigène. Il se dissout très-bien dans la potasse ou la soude , au point que plusieurs chimistes le regardent comme un acide auquel ils donnent le nom à' acide stannique. Ü est formé , suivant MM. Klaproth, Gay-Lüssac et Bérzelius, de ioo partiestï’ étain et de 27,2 d’oxigène. On se sert de l’oxide d’étain naturel pour extraire le métal. Il entre dans la composition de la potée, préparation dont on se sert pour polir les glaees , et qui est presque entièrement formée de deutoxide d’étain et de protoxide de plomb.

Des Sels formés par le protoxide d’étain.

Les dissolutions salines^ d’étain peu oxidé, exposées à l’air , se troublent > absorbent de l’oxigène , et donnent un précipité qui est tantôt du deutoxide , tantôt un soussel au deuxième degré d’oxidation. Le chlore les transforme en deuto-sels ( Voy. Action du chlore sur les sels de protoxide de fer). L’acide sulfureux est àéeomposépar elles , leur . cède de l’oxigène , et il y a du soufre précipité. Les hydrosulfates de potasse, de soude ou d’ammoniaque , et l’aeide 1. 22

338 PREMIÈRE EàRTIÈ.

hydro-sulfurique , les décomposent et en précipitent un hydro-sulfate de protoxide couleur de chocolat. Ya potasse, la soude où Y ammoniaque , etc. * y font naître un précipité blanc de protoxide, soluble dans un excès dépotasse et de soude 5 suivant quelques chimistes , ce précipité est composé de deutoxide d’étain et d’étain métallique (Voy. Protoxide d’étain ). Là cochenille j occasionne un précipité cramoisi pur; Vhydro-cyanate de potasse et de fer (prussiate ) y fait naître un précipité blanc.

36a. Proton-sulfate d’étain. Ce sel est un produit de l’art; il est peu soluble dans l’eau, et susceptible de donner, par une évaporation lente , des prismes longs et très-minces. Lorsqu’on le fait bouillir avec l’acide sulfurique concentré , il passe à l’état de deuto-sülfate ( Berthollet fils ). Il n’a point d’usages.

363 . Proto-nitrate d’étain. On ne le trouve pas dans la nature. Il est ordinairement sous la forme d’un liquide jaunâtre , acide , incristallisable, que l’on peut transformer, par la simple évaporation , en deutoxide d’étain : dans ce cas l’acide nitrique est décomposé et cède l’oxigène au protoxide ; exposé à l’air il en absorbe l’oxigène , et il se précipite du deutoxide , phénomène qui dépend de ce que l’acide nitrique ne se trouve plus assez abondant pour tenir cet oxide en dissolution. Il est sans usages.

364. Hydro-chlorate de protoxide d’étain. Il est le produit de l’art ; on l’obtient sous la forme de petites aiguilles blanches, d’une saveur fortement styptique , rougissant Vinfusum de tournesol , et très-solubles dans l’eau : exposé à l’air, il passe à l’état de sous-deuto-hydro-chlorate insoluble. L’eau distillée ne trouble point cette dissolution pure; mais si elle est mêlée avec l’hydro - chlorate de protoxide d’antimoine , elle est fortement précipitée par ce liquide , qui non-seulement décompose le sel d’antimoine , mais qui précipite encore une grande partie de

f oxide d’étain , comme M. Thénard l’a prouvé» Les acides nitrique et nitreux sont décomposés par ce sel à la température ordinaire; ils lui cèdent une portion de leur oxigène, et se transforment en gaz deutoxide d’azote ; la dissolution se troublé et passe à l’état de sous-deuto-hydro-chlorate d’étain insoluble. Les sels de fer très-oxidés sont aussi décomposés par cette dissolution , et ramenés à un degré d’oxidation inférieur ; il en est de même de plusieurs autres préparations métalliques dont nous parlerons par la suite. L’hydro-chlorate de protoxide d’étain est rarement employé dans les arts ; celui dont on se sert ordinairement est un mélange de beaucoup de proto-hydro-chlorate et de sous-deuto-hydro-chlorate. Gn uen fait plus usage en médecine; il agit comme les poisons irritans, et détermine la mort au bout de i5 à 18 heures , lorsqu’il est administré à la dose d’un gros ou un gros et demi. Le lait le décompose complètement et avec la plus grande rapidité , et doit être considéré comme son antidote. x

365. Proto-hydro-sulfate (Pétain. Il est le produit de l’art , d’une couleur semblable à celle du chocolat , insoluble dans l’eau , insipide et sans usages.

Des Sels formés par le deutoxide d’étain.

Les sels solubles formés par le deutoxide d’étain étant saturés d’oxigène ne se troublent plus par leur exposition à l’air ni par leur mélange avec le chlore , l’acide sulfureux , les acides nitrique , nitreux , etc. ; les hydro - sulfates solubles en précipitent de l’hydro-sulfate d’étain jaune. La potasse , la soude et l’ammoniaque en séparent le deutoxide , qui se dissout très-facilement dans un excès de potasse et de soude : la cochenille y occasionne un précipité écarlate ; l’hydro-cyanate de potasse et de fer les précipite en blanc.

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