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DU BLANCHIMENT

C’est en vain qu’on rechercherait dans la haute antiquité, l’origine duj blanchiment , comme art ; il est certain qu’il ne faut l’attribuer qu’à un âge de rafinement et deluxe, et, sous le rapport de la perfection , cet art est encore plus moderne. Les procédés en sont liés de si près à la chimie , que

celle-ci contribua essentiellement à cette perfection. Que les matériaux dont le linge est fabriqué, soient de nature végétale ou animale , il est rare qu’ils soient assez purs pour les usages de la société civilisée; car, indépendamment des substances qui y adhèrent par suite des opérations de la fabrication, ces matériaux sont intimement unis à des matières colorantes que l’on ne sépare que par des procédés chimiques.

Histoire. — Cet art présente quelques faits curieux dans l’histoire de son origine. Les toiles hollandaises avaient acquis une réputation très-élevée vers le milieu du dix-huitième siècle ; réputation due à leur blancheur et leur excellente fabrique. Toutes les nations de l’Europe la considéraient comme la plus belle et la meilleure. Les terrains les plus renommés étaient dans le voisinage de Harlem , et la blancheur remarquable des toiles était attribuée aux cendres lavées de la Russie, et à l’eau des Dunes, que, par une grande erreur, on croyait être de l’eau de mer filtrée. La comparaison avec les procédés moins parfaits que l’on essaya dans d’autres lieux excita le préjudice peu fondé, qu’il n’était pas possible de blanchir parfaitement, à une trop grande distance de la mer. La plus grande partie des toiles blanchies à Harlem , se manufacturait en Silésie , et se vendait sous la dénomination de toile de Hollande. Beaucoup de toiles fabriquées en Écosse après avoir été blanchies au même endroit, se vendaient sous la même dénomination. Il paraît que la méthode des Hollandais fut introduite en Irlande avant que de l’être en Angleterre ; le premier essai en fut fait en Écosse , dans l’année 1749? par un Irlandais. Il manqua cependant ces premiers essais; car les manufacturiers qui lui avaient confié leurs toiles furent contrains de les transmettre en Hollande pour les finir. Un autre essai n’eut pas plus de succès , quoiqu’il y employa toute une campagne; cependant, par suite d’expériences et d’observations, en peu d’années, il réussit parfaitement. Ce fut à l’industrie et à l’intelligence de cet individu entreprenant, qui fut d’ailleurs amplement recompensé, que les manufacturiers de l’Écosse durent les moyens de préparer leurs toiles , sans

appliquée aux arts et aux MANUFACTURES. 4a7 l’assistance étrangère. La découverte du chlore faite par Scheele en 177 4, et son application par les chimistes Français aux procédés de blanchiment, forment une époque remarquable dans l’histoire de cet art. Les composés de ce corps avec les alkalis et les terres , qui en rendent son usage plus convenable, n’ont pas peu contribué à sa perfection. Les différences qui existent dans la nature des étoffes, requièrent différens procédés dans le blanchiment. Les procédés et les opérations» pour blanchir et purifier les toiles ou les étoffes doivent encore être variés et modifiés suivant qu’elles sont de nature végétale ou animale.

Blanchiment de toiles. — La matière colorante de la toile, qu’on enlève par le blanchiment, est naturellement combinée à la production végétale pendant la croissance , ou s’unit avec elle pendant les opérations de fabrique. Le lin et le chanvre en bottes sont soumis à une espèce de fermentation, qui sépare les fibres des autres parties de la plante ; quelquefois on étend les plantes sur l’herbe , pour y être exposées à l’action de la rosée de l’atmosphère ; mais , comme il arrivait souvent que ces fibres étaient affaiblies, on a proposé d’introduire les plantes dans une chambre de 20 à 3o pieds carrés , dans laquelle on fait passer de la vapeur imprégnée de soude caustique, jusqu’à ce que le changement soit opéré. Cette méthode offre l’avantage d’abréger un tems considérable. Les plantes étant séchées, on les soumet au battage d’une machine, qui en sépare les parties corticales, et rend les fibres capable d’ètre filées. Une autre méthode a été proposée dernièrement par M. Lee; elle consiste à rompre les tiges au moyen de rouleaux cannelés. L’avantage en est que les fibres ne se trouvent exposées à aucune injure , et rendent inutiles les procédés du blanchiment ; mais il paraît d’après les expériences , que les fibres se trouvent raccourcies, et que la fabrication de la toile en est injuriée , pendant que le produit du lin est moindre que par la méthode ordinaire; on trouve aussi que le procédé du blanchiment était également nécessaire dans ce cas.

Matière colorante. — Un examen plus parfait de la matière

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colorante de lin, pourrait peut-être conduire à des moyens d’améliorer les procédés du blanchiment. D’après les expériences de Kirwan, il paraîtrait qu’on enlève une partie de la matière colorante en faisant tremper les toiles dans une lessive alkaline, tandis que les propriétés alkalines du sel sont altérées ; cette matière paraît être une substance résineuse particulière, car elle fut presque entièrement dissoute par la digestion dans de l’esprit de vin rectifié , qui devint rougeâtre ; par l’addition de l’eau , la solution paraissait laiteuse, et produisait un précipité blanc. Cependant cette matière diffère des résines pures, en ce qu’elle est insoluble dans les huiles essentielles. Le résultat de cette expérience montre que cette matière colorante est soluble en partie ou entièrement dans les solutions alkalines ou leurs carbonates, et que la potasse ou son carbonate, sont reconnus les meilleurs solvans de cette matière.

On fait tremper les toiles pour enlever l’espèce d’enduit qui s’applique aux fils pendant la tissure. On plonge les pièces de toile dans de l’eau à la température de 210 centigr, pendant 48 heures; la fermentation en dégage cette matière, et on les lave ensuite à l’eau courante. Mais on améliore ce procédé , en lavant les toiles pendant quelques heures et en les introduisant ensuite dans une cuve contenant une lessive alkaline qui a déjà servi. Le liquide étant à 33° centigr. lorsqu’on l’introduit, on augmente après quelques heures; alors, il s’opère un mouvement intérieur ; la masse augmente de volume avec formation de beaucoup d’écumes à sa surface. Aussitôt que la fermentation cesse, ce qui s’effectue en 12 ou 18 heures suivant la température de l’air, on enlève les toiles, qu’on lave une seconde fois pour les apprêter à l’opération suivante.

Lessive des toiles, — Ce procédé est considéré comme un des plus délicats de l’art du blanchiment. Les pièces étant introduites dans un cuvier , on les couvre d’une lessive alkaline caustique à 33° centigr. Après quelque tems, on décante cette lessive dans un vaisseau placé au-dessous du cuvier,

et on l’introduit dans les bouilloires placées au-dessus au moyen d’une pompe ; on élève la température beaucoup plus , et on la verse de nouveau dans le cuvier. Les mêmes opérations se continuent jusqu’à ce que l’alkali soit saturé de matière colorante et privé de sa causticité. On s’aperçoit de ces changemens à l’odeur offensante qu’elle acquiert. Les précautions nécessaires sont l’augmentation graduelle de la température de la solution alkaline, et de laver les pièces pendant l’opération, avec de l’eau chaude; car l’application d’eau froide, pendant que les pièces sont chaudes, tend à fixer de nouveau une portion de la matière colorante, que l’on ne sépare pas facilement.

Procédé amélioré. — Un procédé proposé en France a été adopté et varié par les manufacturiers de Glasgow. Une pompe, mise en mouvement par une machine , élève la solution alkaline de la bouilloire à une hauteur suffisante au-dessus du cuvier, pour la faire passer par des tuyaux percés de petits trous, ou tomber sur une surface métallique, dont les perforations permettent de la verser continuellement sur les effets, au moyen d’une soupape ouvrant à l’intérieur; la lessive, après avoir passé à travers les toiles , retourne à la bouilloire. Quand l’opération commence, on applique le feu, et la solution s’échauffe graduellement pendant sa circulation dans le cuvier ; lorsqu’elle commence à bouillir , on arrête la pompe, et la solution tombe en courans continus sur les tories. Les avantages sont, que l’opération est conduite par une machine, l’augmentation graduelle de la température et l’application de la solution alkaline répétée régulièrement ; on pense aussi qu’on épargne d’un quart à un tiers d’alkali.

Dégraissage . — L’introduction de l’acide sulfurique comme substitut du lait, qui était anciennement employé, est essentiel dans le procédé du dégraissage , en ce que cette méthode abrège le tems requis à blanchir les toiles. Avec cet acide , le dégraissage peut être complété en 18 ou 24 heures, tandis que l’ancien procédé demandait de 4 à 5 semaines de tems. En préparant la liqueur sulfurique, l’acide est introduit dans

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un vase de bois garni de plomb; on ajoute de l’eau jusqu’à ce que la force n’en soit pas plus grande que celle du bon vinaigre, mais on obtient plus correctement cette force par l’hydromètre. La pesanteur spécifique de l’acide étant plus considérable que celle de l’eau, on doit avoir la précaution de bien faire le mélange avant l’immersion des effets, et lorsque le dégraissage est complété, on les lave avec soin dans de l’eau pure, pour enlever toutes les parties acides. On avait élevé un grand préjudice contre l’emploi des acides dans le blanchiment; il est cependant certain, qu’on ne peut obtenir un blanchiment parfait sans leur usage ; la toile , simplement exposée sur l’herbe aux rayons solaires , est même sujette à altération sans ce procédé de dégraissage.

Dans le blanchiment des effets de toile, on emploie aussi l’ébullition, lorsqu’on requiert une blancheur considérable. La lessive est faite de perlasse ou d’un mélange de perlasse et de savon. La chaleur appliquée doit être modérée , sans ébullition violente et avec la précaution de tenir les effets en immersion , afin que l’action puisse être uniforme. On fait usage de chaudières de fer munies de robinets au fond , pour décanter la lessive épuisée.

Emploi du chlore. — La découverte de ce corps faite par Scheele, n’avait pas été immédiatement suivie de son application ou blanchiment ; les travaux des chimistes Berthollet et Chaptal, ne lui donnèrent cette importance que dix années après. Il fallut encore quelques années pour en introduire l’usage en Angleterre. La première application du chlore, fut à l’état gazeux , et le premier composé de ce corps fut fait avec la potasse. Le chlorate de chaux fut proposé par Tennant de Glasgou, en 1798 ; le peu de valeur de ce sel offre un avantage réel aux manufacturiers.

Préparation. — On a recommandé des proportions différentes dans la préparation du chlore, et en général, les blanchisseurs font usage d’un excès de cette substance, qui diminue d’autant leurs fatigues. Parties égales de sel marin et d’oxide de manganèse amenés en consistance pâteuse par un

peu d’eau, et une quantité d’acide sulfurique égale en poids aux autres substances, étendue de son poids d’eau, sont les proportions communément employées. Mais quelques manufacturiers proposent parties égales de manganèse , de sel et d’acide étendu de son poids d’eau ; on laisse refroidir le mélange de l’acide et de l’eau, avant de l’ajouter aux autres matières.

Chlorate de potasse. — On prend une quantité donnée d’une solution de potasse caustique de la pesanteur spécifique de i .oi5. On forme un mélange de 7 d’oxide de manganèse et de 10 de sel ordinaire, qu’on amène en consistance pâteuse avec un peu d’eau ; on l’introduit dans un appareil à distiller. On fait un mélange de 8 parties d’acide sulfurique et de 8 d’eau , dont on verse la moitié sur la masse au moyen d’un entonnoir de plomb ; on lutte l’appareil , et on commence l’opération le soir ; vers le matin , lorsque la distillation diminue, on ajoute l’autre partie d’acide sulfurique, et quand elle diminue de nouveau, on en renouvelle le dégagement au moyen du feu ; le procédé fini , on décante le liquide et on le verse dans le commerce.

Chlorate de chaux. — Les proportions employées dans la composition de ce sel, indiquées par Tennant, sont 3o livres de sel ordinaire dissous dans 1120 pintes d’eau. Pour augmenter la pesanteur spécifique de l’eau , lorsque la dissolution est faite, on ajoute 60 livres de chaux vive en poudre fine. On met 3o livres d’oxide noir de manganèse dans une cornue, que l’on a mélés à un poids égal de sel ordinaire ; on ajoute même quantité d’acide sulfurique étendu de 18 livres d’eau. On fait la distillation au bain de sable et on a le soin de remuer le liquide pour empêcher que la chaux ne se dépose. Lorsqu’on applique le chlorure de chaux à l’opération du blanchiment, on dissout le composé dans l’eau par l’agitation , et on laisse précipiter la partie insoluble de la chaux, jusqu’à ce que la liqueur devienne transparente : on s’en sert à cet effet en Écosse.

Chlorate de magnésie. — En préparant ce composé, on

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réduit la terre aussi fine que possible , et on l’introduit dans un vase , avec de l’eau. Une partie d’oxide noir de manganèse et deux parties d’acide muriatique de la pesanteur spécifique de i . 200 étendu de son poids d’eau , sont mis dans une cornue. En se dégageant, le chlore se combine avec la magnésie contenue en suspension dans l’eaù au moyen d’une agitation répétée ; le procédé arrêté , on laisse déposer les parties insolubles et on emploie le liquide transparent (i).

De la force des liquides. — Pour s’assurer de l’uniformité des effets pendant les procédés du blanchiment et empêcher la perte des matières dans un grand établissement, on veille toutes les parties avec la plus scrupuleuse attention ; on doit prendre soin de n’employer que des liquides d’une même force. Les solutions alkalines dont l’alkali est le plus caustique possible, peuvent toujours être amenées à une force déterminée , en mesurant la pesanteur spécifique par l’hydromètre. Mais dans l’application des chlorates , il paraît de nouvelles substances qui doivent leur origine à l’action mutuelle des différentes parties employées, dont quelques-unes indiquent la même pesanteur spécifique , tout en injuriant la toile. En pareil cas , comme la pesanteur spécifique n’est pas un moyen assuré pour reconnaître la bonté du chlorate , on examine les effets chimiques qu’il produit sur une solution d’indigo. Cette solution est composée d’une partie d’indigo en poudre , que l’on fait digérer pendant plusieurs heures dans 8 parties d’acide sulfurique concentré sur un bain de sable; lorsque la solution est achevée, on y ajoute mille parties d’eau. Une mesure de la solution étant introduite dans un tube gradué , on y verse ensuite du chlorate en liqueur, jusqu’à ce que la couleur disparaisse entièrement, et on détermine de cette manière le nombre de mesures de ce chlorate nécessaires ,

(r) En France, on ne blanchit qu’avec l’eau de javelle, qui est une espèce de chlorate de potasse et de soude, dont la composition est donnée dans la note, page 164. ( Note du Traducteur.)

pour détruire la couleur de l’indigo : car , lorsque l’effet de la liqueur sur les étoffes a été déterminé par l’expérience , et quand on sait combien il en faut de mesures pour détruire la couleur de 4’indigo , le manufacturier peut toujours régler la préparation de ces liqueurs à une force déterminée, par un essai très-simple. L’usage de l’acétate d’indigo a été également proposé; on le prépare en ajoutant une solution d’acétate de plomb à une solution d’indigo dans l’acide sulfurique, autant qu’il se forme un précipité ; quelques autres fabricans emploient l’infusion de cochenille.

Blanchiment par le chlorate de chaux. — Cette méthode requiert également les opérations préliminaires de l’ancien procédé; lessive est répétée 4 à 5 fois et entre chaque opération, on lave les effets avec une grande quantité d’eau. Ensuite on les plonge dans une solution de chlorate de chaux ; après avoir été lavés à l’eau pure , on les traite par l’acide sulfurique comme il est dit ci-dessus, on les lave de nouveau à l’eau pure et on les fait bouillir dans une solution alkaline. Trois immersions dans le chlorate de chaux sont nécessaires pour les toiles, qui sont suivies chacune des opérations cidessus décrites. Pour enlever la teinte jaune que les effets ainsi blanchis sont sujets à prendre, on les 'expose à l’air pendant quelques jours , puis, dans l’intention d’enlever l’odeur désagréable qui se développe, on les fait bouillir pendant un court espace de tems dans une solution de perlasse et de savon.

Blanchiment par la vapeur. — On emploie ce moven avec le plus grand succès, depuis quelques années, en France et en Irlande. On trempe les toiles dans une lessive alkaline , contenant un centième de soude , on les expose ensuite pendant six heures à l’action de la vapeur, et ainsi pendant deux ou trois opérations successives. On les rince dans l’eau avec une petite proportion de savon, pour les rendre pures* et blanches. On blanchit de même le fil et les étoffes de coton. Le fil étant disposé par poignées , est d’abord imprégné d’une solution faible de soude caustique à la chaux , puis on

dispose les pièces en une pile, sur un gril de bois, place dans une chaudière de cuivre. La liqueur surabondante passe au fond de la chaudière et permet d’échauffer la masse sans risques. L’appareil est alors bouché hermétiquement; on allume le feu du fourneau et on le maintient jusqu’à ce que tout le liquide ait été converti en vapeur; qui, se trouvant comprimée, élève davantage la température et blanchit proportionnellement le coton ; après ce procédé qui dure trentesix heures, on lave le coton avec soin et on l’expose pendant plusieurs jours sur l’herbe. Si quelques parties en restaient colorées , on parviendra facilement à blanchir le tout , en appliquant une seconde fois le procédé. Cette méthode présente des avantages considérables de tems et de dépense. Par des essais répétés, on s’est convaincu, que cinq lessives dans la solution alkaline avec les opérations alternatives du bain à vapeurs, sont nécessaires pour blanchir les toiles; on combine fort heureusement la méthode du blanchiment à la vapeur , avec une immersion des effets dans un des composés de chlore.

Étoffes de coton. — Il paraît que la matière colorante du coton est d’une nature huileuse, qui s’enlève en lessivant dans un alkali faible et en lavant dans l’eau courante; on sépare ensuite une portion de matière terreuse qui se trouve encore attachée aux fibres, par l’emploi d’une solution d’acide sulfurique faible; on lave ensuite pour enlever l’acide.

Après les lessives, on met les mousselines grosses en ébullition dans une solution faible de perlasse , et après un second lavage , on les fait bouillir deux fois avec du savon seulement. Après avoir été soumises à l’acide , on les lave pour enlever celui-ci, on les fait bouillir encore avec du savon , on les lave et on les plonge dans une solution de chlorate de potasse; on répète ces deux dernières opérations, jusqu’à blancheur parfaite ; enfin , on termine en les soumettant de nouveau à l’acide et en les lavant parfaitement dans l’eau pure. On suit les mêmes procédés pour les belles mousselines , excepté que l’on emploie du savon seulement dans l’opération de l’ébullition,

pour que l’alkali ne fasse pas craindre l’altération de cette espèce de mousseline.

Etoffes colorées. — Il est nécessaire de prendre beaucoup de précautions lors du blanchiment des cotonades teintes avec des couleurs fixes. On lçs fait d’abord tremper et ensuite on les lave dans l’eau froide; on les fait bouillir au savon, on les lave de nouveau et ensuite on les plonge dans une solution de chlorate de potasse d’une force modérée. Lesv mêmes précédés sont répétés jusqu’à ce que les étoffes deviennent d’un blanc pur; on finit ensuite l’opération en les soumettant à l’acide et au lavage; c’est ainsi qu’avec un peu d’adresse, on augmente même la délicatesse et le brillant des couleurs.

Méthode pour sécher la mousseline. — On doit à M. B urns un procédé chimique aussi facile qu’assuré, pour sécher les mousselines d’une manière parfaite et rapide. Les pièces sont roulées sur des cylindres creux d’étain , dont la longueur correspond à la largeur des pièces de coton ; les cylindres étant remplis de vapeurs, sont fortement échauffés, et la chaleur communiquée à la mousseline enlève l’humidité à l’état de vapeur.

Calicot. — On exige une blancheur moins parfaite pour les toiles que l’on destine à être imprimées; mais en même teins, on doit enlever les matières qui pourraient altérer les couleurs. La solution alkaline dans laquelle on passe les pièces, doit être modérément caustique à la chaux; on abandonne la solution pendant quelque tems , jusqu’à ce qu’elle devienne transparente, afin qu’aucune particule de chaux ne puisse ge fixer sur les pièces.

Les toiles de lin que 1 on prépare ainsi à l’impression, requièrent dix ou douze opérations à la situation alkaline; entre chaque opération, on les lave à l’eau pure et on les expose pendant quelque tems sur l’herbe; après la sixième opération, on les plonge dans la liqueur acide, et on répète cette même opération à la fin des lessives alkalines.

Lorsque dans les manufactures on désire s’assurer si Les toiles a imprimer sont suffisamment blanchies, on enlève une petite pièce, pour l’imprimer avec le mordant que l’on

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a préparé pour l’impression générale; après quelque teins et après que le mordant est adhérent aux fibres , on lave cet échantillon, pour en détacher les particules superflues; on l’introduit dans un bain faible de garance, dont on augmente graduellement la chaleur; on le plonge différentes fois, jusqu’à ce que la teinte demandée soit obtenue. Si le blanchiment a été bien conduit, la partie de l’échantillon qui a reçu le mordant, s’imbibe de la matière colorante de la garance, mais si les parties qui doivent rester blanches deviennent rouge sale , c’est un indice que le blanchiment doit être répété. On blanchit plus facilement les cotonnades que l’on destine à l’impression ; on suit les mêmes procédés , mais en moindres quantités, et cinq ou six opérations alkalines sont généralement suffisantes. Les pièces plus fines sont traitées par les couleurs les plus délicates: en ce cas, il est nécessaire de répéter les procédés de l’ébullition plus souvent , dans lesquels les solutions de potasse sont encore plus faibles. Dans quelques établissemens où on prépare les calicos en grand , on trouve de l’avantage à soumettre les pièces à une forte pression après chaque opération de lavage, de traitement par l’acide et d’ébullition. Pour cet effet, on passe la toile dans des cylindres de bois , en forme de laminoires ; le liquide restant et les impuretés qui se détachent des fibres de la toile découlent à la fois : les pièces en sont plutôt et plus uniformément séchées.

Calicot imprimé. — Avant de verser les toiles imprimées dans le commerce, les parties qui doivent rester blanches, doivent subir un blanchiment pour leur donner une pureté et une clarté nécessaires. On pense que le sombre du blanc provient de l’imperfection du blanchiment préliminaire, ou bien d’une portion du mordant qui s’attache à la toile pendant qu’elle est soumise au bain aqueux. La délicatesse des couleurs appliquées , empêche l’usage de réactifs puissans dans le blanchiment des parties non imprimées , et requiert une substance qui nettoie les fonds blancs sans injurier les couleurs. La solution très-faible de chlorate de soude a été employée avec

beaucoup de succès ; les pièces teintes à la garance sont laissées dans cette solution jusqu’à ce que les fonds blancs soient suffisamment purs ; mais le chlorate de magnésie réussit mieux , car tandis que le fond blanc est entièrement nettoyé , le brillant des couleurs est parfaitement conservé. Le composé se dissout dans l’eau à la température de 73.88 centigr. en quantité sensible à la bouche ; la solution étant agitée , on y passe rapidement les effets imprimés , sur une manivelle dans le bain; cette opération ne doit durer que quelques minutes, et on la continue jusqu’à ce que le fond se trouve d’un blanc pur. On lave ensuite dans un courant d’eau. L’avantage consiste ici à n’employer que des solutions très -faibles.

Blanchiment des étoffes de laine. — Deux opérations sont nécessaires dans ce blanchiment; le dégraissage, qui n’est que la préparation de la seconde opération , qui consiste à soufrer, et qu’on nomme le blanchiment. La laine contient beaucoup de matières animales. Comme l’affinité entre les parties constituantes de ces matières est plus faible que celle qui existe entre les élémens des végétaux , les premières sont plus susceptibles d’être décomposées parles agens chimiques ; de là, l’action violente qu’exercent les alkalis et les acides sur les matières animales. L’analyse chimique démontre la présence du carbonate d’ammoniaque et d’une portion considérable de matière huileuse, dans les laines. Les laines s’altèrent peu par l’exposition à l’air ; l’eau à ioo° centigr. affecte à peine cette matière; une forte chaleur réduit la laine en fusion, et par l’action des alkalis caustiques, elles sont entièrement décomposées et réduites en matière savonneuse.

Dégraissage. — On prépare au moyen de l’ébullition, un mélange de 5 parties d’eau et 1 partie d’urine de nuit; on obtient ainsi une solution ammoniacale dont les effets sont moins actifs que ceux des autres alkalis. La laine doit être tenue dans cette solution pendant quelque tems, en remuant souvent, afin que toutes les parties huileuses puissent être exposées à son action. On met la laine dans des paniers pour la faire égouter , et on conserve le liquide pour une autre opéra-

tion. On lave ensuite la laine dans un courant deau pure, jusqu’à ce que celle-ci reste incolore. On répète ce procédé jusqu’à ce qu’on ait obtenu le degré de blancheur convenable. Dans les opérations subséquentes on ajoute une nouvelle quantité d’urine à la solution dont on peut aussi augmenter la température, mais avec précaution; la perte que la laine éprouve par cette opération excède quelquefois 5o pour ioo; mais elle varie suivant sa nature et les impuretés avec lesquelles elle se trouve mêlée. L’élasticité, la douceur et la blancheur des fibres laineuses sont des indications assurées de la réussite de l’opération. Pour dégraisser des espèces plus fines de laines, le procédé se complique davantage; on la lave d’abord dans un bain de savon noir, à ioo° centigr, puis on l’expose au soleil ou à l’air pour sécher. Pour en séparer tout le suint et avant de la peigner, on procède à un second dégraissage; enfin, on en fait trois ou quatre de suite, quand on veut un blanc très-pur.

Soufrage. — On ne procède à cette opération que lorsque les laines sont travaillées ; les pièces sont arrangées sur des perches dans des chambres, ou on brûle graduellement du soufre , disposé sur des surfaces métalliques. L’acide sulfureux pénètre dans les pores des pièces et détruit la matière colorante. L’opération dure de 6 à il\ heures; on finit par soumettre les pièces à un bain de savon faible, pour enlever la dureté que les vapeurs sulfureuses y ont laissées. Mais il arrive souvent que les effets de ce mode de blanchir ne sont appréciables qu’aux surfaces. Pour produire une blancheur plus parfaite, on emploie l’acide sulfureux liquide. Pour l’obtenir, on emploie un appareil semblable à celui dont on se sert pour le chlore; on considère la paille hachée, de la sciure de bois ou une substance semblable , comme le moyen le plus économique pour décomposer l’acide sulfurique : on conduit l’acide sulfureux qui se dégage dans des bouteilles remplies d’eau, jusqu’à saturation : c’est dans cette eau que l’on plonge les pièces à blanchir;mais on les passe d’abord dans une solution alkaline, contenant un cinquantième de potasse de la quantité de laine em~

APPLIQUÉE AUX ARTS ET AUX MANUFACTURES. /f 3^

plovée, et dont la température est à 42 . 22 centigr. Après le lavace, on introduit les effets dans une solution chaude de savon. Quand on veut un grand degré de blancheur, on fait subir deux et même troi? lavages savonneux aux pièces, avant de les soumettre au soufrage. Pour cette dernière opération, 011 continue d’y plonger les effets jusqu’à ce que le degré de blancheur nécessaire soit obtenu, dont chaque immersion prend de deux à trois heures de tems. On les fait sécher ensuite sur une table , avec le soin de les abriter du contact de l’air, pour éviter les changemens nuisibles que l’oxigène fait subir à l’acide sulfureux. On les lave ensuite dans une eau courante et quelquefois dans de l’eau contenant un peu de blanc de Bougival, en suspension, plus une petite quantité d’indigo ou de bleu de Prusse, pour en augmenter la blancheur.

Blanchiment de la soie. — La soie , comme production animale, est toujours couverte d’un vernis jaune qui la rend dure et en gâte le lustre ; on l’appelle soie écrue. L’eau, même bouillante , n’a aucun effet sur la soie , ainsi que l’alcool ; mais les solutions alkalines d’une force suffisante la dissolvent avec le vernis jaune qui la couvre.

Avant de blanchir la soie , on la traite par une solution de 3o de savon sur 100 de soie 5 pour compléter la solution du vernis, on la tient pendant quelque tems à la température de l’eau bouillante , quoiqu’on n’y plonge la soie que lorsqu’elle est réduite à 32°. 22 centigr. On la fait alors poser sur des traverses dans le bain et on change occasionnellement leur position pour exposer toutes les parties , jusqu’à ce que sa gomme soit dissoute. On la fait égouter, on la tord et on la place dans des sacs de grosse toile contenant de 20 à 3o livres chaque; on les plonge de nouveau dans un bain contenant une petite proportion de savon, que l’on tient à l’ébullition pendant 2 ou 3 heures ; on a soin de remuer souvent pour que les sacs n’adhèrent point au fond de la chaudière ; on lave ensuite dans un courant d’eau , et on répète le blanchiment jusqu’à ce qu’il soit uniformément parfait. Les soies que l’on destine à la teinture, n’ont pas besoin d’être soumises au bain

tiède , mais il est nécessaire de les mettre à bouillir avec une plus grande proportion de savon, suivant la finesse de la couleur. Pour les couleurs communes, on met 3o pour ioo de savon; mais pour le violet, le rouge cerise et quelques autres , il est nécessaire d’augmenter la proportion à 5o de savon sur ioo de soie.

Blanchiment à la vapeur. — Pour prévenir le dommage que cause aux soies le procédé ci-dessus décrit , on a proposé de les blanchir à la vapeur, avec un appareil semblable à celui dont on fait usage pour le blanchiment du coton. On remplit la chaudière d’une solution faible de soude caustique et on expose ia soie sur des traverses , à l’action de la vapeur de ce liquide, pendant io à 12 heures. La température de cette vapeur est de près de 120 degrés centigr. ; son action enlève la gomme de la soie et la rend parfaitement blanche ; on la lave à l’eau chaude , et on la soumet à un second bain de vapeurs. On lave de nouveau, et pour lui donner de la souplesse, on ajoute une petite quantité de savon.

Dans les différens procédés de dégraissage , les étoffes de soie sont considérablement blanchies; mais dans la plupart des cas , on exige plus de brillant. On emploie l’acide sulfureux pour produire la blancheur la plus parfaite , comme dans le blanchiment de la laine; 011 se sert du même appareil, et de l’acide gazeux ou liquide.

Blanchiment à V alcool. — Les chimistes français ont proposé depuis long-tems la méthode de blanchir la soie sans détruire la gomme au moyen de l’alcool, ou plutôt, d’un mélange d’une livre d’alcool et d’une once d’acide hydrochlorique. On introduit l’étoffe dans un vase de verre et on la couvre de ce mélange ; on bouche hermétiquement et on expose pendant 12 heures au soleil, ou à la même température à l’ombre, mais pendant 24 heures; on la retire, on la presse et on la soumet à une autre opération semblable; on l’enlève de nouveau, on la lave dans de l’alcool pur et on l’exposç pendant 24 heures au soleil dans le même liquide (alcool); pnfm, on la lave à l’eau pure et on l’étend pour sécher.

appliquée aux arts et aux manufactures. 44 1 En traitant les cocons de soie pour en détruire le ver , dans un four dont la température est de 70°, il est alors plus difficile de filer la soie, qui en devient plus rude, de qualité inférieure et moins susceptible d’un beau lustre. On a proposé, pour lever toutes ces difficultés, de détruire l’insecte par l’alcool; on arrange les cocons dans une boîte en une couche de 6 pouces de hauteur , et on l’arrose à-peu-près d’une demi-pinte d’esprit de vin ; on les mêle alors avec la main et on arrange une autre couche de cocons par-dessus que l’on arrose de même ; la boîte étant remplie de la sorte , on la ferme et on l’abandonne pendant 24 heures ; il se produit beaucoup de chaleur et la vapeur de l’esprit détruit les insectes. On étend alors les cocons pour les sécher; le coût de l’alcool se trouve grandement compensé par un produit de soie plus abondant et d’une qualité supérieure ; on épargne aussi du tems et du feu. On plonge ensuite les cocons dans de l’eau à près de ioo° centigr. ; on dévide la soie sur un dévidoir. Il faut surtout éviter que cette eau ne contienne aucun sel. Comme en cet état , la soie est sujette à s’aglommérer , on la fait tremper pendant 2 heures dans de l’eau chaude , on l’ouvre avec des épingles et on la dévide. On la soumet ainsi au blanchiment , dans un cône de pierre , ayant une ouverture d’un pouce de diamètre pour recevoir un bouchon perforé , muni d’un tube de verre , pour enlever le liquide ; le cône est aussi garni d’un couvercle bien ajusté. Les proportions du mélange sont , une once d’acide muriatique sur quatre livres d’esprit de vin , que l’on verse sur la soie ; on laisse écouler ce liquide après 24 heures de contact, pour en ajouter une nouvelle quantité et ainsi jusqu’à ce qu’elle découle incolore. On fait égouter la soie , on ajoute une nouvelle portion du même mélange, et on laisse le tout en repos pendant 2 ou 3 jours, jusqu’à ce que la soie devienne parfaitement blanche ; on la lave avec un peu d’esprit de vin pur, puis avec une grande affusion d’eau , jusqu’à ce que celle-ci soit incolore et insipide. Pour en séparer une petite portion d’acide , on met la soie dans on sac de laine, on introduit celui-ci dans un panier,

et on expose le tout pendant quelque tems dans un courant d’eau.

Ce procédé très-coûteux a suggéré l’idée de retirer l’alcool à-peu-près pur, des différens liquides que l’on décante successivement ; on peut saturer l’acide avec de la potasse jusqu’à ce que le liquide ne rougisse plus la teinture de tournesol, et on distille dans un appareil de cuivre ; on reçoit l’alcool dans des vases propres ; on peut encore distiller l’esprit acidulé , mais on doit arrêter l’opération à une certaine époque , car la première partie montre peu d’acidité, tandis que la dernière est toute composée d’acide muriatique, d’une odeur aromatique particulière; cet acide est très-pur et peut être concentré.

Dégraissage des étoffes de soie . — Les pièces colorées se trouvant souvent tachées -, on doit à-la-fois, par de bons procédés, enlever ces taches sans diminuer le brillant des couleurs. Il est donc nécessaire de connaître les substances qui ont produit les taches et celles qui peuvent les enlever, ainsi que les effets de ces réactifs sur les couleurs et sur la soie ; enfin les moyens de restaurer les couleurs changées. Les substances grasses 'ou huileuses, les acides, les alkalis, la sueur et les fruits, sont facilement reconnus ; mais les effets de beaucoup d’autres sont d’une nature plus compliquée. Les acides rougissent le noir , le fauve et le violet , de même que les différens tons obtenus du fer, des astringens et de tous les bleus, excepté l’indigo et le bleu de Prusse : ils rendent les jaunes plus pâles. Les rouges de cochenille , des bois de Brésil et de campèche, se changent en violet par les alkalis ; les verts des étoffes de laine se convertissent en jaunes par les alkalis , les jaunes deviennent bruns; enfin la sueur produit des effets semblables sur différentes étoffes.

Les matières grasses et huileuses , l’enlèvent par les alkalis, les savons, les blancs d’œufs et quelques-unes des terres absorbantes. Les oxides de fer sont extraits par l’acide oxalique, ou quelques-uns des acides minéraux très-étendus. Les taches d’acides se détruisent par l’action des alkalis et vice

versa. Celles des fruits se traitent par l’acide sulfureux, et mieux encore par l’application du chlore. Mais dans le traitement des taches d’une nature compliquée , on fait suivre différentes méthodes; par exemple, lorsque la matière huileuse est combinée avec le fer , on enlève d’abord la substance grasse avant l’application des réactifs pour dissoudre le fer : lorsque les réactifs simples n’ont point d’action sensible sur les taches , on peut employer des boules , que l’on forme d’un composé d’alcool tenant du savon en solution , auquel on ajoute des blancs de 4 ou 5 œufs , une portion d’essence de térébenthine et de terre à foulon. On frotte une des balles humides sur la tache, et, après le lavage à l’eau claire, la tache disparaît généralement. Comme la couleur des étoffes sur lesquelles on a appliqué des réactifs se change ou diminue , il est nécessaire de la raviver autant que possible et de rétablir sa première intensité. La nature de la couleur et celle de ses parties constituantes doit diriger dans ces méthodes. Lorsque, par exemple, on applique un alkali pour détruire une tache acide, sur des étoffes brunes, violettes ou bleues, la tache jaune qui reste s’enlève par l’application d’une solution d’étain . La couleur des étoffes brunes qui ont été traitées par la noix de galles, se rétablit par une solution de sulfate de fer; les acides ravivent l’intensité des couleurs jaunes qui ont été brunies parles alkalis; les noirs produits par le bois de campèche , sont rougis par les acides ; les alkalis changent ces taches rouges en jaune, et par le moyen des astringens, la couleur noire se rétablit. La couleur bleue sur coton ou laine, qui a éprouvée un changement, se rétablit par une solution d’une partie d’indigo dans quatre parties d’acide sulfurique étendu ; et le brillant de l’écarlate se remet par la cochenille et une solution de muriate d’étain.

Le lustre des étoffes fines qui est altéré par le lavage, se rétablit en passant, sur la partie affectée, une brosse humectée d’une faible dissolution de gomme; après quoi, on y applique une feuille de papier ou une pièce de toile que l’on presse avec un fer chaud, jusqu’à siccité.

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Il est également nécessaire de bien choisir les réactifs dont on fait usage; il faut toujours préférer les acides végétaux, parce qu’ils sont moins susceptibles de produire de mauvais effets ; mais on peut en toute assurance employer l’acide sulfureux pour enlever les taches de fruits , car ni le bleu de la soie, ni les couleurs produites par les astringens, ni le jaune du coton , ne changent ; l’ammoniaque répond mieux que les alkalis fixes, pour enlever les taches produites par les acides, et, quand on l’applique à l’état de vapeurs, l’action est efficace sans presque changer la couleur.

Pour nettoyer les étoffes de soie, de laine et de coton, sans altérer la couleur ou la contexture des pièces , on y parvient facilement en appliquant la poulpe délayée des pommes de terre crues; le liquide étant passé dans un tamis et reçu dans un vase propre, on le laisse en repos jusqu’à ce que l’amidon soit précipité, et on met le liquide clair en bouteilles pour s’en servir au besoin. On étend la pièce à nettoyer sur une toile posée sur une table, et on passe une éponge trempée dans le liquide, sur les parties tachées; on répète cette opération jusqu’à ce que les taches disparaissent. On lave ensuite la pièce dans différentes eaux pures, et on la fait sécher comme à l’ordinaire. Ce liquide est d’un usage très-utile pour nettoyer les peintures à l’huile et les bois peints; on peut en recueillir la fécule et employer les poulpes à nettoyer les tapis et les étoffes grossières (i).

(ï) Je crois qu’il n’aurait pas été hors de propos de parler ici d’un nouveau composé découvert par M. Thénard, l’eau oxigénée ou deutoxide d’hydrogene , sous ce rapport , que l’auteur traitant de l’art du blanchiment aurait pu consacrer un article au blanchiment de la pâte à fabriquer le papier, et un autre , airx procédés si vaiiés par lesquels les restaurateurs de tableaux, de dessins et de livres, parviennent à rendre presque neufs des ouvrages méconnaissables. L’eau oxigénée , quoique très-faible , a été employée à la restauration d’un tableau dont les fonds blancs s’étaient noircis ; ce qui prouve que l’on pourrait s’en servir avec avantage, sans craindre que son action n’altérât les autres couleurs. Dans

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