ES MÉTAUX DE LÀ SIXIEME CLASSE
ja u bleu et en précipite des flocons noirs» ( Ces détails sont extraits du mémoire de M. Yauquelin sur Y osmium. )
Des Métaux de la sixième classe.
Ces métaux, au nombre de six , savoir , l’argent , l’or, le platine , le palladium , le rhodium et l’iridium , ne peuvent opérer la décomposition de l’eau , ni absorber l’oxigène à aucune température ; toutefois il faut en excepter l’argent , qui , à l’état de vapeur , peut se combiner avec ce gaz. Les acides sulfurique ou nitrique ont si peu d’action sur eux , qu’ils n’agissent guère que sur l’argent , même à une température élevée. L’eau régale peut au contraire les dissoudre tous, excepté le dernier.
Des Oxides de la sixième classe.
Ces oxides sont solides , d’une couleur variable , dé~ composables , au-dessous de la chaleur rouge , en oxigène et en métal , solubles dans l’acide hydro-chlorique , sans action sur le sirop de violette et insolubles dans l’eau , si toutefois l’on en excepte l’oxide d’argent, qui se dissout dans ce liquide , verdit le sirop de violette , et que l’acide hydro-chlorique transforme en chlorure d’argent insoluble.
Des Sels de la sixième classe .
La difficulté que l’on éprouve à combiner ces oxides avec les divers acides , fait que les sels de cette classe sont peu nombreux 5 ceux qui sont solubles dans l’eau précipitent par la potasse à chaud ou à froid : excepté ceux d’argent et de palladium, aucun n’est précipité par l’hydro-cyanate de potasse et de fer ( prussiate). Les hydro -sulfates solubles les précipitent tous.
éHEMIERE ïAETIE.
De V Argent.
L’argent se trouve dans la nature, i° à l’état natif, en Norwège, en Misnie , au Hartz, en Sibérie, en Espagne , en France ; mais principalement au Mexique et au Pérou; il est cristallisé ou en masses , et contient presque toujours du fer , du cuivre , de l’arsenic ou de l’or ; 2° .combiné avec le soufre, l’antimoine , l’arsenic, le mercure ; 3° uni au chlore ; 4° enfin à l’état d’oxide d’argent et d’antimoine sulfuré.
543. L argent est solide , d’une belle couleur blanche trèsbrillante , peu dur; il est très-ductile et le plus malléable des métaux après l’or; sa ténacité est très-grande ; sa pesanteur spécifique est de xo,4743-
Soumis à l’action du calorique dans des vaisseaux fermés, il fond assez facilement et se volatilise; si on le laisse refroidir lentement, il cristallise en pyramides quadranguîairës. Il n’éprouve aucune altération de la part du gaz oxigène ni de celle de l’air à la température ordinaire; si on le chauffe au moyen du chalumeau à gaz oxigène , il se volatilise , absorbe l’oxigène, et l’oxide formé se dégage sous la forme d’une fumée que l’on peut recevoir dans un verre renversé au-dessus , sur la surface duquel il produit un enduit jaune brunâtre : cette oxidation a lieu avec une flamme jaune. (Vauquelin. )
L’hydrogène , le bore , le carbone et l’azote n’exercent aucune action sur l’argent. Le phosphore peut se combiner avec lui à l’aide de la chaleur, et former un phosphure solide, fragile, brillant, plus fusible que l’argent , susceptible de se transformer , à une température élevée , par l’action de l’air ou du gaz oxigène , en acide phosphorique et en phosphate d’argent , ou en acide phosphorique et en argent si la chaleur est plus forte. Il est formé de 87 parties d’argent
DE l’AH6EKï. 445
et de i3 parties de phosphore. L’argent peut aussi se combiner avec le soufre , et donner un sulfure solide , d’un gris bleuâtre , ductile , d’un tissu lamelleux , plus fusible que le métal , décomposable par le feu en soufre et en argent. Chauffé avec le contact de l’air ou du gaz oxigèue , ce sulfure se transforme en gaz acide sulfureux et en argent. Il est formé de 100 parties d’argent et de i4>9 de soufre. Il se produit toutes les fois que l’argent est en contact avec de l’acide hydro - sulfurique , soit dans les fosses d’aisance , soit dans les eaux sulfureuses , soit enfin lorsqu’on le met en contact avec des œufs et que la température est un peu élevée. On le rencontre dans presque toutes les mines d’argent au Mexique , en Hongrie , en Bohême , etc. U iode , placé dans des circonstances particulières* peut s’unir avec l’argent et former un iodure insoluble dans l’eau et dans l’ammoniaque.
Chauffé avec du chlore gazeux, il l’absorbe sans qu’il y ait dégagement de lumière , et passe à l’état de chlorure ( muriate d’argent ). On le trouve en petite quantité en Saxe, en Sibérie, au Hartz, en France, au Pérou, etc. 5 il est tantôt cristallisé en cubes , tantôt en masses. Celui que l’on obtient dans les laboratoires est blanc, insipide, caillebotté, et passe rapidement au violet foncé lorsqu’on l’expose à la lumière et qu’il est recouvert d’eau. M. Gay - Lussac a prouvé que , dans cet état , il contient moins de chlore , et que l’eau qui le surnage renferme de l’acide chlorique et de l’acide hydro - chlorique , produits par l’action d’une portion du chlore , sur l’oxigène et sur l’hydrogène de l’eau. Le chlorure d’argent est insoluble dans l’eau , et n’éprouve aucune altération de la part de ce liquide lorsqu’il est dans l’obscurité; il est trèssoluble dans l’ammoniaque , et peu soluble dans les acides forts. Si on le chauffe après l’avoir desséehé sur un filtre , il fond au-dessous de la chaleur rouge, et fournit après
le refroidissement une masse grisâtre, demi-transparente ? flexible, connue autrefois sous le nom d 'argent corné , que l’on peut obtenir cristallisée en octaèdres. Il est décomposé par la potasse, la soude, la baryte ou la chaux, à une température élevée, et l’on obtient du chlorure de potassium, de sodium, etc., de l’argent pur, et du gaz oxigène ; d’où il suit que l’alcali est également décomposé. Le plomb ou l’antimoine, chauffés avec ce chlorure, le décomposent en s’emparant du chlore ; le fer opère cette décomposition, même flans l’eau bouillante ; mais , dans ce cas , une portion du liquide est également décomposée , et l’on obtient de Fhydro-chlorâte de protoxide de fer et de l’argent métallique, sous la forme d’une poussière blanche. Le chlorure d’argent est formé de ioo parties d’argent et de 3o,a8 de chlore 5 on s’en sert quelquefois pour préparer l’argent pur.
L’eau et les acides borique , carbonique , phosphorique , sulfureux , hydro-chlorique et hydro-phtorique sont sans action sur l’argent. L’acide sulfurique concentré , qui ne l’attaque pas à froid, l’oxide à l’aide de la chaleur, se décompose, fournit du gaz acide sulfureux , et il se forme du sulfate d’argent. L’acide nitrique pur dissout l’argent après l’avoir oxidé , même à la température ordinaire ; il se produit du gaz deutoxide d’azote qui reste d’abord dans la liqueur et la colore en vert , mais qui ne tarde pas à se dégager lorsque la température s’élève : il est évident qu’une portion de l’acide nitrique a dû être décomposée (1). Suivant Schéele y l’acide arsenique , dissous dans l’eau , oxide l’argent à l’aide
(j) Dans cette expérience il y a élévation de température, parce que l’oxigène passe de l’état liquide où il se trouvait dans l’acide nitrique, à l’état solide pour constituer l’oxide d’argent j il doit donc perdre du calorique : on retrouve ce phénomène dans un très-grand nombre de cas.