DU V ERRE
Glaces de Saint-Gobin. Sable blanc, 100 parties ; chaux éteinte à l’air , 12 parties; sel de soude calciné contenant beaucoup de sous-carbonate de soude , ^5 à 48 parties ; calcin, ou rognures de verre de la même qualité que les glaces, 100 parties: on ajoute quelquefois o,a5 de peroxide de manganèse pour enlever au verre la couleur jaune qu’il peut avoir.
Glaces communes. Sable, 100 parties; soude brute pulvérisée , 100 parties; rognures ou calcin , 100 parties; peroxide de manganèse, o,5 à 1.
Verre à bouteilles. Sable, 100 parties ; soude brute de vàreck , 200 parties ; cendres neuves , 5o parties; cassons de bouteilles , 100 parties.
Verre de cristal ou Jlint-glass. Sable blanc, 100 parties ; minium (deutoxide de plomb), 80 à 85 parties ; potasse du commerce calcinée et un peu aérée , 35 à 4& parties; nitre de première cuite, 2 à 3 parties; peroxide de manganèse , .0,06 : on ajoute aussi quelquefois, oxide blanc d’arsenic ^ o,o5 à o^i ; ou bien la même quantité de sulfure d’antimoine.
Verres colorés. L’art d’obtenir les verres colorés consiste à mêler avec les matières qui constituent le verre ordinaire , une très-petite quantité d’un oxide métallique coloré : ainsi les oxides de cobalt colorent en bleu , le peroxide de manganèse en violet , le pourpre de Cassius uni au peroxide de manganèse , en rouge ; l’oxide de chrome en vert : on obtient aussi une nuance verte avec un mélange d’oxide de cobalt et de chlorure d’argent ou de verre d’antimoine , ou bien encore avec un mélange d’oxide de fer et d’oxide de cuivre, etc.
Azur. Nous avons dit, à l’article Cobalt , que l’azur est un verre bleu pulvérisé, composé de silice , de potasse et de protoxide de cobalt : pour l’obtenir , on grille la mine de cobalt réduite en poudre et séparée des matières
terreuses. Cette mine est le plus souvent formée de cobalt, de fer , de soufre et d’arsenic. Par le grillage ces deux dernières substances se transforment en gaz acide sulfureux et en deutoxide d’arsenic qui se volatilisent ; le fer et le cobalt passent, à l’état d’oxide ; on les fait fondre avec 3 parties de potasse et autant de sable pur, et l’on ne tarde pas à obtenir un verre bleu connu sous le nom de smalt. On le met dans Peau froide lorsqu’il est encore chaud, et on le broie entre deux meules ; ainsi broyé , Il est agité dans des tonneaux remplis d’eau; on décante le liquide trouble , et il se dépose une poudre que l’on désigne sous le nom d 'azur. Il est évident que ce produit sera d’autant plus fin que le liquide aura été décanté plus tard ; car alors les parties les plus pesantes auront eu le temps de se précipiter au fond des tonneaux. L’azur est d’autant plus bleu qu’il contient plus d’oxide de cobalt et moins; d’oxide de fer.
Emaux. On donne le nom d’ émail à des produits vi-. trifiés, transparens ou opaques , incolores ou colorés , formés principalement par le protoxide de plomb ; ceux qui sont opaques contiennent de l’oxide d’étain ; ceux qui sont colorés renferment un oxidemétallique coloré. Émail blanc. On fait chauffer , avec le contact de l’air , 100 parties deplomb et 1 5 à 4o parties d’étain ; lorsque ees métaux sont transformés en oxides , on fait fondre dans un four de faïence 100 parties du produit avec 20 ou 3o parties de sel commun, ^5 parties de sable et 25 parties de taie (Cîouet). On s’en sert pour vernir la faïence , etc.
Poterie. On donne le nom de poterie à tous les vases, faits de terre argileuse cuite. Toutes les poteries sont essentiellement formées d’alumine et de silice ; quelques-unesd’entre elles contiennent de la chaux et du fer oxidé. Nous allons jeter uncoup-d’œil sur les diverses préparations générales que l’on frit subir aux ternes à poterie lorsqu’on-
veut en faire des vases. i°. On les lave pour en séparer les parties grossières , et surtout l’excès de silice. 20. On les mêle avec diverses espèces de terres ou de cimens pour en faire une pâte. 3°. On laisse macérer la pâte 5 on la broyé, on la corroie, c’est-à-dire, on l’étend en la comprimant et en la repliant sur elle-même plusieurs fois pour lui donner du liant et de l’homogénéité. 4°- On fait les pièces. 5°. On les cuit pour les rendre plus denses et plus dures. 6°. On recouvre la plupart d’entre elles d’une couverte que l’on appelle vernis , et qui n’est autre chose qu’un verre métallique ou terreux, coloré ou incolore* transparent ou opaque, et très-fusible.
Nous allons suivre, dans l’exposition des particularités sur l’art du potier , le travail de M. Brongniart, directeur de la manufacture de porcelaine de Sèvres. Ce savant divise les poteries en deux classes : les faïences et les porcelaines . Les premières sont les, poteries proprement dites, les terres de pipeet les grès ; les secondessont les porcelaines dures et tendres.
Faïence . Le caractère distinctif des faïences est d’avoir une pâte toujours opaque et de se cuire convenablement sans éprouver de ramollissement. Cette classe comprend la faïence fine , appelée aussi terre de pipe , les creusets , les poteries rouges, les alcarazas ou vases à rafraîchir, les faïences communes et les' grès. La terre de pipe est composée d’une argile liante, infusible, exempte de fer, ordinairement incolore, et de silex noir ( pyromaque ) broyé. Après avoir bien lavé ces deux matières , on fait une pâté avec un mélange de 4 parties d’argile et d’une partie de silex; on la fait sécher en la chauffant ou en la mettant dans des moules de plâtre bien sec qui a la faculté d’absorber rhumidité ; on la pétrit fortement en faisant marcher dessus des ouvriers à pieds nus, puis en agissant comme pour la pâte de farine; on l’abandonne pendant
plusieurs mois dans des caves humides , ou elle s’altère, noircit et répand une odeur fétide. Ces opérations étant faites, on la façonne et on la cuit dans un four, en la faisant chauffer pendant I±o heures environ ; on recouvre la pièce cuite d’un vernis composé de minium , ou plutôt de sulfure de plomb, de silice et d’un alcali fixe-, pour cela on fait fondre, dans le four à poterie, les matériaux qui composent ce vernis; on le pulvérise très-finement et on le met dans de l’eau où il est suspendu à l’aide du mouvement et d’un peu d’argile; alors on plonge dans ce liquide trouble la pièce cuite , qui, étant poreuse, absorbe l’eau et une portion du vernis pulvérisé ; on la retire de l’eau et on la reporte au feu pour faire fondre le Vernis. Les creusets de Hesse sont formés de 2 parties de sable d’une moyenne grosseur, et d’une partie d’argile; ils résistent très-bien aux changemens de température et sont ia fusibles; cependant ils sont attaqués et dissous par les verres de plomb. On fait aussi des creusets avec 2 parties d’argile pure et une partie de ciment très -cuit de cette même argile; ils résistent beaucoup plus à l’action des verres alcalins , à la fusion desquels ils servent. Les poteries rouges sont les petits pots à fleurs, les terrines et autres poteries commîmes , les vases étrusques , etc. Elles sont formées d’une argile ferrugineuse, lavée, broyée, et dégraissée par une quantité suffisante de sable ou de ciment de cette même poterie. Lorsqu’elles sont destinées à contenir de l’eau, on les enduit intérieurement d’une couverte de verre de plomb pour que le liquide ne passe pas à travers leurs pores ; on applique souvent sur leur surface externe des couleurs métalliques, qu’il suffit de faire fondre. Alcarazas , ou vases à rafraîchir. On les prépare avec une argile rendue poreuse et perméable par une grande quantité de sable , ou par une très-légère cuisson ; le sel commun n’est pas nécessaire ; le degré de chaleur
DES OXIDES DE El TROISIÈME CLASSE.’ 54 1
convenable pour les cuire n’est même pas suffisant pour volatiliser ce sel. Les faïences communes sont composées de 3 parties d’une argile souvent ferrugineuse , quelquefois calcaire, et de 2 parties d’un sable contenant de l’oxide de fer , un peu d’argile et quelquefois même de la chaux. La pâte qui constitue les pipes est la même que celle des faïences fines, mais elle est moins cuite et sans couverte. Les grès sont des faïences à pâte compacte, assez bien cuites pour n’être point rayées par le fer, et qui ne reçoivent pas ordinairement de couverte de plomb ( Brongniart ) ; ils sont formés d’une argile très-plastique et fine, peu ferrugineuse , contenant naturellement une assez grande quantité de sable fin, et ne renfermant presque point de chaux.
Porcelaines ; Le caractère essentiel des porcelaines est d’avoir une pâte qui se ramollit en cuisant et qui acquiert une certaine demi-transparence. On connaît deux espèces de porcelaine : l’une est dure, l’autre est tendre; la première jouit des caractères que nous venons d’indiquer ; elle est formée de kaolin , espèce de sable argileux, infusible, conservant au plus grand feu sa couleur blanche ; et d’un fondant appelé pètunzé , sorte de roche feldspathique, quartzeuze , composée de silice et de chaux. La porcelaine tendre a une pâte plus vitreuse, plus transparente, plus fusible, mais moins dure et moins fragile; elle est formée d’une frite vitreuse, rendue opaque et moins fusible par l’addition d’une argile marneuse très-calcinée ; son vernis est composé de silice , d’alcali et de plomb. ( Voy. , pour les détails des diverses opérations, l’article Argile de M. Bron~ gniart , Dictionnaire des Sciences naturelles , t. III. )
Des Oxides de la troisième classe.
Protoxide de manganèse. On décompose la dissolution de proto-sulfate ou de proto-hydro-chlorate de man-
ganèse par la potasse , la soude ou l’ammoniaque ; on lave l’oxide précipité avec de l’eau privée d’air, et on l’enferme dans des flacons bouchés à l’émeri. Deutoxide. On chauffe pendant une heure et jusqu’au rouge blanc, le tritoxide purifié; il se dégage du gaz oxigène, et il est ramené au deuxième degré d’oxidation. Tritoxide. On le . trouve dans la nature , mais il n’est pas pur. On le prive du carbonate de fer et de chaux qu’il renferme presque toujours, en le faisant digérer pendant 20 ou 2 5 minutes avec de l’acide hydro-chlorique liquide étendu de son poids d’eau , qui décompose ces carbonates et dissout la chaux et le fer ; on décante la dissolution et on lave le résidu, x
Oxide de zinc (fleurs de zinc). On fait fondre le métal dans un creuset; il ne tarde pas à être oxidé par l’air et à donner des flocons blancs qui s’attachent aux parois du creuset, et que l’on enlève àvec une spatule à mesure qu’ils se forment.
Protoxide de fer. On l’obtient en décomposant le proto-sulfate de fer par une dissolution de potasse ou de soude , ét en lavant le précipité avec de l’eau privée d’air. On doit l’enfermer dans des flacons bouchés à l’émeri.
Deutoxide. Il se forme toutes les fois que la vapeur de l’eau est décomposée par le fer.
Tntoxide. On l’obtient , r° en chauffant le Fer jusqu’au rouge cerise avec le contact de l’air ; 20 en décomposant les irito-sels de fer par la potasse , et lavant le précipité; 3° en traitant le fer par l’acide nitrique et décomposant le nitrate par la chaleur ; 4° en décomposant le proto-sulfate de fer. ( Voyez § 344* )
Protoxide d’étain. On le précipite du proto-hydrochlorate d’étain par rammoniaque , et on le lave.
Deutoxide. On le prépare en traitant l’étain en grenaille par l’acide nitrique bouillant ; il se produit une vive effer-