DF. L’ACIDE SULFURIQUE
Cet acide, qui est un composé de soufre et du maximum
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ÉLKMF.NS DE CHIMIK PRATIQUE
d’oxigène , paraît avoir été connu dans le quinzième siècle, mais n’a été décrit que vers le milieu du seizième. Il fut désigné d’abord par le nom & huile de vitriol , parcequ’on l’obtenait des composés métalliques nommés • vitriols , et particulièrement, comme aujourd’hui encore, du vitriol vert ou sulfate de fer : son apparence oleiforme contribue à lui donner le nom < Yhuile .
Prépciratioit. — Si on introduit de la fleur de soufre 'enflammé dans un vase contenant de l’oxigène, il se développe à l’instant une quantité de fumées blanches, accompagnées d’une vive combustion ; ces fumées étant recueillies par un peu d’eau, que l’on met au fond du vase, cette eau acquiert les propriétés d’un acide.
Dans les manufactures, on brûle dans des chambres de plomb, sept parties de soufre et une de nitre. Dans ce procédé, le soufre, se combinant avec une partie d’oxigène, se convertit en gaz acide sulfureux; du gaz nitreux, provenant de la décomposition du nitre , se développe aussi , et , se combinant avec l’oxigène , forme le gaz acide nitreux; les deux gaz s’unissent pour former un solide blanc cristallin , lequel , étant absorbé par l’eau au fond de la chambre , subit un autre changement. L’acide sulfureux enlève la partie d’oxigène de l’acide nitreux , et se convertit en acide sulfurique , tandis que le gaz nitreux , prenant la forme élastique, se dégage. On continue le procédé jusqu’à ce que l’eau au fond de la chambre ait acquis une grande force d’acidité. On la concentre ensuite dans des vases de platine.
Propriétés. — Lorsque l’acide fumant , tel qu’on le prépare en quelques endroits de l’Allemagne , est distillé dans des vases de verre , on en peut recueillir les fumées dans des récipiens entourés de glace ; il prend alors la forme solide et ressemble à des filamens de soie qui possèdent quelque ténacité. Il fume fortement à l’air, et se dissipe graduellement en vapeurs, mais il reste à l’état solide jusqu’à ce qu’il ait acquis la température de 1 5 . 56 centigr.
Lorsqu’il est purifié, l’acide sulfurique est transparent, incolore, d’une consistance oléagineuse, sans odeur, mais ayant un goût extrêmement acide. Il rougit les couleurs bleues , et agit fortement sur les matières animales et végétales. Très-concentré , sa gravité spécifique est le double de celle de l’eau, mais elle dépasse rarement 1.84. Son point d’ébullition varie en raison de l’eau qu’il contient ; lorsque sa gravité spécifique est de 1 . 85o , il acquiert une température de 32 6 . 66 ; et quand il est réduit à 1 . 10 , il bout à io3 . 33°. D’une gravité spécifique de 1.780, il gèle à — 42.77, et reste solide à 44 • 44- Il cristallise en prismes hexangulaires applatis se terminant en pyramides ; mais il a la singulière propriété de geler plutôt à une certaine gravité spécifique , et s’il est plus ou moins concentré , il requiert une plus grande diminution de température. Cet acide a une forte attraction pour l’eau, et pendant la condensation des deux liquides, il se développe beaucoup de chaleur. Lorsque l’acide sulfurique solide est mis dans de l’eau , la combinaison et là condensation sont si rapides , qu’elles produisent un effet semblable à celui d’un fer rouge, par la formation et l’extrication subite de la vapeur de l’eau. Si on expose de l’acide sulfurique concentré à l’air, en peu de jours, il attirera cinq à six fois son poids d’eau. Si on fait un mélange d’une partie de glace et de 4 d’acide concentré, la glace se fond instantanément, et la température est élevée à celle de l’eau bouillante. Si, au lieu de glace , on substitue de l’eau , la température approchera de 148.88 centigr.
La composition de l’acide sulfurique, suivant Lavoisier, est de 71 de soufre et de 29 d’oxigène ; mais, suivant M. Chenevix, les proportions seraient de 61 .5 de. soufre et de 38.5 d’oxigène.
L’hydrogène mis en contact avec l’acide sulfurique, ne produit aucune action à la température ordinaire ; mais passe dans un tube rouge , l’acide est décomposé ; il se forme de l’eau, et le soufre se précipite. Si l’hydrogène est en grande quantité, le soufre se redissout ? et se dégage en hydrogène
ÉLpAlEISrS DR CHIMIE PRATIQUE
sulfuré. Le charbon à ioop enlève une partie d’oxigène à l’acide sulfurique, le convertit en acide sulfureux, pendant qu’il se forme de l’acide carbonique en même tems. Le phosphore , à l’aide de la chaleur , décompose aussi l’acide sulfurique; les produits sont les acides phosphoriques et phosphoreux , et le soufre bouilli avec l’acide sulfurique le convertit en entier en acide sulfureux.
Les composés de l’acide sulfurique avec les alkalis, les terres et les oxides métalliques , sont connus sous le nom de sulfates.
Cet acide est employé en grand dans beaucoup de manufactures, de même qu’en médecine et dans les pharmacies; il en résulte que sa préparation a toujours été un objet de grande importance.
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