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DE L’EAU

L’opinion des philosophes a été très-variée , lors de la régénération de la chimie , sur la nature du produit de l’oxigène et de l’hydrogène par la combustion. Les expériences de Cavendish, en 1781, portent à conclure que l’eau est le résultat de la combustion; ce qui fut confirmé par Lavoisier et ses compatriotes, qui firent ces expériences en grand. Cette heureuse découverte peut être considérée comme la plus importante de la chimie moderne.

Les proportions des deux élémens constitutifs de l’eau, sont 2 parties d’hydrogène et i5 d’oxigène en poids, ou 2 d’hydrogène et 1 d’oxigène en volume : ces proportions ont été confirmées par l’expérience.

Exp. I. — Si on introduit dans une fiole, deux mesures d’hydrogène et une d’oxigène, et qu’on y mette le feu, il y aura explosion; et si l’expérience est faite sur le mercure, il V a formation d’eau. Pour éviter le danger de l’explo-

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sion, il faut envelopper la fiole d’uti lihge et la tenir des deux mains.

Exp. II. — Si on fait substituer de l’air atmosphérique à l’oxigèné , celui-ci disparaît , et le gai azote reste.

Exp. IIÏ. — Si on fait passer de la vapeur d’eau dans un tube rouge de porcelaine , rempli de tournure de fer, elle sera décomposée ; l’oxigène se combine arec le métal , et l’hydrogène se dégage.

Èxp. ÏV. — On effectue également cette décomposition par le galvanisme. Si on achève le circuit des fils d’une batterie galvanique par le moyen d’un tube rempli d’eau , celle-ci se décompose ; l’oxigène passe au pâle positif, et l’hydrogène au pâle négatif; si on employé des fils de platine, les deux gaz peuvent être recueillis séparément dans des tubes. Si on les recueille dans le même tube, et qu’on en effectue l’explosion, en mettant les fils en contact, les deux gaz reprendront la forme liquide. Cette expérience montre à la fois la composition et la décomposition de l’eau.

Exp. Y. — Si on fait passer un petit courant de gaz hydrogène dans un grand vase rempli d’air atmosphérique, et qu’on y mette le feu; bientôt une vapeur mouillera les parois intérieures du verre, si on a eu soin de garnir celui-ci de linges mouillés dans l’eau froide; on pourra même obtenir en une heure, une quantité d’eau assez grande: un litre d’eau au maximum de densité , c’est-à-dire à -f- 4 centigr. ; pèse iooo grammes.

L’eau existe en trois états différons : à l’état de glace , de liquide et de vapeur. Abaissée à la température de o centigr. , èïle devient solide; elle prend alors une forme cristalline, dont les cristaux se croissent sous des angles de 6o° à iao° ; l’eau augmente de volume et produit une force considérable par son expansion. La gravité spécifique de la glace est par conséquent moindre que celle de l’eau ; quand la température s’élève au-dessus de o , le calorique sc trouve absorbé, et la glace reprend la forme liquide.

L’eau possède la propriété singulière d’atteindre le maxi-

muni de sa densité à la température de 5,56 centigï*. , et non, comme ou pourrait s’y attendre, lorsqu’elle approche davantage du point de congélation. Mais lorsque la température est élevée à ioo°, le tout est converti en un fluide élastique invisible, connu sous le nom de vapeur. Ce changement remarquable est dû à l’absorption du calorique en telle quantité, qu’il aurait élevé l’eau à une température de 593.33 cengr. , si il n’y avait point eu de changement. A. l’état de vapeur, l’eau a augmenté de 1700 fois son volume, d’où on conclut que sa force expansive doit être prodigieuse; c’est la raison qui l’â fait appliquer aux machines dites à vapeurs.

SECTION II

DES COMPOSÉS DE l’h YDROGENE AVEC LE 'CHLORE,

l’iode et l’azote.

1 . De l'acide hydrochlorique. — L’hydrogène entrant en combinaison avec le chlore, forme cet acide. Si on remplit un vase de verre de chlore sec et un autre de gaz hydrogène, et qu’ils soient en communication , la couleur du chlore disparaîtra et il se formera un nouveau produit , qui est l’acidè hydrochlorique, par la simple exposition de l’appareil à la lumière. Si on expose dans un tube de verre, des volumes égaux d’hydrogène et de chlore aux rayons solaires , l’explosion et le produit seront les mêmes.

2. De l'acide hydriodique. — Le composé d’hydrogène et d’iode possède des propriétés acides : 4 parties d’iode et 1 de phosphore, mouillées avec de l’eau et chauffées dans une cornue, produisent un gaz qu’il faut recueillir sur le mercure; il est sans couleur, et a l’odeur de l’acide muriatique. Dans cette expérience , l’eau est décomposée ; l’oxigène se combine avec le phosphore; et l’hydrogène, s’unissant avec l’iode, forme l’acide hydriodique.

3. De l'ammoniaque. — Aucun changement 11’a lieu lorsqu’on unit l’hydrogène et l’azote; on ne connaît aucun pro-

cédé qui puisse occasioner une combinaison directe de ces deux gaz : mais , lorsqu’on les amène en contact , au moment de leur séparation des corps auxquels ils étaient combinés, ou, comme on dit, à 1 état de gaz naissant, ils s’unissent et forment l’ammoniaque; il sera parlé des propriétés de ces substances à l’article des alkalis et des acides.

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