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Ether nitrique

L’acide nitrique a une action plus violente encore sur l’alcool , que l’acide sulfurique ; il est même nécessaire d’en modérer l’effet en refroidissant le mélange. Le premier procédé praticable qui ait été proposé pour préparer l’éther nitrique, fut publié en \ql\i par M. Navier de Châlons.

Préparation. — On introduit 12 parties d’alcool pur dans une forte bouteille, que l’on place dans un mélange frigorifique. On ajoute par parties, 8 d’acide nitrique concentré et on agite le mélange à chaque addition. On bouche la bouteille et on garantit le bouchon par un cuir. On place la bouteille dans un endroit écarté où il ne puisse résulter aucun accident par sa fracture. En peu d’heures , il s’élève des bulles du fond de la bouteille, et il se forme une couche d’éther à la surface du liquide. Lorsque l’action, qui dure à-peu-près six jours, paraît diminuer, on perce le bouchon avec une aiguille, pour faciliter la séparation de l’acide nitreux ; lorsque cette séparation est terminée , on enlève le bouchon , et l’on transvase l’éther, qui , par sa plus grande légèreté, surnage, et permet de le décanter du liquide restant.

Le procédé indiqué par le docteur Black est environné de moins de danger. Il introduit d’abord l’acide nitrique dans une bouteille, sur laquelle il établit avec précaution une couche d’eau, et puis l’alcool, qui surnage par sa légèreté. Les proportions sont 4 parties d’acide nitrique concentré,

3 parties d’eau et 6 parties d’alcool. La bouteille contenant le mélange est placé dans de la neige , et le bouchon ne doit être que faiblement mis, par crainte d’un dégagement subit des fluides élastiques; il peut même être soutenu par un ressort qui permette le dégagement et reprend sa place apres cette opération. Par ce moyen , le mélange se fait le plus

graduellement possible, et en huit ou dix jours, on obtient 3 parties d’un éther nitrique très-fort.

Quel que soit le procédé qu’on emploie , il est toujours mêlé à un peu d’alcool et d’acide , dont il faut le purifier ; on y parvient en le distillant avec de la potasse ; on distille, jusqu’à ce que la moitié du premier éther soit passée; puis on le distille de nouveau avec un cinquième de son poids d’acide nitreux; on en laisse passer les deux tiers, que l’on rectifie ensuite par un alkali.

Propriétés. — L’éther nitrique est d’une couleur jaune ; l’odeur en est plus forte et moins agréable que celle de l’éther sulfurique; le goût en est aussi plus piquant; il brûle avec une flamme plus brillante, et produit des fumées plus épaisses. Quand on le tient long-tems renfermé, il se forme de l’eau, tenant en dissolution une partie d’acide oxalique qui occupe le fond du vase. Il est plus volatil que l’éther sulfurique. Quand on le garde pendant quelque tems , il se forme aussi du gaz nitreux , et enfin , lorsqu’on le fait passer dans un tube rouge de porcelaine , on obtient pour produits de l’acide carbonique, du charbon, du gaz nitreux et quelques autres substances. Cette décomposition indique les parties constituantes de l’éther nitrique qui, suivant M. Thénard, sont 48 . 52 d’oxigène, 28 . 45 de carbone , 14 • 49 d’azote et 8 54 d’hydrogène.

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