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DE L’ALCOOL

Lorsque les matières végétales entrent en fermentation vineuse , le fluide se convertit en vin ou en bière : ce vin étant distillé , produit un liquide transparent que l’on nomme alcool, esprit de vin, ou esprit ardent, qui diffère en goût, en couleur et en force , suivant la nature des matières dont on l’extrait. On le distingue par différons noms. L’eau-de-vie est le produit de la distillation du jus fermenté du raisin ; le rhum , de celui de la canne à sucre , et le genièvre , de celui des substances farineuses; tous ces produits sont composés d’alcool ou d’esprit-de-vin pur , d’eau et d’une substance résineuse, animale, qui lui donne une odeur particulière.

On ne trouve aucune trace de l’existence de l’alcool dans les écrits des anciens, on suppose qu’il était connu dans les âges obscurs, mais sa préparation du vin, et même la découverte de l’alcool , est attribuée à Arnould de Villenove , professeur de chimie à Montpellier, vers la fin du treizième siècle.

L’alcool , extrait du vin et de la bière , est un mélange d’alcool, d’eau, et d’une matière huileuse colorante. Pour le purifier de ces substances , on le distille plusieurs fois ; après la première distillation, on le nomme esprit rectifié, mais il retient toujours une certaine quantité d’eau. Pour l’en séparer, on le distille au bain marie, jusqu’à ce qu’un quart de la quantité soit passé , et on répète le même procédé plusieurs

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fois, en ne prenant jamais que la moitié du produit distillé. Les différens produits étant mélangés, on les distille à une chaleur modérée , jusquà ce que la moitié ait passé dans le récipient.

Après ces distillations répétées, l’alcool retient toujours une certaine quantité d’eau. On a proposé plusieurs procédés pour séparer cette eau; par l’addition de substances qui ont une forte attraction pour elle, et qui sont presque insolubles dans l’alcool. Pour cet effet , on emploie du sel de tartre calciné et réduit en poudre ; mais on l’obtient dans un état plus pur encore , en le traitant par le chlorure de calcium réduit en poudre : ce sel doit être mis , encore chaud , dans une cornue , dans laquelle on verse ensuite , et par intervalles , l’alcool le plus purifié , égal en poids à la chaux ; il se produit une grande chaleur, provenant sans doute de la condensation de l’eau dans le composé salin; on met la cornue dans un bain de sable , et on distille. Le sel et l’alcool forment une solution épaisse ; on verse la première partie qui passe dans la cornue, ensuite on distille jusqu’à siccité.

Propriétés. — L’alcool est une liqueur transparente et incolore; ses qualités enivrantes sont bien connues. La pesanteur spécifique de l’alcool rectifié, est rarement moins de 0.837 , l’eau étant prise pour 1 . 000 : le plus fort que l’on puisse obtenir par la distillation, est de 0.820 ; mais d’après le procédé décrit ci-dessus, pour la séparation de l’eau, on l’a réduit à 0.792. Il entre en ébullition à 8o° centigr., et lorsqu’il est très-fort , le degré en est moins élevé ; dans le vide , il s’élève en vapeur à la température de i3° 33; il reste fluide à 68° sous o, son point de congellation est à — 79, suivant M. Hutton; mais comme il n’en a pas donné le procédé, ce fait reste indécis. Quand on fait passer l’alcool dans un tube rouge de porcelaine, il se décompose et se convertit en gaz acide carbonique, en gaz hydrogène carburé et en eau. Ces produits indiquent que l’alcool est composé d’hvdrogène 14 , de carbone 52, et d’oxigène 34-

Une petite partie de phosphore se dissout dans l’alcool %

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qui rend une odeur de gaz hydrogène phosphuré. Si on verse cette solution dans l’eau guttatine et pendant la nuit , il s’opère des apparences lumineuses à sa surface. L’alcool et le soufre ne s’unissent qu’à l’état de vapeur; ils produisent un liquide rouge lorsqu’on les condense; lorsque l’alcool est très-fort , il en dissout aussi une petite partie à l’état liquide , et on en précipite le soufre par l’addition de l’eau. Les acides sulfurique , nitrique et hydrochlorique décomposent l’alcool , et produisent un liquide particulier connu sous le nom d’éther.

L’alcool se combine avec l’eau en toutes proportions ; l’augmentation de la température, qui a lieu pendant le mélange, prouve qu’il y a condensation dans les deux liquides. La densité varie suivant la proportion qui existe en combinaison , et en conséquence de cette variation, il devient important de s’assurer de la quantité d’alcool qui existe réellement dans les liqueurs spiritueuses. On a inventé pour cet objet des instrumens nommés hydromètres , et l’on a construit des tables des valeurs correspondantes.

L’alcool est très-important en chimie, parce que plusieurs sels qui y sont solubles, peuvent par son intermède, être séparés d’autres sels qui y sont insolubles.

SECTION II

de l’éther.

L’alcool est décomposé par différens acides , et on obtient pour produit un liquide odorant, très-différent parfois des propriétés de l’alcool ou de l’acide employés. L’éther a reçu différens noms suivant les acides employés dans sa préparation , comme éther nitrique , éther sulfurique , etc. , etc.

i. De V éther sulfurique .

Le moyen de l’obtenir fut publié à Nuremberg , vers l’année i54o; mais ce ne fut que vers le dix-huitième siècle que ses propriétés et sa nature furent bien connues.

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Préparation. — On met dans une cornue parties égales d’acide sulfurique concentré et d’alcool ; pour empêcher l’action violente, on a soin d’ajouter l’acide par intervalles; on fait chauffer du sable et on y place la cornue, que l’on fait communiquer à un récipient dont la tubulure est garnie d’un tube à trois branches qui* plonge dans l’eau ou dans le mercure. C’est par ce tube que les gaz qui ne sont pas condensés, se dégagent. On applique des linges mouillés autour du récipient. Lorsque le liquide entre en ébullition, l’éther se produit et passe dans le récipient; on continue l’ébullition, jusqu’à ce qu’il s’élève des fumées blanches dans la cornue, ou bien , jusqu’à ce qu’on sente l’odeur de l’acide sulfureux ; on enlève alors le récipient. L’éther se trouve toujours mêlé à un peu d’acide sulfureux; pour l’en purifier, on y ajoute un peu d’oxide noir de manganèse, et on remue ce mélange pendant 24 heures; on sépare le liquide clair, et on distille au bain marie, jusqu’à ce que la moitié ait passé. O11 a également recommandé une certaine quantité de chaux délitée pour la séparation de l’acide sulfureux.

Propriétés. — L’éther sulfurique est un liquide transparent, incolore, d’une odeur pénétrante et suave, et d’un goût piquant ; il est plus léger que l’alcool , sa pesanteur spécifique n’étant que de o. 758, ou, lorsqu’il est le plus rectifié possible, elle est 0.715. A l’air libre , il bout à 26°. 67 centig. , et dans le vide, à la température ordinaire. Il brûle rapidement à l’air libre avec une flamme blanche. Réduit à la température de — 60 , il cristallise en se congelant. Lorsqu’il est passé dans un tube rouge de porcelaine, on obtient du gaz hydrogène carburé par la décomposition.

Les parties constituantes de l’éther sulfurique sont 14 d’hydrogène, 18 d’oxigène et 68 de carbone.

L’éther dissout une petite quantité de phosphore; la solution est transparente, mais devient laiteuse par l’addition de l’alcool. Il dissout aussi une partie de soufre, et cette solution prend l’odeur et le goût du gaz hydrogène sulfuré. L’acide sulfurique convertit l’éther en une liqueur parti-

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eulière que nous désignons par le nom de huile douce de vin.

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