DES FONCTIONS DES ANIMAUX
En considérant les fonctions des animaux vivans autant que l’on peut les expliquer par les principes de la chimie , on s’est particulièrement attaché à la respiration, la digestion, la sécrétion et l’assimilation.
i. De la respiration.
Comme aucun animal ne saurait exister sans la respiration, on la regarde comme une des fonctions vitales. Dans la partie mécanique de cette fonction , l’air est alternativement aspiré par les poumons et expiré par le meme organe. Aucun air n’est respirable s’il est entièrement dépourvu d’oxigène, et l’expérience a montré que la respiration la plus heureuse est celle de l’air atmosphérique. Quant à la quantité de ce fluide respirée par les différens animaux , les proportions en sont si variées qu’on n’en saurait tirer une conclusion certaine ; la meme remarque est faite sur le nombre d’aspirations faites par des personnes saines , dans un tems donné ; on a remarqué que le nombre en était de 14 «à 27 en une minute.
L’air expiré a subi un changement matériel; il consiste alors en azote, en acide carbonique et en vapeurs d’eau.
Comme le sang est la source d’où dérivent les moyens de réparer les fatigues du corps , il devient nécessaire qu’il s’établisse des fonctions pour alimenter ces moyens. Ceci est l’effet de la digestion, dont le produit est conduit au sang. Mais avant que la matière ne soit convertie en ce fluide , elle subit plusieurs changemens qui ont lieu dans les poumons. Pendant sa circulation dans cet organe , le sang prend une couleur
rouge foncé et y acquiert une substance connue sous le nom de fibrine , que l’on ne peut découvrir dans les substances qui y sont conduites pour en réparer la perte , et d’où l’on conclut qu’une partie des fonctions de la respiration est de former cette fibrine du sang. Il paraît qu’une autre des fonctions de la respiration est de préserver le degré de température nécessaire à la santé de l’animal. Les insectes et les poissons ne prennent qu’une très-petite portion d’air, ce qui explique, suivant ce système , la raison pourquoi leur température n’est pas beaucoup plus élevée que celle du medium où ils vivent ; on les appelle animaux à sang froid. La température des animaux est de 35.55 à 4o° centigr. Celle de l’homme est à-peuprès de 36.66; aussi trouve-t-on que la classe d’animaux à laquelle il appartient, requiert une plus grande quantité proportionnelle d’air.