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DE LART DU DOREUR

Pour préserver les surfaces de différentes sortes d’ouvrages de l’action de l’air, ou de celle des âgens chimiques, et quelquefois pour servir d’ornement, on fixe une couverture légère d’or sur le bois, les métaux , ou d’autres substances. Ce métal n’est pas seulement le plus précieux sous les rapports de sa belle couleur et de sa nature durable, mais aussi, de sa propriété d’être battu en feuilles très-minces, au moyen de la chaleur : car un poids donné d’or peut couvrir une étendue de surface beaucoup plus considérable que le poids égal de tout autre métal. On l’emploie soit à l’état de feuille, soit en amalgame avec le mercure, ou bien encore sous la forme de poudre d’or.

Feuilles d'or. — On choisit l’or le plus pur, pour le battre

(i) Pendant un séjour de six ans en Angleterre, comme prisonnier de guerre, je me suis convaincu que ce pain est non-seulement dégoûtant, mais encore malsain. Les Anglais, qui vantent si haut leur humanité, nourrissaient de ioo à iio mille prisonniers avec une espèce de pain qui ne pouvait se manger que frais ; et alors , en le projetant contre les planches des baraques , il y restait ordinairement collé. En moins de vingt-quatre heures , i! tombait en petites masses sèches , que l’eau bouillante détrempait à la manière de la terre glaise. ( Note dit Traducteur . )

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en feuilles. On le fait fondre avec du borax dans un creuset de plombagine , et on le verse dans un moule de fer graissé et chauffé, pour en former des lames de 6 à 8 pouces de long sur trois quarts de pouce de large. On chauffe une lame au rouge, pour en brûler la graisse; on l’étend sur l’enclume et on la passe ensuite dans une laminoire, qui la convertit en ruban aussi mince que le papier. On divise ce ruban en i5o parties égales que l’on forge sur une enclume pour en former des pièces d’un pouce carré. Ces pièces étant bien apprêtées, pèsent]’ 6 grains quatre dixièmes. On les place entre des morceaux de papier vélin, et ]on les travaille jusqu’à ce quelles soient à-peu-près de la grandeur dès feuilles de vélin. On divise ensuite chacune d’elles en quatre parties et les 6oo pièces ainsi formées, sont interposées dans des pièces de baudruche de même grandeur que celle de vélin. On continue le battage jusqu’à ce que l’or ait acquis l’étendue de la membrane. Chaque feuille étant sous-divisée en quatre, on arrange les 2400 feuilles ainsi obtenues en trois paquets, avec des membranes interposées , et on les bat de nouveau jusqu’à ce qu’elles aient acquis la première dimension. On les met ensuite en livrets de feuilles chaque. Cette opération montre combien la malléabilité est remarquable dans l’or , puisque chaque grain fournit trente pouces carrés plus six dixièmes de pouces, (Poids anglais qui répond à 1974. 42 millim. carrés, à-peu-près).

Amalgame. — Pour la préparation de cet amalgame , on fait chauffer une portion de mercure dans un creuset; lorsque ce métal est près de bouillir, on y introduit un sixième de son poids d’or pur en lames minces et chauffées au rouge. On maintient la chaleur, et en peu de minutes, le mélange prend une consistance uniforme; on l’ote du feu et on le met à froid dans une pièce de cuir doux , pour le soumettre à la pression, la partie fluide du mercure passe par les pores du cuir, qui retient une masse jaune argentine de la consistance du beurre, contenant une partie d’or et deux de mercure en proportions. Ce mélange est alors trituré dans un mortier

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et secoué dans une forte fiole avec des portions de sel et d’eau , jusqu’à ce que celle-ci passe pure; il est alors propre à l’usage et peut se garder indéfiniment dans une bouteille bouchée. Il est très-important que les matériaux de cet amalgame soient dans un état de pureté parfaite , pour que l’éclat de l’or ne soit pas diminué. Il serait nécessaire aussi que le mercure fut préparé en distillant le précipité rouge.

Poudre d'or. — On a proposé différentes méthodes pour préparer cette poudre. On l’obtient très-belle en précipitant la solution nitro - muriatique d’or par le cuivre. On fait di gérer le précipité dans du vinaigre distillé, on lave et on sèche. On peut encore préparer cette poudre, en triturant dans un mortier de verre, une partie de feuille d’or avec un peu de miel ou d’eau de gomme , jusqu’à ce que le métal soit très-divisé; on lave ensuite à l’eau bouillante. Mais la plus belle poudre se prépare en chauffant graduellement un amalgame d’or dans un vase de terre ouvert, jusqu’à ce que tout le mercure soit dégagé. On triture l’or restant avec un peu d’eau et on le sèche.

On produit l’application de l’or sur la surface de différentes substances au moyen d’une matière adhérente , ou bien , en raison de l’affinité qui existe entre l’or et la substance sur laquelle on l’applique. Lorsqu’on dore des métaux , du verre, ou de la porcelaine, on aide le procédé en les exposant à une chaleur modérée. Mais pour dorer le bois , le papier ou le cuir , le procédé se fait par l’intermède d’autres substances.

Dorure sur bois. — On emploie deux méthodes pour dorer le bois; la première qui se fait à l’huile et la seconde au brunissoir. Dans la première méthode , on couvre le bois de deux ou trois couches d’huile de lin bouillie et de blanc de plomb; lorsqu’elles sont parfaitement sèches, on y superpose une légère couche d’un composé appelé assiette , que l’on prépare en triturant ensemble de l’ocre rouge qui a été fortement calciné et de la vieille huile siccative très-épaisse. Avant l’emploi, on y ajoute une petite quantité d’huile de térébentiuc. En douze heures

cette couche se trouve ordinairement sèche et alors on y applique la feuille d’or que l’on imprime avec une boule de coton; en deux ou trois jours, l’opération est achevée. En préparant la surface à dorer par le second moyen, on la couvre d’abord d’une forte couche d’ocre comme ci-dessus, et lorsque celle-ci est sèche , on met huit ou dix couches de la même préparation, mais à laquelle on a ajouté du plâtre de Paris ou de la chaux lavée, très-fine. Après la dessiccation on y met une couche d’un mélange d’ocre et d’une petite quantité d’ocre jaune. Pendant que cette dernière couche est encore humide, on applique la feuille d’or comme à l’ordinaire, et on brosse les parties que l’on veut faire briller, avant que le tout ne soit sec, car l’or se trouve toujours mat, après l’apposition. Cette manière de dorer est exécutée dans le confectionnement des cadres et n’est point susceptible d’être exposée aux influences du tems. On peut nettoyer la dorure à l’huile au moyen d’une brosse et d’un peu d’eau chaude, mais la deuxième espèce doit être nettoyée avec de l’esprit de vin ou avec de l’huile de térébentine.

Dorure sur métaux.- — La méthode la plus simple pour dorer les métaux consiste à couvrir la surface d’une double couche de feuilles d’or, après l’avoir préalablement polie et élevée à la température du plomb fondu. On y applique d’abord légèrement le brunissoir, et la pression en étant graduellement augmentée, les deux surfaces sont amenées en contact et adhèrent fortement. On peut appliquer ainsi différentes autres couches , que l’on traite de la même manière , lorsque l’on requiert une dorure très-solide.

Dorure a Veau. — La méthode la plus commune de dorer sur métaux, se fait au moyen d’un amalgame. Pour dorer de l’argent de cette manière , on en nettoie parfaitement la surface en la tenant quelque tems dans l’acide hvdrochlorique étendu et chaud; on lave ensuite avec de l’eau, et lorsque la surface est sèche et légèrement chauffée , on étend l’amalgame qui y adhère immédiatement. La surface ainsi recouverte s’expose à un feu clair de charbon , pour en dégager

le mercure ; par le refroidissement , on trouve le métal garni d’une légère couche d’or. On le frotte avec une brosse métallique ; on en rehausse la couleur en chauffant la surface et -en y appliquant un mélange de cire blanche , d’ocre rouge, et de vert-de-gris, plus une petite quantité d’alun. La cire se brûle au feu de charbon et la surface rouge étant étouffée dans de burine, on lui donne le dernier brillant au . brunissoir.

Lorsqu’on dore des métaux qui ont moins d’affinité pour l’or, on adopte une autre méthode qui est celle dont les boutons de cuivre doré produisent un exemple. On en nettoie la surface au brunissoir, et on la plonge dans une solution neutre de mercure, qui y forme une couverture de ce métal en quelques secondes; on applique ensuite l’amalgame d’or et on finit le procédé comme ci-dessus. Par cette méthode, cinq grains d’or suffisent pour dorer les deux surfaces de douze douzaines de boutons de cuivre d’un pouce de diamètre (i).

(i) L’auteur n’indiquant pas la méthode à suivre pour argenter les divisions portées sur divers instruinens de physique , tels que planches de thermomètres, de baromètres et de cadrans de cuivre, je pénse qu'il n’est pas inutile de faire connaître un procédé qui m’a parfaitement réussi.

On fait un mélange de 3 parties de chlorure d’ai’gent ( muriate ) bien lavé , de 2 de tartrate de potasse et de 2' de sel marin très-blanc et parfaitement pulvérisé. On fait une poudre impalpable de ces trois substances , on y ajoute quelques atomes de sulfate de fer, et on humecte au fur et à mesure du besoin. On frotte les surfaces par parties et épicycloidement , pour éviter les rayures ; on lave les pièces dans une eau très-pure ; on les frotte encore avec un chiffon de laine , et on les finit en y passant ensuite une couche de vernis incolore , pour les garantir de l’action des agens extérieurs. ( Note du Traducteur. )

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