Deuto-sulfate d’étain. Il est le produit de l’art : on
34o ÏKEMIÊB.È PiRÏIË.
l’obtient sous la forme d’un liquide acide et incrislallisable : évaporé jusqu’en consistance sirupeuse , et traité par l’eau , il laisse précipiter une certaine quantité d’oxide. ( Bethollet fils ). Il est sans usages.
867. Deuto-nilrate d'étain. Peu connu -, il existe pourtant, car le deutoxide d’étain se dissout à froid dans l’acide nitrique sans dégagement de gaz nitreux. Il serait impossible de le former à l’aide de la chaleur ,1e deutoxide étant insoluble dans l’acide nitrique à une température élevée.
368. Deutodiydio-chlorate d’étain. Il est le produit de l’art. Comme le proto-hydro-chlorate , il a une saveur styptique, cristallise, en petites aiguilles et rougit Vinfusum de tournesol 5 il est déliquescent ; on s’en sert avec grand succès comme mordant dans la teinture écarlate.
369. On vend dans le commerce un sel d’étain que l’on emploie beaucoup dans les manufactures, et qui est composé de proto-hydro-chloratevdesous-deuto-hydro-chlorated’ étain et d’un sel ferrugineux ; il diffère du proto-hydro- chlorate par les propriétés suivantes T eau distillée ne le dissout jamais entièrement r ce qui dépend de l’insolubilité du sousdeuto-hydro-chlorate qu?il contient; les hydro-sulfates de potasse , de soude et d’ammoniaque en précipitent une poudre noirâtre , tandis que le précipité qu’ils forment dans le proto-hydro-chlorate a la couleur du chocolat ^ etc. On se sert de ce sel d’étain dans les manufactures de porcelaine , pour faire le pourpre de Cassius ( voyez art. Or) , et dans les fabriques de toiles peintes , comme nous le dirons par la suite.
Des Métaux de la quatrième section.
Les principaux caractères assignés par M. Thénard aux quatorze métaux compris dans cette classe (1) sont , i° de
(1} 3Nous croyons devoir ajouter aux treize métaux.eompris
DSS MÉTAUX. 34l
ne décomposer l’eau ni à chaud ni à froid ; 2° d’absorber l’oxigène à une température plus ou moins élevée ; 3° de donner des oxides irréductibles parla chaleur seule. Parmi ces métaux, cinq peuvent devenir acides en se combinant avec ime suffisante quantité d’oxigène ; les autres ne jouissent pas de cette propriété.
L’acide sulfurique agit sur eux à-peu-près comme sur les métaux dé la troisième classe ; il en est de même de l’acide nitrique , excepté que dans quelques circonstances il les fait passer à l’état d’acide. L’acide hjdro-chlorique liquide peut en dissoudre quelques-uns après les avoir oxidés ; en effet, l’eau se décompose ; son oxigène se combine avec le métal , et- l’hydrogène se dégage 5 la décomposition de l’eau qui, comme nous l’avons dit, ne serait pas opérée parle métal seul , a lieu ici en vertu d’une double affinité 5 savoir, 1 0 celle du métal pour l’oxigène , 20 celle de l’oxide prêt à se former pour l’acide hydro-chlorique»
Des Produits oxides de la quatrième classe.
Ces produits sont ou des acides ou des oxides. Les premiers rougissent en général T infusion de tournesol et s’unissent aux alcalis pour former des sels ; les autres ne changent point la couleur du tournesol ; quelques-uns d’entre eux verdissent le sirop de violette ; enfin , il en est un certain nombre qui se combinent avec les acides pour donner naissance à des sels.
Des Sels de la quatrième classe.
On trouve dans cette classe des sels produits i ° par un des oxides de la classe et par un acide non métallique ; 2° par un acide métallique et par un oxide quelconque :
dans la quatrième section dé l’ouvrage de M. Thénard, la -plomb.
34 a PREMIÈRE PARTIE.
tels sont , par exemple , les arseniates. Les premier?, lorsqu’ils sont solubles, sont décomposés par la potasse, la soude ou l'ammoniaque , par les hydro-sulfates, et presque touj ours par l’hydro-cyanate de potasse et de fer ( prussiate ).
Métaux susceptibles de devenir acides en se combinant avec V oxigène .
Cës métaux sont l’arsenic , le molybdène , le chrome , le tungstène et le columbium.
De ï Arsenic.
On trouve l’arsenic, i° à l’état natif, 2° à l’état. d’oxide , 3° combina avec le soufre et quelques métaux.; 4° enfin il entre dans la composition de certains arseniates que l’on rencontre quelquefois dans la nature.
3 yo. L’arsenic est tin métal solide y gris d’acier et brillant lorsqu’il est récemment préparé; sa texture est grenue et quelquefois écailleuse , sa dureté peu considérable, sa fragilité très -grande; sa pesanteur spécifique est de 8,3o8 d’après Bergmann ; il répand une légère odeur lorsqu’on lé frotte entre les mains ; il est insipide.
Exposé à l’action du calorique dans des vaisseaux dos , l’arsenic se sublime à la température de i8o° , et cristallise en tétraèdres sans se fondre ni éprouver la moindre altération : il faut , pour en obtenir la fusion , le chauffer sous une pression beaucoup plus forte que celle de l’atmosphère. Si on le met en contact avec le gaz oxigène , et qu’on élève sa température „ drpasse à l’état d’oxide blanc (acide arsenieux ) , qui se sublimé ;Tabsorption de l’oxigène a lieu avec dégagement de calorique et de lumière bleuâtre. Les mêmes phénomènes se produisent si on substitue Y air au gaz oxigène , comme on peut s’en convaincre en jetant quelques gros d’arsenic métallique dans tm têt rouge et évasé ; les vapeurs blanches qui se forment dans ces eir-
DE l’aTcSESIC, 343
constances ont une odeur analogue à celle de l’ail , et sont très-dangereuses à respirer. Quelques chimistes pensent que l’arsenic, soumis à l’action de l’air ou du gaz oxigène humide , passe à l’état de protoxide noir qui ternit l’éclat du métal. M. Proust ne croit pas devoir admettre^ cet oxide , et le regarde comme formé d’arsenic métallique et d’oxide blanc , puisqu’ en le chauffant directement dans des vaisseaux fermés on en retire de l’oxid'e blanc trèsvolatil ( acide arsénieux), et de l’arsenic ; quoi qu’il en soit, ce produit, qui ne diffère pas de la poudre aux mouches , attire promptement l’humidité de l’air , se pelotonne et pend un aspect cendré rougeâtre ; s’il est accumulé en assez grande quantité , il s’échauffe , s’embrase et met le feu aux substances avides d’oxigène dans lesquelles il est enfermé. 11 est arrivé un accident de cette nature dans un des magasins de la rue des Lombards.
37 1 . Le gaz hydrogéné peut se combiner directement avec l’arsenic -, il suffit pour cela de le mettre en contact avec le gaz qui se produit en décomposant l’eau par la pile électrique \ il se forme dans ce, cas un hydrure solide. Il existe encore un produit gazeux formé aussi de ces deux élémens, que l’on ne peut pas obtenir directement , et dont nous indiquerons ailleurs le mode de préparation (Voyez Préforations ). L hydrure d’arsenic est solide , inodore , insipide , brun rougeâtre , terne et indécomposable à une chaleur voisine du rouge cerise 5 chauffé avec le gaz oxigène ou avec l’air , il se décompose et se transforme en eau et en oxide blanc d’arsenic : dans ce cas , l’absorption de l’oxigène a lieu avec dégagement de calorique et de lumière. Il est sans usages.
Hydrogéné arsénié. On ne trouve jamais ce gaz dans la nature ; il est incolore et doué d’une odeur fétide et nauséabonde. Un décimètre cube pèse , d’après M. Davy , o,sr,<)7i4; il ne rougit point les couleurs bleues végétales.
Soumis â ua courant d’ëtin celles élëctriqixes , il paraît sç décomposer en. hydrùre d’arsenic et en gaz hydrogène ; il est probable qu’il serait également décomposé par une forte chalfeur ; il petit être liquéfié , suivant M. Stromeyer, à un froid deL 3oâ . — o°. Chauffé avec une suffisante quantité ‘de gaz oxigenê j il' se transforme en eau et en oxide blanc d’arsenic, et il y a dégagement de lumière. Il est décomposé par Pëàti "aérée 5 l’oxigène de Pair' contenu dans ce liquide transforme l’hydrogène en eau et l’arsenic en oxide. P. E. liorsqu’il esten contact avec l’air , il peut être enflammé' au moyen d’une botigié alliutiéé'; â mesure qu’il’ absorbe l’oxigène , les parois de la cloche qui, lé renferme' se tapisserît' d’une matière brunâtre que M. Thénard pense être de Fhydrure d’arsenic. Il s’enflamme aussi dans le chlore, qui le décompose, et il'se forme de l’acide hydro-chlôrique et du chlorure d’arsenic. Il est également décomposé par le soufre, qui s’unit àThydrogène, et donne naissance à' de Facidé hydro-sulfurique , tandis que l’arsenic passe à l’état de sulfuré d’arsenic à l’aidé d’une certaine quantité de soufre. Le zinc , Pétain, lé potassium et le sodium le décomposent aussi à une température élevée , s’emparent de l’arsenic et mettent Fbydrogène à nu. Cent parties de ce gaz en Volume contiennent iifb parties de gaz hydrogène.. Son; action sur l’économie animale est des plus délétères. M; Gèhlën' ^. professeur distingué dè Facadémië dè Munich , vient de mourir empoisonné par ce gaz. Ce savant cherchait à juger par l’odeur le moment où le gaz commencerait à se dégager ; à peiné une heure s’était écoulée , qu’il fut attaqué de vomisseraens continuels avec frissons et une faiblesse alarmante : iî expira après neuf jours de souffrances atroces , et cependant la quantité de métal qu’il pouvait avoir ins-pirée était infiniment petite. Ce gaz paraît agir sur le système nerveux. Il n’est pas emploi.
DE l’ 'AT. ST, SIC. 345
Le bore et le carbone n’ésercent pas d’action sur l’arsenic. Le phosphore , chauffé avec la poudre de ce métal à l’abri du contact de l’air, se combine avec lui ; et donne un phosphurè brillant , cassant , décomposabîe par l’air ou par le gaz oxi gène , à une température élevée $ il se forme, dans ces cas , de l’acide phosphdrique et de Fèxidë blanc d’arsenic qui sè volatilise , et il y a dégagement de calorique et dé lumière i Ge pbospbüre est '-sans usages.
Le soufrèrent, à l’aide de la cbaîeùr,; s'unir avec l’arsènic \ et donner un Sulfure transparent,' d’un rouge orangé, formé de 106 parties d’arsëùîe et dé 72,41 de soufré , ou bien de i38 d’arsejnic et de 100 dè soufre. On trouve dans la nature deux dé ces sulfures , l’orpiment et lé réaîgar. i°. Orpiment. Il ëx-iste en Hongrie , en Transylvanie , en Géorgie , en Valacbie, en Natolie et dans diverses pai ties de l’ Orient. Il est solide , d’une belle couleur jaune citron , insipide . inodore et lamelleux 5 sa pesanteur spécifique est de 3,45 [il se fond plus facilement que l’ arsenic èt ne tarde pas à se volatiliser. L’air et le gaz oxigène le transforment eu gaz acide sulfUrëux et en oxide blanc d’arsenic , pourvu que la température soit élevée' : il ëst formé de i63 parties d’arsenic et de 100 parties de soufre. Il est employé dans les manufactures de toiles peintes pour dissoudre l’indigo 5 les peintres s’en servent aussi quelquefois. Introduit dans l’estomac des chiens , à la dose de un ou 2 gros , il détermine la mort au bout, de 36 ou 48 heures , et l’on trouve les tissus du canal digestif plus ou moins enflammés. Celui qui a été . préparé dans les laboratoires agit avec plus d’énergie , puisque 18 grains suffisent pour occasionner la mort des mêmes animaux en i5 ou 18' heures ( expériences de M. Smith ).. Il entre dans la composition du baume vert , du collyre de Lanfrane , etc. 5 on l’emploie rarement seul : on eu a, cependant fait usage dans les suppurations atoniques corn-'-
346 PE.EMIÈUE PÀPlTIE.
pliquées de fongosités , dans les exanthèmes chroniques • mais il est presque généralement abandonné. 2 °- Réalgar. On trouve ce sulfure au Saint-Gothard , en ’lransylvanie , en Saxe, en Bohême ; on le rencontre presque toujours aux environs des volcans. Il est solide , d’une couleur rouge orangée, sans saveur ; il se fond plus facilement que l’orpiment , et se volatilise: l’air et le gaz oxigène agissent sur lui comme sur le précédent. Il est formé de 233 parties d’arsenic et de 100 de soufre. Ces analyses , faites par M. Laugier , prouvent que. les;. sulfures naturels ne. sont pas formés des mêmes proportions que le sulfure artificiel. On s’en sert quelquefois en peinture ^ les Chinois l’emploient pour faire des vases dans lesquels ils mettent du vinaigre qui acquiert des propriétés purgatives. Quarante grains de ce sulfure natif, appliqués sur la cuisse d’un chien de huit pouces de haut, déterminèrent la mort au bout de six jours : les intestins offraient des ulcérations miliaires et des rides noirâtres. Un gros 26 grains du même sulfure préparé dans les laboratoires, et appliqué sur la cuisse d’un autre chien, lui firent éprouver le troisième jour des convulsions qui se terminèrent le soir du même jour par la mort. On trouva , vers le pylore , des ulcérations à fond noir ; l’intérieur du rectum offrait plusieurs rides rouges et des tubercules livides. Il n’est pas employé en médecine.
On ignore comment l’iode agit sur ce métal.
Lorsqu’on projette de l’arsenic pulvérisé dans du chlore gazeux > ce gaz est absorbé et solidifié par le métal ; il y a dégagement de calorique et de lumière , et formation de chlorure d’arsenic (beurre d’arsenic) , qui paraît sous la forme de fumées blanches , épaisses , qui ne tardent pas à se condenser en un liquide transparent , incolore , d’une consistance huileuse , susceptible de se congeler , volatil et très-caustique 5 il se transforme en hydro-chlorate lors-
DE if ARSENIC. 347
qu’on le met dans l’eau. Il est formé de 21,9 parties d’arsenic et de 33,6 de chlore. L , azote n’agit pas sur l’arsenic ; il en est de même de Veau et du gaz oxide de carbone . On ne sait pas comment ce métal agit sur le gaz proto et deutoxide d'azote.
Il n exerce aucune action sur les acides borique , carbonique et phosphoiique. L’acide sulfurique concentré est décomposé par ce métal à l’aide de la chaleur ; il se dégage du gaz acide sulfureux , et il se forme de l’oxide blanc qui se dissout dans l’acide non décomposé. On ne connaît pas l’action qu’exercent sur lui les acides iodique et chlorique : il décompose rapidement l’acide nitrique concentré , pourvu qu?on élève un peu la température, et se transforme en une massé blanche qui paraît composée d’oxide blanc et d’acide arsenique , d’après M. Ampère ; il y a dégagement de gaz nitreux (deutoxide d’azote). L’acide hydro-chlorique liquide dissout l’arsenic à l’aide de la chaleur^ l’eau est décomposée et il se dégage du gaz hydrogène arsénié ( Thompson ). On ignore quelle est l’action de ce métal sur l’acide hydr iodique. L’acide hydrophtorique ne paraît pas agir sur lui. Parmi les métaux précédemment étudiés, le potassium, le sodium, le manganèse, le zinc , le fer et l’étain peuvent se combiner avec l’arsenic, et donner des alliages qui sont cassans , lors même qu’ils ne renferment qu’un dixième de ce métal , si toutefois l’on en excepte le cuivre , qui en exige davantage pour perdre sa ductilité. Ces alliages sont en général plus fusibles et moins colorés que les métaux qui les composent-, en effet, l’arsenic jouit de la propriété de blanchir presque tous les métaux avec lesquels il se combine. Lorsqu’on allie une partie de fer à 2 parties d’arsenic , on obtient un produit d’un blanc grisâtre , très-cassant , beaucoup plus fusible que le fer , nullement magnétique et sans usages. Trois parties d’étain et une partie d’arsenic
343 PBEMïEÉÉ P-iRTÎE.
donnent tm alliage Liane, très-brillant, dont on se sertpour préparer le gaz hydrogène arsénié 5 il doit être très-cassant, puisque l’étain le devient par sa combinaison avec la vingtième partie de son poids d’arsenic.
Usages. Allié au cuivre et au platine, l’arsenic sert à -faire les miroirs de télescopes. Réduit en poudre et mêlé aveè de l’eaU aérée , il est employé pour tuer les mouches : dans ce cas l’air contenu dails l’eau transforme le métal en oxide qui se dissout dans le liquide. Enfin on s’en sert dans la purification du platiné, comme nous le dirons par la suite. (Voyez Préparations.)
De ï Oxide blanc di arsenic ( acide arsenieux
En attendant que de nouvelles expériences mettent hors de doute l’existence du protoxide d’arsenic noirâtre , nous n’admettrons que l’oxide blanc. Il existe un autre produit formé par Bbxigène et l’arsenic, l’acide arsenique, dont nous parlerons après avoir fait l’histoire des sels d’arsenic.
L’oxide blanc , connu aussi sous le nom d? arsenic blanc,. de mort aux rats, se trouve en Bohême sous la forme de cristaux blancs ^ transparens , et en Hesse sous la forme d’une poudre blanche. Celui que l’on débite dans le commerce s’obtient en grillant les mines de cobalt arsenical, et se présente sous la forme de masses blanches, vitreuses , demi-transparentes et inodores ; elles sont jaunes ou jaunes-rougeâtres lorsqu’elles contiennent du sulfure d’arsenic ; sa saveur est acre et corrosive ; lorsqu’on le réduit en poudre il a quelque ressemblance avec le sucre pulvérisé ; sa pesanteur spécifique est de 5,ooo. Chauffé dans un matras de verre , il se volatilise et vient se condenser à la partie supérieure sous la forme d’une croûte blanche et de petits tétraèdres ou d?octaèdres. Exposé sur les charbons ardens, il se volatilise également et répand des vapeurs blanches, épaisses, d’une odeur alliacée. On peut produire le même effet en le mettant sur une
DES OXîBES V ARSENIC. 3 49
plaque dé cuivre ou de fer préalablement chauffée au rouge. Une lame de cuivre placée au-dessus de ces vapeurs se recouvre d’une couche d’un très-beau blanc^ et non pas d’un blanc noirâtre, comme on l’indique xMl-à-propos : cette couche est formée par l’oxide volatilisé, et on peut l’enlever facilement avec le doigt. Il n’est point décomposé parlecalorique.Le gaz oxigène ne lui fait éprouver aucune altération 5 exposé à l’air il devient de plus en plus opaque , et toutes les parties jaunes finissent par blanchir et perdre leur transparence. Chauffé avec du soufre, il lui cède son oxigène , et l’on obtient du gaz acide sulfureux et du sulfure d’arsenic. L’oxide blanc d’arsenic réduit en poudre fine et mêlé avec son volume de charbon et dépotasse, se réduit facilement par la chaleur et donne l’arsenic métallique : l’expérience peut être faite dans un tube.de verre long, tiré à la lampe par une de ses extrémités, de manière à ce qu’il ne présente qu’une très-petite ouverture : l’arsenic métallique volatilisé vient adhérer aux parois internes du tube à deux ou trois pouces de son fond. Suivant Klaproth, 1000 parties d’eau bouillante dissolvent 77 Z parties de. cef oxide *, tandis que la même quantité d’eau à 120 n’en dissout que 2 ~ parties. Ce solutum^ saturé à chaud, dépose par le refroidissement des prismes tétraèdres ne contenant pas d’eau, et il renferme alors 3o parties d’oxide sur iqoo parties d’eau. Ainsi dissous, l’oxide blanc d’arsenic ne rougit point Yinfusum ni le papier de tournesol ; il verdit au contraire le sirop de violette , et rétablit la couleur du papier rougi par un acide ; il précipite l’eau de chaux en blanc et non pas en noir, comme l’indiquent presque tous les auteurs de médecine légale: ce précipité , formé de chaux et doxide d’arsenic, est soluble dans un excès de ce dernier corps. Le gaz acide hydrosulfurique ou l’eau dans laquelle il est dissous, précipitent la dissolution d’oxide d’arsenic en jaune doré: le précipité
ÏK.E31IÈRE PARTIE.
est du sulfure jaune d’arsenic , d’où l’on doit conclure que l’qxigène de l’oxide s’est combiné avec l’hydrogène de l’acide hydro-sulfurique pour former de l’eau, tandis que le soufre s’est uni à l’arsenic. On peut, à l’aide de ce réactif, découvrir l’oxide blanc d’arsenic dans un liquide qui n’eu contient qu’un ■-0--1000. Les hydro-sulfates ne troublent en aucune manière cette dissolution, à moins qu’on ne verse dans le mélange quelques gouttes d’acide nitrique , liydrochlorique, etc., qui en séparant de la base del’hydrosulfate, mettent l’acide hydro-sulfurique à nu ; alors on obtient le même précipité jaune doré. L’oxide blanc d’arsenic se combine avec presque toutes les bases et donne des produits analogues aux sels que l’on a nommés arseniies. Plusieurs de ces produits sont décomposés par le feu j l’eau ne peut en dissoudre qu’un très-petit nombre. Ceux qui sont solubles, comme ceux de potasse et de soude, sont précipités en blanc par les acides sulfurique, nitrique, hydro-chlorique , qui forment avec la base un sel soluble, tandis que l’oxide d’arsenic se dépose (i). Cet oxide est formé, suivant M. Thénard, dé 34,694 d’oxigène et de 100 parties de métal. M. Berzelius porte la quantité d’oxigène à 43,6i6. On l’emploie pour faire le vert de Schéele , pour purifier le platine 5 quelquefois aussi on s’en sert dans la fabrication du verre pour hâter la vitrification. Sonactionsur l’économie animale est des plus délétères. Quel que soit le
(1) Nous avons cru devoir développer les caractères de cet oxide , dont les propriétés vénéneuses sont si funestes. Outre ceux dont nous avons parlé , il en est deux autres dont nous ferons mention aux articles Cuivre et Argent . Le premier consiste en ce que la dissolution aqueuse d’oxide d’arsenic précipite en vert le sulfate de cuivre ammoniacal 5 et le second , dans la décomposition du nitrate d’argent liquide et de la pierre infernale par le même solution , qui donne lieu à un précipité jaune-
UES OXIDES d’arsenic. 35 1
tissusür lequel il àitëtë appliqué , il est absorbé et détermine la mort en très-peu de temps , en agissant sur le système nerveux, les organes de la circulation et le canal alimentaire. ( Voyez mon Ouvrage sur les Poisons, p. i38, t. i.) On ne connaît pas encore d’antidote à cette substance , et le meilleur moyen que l’on puisse mettre en usage pour combattre les aceidens auxquels elle donne lieu, consiste à favoriser le vomissement au moyen de boissons adoucissantes et mucilagineuses. L’oxide d’arsenic entre dans la composition delà solution minérale de Fowler , quel’on a employée quelquefois avec sudcès dans les fièvres intermittentes 5 on en administre 10, i5 ou 20 gouttes dans une demi-tasse de liquide , trois fois par jour, sans avoir égard aux heures des paroxysmes ( il est inutile défaire remarquer combien ce médicament doit être employé avec prudence. (Voyez Préparations.) L’oxide blanc d’arsenic fait partie de la pâte arsenicale du frère Côme, dont on se sert souvent pour cautériser les ulcères cancéreux de peu d’étendue. Les expériences de M. Smith, l’observation rapportée par M. Roux, et plusieurs autres recueillies par des personnes dignes de foi , prouvent que l’application extérieure de ce médicament peut être suivie des symptômes les plus funestes et même de la mort , lorsqu’elle est employée en trop grande dose , ou qu’il entre dans sa composition une trop grande quantité d’oxide d’arsenic : e’est à tort que plusieurs praticiens s’obstinent à soutenir le contraire.
Des Sels formés par l’oxide blanc d’arsenic.
L’oxide blanc d’arsenic a plutôt de la tendance à s’unir avec d’autres oxides, vis-â-vis desquels il joue en quelque sorte le rôle d’un acide , qu’à se combiner avec les acides pour former des sels 5 il existe cependant un certain nombre de ces sels dont nous devons exposer les caractères ; leurs dissolutions sont précipitées en blanc par l'eau;
l’oxide précipité se redissout dans un excès d’eau. Les hydro-sulfates solubles les précipitent en jaune ; le dépôt est du sulfure jaune d’arsenic. L’hydro-cyanate de potasse et de fer ( prussiate) y fait naître un précipité blanc , soluble dans l’eau , et nullement mélangé de vert et de j aune.
3ya. Borate d'arsenic. Il est le produit de l’art, et se présente , d’après Bergmann , en partie sous la forme d’une poudre blanche, en partie en aiguilles. Il n’a. point d’usages.
373. Phosphate d’arsenic. On ne le trouve pas dans la nature; il est sous la forme de petits' cristaux grenus, sans usages.
. 374. Sulfate d’arsenic. Il est le produit de l’art ; on l’obtient en petits grains cristallins; chauffé au chalumeau, il exhale une fumée blanche , et se fond en un globule qui : s’évapore lentement. Il n’est pas employé.
375 . Nitrate d’arsenic. Il existe, suivant Bergmann, un nitrate d’arsenic qui résulte de l’action de l’oxide blanc sur l’acide nitrique étendu d’eau. Il est à peine soluble , et se . comporte au chalumeau comme le précédent. Il n’a point d’usages.
876. Hydro-chlorate d’arsenic. On ne trouve j amais ce sel dans la nature. Lorsqu’il a été préparé en faisant dissoudre,
. à l’aide de la chaleur , l’oxide blanc dans l’acide hydro- . chlorique , il est incolore, âcre, volatil, et laisse déposer, en se refroidissant , une très-^grande quantité d’oxide blanc; la liqueur refroidie qui a ain$i déposé , laisse précipiter encore par l’eau beaucoup d’oxide. Suivant Bergmann,-. cet hydro-chlorate peut être obtenu cristallisé.
De l’Acide arsénique.
L’acide arsénique ne se trouve jamais pur dans la nature; il y existe combiné avec quelques oxides métalliques à l’état d’arséniate. Il est solide, blanc, incristallisable, doué d’une saveur métallique, caustique , désagréable ; il rougit
OE l’acide ÀRSEÎïÏQ^E. 353
fortement Vinfusum de tournesol ; sa pesanteur Spécifique *st de 3,39i.
Exposé à l’action du calorique dans des vaisseaux fermés , il ne se volatilise point; il fond, se vitrifie et se décompose en oxigène et en oxide blanc d’arsenic volatil. H attire l’humidité de l’air ; du reste , il n’éprouve de la part de cet agent, ni du gaz oxigène , aucune altération chimrque. Mis sur les charbons ardens , il se boursouffle, perd toute son humidité et devient opaque ; bientôt après il est décomposé par le charbon , qui lui enlève une partie de son oxigène et le fait passer à l’état d’oxide blanc , qui se volatilise et répand une odeur alliacée. Traité par le charbon et par la potasse, il donne, comme l’oxide blanc, de l’arsenic métallique. Il se dissout très-bien dans 2 parties d’eau froide. L g solution rougit Vinfusum de tournesol et le sirop . de violette; il précipite en blanc les eaux de chaux, de baryte et de strontiane , qu’il transforme en arséniates insolubles. L’acide hydro-sidfurique gazeux du dissous dans l’eau agit sur lui comme sur le solutum d’oxide blanc ,: ftihis beaucoup plus lentement. Il s’unit à la plupart des oxides métalliques des deux premières classes ët* formé des séïs: Si on distille jusqu’à siccité une partie de limaille dëfer et 4 parties d’acide arsénique, il y â inflammation du mélange ; l’acide est en partie décomposé , l’oxigène se porte sur le fer , et il se sublime de l’arsenic et de l’oxide d’arsenic; la portion d’acide non décomposée forme âvèd l’oxide de fer un arséniate. Le zinc, mis dans l’acide arsëni que liquide, décompose à-la-fois une portîonde l’eau ét dé l’acide; il en absorbe l’ oxigène et se combine avec l’acide non décomposé -; il se dégage dans: cette expérience du gaz hydrogène arsénié, et il se dépose une poussière noire qui est de l’arsenic métallique. Si on distille un mélange de 2 parties d’acide arsèniqüe desséché et d’une partie de limaille de zinc , il se produit une violente détonnatioh,
au moment où la chaleur est assez forte pour que le zinc absorbe l’ oxigène de l’acide arsenique. L 'étain chauffé avec cet acide s’empare de son oxigène, et l’oxide produit se combine avec l’acide non décomposé. Il est formé , d’après M. Proust, de ioo parties de métal et de 54 parties d’oxigène. M. Berzelius ne porte la quantité d’oxigène qu’à 5 1 ,428. Il est sans usages. Son action sur l’économie animale est encore plus énergique que celle du deutoxide d’arsenic.
Des Arséniates ,
L’action du calorique sur les arséniates est extrêmement variée; il y en a qui se décomposent en oxigène, en oxide blanc d’arsenic et en métal : tel est l’arseniate d’argent; d’autres qui fournissent de l’oxide d’arsenic et un oxide métallique plus oxidé que celui qui entrait dans la composition de l’arséniate ; d’où il suit que l’oxigène de l’acide arsenique s’est porté sur cet oxide : tel est le proto-arséniate de fer; enfin il en est qui ne se décomposent pas et qui sont plus ou moins fusibles , par exemple , les arséniates de potasse et de soude. Traités par le charbon , à une température élevée , les arséniates sont décomposés ; l’oxigène de l’acide arsenique transforme le charbon en gaz acide carbonique ou en gaz oxide de carbone, et passe à l’état d 'arsenic métallique : tantôt l’oxide de l’arséniate reste indécomposé ; tantôt, au contraire , il se décompose. Excepté les arséniates de potasse, de soude et d’ammoniaque , tous les autres sont insolubles dans l’eau; mais ils se dissolvent dans un excès d’acide, si toutefois l’on en excepte l’arséniate de bismuth. Les dissolutions d’arséniate précipitent en rose les sels de cobalt ; le précipité , formé d’acide arsénique et d’oxide de cobalt, se dissolvant dans un excès d’acide ^n’aurait pas lieu dans une dissolution de cobalt très-acide. Les arséniates dissous ne sont pas troublés par l’acidé hydro-chlorique, tandis que les composés d’oxide blanc d’arsenic et d’un alcali
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( arsénites ) sont précipités en blanc par cet acide. Le nitrate d’argent fait naître dans les dissolutions d’arséniate tin précipité rouge brique composé d’acide arsenique et d’oxide d’argent ; enfin les sels de cuivre en précipitent de l’arséniate de cuivre d’un blanc bleuâtre.
3 77. Arséniate d'alumine. Il est sous la forme d’une masse épaisse , insoluble dans l’eau ; il m’existe pas dans la nature et n’a point d’usages.
378. Arséniate d’yttria. Il est blanc, pulvérulent, insoluble dans l’eau , insipide , inaltérable à l’air et sans usages.
379. Arséniate de magnésie. Il est sous la forme d’une masse gommeuse, incristallisable, soluble dans l’eau. On. ne le trouve jamais dans la nature.
380. Arséniate de chaux. Il est insoluble dans l’eau; maison peut le dissoudre dans un excès d’acide, et la dissolution fournit de petits cristaux par une évaporation lente. Il est fusible en verre et sans usages.
381 . Arséniate debaryte. Il est blanc, pulvérulent , insoluble dans l’eau, soluble dans un excès d’acide , fusible en verre, sans éprouver aucune décomposition. Il n’a point d’usages.
38à. Sur-arsèniate de potasse (sel neutre arsenical de Macquer). Il est le produit de l’art. On l’obtient cristallisé en prismes à quatre pans , terminés par des pyramides tétraèdres. Chaude dans un creuset de platine , il fond, perd une portion d’acide, qui probablement se décompose, et passe àl’étatdesous-arséniate. Il est très-soluble dans l’eau 5 le solutum , loin de verdir le sirop de violette, rougit Yinfusum de tournesol. Il n’est pas décomposé par les sels à base de chaux ou de magnésie ; mais il est précipité par les eaux de baryte , de strontiane et de chaux. Il est sans usages.
383. Sous-arséniate de potasse. Il est incri staîlisablé , déliquescent ; il verdit le sirop de violette , et n’altère point Vinfusum de tournesol. Chauffé jusqu’au rouge cerise dans