II. DES FLUIDES ANIMAUX
Comme les parties des corps animaux sont fluides ou so
APPLIQUÉE AUX ARTS ET AUX MANUFACTURES. 38l
Udes, il nous semble convenable de considérer d’abord les premières.
i. Du sang.
Ce fluide dans l’homme est d’une belle couleur pourpre; le goût en est doux et salin, et l’odeur particulière. Fraîchement tiré et abandonné pendant quelque tems, il se sépare en deux parties; l’une, appelée coagulum , retient la matière colorante; l’autre, appelée sérum , reste fluide. Les acides coagulent le sang, et les alkalis dissolvent ce coagulum. Les oxides métalliques qui abandonnent facilement leur oxigène, coagulent le sang ; les solutions métalliques produisent des effets semblables. Les substances végétales, telles que le sucre, le camphre et les résines , mêlées à du sang , en empêchent la putréfaction. Les solutions de gomme, ou d’amidon, accélèrent la coagulation ; le tannin produit un précipité abondant, et l’acide gallique produit une couleur noire.
Le sérum du sang est pâle , verdâtre , et d’une consistance moins épaisse que le sang; mais il en retient le goût, l’odeur et la sensation savoneuse. Il coagule à 68 . 89 ; on produit le même effet par une addition d’eau bouillante. Le sérum contient du muriate de soude , du carbonate de soude et du phosphate de chaux ; quand on ajoute de l’eau et qu’on fait bouillir, l’albumine le coagule, tandis que le liquide restant, concentré par l’évaporation , se convertit en gélatine.
Le coagulum du sang est rouge et a de la consistance. Quand on le lave à petites eaux jusqu’à ce qu’elles deviennent incolores, il ne reste que la flbrine; la matière colorante est enlevée par l’eau. La solution aqueuse verdit les couleurs bleues végétales ; et on trouve dans le résidu produit par l’évaporation, de l’albumine et de la soude. Quand on fait évaporer à siccité cette solution aqueuse , il reste une portion de fer que l’on sépare par le barreau aimanté. Ce fer est combiné à l’état d’oxide avec l’acide phosphorique.
Le sang séché exhale une portion d’eau qui possède une odeur particulière; quand on distille ce sang ainsi desséché,
il se dégage en fluide aqueux, puis de l’acide carbonique , du carbonate d’ammoniaque , une huile fluide , du gaz hydrogène carburé et une matière butireuse. Le fluide aqueux précipite le sulfate de fer en vert , dont une portion se dissout dans l’acide muriatique , et laisse une petite quantité de bleu de Prusse pour résidu; ces effets indiquent la présence de l’acide prussique et d’un alkali, dans la liqueur aqueuse.
Les parties constituantes du sang présentent des variations considérables aux différentes époques de la vie ; dans les personnes sujettes aux maladies, il paraît que le sang a changé quelques-unes de ses propriétés.
De la bile .
La bile qui est sécrétée par le foie , et paraît remplir un rôle essentiel pendant la digestion , est jaune verdâtre , d’une odeur particulière et d’un goût amer. Cependant la bile de certains animaux varie dans presque toutes ses parties. Quand on agite fortement la bile , elle mousse comme le savon ; elle se mêle facilement avec l’eau , qui en acquiert la couleur jaune. Chauffée modérément, la bile s’épaissit, exhale une forte odeur, et devient une masse brune solide , qui s’altère à l’humidité de l’air, et se dissout dans l’eau. Elle fait effervescence avec les acides, et acquiert l’odeur du musc ou de l’ambre. On appelle cette substance X extrait de la bile. Les acides décomposent la bile, produisent un précipité verdâtre, qui se dissout en partie en multipliant les points de contact par l’agitation. On obtient trois substances différentes par l’action des acides sur la bile; l’une d’elles a la soude pour base; l’autre est un sel calcaire; et la troisième, une substance cristalline ressemblant au sucre. Les acides coagulent et précipitent l’albumine de la bile ; se combinent à la soude, en séparant la matière huileuse, et décomposent les sels phosphoriques. Les alkalis enlèvent le goût amer à la bile , mais ne la coagulent pas.