DES OXIDES DE LA DEUXIÈME CLASSE
aigue-marine ; celui de Limoges est formé , d’après M. Vauquelin, dé 69 de silice, 16 de gîucine , i3 d’alumine, o,5 de chaux, 1 d’oxide dè fer; on le traite par la potasse , l’eau et l’acide hydro-chlorique , comme nous l’avons dit en parlant du zircon ; on évaporé les hydro - chlorates pour en précipiter la silice en gelée ; on traite la masse par l’eàu,. et on filtre la dissolution composée des hydrochlorates de glucîne, d’alumine, de chaux et de fer solubles ; on y verse un excès de sous-carbonate d’ammoniaque qui agit sur elle comme sur la dissolution d’yttria , en sorte que l’on obtient la glucîne en suivant le même procédé.
Oxide de magnésium (magnésie). On fait bouillir pendant demi-heure une dissolution étendue de sulfate de. magnésie avec du carbonate de potasse pur , et l’on obtient un précipité blanc de sous-carbonate de magnésie ? qu’il suffit de laver et de calciner dans un ereuset pour en avoir la magnésie. On emploie le plus souvent le souscarbonate de potasse du commerce , et l’on agit à froid ; mais la magnésie obtenue par ce procédé n’est pas aussi pure.
Des Oxidxs de la seconde classe»
Oxide de calcium (chaux). On fait chauffer dans urr creuset du marbre blanc ( carbonate dé chaux ) ; au boue d’une heure ou deux , si la chaleur a été assez forte , on obtient de la chaux pure , car tout le gaz acide carbonique s’est dégagé. Une petite quantité d’eau favorise singulièrement cette décomposition, à raison delà tendance qu’elle a à s’unir avec la chaux. Pour seprocurer la chaux en grande on chauffe la pierre à chaux (carbonate) dans des fourneaux d’une forme particulière, en employant de préférence le bois vert et humide, qui fournit plus d’eau que celui qui est sec : les phénomènes chimiques sont absolument les mêmes. H est important de ne pas trop chauffer la pierre-
lorsqu’elle contient rie la silice, car il se formerait une espèce de frite, et la chaux ne serait plus propre aux constructions 5 il faut cependant la calciner assez pour lui faire perdre tout l’acide carbonique qu’elle renferme.
Oxide de strontium et Pfotoxide de barium (strontiane et baryte). On fait rougir dans un creuset de platine du nitrate de strôntianeoù de baryte purs. (Voyez Préparation de ces nitrates.) Ces sels fondent; leur acide se décompose en oxigène et en acide nitreux , et il ne reste que la baryte ou la strontiane sous forme d’une masse poreuse; on les retire et on les conserve dans des flacons bouchés à l’émeri. Si on faisait l’opération dans un creuset de Hesse , ses parois seraient attaquées , et il faudrait le casser et faire bouillir les fragmens avec de l’eau distillée pour dissoudre au moins une partie de l’oxide qui y est fortement attaché. Deutoxide de barium. On peut se le procurer en chauffant le protoxide avec du gaz oxigène renfermé dans une 'cloche courbe, disposée sur la cuve à mercure.
Protoxides de potassium et de sodium . On met en contact avec le gaz oxigène des lames minces de potassium ou de sodium à la température ordinaire ; ces métaux sont transformés en protoxide lorsque le poids du métal est augmenté d’un dixième.
Deutoxides de potassium et de sodium. On les obtient en faisant agir le gaz oxigène desséché sur le métal : celui-ci passe d’abord à 1 état de protoxide , et se transforme ensuite en deutoxide ; on doit éviter d’employer l’air , qui contient toujours de l’acide carbonique.
Deutoxides de potassium et de sodium contenant de T eau (potasse et soude). On prépare la potasse en projetant dans une bassine de fonte presque rouge un mélange pulvérulent fait avec une partie de nitrate de potasse et deux parties de tartre (tartrate acidulé de potasse); ces
DES OXIDES DE LA DEUXIÈME CLASSE. 535 deux sels se décomposent avec dégagement de calorique et de lumière , et il y a formation d’eau , d’acide carbonique , de gaz azote , etc. Le résidu blanc est du sous-carbonate de potasse , contenant peut-être un peu de tartrate ou de nitrate de potasse. Dans cette expérience l’oxigène de l’acide nitrique se combine avec l’hydrogène et le carbone de l’acide tartarique , et la potasse des deux sels s’unit à l’acide carbonique provenant de l’action de l’oxigène sur le carbone. (Voyez Tartrate acide de potasse , tome II. ) On fait bouillir ce sous - carbonate de potasse avec un poids de chaux vive égal au sien, et 12 ou i5 parties d’eau 5 il se forme du sous-carbonate de chaux insoluble , et la potasse reste en dissolution 5 on filtre à travers une toile , et on fait bouillir le précipité qui reste sur le filtre avec une nouvelle quantité d’eau , afin de dissoudre toute la potasse. Dans cet état , la liqueur ne doit pas ou presque pas précipiter par l’eau de chaux ; si elle précipite , on doit la faire bouillir de nouveau avec de la chaux , pour en séparer tout l’acide carbonique ; alors on la fait évaporer à grand feu jusqu’en consistance de sirop ; on la laisse refroidir jusqu’à ce quelle soit à 5o° ou 6o&, et on l’agite avec trois ou quatre fois son poids d’alcool à 33°, qui ne dissout que la potasse pure. On enferme cette dissolution dans des flaeons , où elle reste pendant quelques jours * afin de laisser déposer les matières insolubles quelle peut contenir ; ces opérations doivent être Élites avec promptitude, pour que la potasse n’absorbe pas l’acide carbonique de l’air. On décante, au moyen d’un siphon rempli d’esprit-de-vin , l’alcool potassé , et on le fait chauffer dans une cornue de verre , à laquelle on adapte un récipient tubulé que l’on a soin de refroidir 5 l’àlcool se volatilise , vient se condenser dans le récipient, et la liqueur se concentre ; lorsqu’elle est réduite à-peu-près au quart de son volume primitif , on la fait évaporer à grand feu dans une bassine
d’argent pour la dessécher , la fondre et la couler dans une autre bassine du même métal ou de cuivre , bien sèche ; on la concasse , et on la renferme sur-le-champ dans des flacons bouchés à l'émeri.
Si , comme on le fait habituellement , on se sert de potasse du commerce , composée de sous-carbonate de potasse, de sulfate, d’hydro-chlorate de potasse, de silice, d’oxides de fer et de manganèse , et quelquefois d’un peu ds sous-carbonate de soude, on doit la soumettre aux mêmes opérations ; on la fait dissoudre dans de l’eau, et on la traite par la chaux , qui ne lui enlève que l’acide carbonique, en sorte que le liquide provenant de ce traitement est formé de potasse et des autres produits que nous venons de nommer. Ce liquide fournit , par l’évaporation,. la pierre à cautère, dont on extrait de la potasse pure au moyen de l’alcool : à la vérité cette potasse contiendrait de la soude si le sous-carbonate du commerce renfermait du sous-carbonate de soude. On prépare la soude en faisant subir les mêmes opérations au sous-carbonate de soude que l’on trouve dans le commerce.
Tritoxides de potassium et de sodium. On obtient ces oxides en faisant chauffer le métal avee un excès de gaz oxigène pur , dans une cloche courbe et sur le mercure.
Verre. On prépare le verre en chauffant fortement du sable blanc ou coloré avec des matières alcalines qui , commenous l’avons dit, sont très-fusibles ,* ensorte que l’on doit regarder ce produit comme un composé de silice et d’un ou de deux alcalis 5 il entre aussi quelquefois dans sa composition du protoxide de plomb , de l’oxide de manganèse , etc. On trouvera des détails sur les opérations mécaniques qui constituent l’art de la verrerie dans le Traité de M, Loisel; nous nous bornerons ici à indiquer, d’après cet auteur, les proportions des matériaux propres à fournir les principales variétés de verre.