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fumées blanches qui s’élèvent et qui se déposent ensuite sous la forme de flocons blancs, constituent l’acide phosphorique, que l’on considère comme un composé de phosphore et d’oxigène.
Préparation. — On obtient cet acide par la décomposition des os, dont il forme une des parties constituantes, suivant le procédé décrit à l’article phosphore. Lorsqu’on fait évaporer l’acide phosphorique liquide , l’acide reste à l’état solide , et on peut en chasser toute l’humidité en le soumettant à une chaleur rouge; on l’appelle alors verre de phosphore; il est transparent, incolore et solide. Il attire l’humidité de l’air, devient gluant; il est très-soluble dans l’eau; à l’état de flocons blancs, il se dissout avec un petit sifflement; le goût en est acide , et il rougit les couleurs bleues.
Lorsqu’on expose l’acide phosphorique mélangé avec du charbon à une chaleur rouge, il se décompose. Le carbone se combine avec l’oxigène de l’acide, et le phosphore en est séparé. L’acide sulphurique , attire l’eau de l’acide phosphorique et l’abandonne à l’état d’une matière visqueuse et transparente, ou en verre , si on applique une forte chaleur. L’acide sulfureux est séparé de ses combinaisons , traité par l’acide phosphorique; mais cchn-cr-cst entièrement séparé par les acides nitrique et hydrochlorique.
Les parties constituantes de l’acide phosphorique sont de 60 d’oxigène et de 4o de phosphore, suivant Lavoisier; les sels se nomment phosphates , et sont d’une grande importance dans beaucoup de préparations chimiques.
SECTION VII
DF. 1,’àCIDE PHOSPHOREUX.
L’acide phosphoreux est combiné avec une moindre partie d’oxigène que l’acide phosphorique ; il est relatif à cet acide, comme l’acide sulfureux l’est à l’acide sulfurique. Lorsqu’on expose des petits morceaux de phosphore dans un tube
celui-ci étant placé dans un autre plus grand, bientôt par l’attraction de l’humidité de l’air, ils deviennent liquides, et passent dans le second tube. Ce liquide est de trois lois le poids du phosphore employé; on le désignait autrefois par le nom d’acide phosphoreux , il est épais et blanc ; il a un goût piquant, et il rougit les couleurs bleues végétales; mais, d’après des expériences récentes , il paraît que c’est un composé des acides phosphorique et phosphoreux en proportions égales.
En suivant le procédé proposé par M. H. Davy, on peut obtenir l’acide phosphoreux pur en sublimant le phosphore dans un tube de verre , en ayant soin de le couvrir d’une certaine quantité de sublimé corrosif en poudre ( deutochlorure de mercure ). Il passe en liquide incolore , lequel , étant mêlé avec de l’eau et évaporé jusqu’à consistance siropeuse, est composé de 81 d’acide phosphoreux et de 19 d’eau. Ce liquide devient solide par le refroidissement. Chauffé fortement à vase ouvert,, il s’enflamme, et produit un grand dégagement de gaz hydrogène phosphuré; le résidu est formé d’acide phosphorique. Dans ce procédé , il est évident que l’eau est décomposée , que son hydrogène s’unit avec une partie de phosphore , et se dégage en gaz hydrogène phosphuré, et que l’oxigène, se combinant avec l’autre partie de phosphore, le convertit en acide phosphorique. Les composés salins de l’acide phosphoreux se nomment phosphites.
SECTION VIII
DF, L’ACIDE BORACIQUE.
Cet acide est une des parties constituantes du borax (sousborate de soude), substance qui est connue depuis long-tems en médecine et dans le commerce; il en fut séparé par Homberg, vers le commencement du dix-huitième siècle, parla distillation, et reçut de lui le nom de sel narcotique ou sédatif.
Préparation. — On fait dissoudre une partie de borax du commerce , composé d acide et de soude , dans de l’eau bouillante; on filtre, et on ajoute graduellement de l’acide sulfurique, jusqu’à ce que le liquide acquière un certain degré d’acidité : par le refroidissement , l’acide se précipite en écailles luisantes. Dans ce procédé, l’acide sulfurique s’unit avec la soude , et l’acide boracique est mis en liberté ; on le purifie en le lavant à l’eau froide, qui enlève les sels solubles adhérens.
Propriétés. — Ce sel , ainsi obtenu , a la forme d’écaillcs hexaèdres, d’un blanc d’argent, ayant un goût sûr qui produit une sensation de froid ; il est sans odeur et rougit les couleurs bleues végétales; ces écailles paraissent savoneuses au toucher. Exposé à la chaleur, cet acide se boursoufle, par la séparation de son eau de cristallisation ; il se transforme en pâte visqueuse, et se nomme alors borax calciné; assujéti à une chaleur rouge , il se convertit en un verre dur et transparent , qui , sans attirer l’humidité de l’air , devient opaque , mais ne change pas davantage ; quand on le redissout dans l’eau bouillante, il recouvre, par le refroidissement et la cristallisation , toutes ses propriétés premières.
Cet acide n’est pas très-soluble dans l’eau, et la solution n’a que peu de goût ; mais cependant , elle rougit le tournesol, et le papier qui en a été humecté brûle avec une flamme verte. L’acide s’élève avec les vapeurs aqueuses , lorsqu’on le distille à vase clos , et cristallise dans le récipient.
Les composés salins de l’acide boracique s’appellent borates : on l’employe dans les arts , pour aider la fusion des substances métalliques , et il est d’une très-grande importance pour le chimiste en aidant la fusion, au chalumeau.
En mêlant dans une cornue une partie d’acide boracique fondu, deux parties de fluate de chaux et 12 parties d’acide sulfurique, on obtient un gaz par l’application de la chaleur, qui a les propriétés acides; ce gaz, que l’on doit recueillir sur le mercure , est incolore ; il a l’odeur de l’acide liydrochlorique , un goût très-acide, et rougit les couleurs bleues
APPLIQUÉE AUX ARTS ET AUX MANUFACTURES. Il3
végétales ; un litre de gaz pèse plus de 3 . 080 grammes , et l’eau en absorbe 700 fois son volume ; on l’appelle acide fluoborique.
SECTION IX